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Volontourisme... pourquoi tant de haine ?

La chronique de Christian Orofino, co-président de l'OBGET


Rédigé par Christian OROFINO le Vendredi 10 Juillet 2015

Christian Orofino, co-président de l'Observatoire Géo Politique et Environnemental du Tourisme (OBGET), dit "Oui" au volontourisme, mais à condition de multiplier les opérations sociales, culturelles en direction des populations que nous utilisons dans nos programmes touristiques, en aidant des associations à construire des projets concrets.



Le tourisme n’est pas un commerce comme les autres, il met en vente des produits s’appuyant sur l’homme et la nature, ce qui l’oblige quelque part à se doter d’une déontologie un peu différente de celle du marchand de chaussures - © puhhha - Fotolia.com
Le tourisme n’est pas un commerce comme les autres, il met en vente des produits s’appuyant sur l’homme et la nature, ce qui l’oblige quelque part à se doter d’une déontologie un peu différente de celle du marchand de chaussures - © puhhha - Fotolia.com
Dans un communiqué paru le 9 juillet 2015 dans la newsletter de TourMaG.com, ATD et l’ECPAT mettaient en garde les candidats aux bonnes actions, notamment celles concernant les aides aux orphelinats.

Ces deux institutions ont une action admirable, l’ECPAT notamment réalise un travail exceptionnel d’information, de prévention et de veille juridique sur les pratiques de tourisme sexuel par la prostitution volontaire et contrainte des mineurs.

Ce fléau est, hélas, l’une des attristantes conséquences d’un tourisme sans vision et sans scrupule exercé dans un seul et unique but mercantile.

L’objectif du tourisme est en premier lieu le business, les professionnels du tourisme ne sont pas des œuvres caritatives chargées de lutter en permanence contre les déprédations écologiques et sociales de leurs clients à travers le monde.

En revanche, le tourisme n’est pas un commerce comme les autres, il met en vente des produits s’appuyant sur l’homme et la nature, ce qui l’oblige quelque part à se doter d’une déontologie un peu différente de celle du marchand de chaussures.

Multiplier les opérations sociales et culturelles

Dans cette démarche, le « volontourisme » ou Tourisme Solidaire est l’une des composantes d’un comportement responsable.

Un patron de TO qui pratique le Tourisme Solidaire disait « Qu’on le veuille ou non, nous piétinons involontairement le gazon des pays, il est normal que nous en replantions ne serait-ce qu’une partie ».

En alertant de manière aussi tranchée des dangers des aides que des voyagistes pourraient apporter à des orphelinats, c’est décourager les rares candidats aux actions de tourisme solidaire.

L’ECPAT et ATD, qui sont des références en matière de tourisme responsable, jouent le Quai d’Orsay dans sa partition sans nuance des conseils aux voyageurs.

Il faut au contraire multiplier les opérations sociales, culturelles en direction des populations que nous utilisons dans nos programmes touristiques, en aidant des associations à construire des projets concrets.

Oui au Volontourisme quand il s’agit de mettre en place, avec des agriculteurs locaux, une coopérative agricole.

Oui au Volontourisme quand il s’agit de permettre la construction de classes dans des écoles où les enfants apprennent à même le sol.

Oui au Volontourisme quand il s’agit d’aider une communauté artisanale à trouver des débouchés commerciaux à leur production.

Oui au Volontourisme qui doit permettre une approche plus authentique et moins folklorique des populations par nos clients.

Un soutien économique, éducatif et psychologique

Oui aussi aux orphelinats qui font partie des organismes que nous devons aider, bien entendu en surveillant la traçabilité de nos actions grâce à une délégation locale partenaire du TO.

Effectivement, une visite rapide et un don sont insuffisants, voire traumatisants pour les enfants et ne participent pas à la construction d’une action pérenne.

Les opérations en direction des orphelinats doivent être accompagnées d’un soutien économique, éducatif, mais aussi psychologique.

