Trenitalia face à Eurostar : ce que la concurrence pourrait changer pour les voyageurs - Depositphotos.com @AndreyKr
Après 32 ans de monopole d’Eurostar, la liaison ferroviaire entre Paris et Londres s’apprête à entrer dans une nouvelle ère.
Avec la commande de 19 trains et un lancement désormais visé en 2029, Trenitalia prépare son arrivée sur l’un des derniers grands axes ferroviaires internationaux encore largement dominés par un seul opérateur.
Pour Clément Hugon cofondateur et co-CEO de Kombo, cette annonce constitue "une énorme annonce" pour le secteur. "C’est le déblocage du dernier axe international qui était complètement monopolistique", analyse-t-il.
Si cette liaison est particulièrement stratégique, elle présente également des contraintes importantes. Le passage par le tunnel sous la Manche nécessite notamment des trains spécifiques et de nombreuses autorisations, auxquelles s’ajoutent les procédures liées au franchissement de la frontière.
"C’est le plus complexe parce qu’il faut plus d’autorisations, des trains spécifiques, il y a la douane. C’est un protocole un peu particulier", explique Clément Hugon.
Un marché complexe, mais également particulièrement attractif. Aujourd’hui, environ 11 millions de passagers empruntent chaque année l’axe Paris-Londres en train. Selon le cofondateur de Kombo, la capacité du tunnel sous la Manche est toutefois encore loin d’être atteinte : environ 400 trains y circuleraient quotidiennement, contre une capacité maximale estimée à 1 000 trains.
L’arrivée de nouveaux opérateurs pourrait donc permettre d’augmenter sensiblement le nombre de voyageurs transportés.
Avec la commande de 19 trains et un lancement désormais visé en 2029, Trenitalia prépare son arrivée sur l’un des derniers grands axes ferroviaires internationaux encore largement dominés par un seul opérateur.
Pour Clément Hugon cofondateur et co-CEO de Kombo, cette annonce constitue "une énorme annonce" pour le secteur. "C’est le déblocage du dernier axe international qui était complètement monopolistique", analyse-t-il.
Si cette liaison est particulièrement stratégique, elle présente également des contraintes importantes. Le passage par le tunnel sous la Manche nécessite notamment des trains spécifiques et de nombreuses autorisations, auxquelles s’ajoutent les procédures liées au franchissement de la frontière.
"C’est le plus complexe parce qu’il faut plus d’autorisations, des trains spécifiques, il y a la douane. C’est un protocole un peu particulier", explique Clément Hugon.
Un marché complexe, mais également particulièrement attractif. Aujourd’hui, environ 11 millions de passagers empruntent chaque année l’axe Paris-Londres en train. Selon le cofondateur de Kombo, la capacité du tunnel sous la Manche est toutefois encore loin d’être atteinte : environ 400 trains y circuleraient quotidiennement, contre une capacité maximale estimée à 1 000 trains.
L’arrivée de nouveaux opérateurs pourrait donc permettre d’augmenter sensiblement le nombre de voyageurs transportés.
Une baisse des prix attendue
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Pour les voyageurs, l’un des principaux effets de cette ouverture à la concurrence pourrait être tarifaire. Selon Clément Hugon, les prix actuellement pratiqués sur Paris-Londres restent élevés en raison notamment de la situation monopolistique.
"Le monopole fait qu’Eurostar a pu imposer des tarifs très élevés, parfois même plus que l’avion", estime-t-il.
Chez Kombo, l’anticipation est donc celle d’une baisse significative des prix. "Clairement, à notre sens, le prix des billets va beaucoup baisser. On estime la baisse des prix à environ 30 %", avance le cofondateur.
Cette estimation s’appuie notamment sur l’observation d’autres marchés ouverts à la concurrence. Clément Hugon cite ainsi l’exemple de Paris-Marseille, où Trenitalia s’est récemment installé face à la SNCF.
"Trenitalia est arrivé avec une offre de moins de 30 % globalement par rapport à la SNCF et la SNCF s’est assez rapidement ajustée", explique-t-il. Selon lui, une logique similaire pourrait se mettre en place sur Paris-Londres.
"Le monopole fait qu’Eurostar a pu imposer des tarifs très élevés, parfois même plus que l’avion", estime-t-il.
Chez Kombo, l’anticipation est donc celle d’une baisse significative des prix. "Clairement, à notre sens, le prix des billets va beaucoup baisser. On estime la baisse des prix à environ 30 %", avance le cofondateur.
Cette estimation s’appuie notamment sur l’observation d’autres marchés ouverts à la concurrence. Clément Hugon cite ainsi l’exemple de Paris-Marseille, où Trenitalia s’est récemment installé face à la SNCF.
"Trenitalia est arrivé avec une offre de moins de 30 % globalement par rapport à la SNCF et la SNCF s’est assez rapidement ajustée", explique-t-il. Selon lui, une logique similaire pourrait se mettre en place sur Paris-Londres.
