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Tenerife : S’adapter ou disparaître, le cruel dilemme des agences de voyages françaises

Les 6èmes Renontres du Snav à Tenerife


Rédigé par Jean da LUZ à Tenerife le Dimanche 3 Février 2013

Le rideau est tombé ce samedi soir, 2 février, sur les 6èmes Rencontres des métiers du voyage et du tourisme. Un évènement politiquement correct, réglé comme du papier à musique dans une destination qui gagne à être connue. Mais un évènement qui laisse un peu sur sa faim…



Dans la logique darwinienne, revue et corrigée par la révolution digitale, on peut aussi affirmer que ce ne sont pas les plus gros qui dévoreront les petits mais les plus rapides qui vont avaler les plus lents.../photo JDL
Dans la logique darwinienne, revue et corrigée par la révolution digitale, on peut aussi affirmer que ce ne sont pas les plus gros qui dévoreront les petits mais les plus rapides qui vont avaler les plus lents.../photo JDL
Quelle excellente idée d’avoir invité un paléoanthropologue pour clôturer les 6èmes Rencontres à Tenerife !

Avec humour, érudition et force images, Pascal Picq, professeur au Collège de France, a dynamité avec jubilation quelques tabous qui paralysent encore les entreprises françaises.

S’il fallait retenir un seul message de cette longue mais brillante présentation, ce serait que les professionnels doivent s’adapter ou disparaître.

Et pour poursuivre dans la logique darwinienne, revue et corrigée par la révolution digitale, on peut aussi affirmer que ce ne sont pas les plus gros qui dévoreront les petits mais les plus rapides qui vont avaler les plus lents.

Mais ça, les professionnels du tourisme, le savent déjà. Eux qui ferraillent depuis plusieurs années contre les crises de toutes sortes, l’ont appris à leurs dépens.

La déconfiture des TO, incapables de se mettre en cause et d’innover, les agents de voyages confrontés à la désertion de leurs boutiques, les transporteurs traditionnels culbutés par les low cost… personne n’échappe au tsunami des nouvelles technologies qui fait table rase d’un passé, certes glorieux, mais qui a vécu.

Espérer faire le dos rond en attendant des jours meilleurs équivaut à mettre la tête sur le billot.

Combien d’agences ont fait ce constat ?

Combien d’agences ont compris que leur avenir se jouait aussi sur les réseaux sociaux ?

Accompagner et arbitrer les choix sur la Toile

Combien d’agences sont capables non plus de vendre des forfaits et distribuer des brochures, mais d’accompagner leurs clients et d’arbitrer leurs choix sur la Toile ?

Combien d’agences proposent des modèles alternatifs ?

Combien d’agences ont une valeur ajoutée et différenciante à même d’entrer en compétition avec l’expertise de leurs clients ?

On pourrait continuer longtemps comme ça, à énumérer les lacunes, les insuffisances et le conformisme d’une profession que l’on dit à bout de souffle.

Les agences de voyages sont-elles une espèce en voie de disparition ? On pourrait répondre sans hésiter si l’on se contentait de recenser le nombre et l’âge moyen des participants de ces 6èmes Rencontres.

Combien d’agences de voyages exactement ont fait le déplacement parmi les 350 inscrits ?

Je les ai comptées : moins d’une centaine !

Mais une lueur d’espoir brille encore. Parmi les têtes chenues, des jeunes et vertes pousses se frayent un chemin. Parfois de façon peu orthodoxe voire maladroite mais avec la ferme volonté de tout bousculer sur leur passage.

Twim Travel, Evaneos ou CCM Travel, sont de ceux-là. Ils incarnent la relève des idées. Chacun à sa manière a cherché à sortir du « moule ». Mais ils ne sont pas les seuls.

Des centaines d’autres « réseautent » dans l’ombre avec la complicité du milieu digital, collaboratif et du participatif pour apporter du sang neuf chercher de nouvelles voies et inventer une autre façon de vendre du voyage.

Ces trentenaires et quadras qui n’étaient pas en odeur de sainteté ont désormais voix au chapitre.

