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Twim Travel : "Travailler dans la légalité m'a coûté très cher"

P-A. Romano s'explique sur la faillite de son réseau d'AGV à domicile


Rédigé par Laury-Anne CHOLEZ le Mercredi 20 Août 2014

Plombé par une chute de 50% de son activité, le réseau d'agents de voyages à domicile Twim Travel vient de déposer le bilan. Ses vendeurs travaillaient sans garantie financière depuis le 31 mars dernier. Le nombre de clients lésés reste encore à déterminer.



Twimmers et Twimmeuses à Sainte Sophie, lors du séminaire en Turquie en mars 2013 - DR : A.P.
Twimmers et Twimmeuses à Sainte Sophie, lors du séminaire en Turquie en mars 2013 - DR : A.P.
C'est la fin de l'aventure pour Twim Travel, le réseau d'agents de voyages à domicile créé par Pierre-André Romano fin 2008.

Après plusieurs mois difficiles, durant lesquels le directeur a tenté de trouver de nouveaux investisseurs, l'entreprise a déposé le bilan au tribunal de commerce de Paris le 7 août dernier, selon une information parue dans Tour Hebdo.

Twim Travel n'était plus garanti par son assureur, CNP Caution, depuis le 31 mars 2014.

Une information que Pierre-André Romano a préféré cacher à ses vendeurs.

"J'étais sur le point de signer un accord avec une banque britannique qui acceptait de m'assurer.

Si j'avais avoué à mes conseillers que notre contrat avec CNP était terminé, ils auraient cessé de vendre et la boîte aurait fait faillite immédiatement. J'ai donc pris le risque de continuer tout en cherchant une nouvelle garantie,"
explique-t-il.

Ses "Twimmers" travaillaient donc sans filet depuis le 1er avril sans en être informés.

Une situation illégale, comme le confirme Me Emmanuelle Llop, avocate au cabinet Equinoxe Avocats. "La vente de voyages sans garantie n'est pas conforme aux exigences légales".

Impossible d'estimer le nombre de clients lésés

En effet, les clients lésés ne disposent d'aucun recours pour se faire rembourser.

Vanessa Depoivre fait partie de ces voyageurs ayant réservé un billet d'avion auprès de Twim Travel pour partir à Bali en octobre prochain.

"Lorsque j'ai reçu le contrat en juin, il spécifiait bien que Twim Travel était assuré par la CNP" se désole-t-elle, furieuse qu'une agence puisse continuer de travailler sans garantie.

"J'ai pourtant payé comptant les 2 000 euros de billets d'avions, mais quand j'ai appelé la compagnie aérienne, celle-ci m'a stipulé qu'ils avaient été annulés"

Pierre-André Romano refuse d'estimer le nombre de clients qui vont se retrouver dans le même cas.

Il a tenté de sauver quelques dossiers, en plaçant une douzaine de ses conseillers chez des confrères.

Ceux-ci ont accepté de reprendre le portefeuille et de payer les encours des voyageurs, qui pourront donc partir.

Mais pour les autres, les vacances sont terminées avant même d'avoir commencé, sauf si un acquéreur décide de racheter le fonds de commerce.

Malgré tout, Pierre-André Romano assume entièrement sa décision. "Nous étions en train de sortir la tête de l'eau, si les mois de mars à juin n'avaient été aussi catastrophiques, avec une chute de moitié de notre activité, nous aurions pu tenir ".

Risque de discrédit sur une profession encore méconnue ?

La faillite de Twim Travel est donc à la fois conjoncturelle et structurelle.

Reste à savoir si cet événement est susceptible de jeter un discrédit sur le métier d'agent de voyages à domicile, qui peine à émerger dans l'Hexagone.

"Ce n'est pas le concept qui est en cause, mais la gestion de cette entreprise" assure une professionnelle qui a également créé son agence de voyages à domicile.

"Cette forme de distribution cartonne aux Etats-Unis et en Angleterre. Reste à éduquer les clients français pour gagner leur confiance" poursuit-elle.

Frédérique Dubus, ancienne responsable marketing de Twim Travel, refuse également de critiquer le modèle. "Je pense que le marché était presque mûr, il aurait fallu tenir encore deux ou trois ans pour devenir rentable".

Pierre-André Romano accuse de son coté la législation française, trop stricte pour espérer atteindre la rentabilité.

"J'ai voulu faire les choses en toute légalité et salarier l'ensemble de mes commerciaux. Mais les charges étaient trop importantes, c'était très dur de gagner de l'argent".

Pour lui, la vente de voyages à domicile ne pourra pas se développer à grande échelle tant que le statut d'apporteur d'affaires ne sera pas légalisé.

Un sujet sur lequel le SNAV et le Ministère du tourisme feraient bien de se pencher.

