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Carlson Wagonlit Travel : mouvement de grève suivi mardi

200 personnes mobilisées devant le siège parisien


Rédigé par Karine PLUMARD le Mercredi 1 Avril 2009

Les salariés de Carslon Wagonlit Travel France ont répondu présents à l'appel à la grève générale le 31 mars, lancé par l'intersyndicale du groupe. Une mobilisation dans tout l'Hexagone qui fait suite à l'annonce de la suppression de 446 postes d'ici à 2010 dans le cadre du plan de sauvegarde de l'emploi (PSE). Hier, à 13 heures, environ deux cents salariés étaient réunis devant le siège social du XVe arrondissement de Paris. TourMaG.com les a suivis.



''Nous ne vous lâcherons pas'' : Edouard Mougenot (avec le porte-voix), délégué central CGT, rassure les salariés grévistes d'Ile-de-France, réunis à Paris le 31 mars.
''Nous ne vous lâcherons pas'' : Edouard Mougenot (avec le porte-voix), délégué central CGT, rassure les salariés grévistes d'Ile-de-France, réunis à Paris le 31 mars.
Le rendez-vous est fixé à 13 heures, devant le siège social parisien de Carlson Wagonlit Travel France (CWTF) pour les sites d'Ile-de-France, et devant leur lieu de travail pour les autres sites de province.

Ponctuelle, une centaine de salariés fait le pied de grue devant l'imposant bâtiment de verre du XVe arrondissement de Paris, alternant les slogans "2008 tous vendeurs, 2009, tous chômeurs" et "Carlson, t'as des sous, te fous pas de nous".

Impossible effectivement de nier la cagnotte de 2,59 milliards d'euros de volume d'affaires réalisés par le réseau français l'an dernier (+2,1 %/2007). Ce solide bas de laine aurait d'ailleurs pu compenser la baisse du volume d'affaires estimée à 10 % cette année -crise oblige-, et épargner autant de licenciements (446 d'ici à fin 2010, contre 150 annoncés avant la rédaction du PSE).

Mais comme tous les groupes dépendants de fonds de pension, CWF, leader mondial du tourisme d'affaires, a probablement des comptes sonnants et trébuchants à rendre à ses actionnaires.

13h10. La foule s'épaissit avec l'arrivée des équipes (une centaine de personnes) d'Evry et de Noisy -la fermeture définitive de ces sites est prévue respectivement en juin et septembre- mais aussi de Nanterre ou Gentilly.

En attendant les représentants de l'intersyndicale (CGT, CFTC, CFE-CGC, CFDT et Solidaires Tourisme) qui a donné le mot d'ordre de la grève, chacun prend des nouvelles de son voisin.

Le personnel d'Evry explique aux collègues parisiens que "le compte Accor va migrer ce soir sur le site de Belfort. Du coup, il y a une dizaine de personnes chez nous qui vont continuer à aller au travail tout en se demandant comment ils vont occuper leurs journées jusqu'en juin, vu qu'on leur enlève leur boulot".

Un peu plus loin, une salariée de Noisy, indignée, raconte : "Au département Meeting & Events, on se retrouve à trois personnes contre 10 en décembre pour gérer plus de soixante-dix dossiers séminaires ! Il y a des clients, l'activité n'est pas en baisse alors pourquoi délocalisent-ils à Lyon ?".

Certains, dont le poste n'est pas menacé à ce jour, sont là aussi, par soutien, et pour "déstresser" par rapport à leur avenir : un mail a été envoyé aux salariés la semaine dernière, dans lequel la direction fait état des employés américains de Carlson, qui ont accepté une baisse de leur salaire de 5 %. Le mail ajouterait qu'il faut s'attendre en France à des réformes similaires et quelques changements dans les avantages sociaux.

Les solutions d'urgence sont dangereuses

13h15. Les forces de l'ordre sont là. Les délégués syndicaux aussi, qui arrivent, soudés, devant les grévistes. C'est Edouard Mougenot, délégué central CGT, qui s'y colle, pour faire le point sur les négociations du PSE entamées depuis près de trois mois.

En introduction, petit rappel sur la mobilisation du jour : Annecy est en grève depuis vendredi [fermeture définitive le mois prochain], Lyon a commencé ce matin, rejoints par Rennes et Nantes mais aussi l'Espagne [côté européen, CWT va réduire les effectifs de 10 à 20 % en Espagne, en Allemagne, en Belgique et en Angleterre].

Et d'attaquer dans le vif du sujet : "i[Nous ne voulons pas signer le plan d'urgence proposé par la direction [pour les personnels des sites d'Evry et Noisy] car nous considérons qu'il y a des choses dangereuses à l'intérieur. Surtout, nous attendons toujours de la part de Carlson qu'ils nous fournissent les explications économiques des 446 suppressions de poste]i."

Et de rassurer les troupes des deux sites en rappelant que leurs salaires seront payés intégralement tant que le CCE n'aura pas rendu son avis sur le PSE. Le "Nous ne vous lâcherons pas" en guide de conclusion est massivement applaudi.