Toutes ces actions solidaires ne sont pas des crédits de bonne conscience, mais des investissements dans un tourisme avec une vision plus lointaine que celle de la recette du jour ou du meilleur site B2B.

Les femmes, les hommes et les enfants plus encore que l’écologie, sont les fondamentaux de notre activité touristique, les aider à améliorer économiquement ou culturellement leur cadre de vie, sera pour les professionnels du tourisme un enjeu important qui conditionnera la poursuite du tourisme dans certaines régions du monde.

Christian OROFINO
Président de TOURCONSEIL
Co-Président de l'OBGET
Ex PDG et DG du TO VISIT FRANCE
Président de la commission Tourisme responsable du SNAV
Co-Président de l'Observatoire Géo Politique et Environnemental du Tourisme (OBGET)

Page Facebook de l'OBGET

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Tags : OBGET, orofino
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1.Posté par Hervé ROCLE le 10/07/2015 09:15 (depuis mobile) | Alerter
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Il faut que les producteurs, les vendeurs et les clients communiquent sur le contenu plutot que sur le prix. Chaque maillon de la chaine de production doit avoir un role bien défini permettant a chacun de s''intégrer dans la chaine.

2.Posté par Guillaume Cromer le 10/07/2015 13:38 | Alerter
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Bonjour Christian,

Merci pour ta réaction sur notre communiqué conjoint avec ECPAT France. Je crois qu'il est important de ne pas tout mélanger! Nous parlons bien à travers notre communiqué du tourisme au sein des orphelinats et uniquement ce type de tourisme qui se développe forcément. Il y a clairement des risques et dérives avérés portés par de nombreuses associations dans les pays. Ce communiqué a pour objectif de prévenir et de mieux orienter les volontés d'engagement des voyageurs avant l'été.

Concernant cette pratique du tourisme dans les orphelinats, elle n'a clairement pas lieu d'être! Les enfants (orphelinats ou non) ne sont pas une partie de la chaîne de valeur d'un produit touristique. Donc, non au volontariat dans les orphelinats de très courte durée, non aux visites d'orphelinats par des groupes de touristes pour donner de l'aide matériel ou financière.

En revanche, nous ne disons pas qu'il ne faut pas aider ces pays, les ONG locales crédibles, etc. mais il y a des manières de le faire pour les professionnels du tourisme. Par exemple, ils peuvent très bien définir une politique philanthropique afin de soutenir des projets d'aide à l'enfance dans certaines destinations. Les opérateurs spécialisés dans le volontariat peuvent très bien adaptés leur recrutement pour recruter des personnes avec les bonnes compétences sur des projets de long terme sur le terrain ou encore que ces personnes deviennent des formateurs afin de renforcer les capacités des professionnels sur place.

Après, merci de ne pas tout mélanger. Le volontourisme et le tourisme solidaire sont deux choses complètement différentes. Le 1er correspond à des chantiers sur différentes thématiques (Cybelle Planète a d'ailleurs lancé une Charte Ethique de l'Ecovolontariat - http://www.cybelle-planete.org/ecovolontariat/ecovolontariat/ethique/collectif-francophone-deco-volontariat/16-news/262-cybelle-planete-sengage-pour-un-ecovolontariat-ethique) tandis que le tourisme solidaire correspond à des voyages de découverte dans une destination où la rencontre et le partage avec les habitants est au coeur du processus - le côté solidaire correspond simplement à une redistribution économique à un projet solidaire sur place (cf http://www.tourismesolidaire.org/).

Il y a actuellement de nombreuses personnes qui veulent "aider", se sentir utile durant leurs voyages, et en particulier parmi les jeunes générations. Nous voulons simplement prévenir, à travers ce communiqué, qu'il y a certains risques par rapport au travail dans les orphelinats (dont le fait que cela créé une offre de faux orphelinats dans de nombreux pays) et qu'il y a des possibilités de pratiquer autrement une certaine solidarité.