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1.Posté par rick Sailor le 21/08/2014 09:07 | Alerter
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Bonjour

Je trouve qu'il y a pas mal de compassion et de tentatives d'excuses pour cette entreprise dont le patron a menti à ses salariés et "planté ses clients" ... Tout en encaissant leurs chèques !

Chère Madame Cholez, la vie de l'entreprise n'est pas une réunion de gentils "oui oui" qui ont essayé mais qui... Vous travaillez dans un support pour professionnels, abordez le tout professionnellement. Froidement et objectivement.

Je ne connais qu'un seul mot pour qualifier Monsieur Romano... Mais sans doute l'avez vous déjà trouvé.

Votre dévoué
Rick

2.Posté par Vkomvendetta le 21/08/2014 11:30 | Alerter
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Un sujet sur lequel le SNAV et le Ministère du tourisme feraient bien de se pencher.

Et pourquoi donc s'il vous plait?
Notre profession est déjà assez encadrée (bien que le suivi laisse manifestement à désirer !).
Pourquoi en rajouter une couche ?

Appliquons déjà la règlementation actuelle et surtout...... A TOUS !!!

3.Posté par villagegaulois le 21/08/2014 11:58 | Alerter
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Cette forme de distribution cartonne aux Etats-Unis et en Angleterre. Reste à éduquer les clients français pour gagner leur confiance" poursuit-elle.

En France, le marché est différent et bon nombre de T/O se sont ou sont en train de s'y casser les dents. C'est une question de mentalité. A cet égard, je en suis pas certain que la plupart des français acceptent de faire rentrer quelqu'un chez soi pour du commerce.

Je serai curieux de connaitre le % de vrais clients de ces conseillers à domicile. Quand je parle de VRAIS clients, je parle de prospects et non d'amis, de proches ou de parents....

4.Posté par LOIC le 21/08/2014 12:15 | Alerter
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Je trouve que les médias professionnels font preuve de beaucoup de complaisance vis à vis d'un chef d'entreprise qui a planté des clients, des réceptifs et TO, et même menti par omission à ses propres salariés sur l'absence de garantie professionnelle.
Comment un chef d'entreprise peut-il oser dire "Travailler dans la légalité m'a coûté très cher". M Romano n'aura jamais tort, quoi qu'il soit arrivé.
LOIC

5.Posté par LBW le 21/08/2014 12:29 | Alerter
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Conseiller voyage à domicile signifie que nous faisons du télétravail et pas du démarchage porte à porte. Pour ma part, salarié d'une agence de voyage, je prospecte une clientèle individuelle et commercialise via mon site internet essentiellement. D'autres travaillent différemment avec des clientèles groupes, etc...

6.Posté par Philippe le 21/08/2014 13:44 | Alerter
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Arrêter de pleurer sur le sort de Twim Travel. Cette structure est depuis longtemps en situation délicate et les conseillers qui depuis déjà pas mal de temps ne percevaient pas leur dû, vivaient pour la plupart grâce à leur Assedic. Ils ont pour certains accepté de prendre des parts (fictives) dans le réseau en échange de ce que la structure leur devait. Je respecte (??) PA, mais qu'on ne me dise pas que ce modèle de fonctionnement est efficace, en prétendant avoir des salariés, alors que ceux ci, touchent un fixe de moins de 100 €/mois et le reste est en fait les commissions perçues sur les ventes. Je serais curieux de savoir à ce jour, le nombre de conseillers ayant investi (???) dans la structure sans retour et surtout sans avoir été rémunéré, tout en apportant LEUR clientèle. En effet, il est pratique pour une Sté de monter une équipe, payée à la commission, apportant leur clients et assumant leur quotidien grâce à la perception des Assedic. Je ne parle pas des clients restés sur le plancher et qui vont se retourner vers les conseillers, qui vont se trouver discrédités. Bon courage à eux pour la suite et pour éviter ce genre d'incident, ne travaillez plus sous cette forme. vous dépendez d'une structure que vous ne contrôlez pas, en étant sous payé et en confiant vos clients qui se trouvent à la merci du bon fonctionnement de la structure. Le bénéfice est entièrement pour la Sté, pas de salaires, pas de clients à prospecter, puisque ce sont ceux que vous apportez et vous devenez un produit jetable quasiment sans recours.

7.Posté par Philippe le 21/08/2014 13:48 | Alerter
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J'ai oublié, si les conseillés sont des salariés, qu'il soit prouvé que chacun d'eux percevaient le salaire minimum conventionnel, défini par la convention professionnelle. Je suis persuadé que cela sera plus que difficilement justifiable.

8.Posté par Pascal le 21/08/2014 16:46 | Alerter
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100% d'accord avec Rick!
De plus un séminaire à Istambul en mai alors qu'il avoue être en situation difficile depuis mars.... n'est pas gestionnaire qui veut...

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