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Voyages FRAM : un dépôt de bilan pourrait faire tomber des Groupistes

Perte des acomptes versés pour les dossiers de groupes


Rédigé par Pierre Coronas le Mardi 20 Octobre 2015

Si jamais l'offre de HNA et Selectour Afat venait à être retirée, FRAM pourrait en venir à déposer le bilan. Une défaillance dont l'onde de choc ferait vaciller de nombreux acteurs du tourisme en France. A commencer par les groupistes.



L'éventualité d'un dépôt de bilan de FRAM n'est désormais plus à exclure - Photo DR
L'éventualité d'un dépôt de bilan de FRAM n'est désormais plus à exclure - Photo DR
Ces derniers jours, le doute s'est installé dans le dossier de la reprise de FRAM.

Alors que l'on pensait s'acheminer vers un rachat du tour-opérateur (TO) par HNA et Selectour Afat, Les Echos ont annoncé, dimanche 18 octobre 2015, que le groupe chinois avait finalement décidé de retirer son offre.

Des informations que la direction du voyagiste s'est empressée de démentir. Toujours est-il que, pour l'heure, rien n'est concrétisé.

Le nom du repreneur de FRAM reste toujours inconnu.

Mais le flou s'est installé et, désormais, l'éventualité d'un dépôt de bilan de FRAM n'est plus exclue. Ce qui constituerait un véritable séisme pour le secteur du tourisme en France.

Dans un entretien accordé à TourMaG.com, ce lundi 19 octobre 2015, Jean-Pierre Mas, président du Syndicat national des agences de voyages (SNAV) estime que "les dégâts collatéraux que provoquerait l'arrêt de l'activité de FRAM pourraient déstabiliser l'ensemble de l’écosystème."

A ce titre, il considère que "le sauvetage de FRAM devient donc une œuvre de « salubrité publique »".

Peu de risques financiers pour les séjours individuels

Le sujet est une source de préoccupation pour de nombreuses agences de voyages.

"Je suis très inquiet pour l'avenir de FRAM, qui nous a toujours fourni des produits de grande qualité", nous confirme Hervé Renoux, directeur commercial de Richou Voyages, pour qui FRAM est le premier tour-opérateur revendu en agences.

Le réseau adhère à TourCom et profite des avantages de la centrale de paiements TourFinance pour les séjours individuels. Elle permet un règlement des fournisseurs après le départ des clients et protège donc les distributeurs contre une éventuelle perte d'argent en cas de défaillance d'un TO.

"Pour les clients individuels, nous réglons après le départ des clients. L'acompte est chez nous, donc sur ce point, en cas de dépôt de bilan de FRAM, ce ne serait pas un problème", ajoute le dirigeant d'un autre groupe qui, lui, n'est membre d'aucun réseau volontaire.

Aucun risque donc de perdre de l'argent sur les ventes de voyages individuels. "Ce serait néanmoins épouvantable de recaser les clients", nuance un directeur d'agence de voyages.

Par ailleurs, FRAM est parfois incontournable pour les points de ventes. Chez certains distributeurs, il est quasiment le seul fournisseur de séjours. Si jamais le TO venait à disparaître, ce serait une catastrophe pour ces agences de voyages.

"Le vrai problème, ce sont les acomptes groupes"

Malgré tout, "le vrai problème, ce sont les acomptes des groupes que l'on paie d'avance. Là, c'est plus risqué", prévient un autre dirigeant de mini-réseau indépendant.

Et la question constitue même une source d'inquiétude pour les agences de voyages qui adhèrent à des réseaux volontaires. Les centrales de paiements de TourCom et de Selectour Afat ne permettent pas de s'exonérer du paiement des acomptes pour des voyages de groupe.

FRAM, à l'instar d'autres voyagistes, demande de payer 25% du montant total du dossier groupe au moment de la confirmation de la réservation. Le solde est ensuite à régler 30 jours avant le départ.

Du coup, certains groupistes décident actuellement de ne pas régler d'acomptes pour leurs groupes à FRAM.

L'un d'entre eux nous a ainsi expliqué qu'il avait décidé de ne pas confirmer un dossier de 80 pax avec un acompte de 25 000 € tant qu'il n'a pas de garantie sur l'avenir du voyagiste toulousain.

D'autres groupistes auraient, en revanche, déjà réglé des acomptes au TO et seraient donc très inquiets à l'heure actuelle.

Car, sur ce point, la législation est claire : les garants financiers ne prennent pas en charge les fonds versés entre professionnels, en cas de défaillance de l'un d'entre eux.

Pas de couverture pour les paiements entre professionnels

Par conséquent, si jamais une agence de voyages verse un acompte à un tour-opérateur et que celui-ci fait faillite entre temps, l'argent est perdu.

Selon nos informations, aucun groupiste membre du GIE C.E.A.G (Cercle Économique des Agences Groupistes) n'est concerné.

Le problème toucherait plutôt des autocaristes et des agences qui traitent des dossiers de groupes en local. Avec de possibles conséquences financières auxquelles beaucoup auraient du mal à faire face.

Le patron d'un mini-réseau qui préfère rester anonyme nous explique que l'une de ses collègues lui a demandé des conseils sur ce point. Elle compte faire partir 3 petits groupes avec FRAM et se demande si cela est risqué.

L'incertitude demeure et personne ne souhaite qu'elle persiste. Car si FRAM venait à déposer le bilan, outre des conséquences sociales désastreuses, la défaillance fragiliserait l'ensemble de l'industrie.

Et certains acteurs pourraient ne pas y résister...

Fram : Quelles conséquences sur ses engagements aériens ?

L'éventuel dépôt de bilan de Fram doit faire trembler Air Méditerranée.

Le tour-opérateur est en effet le principal client de la compagnie aérienne. Pour 2015, il ne lui reste que deux weekends de départ d’ici les deux prochaines semaines.

En revanche, c’est auprès d’Air Méditerranée que le TO s’est engagé pour une grande partie de son programme d’été, à savoir 51 000 sièges au départ de 11 villes de provinces pour 45 destinations.

Pourtant Antoine Ferretti, le PDG d'Air Méditerranée veut rester confiant. Il est persuadé que le TO ne passera pas par la case dépôt de bilan. "Si jamais la compagnie perd l'un de ses principaux clients alors qu'elle est toujours dans une situation précaire, cela va être compliqué" estime un connaisseur du secteur.

Précisons toutefois que la compagnie n’a aucune ardoise chez le courtier Air Partner, avec laquelle elle travaille régulièrement. Elle commence d’ailleurs à préparer sa saison estivale avec lui, comme si de rien n’était.

Un dépôt de bilan ne changerait pas grand chose pour le courtier ou même pour les TO qui auraient co-affrété avec Fram. Il faudrait simplement remplacer les avions par des modules plus petits.

LAC

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