3.Posté par Equipe ATES le 10/07/2015 16:33 | Alerter
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Comme Guillaume Cromer l'a indiqué, il faut bien différencier le tourisme solidaire du volontourisme.

Le tourisme solidaire en plus d’être un facteur de découverte et de partage pour les voyageurs et leurs hotes, a pour vocation d'être un facteur de développement pour les destinations. A travers une rémunération juste, une co-construction des séjours et une attention particulière à l’impact environnementale et sociale du tourisme, le tourisme solidaire permettent à des communautés locales d’obtenir un complément de revenus et/ou maintenir une activité agricole ou artisanale dans la région visitée.

La participation des voyageurs du tourisme équitable et solidaire au développement réside dans leur choix de ce voyage plutôt qu'un voyage classique ; sachant qu'en plus d'être co-construit avec les personnes qui les accueillent, une part du prix de vente de ce voyage est dédiée à des projets de développement locaux décidés et gérés par des organisations locales.

Le volontourisme s’apparente, quant à lui, aux chantiers de solidarité et doit être encadré comme tel : les motivations et compétences des volontaires doivent être analysées, les partenaires locaux clairement identifiés , la participation des communautés locales effective et enfin les projets doivent être encadrés et justifiés au regard des besoins du terrain.

4.Posté par Anko Ordonez le 10/07/2015 17:38 | Alerter
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Je vous remercie Christian pour l'intérêt porté à notre communiqué de presse ainsi que pour cet échange qui doit permettre de présenter les (évidents) bienfaits du volontourisme mais aussi ses limites, tout aussi évidentes quand il est orienté à certaines structures telles que les orphelinats et les centres d'accueil de jeunes.

Je ne vais pas revenir sur la réponse de Guillaume qui me semble tout à fait claire et qu'ECPAT partage absolument. Nous ne souhaitons pas tout mélanger et il serait erroné de mettre dans le même panier les différents types de volontourisme.

Suite aux échanges publiés, nous souhaitons juste rappeler que les orphelinats sont des structures très particulières et que les jeunes qui y vivent ont, sans aucun doute, besoin d'un soutien financier, éducatif y psychologique, nous sommes tous d'accord là-dessus, mais ce soutien doit être fait sous certaines conditions. Le long terme, la spécialisation du volontouriste, la légalité des structures et la réduction de l'impact psychologique sur les enfants sont des éléments incontournables à respecter.

En termes d'impact sur les enfants, qui est l'élément central à partir duquel vont dépendre toutes les stratégies et approches envisageables, il est important de comprendre que leur accompagnement est un travail sur plusieurs années et que la réintégration sociale d'un enfant des rues, par exemple, ne se mesure ni en semaines ni en mois mais en années. Ce suivi ne peut être fait que par un éducateur spécialisé qui, rien qu'à la base, doit investir des mois pour gagner la confiance de l'enfant. Cet exemple est évident et je perçois que nous sommes d'accord là-dessus. Je souhaitais juste entrer un peu plus dans le détails du fonctionnement des orphelinats afin d'informer les lecteurs. Mais allons plus loin. Combien de fois avons-nous vu des volontaires "tester" leur capacité d'enseignement pour la première fois justement dans un orphelinat à l'étranger? Combien de fois avons-nous vu des enfants s'attacher à des visiteurs qui n'étaient venus que pour quelques heures? Combien de fois avons-nous vu des internautes se faire des selfies avec des mineurs (orphelins ou pas) et publier les photos sur les réseaux sociaux, y compris des sites de rencontre (le comble, montrer son engagement humanitaire pour plaire plus), sans se soucier du droit à l'anonymat de l'enfant ? La liste de dérives est très longue, parfois absurdes, parfois plus subtiles, car l'éducation au développement part de très loin. Et le contrôle de toutes ses dérives est ingérable sur le terrain.

Nous ne souhaitons pas décourager les volontouristes désireux d'aider les enfants placés en orphelinats ou centre d'accueil mais ils doivent comprendre que leur intervention directe, de courte durée, sans objectifs clairs ni compétences techniques adaptées, comporte plus de risques que de bénéfices pour les jeunes.