Eurostar devra adapter sa stratégie
L’opérateur historique n’attend toutefois pas l’arrivée de son concurrent sans réagir. Eurostar a déjà commandé 50 nouvelles rames auprès d’Alstom, un investissement qui doit lui permettre d’augmenter et de renouveler sa capacité. Pour Clément Hugon, la stratégie tarifaire devrait également constituer un élément central de la réponse d’Eurostar.
La différence avec l’arrivée de Trenitalia sur d’autres marchés réside toutefois dans l’importance de l’offre envisagée. "Ce n’est pas juste quelques rames de Trenitalia, c’est une vraie offre qui va concurrencer clairement en volume Eurostar", souligne-t-il.
Les prix ne seront néanmoins pas le seul terrain de confrontation. Fréquences, horaires, confort et services pourraient également devenir des arguments déterminants pour attirer et fidéliser les voyageurs.
La différence avec l’arrivée de Trenitalia sur d’autres marchés réside toutefois dans l’importance de l’offre envisagée. "Ce n’est pas juste quelques rames de Trenitalia, c’est une vraie offre qui va concurrencer clairement en volume Eurostar", souligne-t-il.
Les prix ne seront néanmoins pas le seul terrain de confrontation. Fréquences, horaires, confort et services pourraient également devenir des arguments déterminants pour attirer et fidéliser les voyageurs.
Bruxelles et Amsterdam dans le viseur
L’ouverture du marché transmanche pourrait également dépasser le seul axe Paris-Londres. Parmi les prochaines liaisons susceptibles d'attirer la concurrence, Clément Hugon cite principalement Bruxelles et Amsterdam.
"Il y a des directs Amsterdam-Londres et ils sont quasiment toujours remplis. Il y a une grosse demande parce que c’est deux grosses capitales européennes", observe-t-il.
Pour le cofondateur de Kombo, les axes Bruxelles-Londres et Amsterdam-Londres apparaissent donc comme les marchés les plus évidents pour accueillir davantage de concurrence à terme.
"Il y a des directs Amsterdam-Londres et ils sont quasiment toujours remplis. Il y a une grosse demande parce que c’est deux grosses capitales européennes", observe-t-il.
Pour le cofondateur de Kombo, les axes Bruxelles-Londres et Amsterdam-Londres apparaissent donc comme les marchés les plus évidents pour accueillir davantage de concurrence à terme.
Une concurrence favorable à Kombo
Pour Kombo, l’arrivée de nouveaux opérateurs représente également une opportunité. La plateforme, fondée en 2016 par Clément Hugon et Matthieu Marquenet, revendique aujourd’hui environ un million de voyageurs utilisant ses services pour se déplacer en France et en Europe.
"Quand il y a de la concurrence, il y a un besoin de comparaison. Et la raison d’être de Kombo, c’est comparer et combiner les différentes compagnies", explique Clément Hugon. L’augmentation du nombre de voyageurs constitue un autre facteur favorable. Si la concurrence permet de faire baisser les prix et d’élargir l’offre, elle pourrait contribuer à attirer vers le train une partie des voyageurs actuellement transportés par avion.
Selon Kombo, l’enjeu dépasse donc la seule redistribution des parts de marché entre Eurostar et Trenitalia."Nous, on anticipe un doublement du volume voyageur sur cet axe", estime Clément Hugon.
Reste désormais à attendre 2029 pour mesurer concrètement les effets de cette ouverture. D’ici là, Eurostar comme Trenitalia devront préciser leurs offres respectives. L’opérateur italien dispose notamment d’un argument supplémentaire avec sa classe Executive, particulièrement adaptée selon Kombo à une clientèle d’affaires très présente sur Paris-Londres. De quoi ajouter un nouveau terrain de concurrence à un marché appelé à se transformer.
"Quand il y a de la concurrence, il y a un besoin de comparaison. Et la raison d’être de Kombo, c’est comparer et combiner les différentes compagnies", explique Clément Hugon. L’augmentation du nombre de voyageurs constitue un autre facteur favorable. Si la concurrence permet de faire baisser les prix et d’élargir l’offre, elle pourrait contribuer à attirer vers le train une partie des voyageurs actuellement transportés par avion.
Selon Kombo, l’enjeu dépasse donc la seule redistribution des parts de marché entre Eurostar et Trenitalia."Nous, on anticipe un doublement du volume voyageur sur cet axe", estime Clément Hugon.
Reste désormais à attendre 2029 pour mesurer concrètement les effets de cette ouverture. D’ici là, Eurostar comme Trenitalia devront préciser leurs offres respectives. L’opérateur italien dispose notamment d’un argument supplémentaire avec sa classe Executive, particulièrement adaptée selon Kombo à une clientèle d’affaires très présente sur Paris-Londres. De quoi ajouter un nouveau terrain de concurrence à un marché appelé à se transformer.






Publié par Amelia Brille 











