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Pavillon français : la situation est grave mais pas désespérée pour les compagnies

La chronique de Christophe Hardin


Rédigé par Christophe Hardin le Samedi 8 Février 2014

Si la situation est difficile pour les compagnies aériennes françaises, face à leurs challengers, l’heure n’est pas à pronostiquer leur disparition. En ce début d'année 2014, Christophe Hardin souligne, dans cette nouvelle chronique, les bons résultats et les objectifs de conquête des compagnies hexagonales.



Pour nombre de compagnies françaises, l’heure est à la conquête des marchés et à l’optimisme plutôt qu’au défaitisme © rafo - Fotolia.com
Pour nombre de compagnies françaises, l’heure est à la conquête des marchés et à l’optimisme plutôt qu’au défaitisme © rafo - Fotolia.com
Tout est exact dans l’article de JL Baroux publié il y a quelques jours au sujet du pavillon français dans le transport aérien : la situation est difficile et les compagnies aériennes françaises ne peuvent pas lutter à armes égales contre leurs challengers.

La libre concurrence est une arène terrible où déjà par le passé les représentants des tribunaux de commerce ont plusieurs fois tourné leur pouce tendu vers le sol, envoyant au cimetière nombre de compagnies aériennes françaises.

Celles qui sont restées ont attaché à leurs ailes un boulet, et même plusieurs, qui ont pour nom les charges, les taxes, les redevances, la co-gestion imposée, parfois, par les syndicats.

Cependant, l’heure n’est pas non plus je le crois à pronostiquer la disparition des compagnies aériennes françaises.

Si on peut effectivement être inquiet, cette période paradoxalement, bruisse de bonnes nouvelles pour nombre de compagnies et l’heure est à la conquête des marchés et à l’optimisme plutôt qu’au défaitisme.

Les compagnies françaises s'investissent

Air Caraïbes tout d’abord, qui, boostée par ses bons résultats, vient d’annoncer le renouvellement de sa flotte et s’est engagée sur six Airbus A 350.

Avec une si grosse commande, qui représente un investissement majeur et l’obligation d’augmenter encore sa part de marché, le risque est là mais il témoigne de la confiance des dirigeants dans l’avenir de l’entreprise, et la confiance, chacun le sait, est nécessaire pour se développer.

Fierté aussi car la compagnie sera la première, dès 2016, à exploiter en France le dernier né des Airbus.

Corsair finit également l’année en beauté et peut envisager un retour à l’équilibre pour 2014.

C’est une performance d’autant plus remarquable que l’exercice 2011-2012 affichait une perte opérationnelle de 15 millions d’euros.

Voilà maintenant la compagnie forte d’une métamorphose réussie et d’une position enviable à Orly, prête à accueillir de nouveaux investisseurs…

"La question de l’actionnariat est ouverte" déclarait Pascal de Izaguirre dans le journal La Tribune il y a quelques jours.

De nouveaux investisseurs, Aigle Azur s’en est trouvé depuis quelques mois.

Hainan Airlines, ce sont eux, vont permettre à la compagnie d’Arezki Idjerouidene, dirigée par Cédric Pastour, de desservir la Chine dès le printemps prochain.

Là aussi, une aventure avec des risques pour la compagnie, qui se lance sur le long courrier et sur un marché difficile, en concurrence avec des géants… mais un marché tellement porteur !

Des résultats concluants sur l'outre-mer

Pour les compagnies françaises ultramarines, la situation s’est également nettement améliorée en cette fin d’année 2013.

Bons chiffres chez Air Tahiti Nui, dont le PDG Michel Monvoisin, annonçait la semaine dernière un exercice bénéficiaire et un chiffre d’affaire en hausse.

Une situation qui permet la aussi de pouvoir mettre en œuvre des projets comme ce code share avec Air France entre Los Angeles et Paris.

On a vu également les dirigeants d’Air Tahiti Nui se promener à Toulouse mi-décembre.

Des Airbus A 350 arborant sur leur dérive la fleur de Tiaré, c’est bien probable pour les années à venir.

Air Austral elle aussi, vient de sortir du rouge et renoue avec les bénéfices.

Marie-Joseph Malé, le PDG de la compagnie depuis avril 2012, en restructurant les lignes et en réduisant les effectifs, a lui aussi réussi un redressement spectaculaire des comptes de la compagnie.