Dans ce sens, ATD et ECPAT France ont élaboré une liste de 9 règles à respecter quand un potentiel volontouriste souhaite apporter son soutien à un orphelinat:

1 – S’assurer que l’association responsable de l’orphelinat est légalement enregistrée.

2 – S’assurer que la mission vise à renforcer les compétences techniques du personnel local (logistique, soins médicaux, enseignement, etc.) et que vous possédez ces compétences.

3 – Favoriser des missions de longue durée (au moins 6 mois). Si ce n’est pas possible, s’abstenir de visiter un orphelinat ou un centre d’accueil d’enfants vulnérables.

4 – Favoriser le contact avec des associations qui implémentent en interne un code de conduite.

5 – Ne jamais rester seul avec un enfant dans une pièce fermée.

6 – Ne pas dormir à l’orphelinat avec les enfants.

7 – Eviter le plus possible de prendre en photos les enfants de l’orphelinat car ils ne sont pas des attractions touristiques.

8 – Ne pas publier de photos d’enfants sur les réseaux sociaux afin de préserver leur dignité et leur anonymat.

9 – Signaler toute situation, même douteuse, d’abus sexuel sur mineurs à l’ambassade de votre pays ainsi que sur www.reportchildsextourism.eu

J'espère que les lecteurs comprendront toutes les nuances qui composent l'aide au développement et que quand il s'agit d'aider les plus démunis, la tête est tout aussi importante que le cœur. Nous restons à leur disposition pour toute information complémentaire.

5.Posté par SVI le 24/07/2015 12:17 | Alerter
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Bonjour à tous,

En tant qu'association de volontariat international non lucrative et active dans plus de 70 pays, nous ne pouvons que soutenir l'initiative que ECPAT pour avoir vu in situ le résultat du volontourisme.

Il faut effectivement bien distinguer le volontourisme du tourisme solidaire.

Le tourisme solidaire est une forme de tourisme équitable qui va favoriser l'économie locale. On ne peut qu'encourager cette forme de commerce.

Le Volontourisme , c'est tout autre chose, c'est une offre touristique, mise en place par des agence de voyages lucratives, qui propose comme activité 'aider les pauvres dans de chouettes pays'. On peut à peu près tout faire: jouer au prof pendant 2 semaines (sans n'avoir jamais enseigné ni connaitre la langue locale ou les programmes locaux), jouer au médecin ou l'infirmière (!!!!), à l'avocat, au vétérinaire, à l'éducateur.... Et pour participer, il suffit de payer (comptez 2000 euro / mois ). Le volontourisme vend de la pauvreté et le sentiment qu'on peut aider, même sans qualification, le pauvre (car le touriste lui sait comment l'aider durant ses vacances)

Les entreprises de volontourisme font absolument tout pour se faire non pas pour des entreprises très rentables mais bien des ONG : utilisation systématique du vocabulaire du volontariat (alors qu'on n'est pas dans le cadre du bénévolat mais bien d'un achat de services), du terme "humanitaire", ONG, aider, .... Allez sur le site d'une de ces entreprises et vous aurez l'impression d'avoir à faire à une super ONG totalement désintéressée et préoccupée QUE par le sort des pauvres....
Un mensonge généralisé sur "Où va mon argent ?" où l'on évite soigneusement de dire qu'une très grande partie de l'argent va directement dans la poche des propriétaires de l'agence.
Allez voir les sites de ces entreprises, jamais vous ne verrez le mot entreprise, elle préfèrent , pour tromper le client, se présenter comme « organisme non subsidié, apolitique et non religieux, ouvert à tous »

Aux questions posées dans l'article :

Oui, au Volontourisme quand il s’agit de mettre en place, avec des agriculteurs locaux, une coopérative agricole. -> NON ! ce n'est pas le rôle des clients d'une agence de voyages en vacances ! Etre agriculteur ou chef d'entreprise est un métier !!! C'est déjà loin d'être évident pour un chef d'entreprise ou un agriculteur français de faire tourner sa boite dans son pays alors faire croire qu'on va pouvoir aider dans un pays inconnu durant ses vacances c'est du n'importe quoi voir même une injure aux locaux : moi, le super touriste, super intelligent je vais t'aider , car moi je sais un tas de chose que toi tu ne peux même pas imaginer….