Et c’est tout à l’honneur du Snav d’être capable d’inviter un « jeunot » de 31 ans qui vient déclarer à une assemblée médusée la « ringardise » de certaines agences de voyages contre laquelle il s’est inscrit en faux pour créer et concevoir ses deux points de vente.

La distribution traditionnelle recule inexorablement quand le Net avance.

Car il urge, face aux menaces de la « pieuvre » Google qui avance ses pions, d’instaurer un nouveau rapport de forces.

Les graphiques et les camemberts « verts » de Guy Raffour (couleur préférée de F.-X. Iznic, Monsieur Loyal pertinent et impertinent de ces débats) sont éloquents sur le sujet.

Le Baromètre Snav-Atout France présenté par Richard Soubielle, confirme : la distribution traditionnelle recule inexorablement quand le Net avance.

Frédéric Pierret, représentant de l’OMT, dégaine ses chiffres et ses camemberts.

Pas de doute : ce n’est pas le tourisme qui est en crise (il ne s’est jamais si bien porté) mais les professionnels du tourisme dans une France qui vit sur ses acquis.

Alors que faire ?

Inutile aujourd’hui d’espérer encore devenir un acteur de la vente en ligne.

Le secteur est depuis quelques années déjà la chasse gardée des industriels tels Expedia, Odigeo, Lastminute et consorts.

Le salut est plutôt du côté des niches, des spécialités poussées, du sur-mesure intensif, des compétentes et synergies croisées (AGV-Réceptifs), de la différenciation, telle ce « label forfaits » conçu par la Commission Tourisme durable et présenté par Christian Orofino.

Un plaidoyer qui sonne un peu comme un disque rayé...

Mais tout cela ne se décrète pas. Les compétences et la communication coûtent cher et les distributeurs voient leurs marges fondre comme neige au soleil. Dilemme ?

Oui si le Snav, plutôt que de mobiliser jeunesse, dynamisme et innovation persiste dans son rôle d’instance hiératique .

Oui si le Snav n’est pas en mesure d’embrayer à « chaud » sur ce qui fait sa spécificité et sa force (garantie et responsabilité) lorsque des évènements le justifient.

Oui si le Snav n’est pas capable de mettre le pied à l’étrier et de former de nouveaux talents.

Le discours du président Georges Colson, arguant de la crise, de la responsabilité illimitée des AGV ou plaidant contre le paracommercialisme ou la TVA, sonne un peu comme un disque rayé...

En face, Sylvia Pinel, ministre du Tourisme qui a fait le déplacement, lui répond par une homélie stéréotypée et en décalage avec la réalité. (LIRE)

Laissons le dernier mot à Georges Azouze, président de ces 6èmes Rencontres : “Travaillons pour vivre et prospérer et pas seulement pour survivre...”

Non, décidément, on n’est pas sortis de l’auberge… fût-elle espagnole !

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1.Posté par justunequestion ! le 04/02/2013 09:13 | Alerter
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Expedia, Odigeo, Lastminute et consorts.
OK d'accord !
Quelqu'un ici serait il en mesure de me dire si ces sociétés gagnent de l'argent ?

2.Posté par Christian le 04/02/2013 09:28 | Alerter
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Avant de dire combien qu'il n' y avait QUE 100 agences présentes, il faudrait peut-être rappeler le prix demandé pour "l' invitation" !
Dans tous les cas : trop cher pour se regarder le nombril !
Que fait le SNAV pour aider à mettre en pratique les belles paroles de ses congrès ?

3.Posté par La Rédaction le 04/02/2013 12:51 | Alerter
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Bonjour

Pour "justeunequestion", gagner de l'argent pour ce type de sociétés n'a pas la même signification que pour l'agent de voyages lambda. Or, c'est de lui qu'il est question ici.
Pour répondre à Christian et même si je comprends que la participation puisse être chère, ce n'est pas en pratiquant la politique de la "chaise vide" que l'on changera les choses. Aide-toi et le ciel t'aidera O))
Cordialement

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