Avec l’exemple de Corsair et d'Air Austral, il semble que lorsque l’on confie le destin d’une compagnie aérienne à un ancien cadre d’Air France (pour peu qu’il ne soit pas pilote…) le résultat est plutôt positif.

Les compagnies françaises n’ont pas l’intention d’abandonner le ciel

Et c’est encore l’Outre-Mer qui permet à deux autres compagnies aériennes françaises de se développer et conquérir de nouveaux marchés.

Le 13 décembre dernier, EuropeAirpost et Air Saint Pierre annonçaient la création d’une nouvelle liaison transatlantique entre Saint-Pierre-et-Miquelon et Paris CDG.

Dès l’été prochain, les 737 d’EuropeAirpost desserviront Halifax via Glasgow, avec une connexion vers Saint-Pierre avec l’ATR de la petite compagnie régionale.

On le voit bien, les compagnies françaises, malgré les difficultés, n’ont pas l’intention d’abandonner le ciel aux autres et abordent l’année 2014 dans un esprit conquérant.

XL Airways veut poursuivre l’aventure américaine avec de nouvelles destinations et Air Méditerranée tente une nouvelle stratégie en lançant des vols réguliers vers le bassin méditerranéen et l’Afrique subsaharienne. Objectif : redevenir bénéficiaire en 2014.

Du côté du groupe Air France, Transavia, désormais bénéficiaire prévoit aussi l’ouverture d’une quinzaine de lignes et l’arrivée de nouveaux avions. Enfin, si le syndicat national des pilotes de ligne d’Air France l’y autorise, puisque c’est ainsi qu’a été validé le plan de développement de la compagnie.

Alors oui, toute cette vitalité au sein du pavillon français est à saluer, mais il ne faut pas, c’est vrai, faire preuve d’un optimisme béat concernant l’avenir de notre transport aérien.

Le coup de gueule du Président du SCARA dernièrement n’est pas un caprice d’enfant gâté.

Les taxes, les redevances, les blocages corporatistes, l’indifférence et la position dogmatique de l’Etat pourraient à terme ruiner tous les efforts des entrepreneurs de l’aérien et de leurs salariés.

Mais en ce début d’année, restons optimistes !

Pavillon français : la situation est grave mais pas désespérée pour les compagnies
Christophe Hardin a à son actif plus de vingt années au service de plusieurs compagnies aériennes.

Il est le créateur du site www.terciqual.fr partenaire des transporteurs pour l'évaluation de la qualité, le respect des standards de service et le professionnalisme des équipes au contact du passager.

Il dispense également des conseils aux postulants à la fonction de PNC pour optimiser leur candidature et une préparation adaptée et efficace.

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Tags : hardin
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1.Posté par Rick Sailor le 09/01/2014 08:53 | Alerter
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Cher Monsieur

Raymond Barre, brillant économiste mais piètre gouvernant, disait que "le nombrilisme des analyses ne vaut que par la petite vision d'un marché".

La réalité est ailleurs, chez le client, seul maître à bord de l'avenir du fournisseur.

L'offre déstructurée, soulignée par JL Baroux (qui, ceci dit ressasse une vision un peu passéiste de la réalité du transport aérien) est juste mais, elle aussi, ne tient pas compte du social. Le client est un salarié qui veut être protégé et un voyageur qui veut acheter moins cher !

Une quadrature du cercle que ne prennent pas en compte les compagnies françaises encore occupées à restructurer en permanence une offre marketing, elle aussi dépassée.

L'avenir du pavillon français se résume en une seule phrase "qu'allez vous faire face à la pression de la concurrence ?".

Nos compagnies seront-elles capables d'être compétitives en moins de deux ans ? Sinon, bienvenue à Etihad Air France ou Qatar Lufthansa. C'est l'argent qui pilotera l'avenir du transport aérien. Ni les grandes idées, ni les grands principes.

Bien à vous
Rick

2.Posté par navigant le 10/01/2014 18:12 | Alerter
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la concurrence est faussée car les compagnies du golf ou les low cost ; ne payent pas des retraites a leurs navigants , ni les charges sociales comme les assurances chômages et pertes de salaires durant la maladie .

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