Oui au Volontourisme quand il s’agit de permettre la construction de classes dans des écoles où les enfants apprennent à même le sol. -> NON ! ce n'est pas le rôle des clients d'une agence de voyages en vacances ! Ce n'est pas le rôle n'ont plus de touristes de prendre le boulot des maçons locaux. Il est aussi totalement inacceptable que des touristes paient pour le prendre le boulot de prof locaux. Imaginez qu'en france, vos gosses soient « éduqués » par des touristes japonais qui veulent aider les pauvres petit français à apprendre l'anglais. Le tout sans parler un mot de français, aucune expérience d'enseignement, durant 2 semaines (et ensuite un nouveau car de touriste japonais revient « donner cours »)

Oui au Volontourisme quand il s’agit d’aider une communauté artisanale à trouver des débouchés commerciaux à leur production. -> NON ! ce n'est pas le rôle des clients d'une agence de voyages en vacances ! En quoi le touriste est t'il qualifié pour aider la création d'une entreprise ???? C'est du grand n'importe quoi : le touriste débarque, ne connaît rien du pays, du commerce local , et il va "aider" le tout en deux semaines.... Derrière cela, il y a l'idée que vu que le touriste vient d'un pays développé , il a forcement un truc à apprendre aux "sous développés" qui bien sur n'ont pas pu faire d'aider contrairement à tous les touristes blancs...

Oui au Volontourisme qui doit permettre une approche plus authentique et moins folklorique des populations par nos clients. -Non, NON et NON ! la pauvreté n'est pas "authentique". Il est inadmissible que des agences proposent à leurs clients un stage planche à voile ou une visite d'une léproserie avec des vrais malades "authentiques". Que diriez vous si des agences de voyages japonaises se mettaient à venir visiter les "pauvres" des banlieues françaises parce qu'ils sont tellement plus "authentiques" ?

Tout cela, c'est le travail des acteurs sociaux locaux ,du secteur associatif local ou international et certainement pas celui d'une agence de voyage qui s'improvise dans le social parce que c'est à la mode.

Il y a aussi une tentative de la part de ces agences de voyages de faire croire qu'entre une association de volontariat et eux, il n'y a pas de différence. Juste qu'EUX en plus ils font des bénéficient (parce ce qu'ils pensent mieux gérer leur budget eux).
Tout d'abord il faut bien comprendre les objectifs d'une association et d'une agence de voyage lucrative :
l'association veut atteindre des objectifs liés à ses statuts et va donc utiliser toutes ses ressources humaines et financières pour y parvenir.
Une agence de voyage à pour objectif de vendre des services et d'être rentable pour ses propriétaires. Une agence de voyage ne dira jamais à ses client « vous n'avez pas les qualifications ou les bonnes motivations, on ne veut pas de vous comme client » mais dira plus facilement « vous avez les bonnes qualifications et motivations mais vous n'avez pas d'argent, on ne veut pas de vous » (entendu par une agence de volontourisme au bénin !!! )

L'association identifie des besoins et ensuite met en place des actions en espérant que le besoin disparaisse au plus vide.
Une agence de voyage identifie les demandes de ses clients (un truc en afrique, au bord de la plage, avec des enfants où il va pouvoir jouer au sauveur gentil) et ensuite organise des activités qui satisfassent ses clients. Et il faut surtout pas que l'activité disparaissent sinon on ferme boutique.

