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Facturation électronique : un nouveau big bang pour les entreprises du tourisme ?

La réforme de la facturation électronique entre en vigueur ce 1er septembre


Les dossiers sont nombreux sur le bureau de la présidente des Entreprises du Voyage (EDV). Outre la rentrée, qui inquiète les patrons au regard de la situation politique, économique et géopolitique, une réforme entre en vigueur ce mardi 1er septembre 2026. Après des mois de tractations, de vulgarisation et de crises de nerfs, la facturation électronique débarque. Faut-il craindre la réforme ? Nous avons interrogé Valérie Boned, la présidente des EDV.


Rédigé par le Mardi 1 Septembre 2026 à 06:50

Facturation électronique : "plus d’angoisse que de problèmes" selon Valérie Boned - Depositphotos
Facturation électronique : "plus d’angoisse que de problèmes" selon Valérie Boned - Depositphotos
Ce mardi 1er septembre marque le jour J, ou plutôt le jour F, pour facturation électronique.

À partir de maintenant, toutes les entreprises assujetties à la TVA doivent être en mesure de recevoir des factures électroniques. Pour cela, il convient de désigner une plateforme habilitée pour ce type d’opération, parmi les 149 autorisées par le gouvernement français.

En plus de cela, les grandes entreprises et celles de taille intermédiaire, donc ayant plus de 250 salariés, auront l’obligation non seulement d’émettre des factures électroniques, mais aussi de transmettre les données de transaction et de paiement à l’administration française.

Ce point ne concernera qu'un faible nombre de noms du secteur.

"D’un point de vue général, beaucoup d’acteurs ne vont pas être concernés dès le 1er septembre par la réforme.

Je ne connais pas le taux de conformité du secteur, ni le taux de maturité sur le sujet, mais nous avons édité un livre blanc, organisé des visioconférences sur le sujet...

Les entreprises ont été informées, cela ne va pas être insurmontable. Je pense qu’il y a plus d’angoisse que de problèmes dans la réalité
", se veut rassurante Valérie Boned, présidente du syndicat patronal.

À l’image du gouvernement, elle a tenu à dédramatiser le changement de mois et la mise en application de la réforme.

Facturation électronique : "plus d’angoisse que de problèmes"

D’après les chiffres communiqués par Bercy, sur les 4 millions d’entités en France qui déclarent de la TVA en 2026, 58 % étaient inscrites auprès d’une plateforme au 23 août 2026.

A lire : Facturation électronique : "aucune sanction pour aucune entreprise en 2026 !"

Le secteur est-il prêt à affronter le jour d’après ?

"Nous étions avec Arnaud Fontanille (commission transport des EDV ndlr) à Bercy, la semaine dernière, dans le cadre d’un échange sur la facturation électronique.

S’il n’y a pas de report de la réforme, nous avons la confirmation que, sur les problématiques spécifiques au voyage d’affaires, nous allons bénéficier d’un large temps d’adaptation.

Au niveau des agences de voyages loisirs, d’un point de vue théorique, la réforme était plus facile à mettre en place, même s’il y avait quelques sujets techniques. Cela restait en effet moins complexe que pour le business travel.

Pour ce dernier secteur, la situation est compliquée avec les fournisseurs, la SNCF, les compagnies aériennes, etc., qui ne sont pas du tout matures sur la question.

Nous avons avec ces entités des points bloquants sur lesquels nous n’avons pas de solution,
" a tenu à nous informer la dirigeante.

Et face à cela, les EDV ont obtenu des gages de la part du ministère de l’Économie.

Le cabinet de David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics, a tenu à rappeler que le 1er septembre n’est pas une date couperet, mais symbolise plutôt le décollage de cette révolution fiscale.

Outre un temps d’adaptation, le gouvernement a tenu à rassurer tout le monde : il n’y aura aucune sanction pour aucune entreprise, nous a affirmé le cabinet de David Amiel.

Facturation électronique : "on ne trouve pas de terrain d’entente"

L’administration a aussi déclaré vouloir se placer dans une posture d’accompagnement de la réforme.

Concernant le secteur : quelques problématiques demeurent concernant les relations avec les transports.

La présidente du syndicat a, notamment balayé le mythe d’une possible facturation directe de la SNCF auprès du client final. Ce ne serait pas, ou plus, le cas.

La principale question qui reste en suspens, dans l’aérien comme dans le ferroviaire, serait de savoir qui financera le développement des outils technologiques nécessaires pour mettre fin à ces points de friction.

"Au sujet du voyage d’affaires, il existe énormément d’outils, de back-offices, de technologies différentes... qui ne cadrent pas avec la mise en œuvre de la facturation électronique.

Pour le cas 39 de cette réforme, qui traite de la facture d’un intermédiaire regroupant des biens ou services fournis par plusieurs vendeurs, nous avons obtenu une dérogation de Bercy.

Nous parlons là d’un cas d’usage qui n’existait pas avant et pour lequel nous avons obtenu du gouvernement la possibilité, pour l’agent de voyages d’affaires, de conserver le lien et la facturation avec le client.


Je vous dis ce que j’ai dit à David Amiel : nous avons, pour 15 ou 20 % des cas avec les transporteurs, une absence de solutions
", nous dévoile t-elle.

Ainsi, si le secteur n’avait pas obtenu cette dérogation, le client en business travel aurait reçu des milliers de factures de la part des transporteurs.

Grâce au lobbying effectué, les points de vente vont fournir un document unique, avec toutes les prestations, puis un document annexe avec toutes les dépenses facturées par les fournisseurs.

Sur cette problématique, tout ne serait pas finalisé, ni optimisé, car les transporteurs font face à une complexité au niveau de l’information.

Facturation électronique : pas de solution pour les groupes de la SNCF

Entre le 31 août 2026 et le 1er septembre, nous sommes passés, sur ce point, d’une absence de facturation pour la SNCF ou Air France à une facture électronique, avec des échanges de données entre toutes les parties.

L’un des principaux points de friction, sans solution à ce stade, reste les groupes réservés auprès de la SNCF.

C’est à croire que cette activité est dans le viseur du transporteur ferroviaire, tant les groupistes font face à des embûches. En début d’année déjà, leur portail avait été mis hors ligne et les professionnels laissés sans solution.

De plus, l’événementiel connaît aussi des problématiques qu’il sera nécessaire de traiter.

Pour certains sujets, les discussions sont bien engagées. Pour d’autres, c’est plus délicat.

"On a le même objectif, avec la SNCF et les autres qui est d'arriver à mettre en œuvre les changements et ne pas bouleverser le modèle que l’on a aujourd’hui.

Après, cela nécessite des développements, donc des coûts, et parfois, on ne trouve pas de terrain d’entente. Des points sont prévus avec le transporteur ferroviaire pour avancer sur les groupes.

Concernant l’application du régime de TVA, pour les formations avec l’OPCO, par le passé, il y avait un remboursement avec TVA incluse. Maintenant, elle doit être sortie.

Ce n’est pas à proprement parler un sujet de facturation électronique, mais il convient d’être d’équerre pour l’implémentation de cette réforme, dans le cas des salariés qui suivront une formation.

Concrètement, ceux qui ont suivi nos recommandations, ça va passer sans embûches. Pour le voyage d’affaires, nous bénéficions en plus d’une tolérance.

La recommandation que j’ai envie de partager à vos lecteurs, c'est qu'ils suivent ce que nous faisons et tout se passera pour le mieux
", conclut Valérie Boned.


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