13h30. L'intersyndicale part dans les étages chercher la direction afin de rencontrer les grévistes.

13h45. Retour des délégués : "i[On nous a informé que Bertrand Mabille [directeur général France] est en déplacement à Dubaï. Mais la DRH est prête à nous recevoir salle 58]i." Gloussements et sifflements dans la foule : la salle 58 peut accueillir 20 personnes, nous sommes 10 fois plus ! Devant l'insatisfaction générale, la délégation repart dans les étages…

13h52. Nouveau refus de la direction de venir sur le parvis rencontrer les salariés.

Sénérade version gréviste

14 h. Edouard Mougenot fait déplacer la foule à dix mètres de là, sous les fenêtres des "grands chefs". Les slogans repartent de plus belles. Quelques "pontes" de Carlson pointent le bout de leur nez derrière les vitres, aussitôt reconnus et conspués par les grévistes qui les exhortent à descendre.

14h15. On informe l'intersyndicale que la salle de restaurant (immense) est disponible à 15 h30. La délégation retourne auprès de la DRH pour proposer ce nouveau lieu de rencontre.

14h40. "La direction nous donnera sa réponse dans 15 minutes. Ils doivent se renseigner si on peut se réunir dans le restaurant pour des questions de sécurité"…

15 h. Les délégués, partis à la pêche à la réponse, reviennent accompagnés de Bruno Frankiel, DRH Business Travel. Edouard Mougenot reprend le porte-voix : "La direction va vous rencontrer dans la salle de restaurant à 15h30 à condition de dialoguer et que la presse se retire"...

Epilogue

Sylvie et ses collègues ont gentiment accepté de faire un compte-rendu par téléphone de la suite des événements. La réunion a duré une heure et au final, Bertrand Mabille était présent (Dubaï n'est qu'à 5 minutes de téléportation !) aux côtés de la DHR.

Syndicats et direction se sont renvoyés la balle quant au "blocage" du plan d'urgence. Motus et bouches cousues en revanche sur les justifications économiques qui conduisent à ce PSE.

Les salariés ont profité de l'occasion pour s'élever contre les aides financières (pour les départs volontaires) jugées insatisfaisantes (14 000 € environ pour l'employé qui a beaucoup d'ancienneté, 13 000 € environ pour les autres, d'après les salariés), citant en exemple leurs homologues d'American Express Voyages d'affaires (également en phase de PSE) qui toucheraient "entre 40 000 et 60 000 € selon l'ancienneté".

"Faux" a rétorqué Bertrand Mabille, qui a toutefois précisé que l'enveloppe de départ "est en négociation, rien n'est figé". Concernant les interrogations "de désoeuvrement" des salariés d'Evry, le directeur général s'est dit "étonné" qu'ont ne les aient pas prévenus des nouvelles tâches qui leur incombent.

Une erreur qui sera réparée "dès demain". Face aux inquiétudes du personnel "compta" (86 postes seront supprimés dans le service financier et recouvrement établi au siège), la direction a reconnue avoir fait il y a trois ans des "erreurs de stratégie, de process, de recrutements" pour ce service, dont elle doit aujourd'hui assumer les conséquences (les salariés également…).

Enfin, à leur demande, Bertrand Mabille s'est engagé à venir rencontrer "personnellement" les équipes de Meetings & Events dans les prochaines semaines.


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1.Posté par SYLVIE le 01/04/2009 09:53 | Alerter
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Bonjour,

Juste une petite remarque, vous avez certainement eu des collaborateurs CWT en ligne après cette réunion cependant il ne s'agissait pas de Sylvie.

2.Posté par Bixkor65 le 01/04/2009 10:47 | Alerter
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voilà une journée d'action loin d'etre infructueuse....
pour ceux et celles qui n'étaient pas là le 04mars dernier, il ont pu se rendre compte de la forte volonté de notre direction de faire avancer les choses... et je ne parle pas de l'arogance et de l'ironie qui irradiait hier encore le visage de certain ou plutot de certaine (sans s)... ah quand la direction devient INhumaine !!!.... ou quand le coeur est à la place du porte feuille (comme disait ma grand mère...)
merci à tous nos représentants syndicaux pour leur lutte unie. Je ne parle pas de nos "amis" de FO qui ne nous veulent que du bien... faudra qu'ils m'expliquent leur jeu ceux là à l'occasion... Force Ouvrière c'est bien çà non ? parce que là il est hors de question de les laisser faire les m^emes erreurs que le 1er PSE signé au forceps d'un commun accord avec eux memes... FO revient à tes premières amours et luttent pour les salariés au leiu de sucer la pomme de la direction... MERCI pour nous....
et j'en profite pour remercier les collègues de Nantes, Annecy, Meylan... et je dois en oublier pour leur action solidaire...
COURAGE à tous...ne cédons pas...

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