Et donc on se retrouve dans des situations décriées par ECPAT : énormément de gens, qui veulent bien faire, souhaitent passer leurs vacances avec des enfants orphelins (mais uniquement dans un pays exotique .... Pas en france.... ). Problème il n'y a pas assez d'orphelin... Alors on en crée.... L'objectif n'est absolument pas d'aider ces enfants mais de satisfaire le client. On ne va jamais dire au client : tu vas nettoyer l'orphelinat, le vrai travail avec les enfants laisse au pro locaux et interdiction de jouer à papa maman car tu n'est là que pour quelques jours ... Si tu veux vraiment aider, donne de ton argent, va faire des études d'éducateurs et va travaille là-bas....

Le volontourisme c'est l'arnaque au bons sentiments. Après chaque grande catastrophe,mais uniquement dans des pays sympa, on voit apparaitre quelques semaines après la catastrophe, des projets de volontourisme à 2000 euro / semaine (!!!!) pour "aider" . Lorsqu'on demande à ces entreprises en quoi elles vont "aider" , les réponses restent vaguent .... (voir par ex : www.letemps.ch/Page/Uuid/6f82425a-fb30-11e4-a492-3cf978da05db/Les_s%C3%A9jours_humanitaires_sont_devenus_une_activit%C3%A9_lucrative_pour_les_voyagistes )

Les entreprises de volontourismes nuisent également au secteur associatif local : elles s'enregistrent dans les pays locaux n'ont pas comme agence de voyages mais comme ONG . Cela leurs évite toutes les obligations liées au secteur du tourisme et surtout de devoir payer des impôts... Et donc, maintenant dans certains pays, les autorités , méfiantes, bloquent l'enregistrement des vraies ONG.
Sans parler de la concurrence déloyales que font des entreprises de volontourismes aux agences de tourisme locales qui elles respectent la législation locale et paient des impots...

Presque toujours ces agences de voyages passent via des grossistes qui vont écumer le secteur associatif dans les pays du sud (on n'a été nous même victime de l'un d'eux) qui va voir des asso locales : "on va vous aider à trouver des volontaires". Ils sont passer pour des asso pour éviter de parler argent...Et on se retrouve avec des asso locales qui paient pour heberger et "animer" les clients de ses agences de voyages en passant qu'elles ont affaire à des vrais volontaires...

Il faut le dire et le redire : la solidarité n'est pas un nouveau produit de lucre. On n'a pas à se faire de l'argent sur le dos des pauvres.

Si quelqu'un souhaite faire de volontariat , qu'il s'engage dans une association. Et si il veut faire du tourisme qui aille dans une agence de voyages équitables..…


Pour ce que cela interesse de découvrir le côté sombre du volontourisme, nous avons publié un dossier de presse très complet sur ce phénomène sur notre site web :

https://www.servicevolontaire.org/index.php?menu_selected=46&sub_menu_selected=199&language=FR

Cordialement

Pierre De Hanscutter



6.Posté par SVI le 26/07/2015 00:14 | Alerter
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Je réagis à propos de la charte "Collectif Francophone d'Ecovolontariat". Je me permets d'avoir de sérieux doute sur cette charte.

Nous les avons contacté pour signaler , que nous avions des doutes sur la transparence financière publié par l'entreprise Projects Abroad, un de leurs membres.... A ce jour, toujours aucune réponse.... Comment croire à une transparence "totale" lorsque l'entreprise "oublie" de mentionner dans "où passe l'argent" son bénéfice.... ????
Or la charte indique :
"Engagement numéro 1 : Transparence sur l’utilisation de la contribution financière des écovolontaires"
et "Exclusion
En cas de manquement à un seul des engagements de la présente charte, constaté par le Collectif Francophone d’Écovolontariat, le signataire sera exclu sans préavis. Le signataire ne pourra prétendre à aucun dédommagement ou indemnité d'aucune sorte."

Avec cette charte , il s'agit pour les entreprises de volontourisme de masquer leur véritable nature... Se faire passer pour super éthique, super transparente....

voir le texte de la lettre ouverte : http://organisationsdejeunesse.be/actus/lettre-ouverte-au-collectif-francophone-decovolontariat/

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