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Tunisie : la destination résiste malgré une conjoncture complexe

L’ONTT mise sur la diversification pour lisser la saisonnalité


Malgré les tensions géopolitiques et les épisodes de canicule, la Tunisie maintient globalement son niveau de fréquentation. Le marché français progresse de 3 à 4 % depuis le début de l’année, selon l’Office national du tourisme tunisien. Les données du Seto font toutefois apparaître un recul de 5,7 % des départs vers la destination chez ses tour-opérateurs membres.


Rédigé par le Mercredi 16 Septembre 2026 à 11:00

Sur le marché français, Mohamed Mehdi Haloui, directeur général de l’ONTT fait état d’une progression comprise entre 3 et 4 % du  nombre d’arrivées depuis le début de l’année 2026. @cl
Sur le marché français, Mohamed Mehdi Haloui, directeur général de l’ONTT fait état d’une progression comprise entre 3 et 4 % du nombre d’arrivées depuis le début de l’année 2026. @cl
La Tunisie confirme sa résilience, mais les indicateurs invitent à nuancer le bilan. Jusqu’au 31 août 2026, la destination enregistre une légère baisse de 0,2 % des arrivées, tous marchés confondus, se maintenant ainsi quasiment au niveau de l’année précédente.

« Pour l’année 2026, en termes d’arrivées, la situation est à peu près stable », résume Mohamed Mehdi Haloui, directeur général de l’Office national du tourisme tunisien (ONTT).

Sur le marché français, le directeur général de l’ONTT fait état d’une progression comprise entre 3 et 4 % depuis le début de l’année. Un résultat positif qui doit toutefois être mis en regard des données du Syndicat des entreprises du tour operating (Seto), qui relève un recul de 5,7 % des départs vers la Tunisie cet été chez ses membres.

Lire aussi : Bilan du Seto : l’été sauve partiellement l’année des TO

La destination a dû composer avec une conjoncture complexe, entre tensions au Moyen-Orient et épisodes de fortes chaleurs, qui ont notamment entraîné des coupures d’eau.

La France en tête, le Royaume-Uni progresse

La France demeure le premier marché émetteur européen de la Tunisie. Le Royaume-Uni occupe désormais la deuxième place, devant la Pologne et l’Allemagne, au coude-à-coude.

« Le marché anglais a bien progressé et a pris la deuxième place depuis le déploiement d’une ligne avec easyJet », observe Mohamed Mehdi Haloui.

L’Office cherche également à renouer avec certains marchés historiques. La Russie montre ainsi des signes de reprise, même si les volumes restent encore modestes.

« Avant la guerre , la Russie représentait le deuxième marché de la Tunisie après la France, avec plus de 600 000 arrivées. En 2026, nous avons enregistré une reprise, certes modeste, du marché russe, mais il progresse », indique le directeur général de l’ONTT.

La connectivité aérienne reste un enjeu central. Si la desserte du marché français est jugée satisfaisante, notamment grâce à Tunisair, Nouvelair et Transavia, la situation demeure plus fragile sur d’autres marchés.

Une meilleure desserte permettrait notamment de mieux exploiter certaines opportunités liées au contexte régional. La guerre au Moyen-Orient a rappelé que la Tunisie ne connaît pas de conflit, mais la destination n’a pas pu tirer pleinement parti de cette situation. « Nous aurions pu profiter davantage de cette conjoncture si nous avions disposé d’une meilleure connectivité aérienne », estime le directeur général de l’ONTT.

Les hébergements alternatifs gagnent du terrain

Plusieurs projets hôteliers voient le jour, notamment à Tozeur, Tabarka et Djerba. La Tunisie observe également un intérêt croissant pour les hébergements alternatifs, comme les chambres d’hôtes, les gîtes ruraux et les campements touristiques.

Encadrées par des textes réglementaires depuis 2013, ces offres répondent à une demande en progression. « Le secteur se développe très bien et répond à une demande de plus en plus forte de la clientèle », souligne Mohamed Mehdi Haloui, directeur général de l’ONTT.

À Tozeur, un premier établissement a été inauguré à la fin de l’année dernière, tandis que le Tozeur Plaza doit ouvrir cette année.

Diversifier l’offre au-delà du balnéaire

La diversification constitue l’un des axes prioritaires de l’Office national du tourisme tunisien. La destination entend développer le tourisme culturel, le bien-être, le golf, le sport et le tourisme saharien.

« Ce sont des niches très intéressantes que nous essayons de développer pour attirer une clientèle plus large », explique le directeur général de l’ONTT.

Pour soutenir ces segments, l’Office veut encourager l’investissement et renforcer les actions marketing. Il souhaite promouvoir ces expériences à travers les campagnes institutionnelles, les tour-opérateurs, les influenceurs et les dispositifs digitaux.

L’objectif est de valoriser une Tunisie qui ne se limite pas au balnéaire, lequel reste toutefois « très prisé » et conserve une place majeure dans l’offre touristique.

La thalassothérapie demeure également un atout important. Plus largement, le tourisme de santé fait partie des secteurs à développer, grâce aux compétences médicales du pays et à son positionnement tarifaire. Le segment progresse toutefois prudemment, notamment en raison de difficultés réglementaires.


Djerba, laboratoire de la durabilité

La durabilité s’impose comme un autre axe de travail. L’Office collabore avec le ministère de l’Environnement et plusieurs institutions sur la consommation énergétique, la préservation de l’eau, la gestion des déchets et la protection des écosystèmes.

Un projet spécifique est en préparation à Djerba, avec l’ambition d’en faire une destination durable.

« Nous allons beaucoup travailler pour faire adhérer les établissements hôteliers à cette démarche, afin de réduire la consommation d’énergie, de rationaliser la consommation d’eau et de mieux gérer les déchets sur l’île », détaille Mohamed Mehdi Haloui, directeur général de l’ONTT.

À terme, une labellisation pourrait être envisagée. Plusieurs établissements tunisiens disposent déjà de certifications environnementales, mais l’Office souhaite désormais élargir cette démarche à l’échelle d’une destination.

Des perspectives hivernales encourageantes

Pour les prochains mois, les signaux apparaissent plutôt favorables. Les demandes enregistrées pour septembre et octobre sont jugées bonnes. L’hiver devrait connaître une baisse saisonnière habituelle, mais celle-ci pourrait être légèrement moins marquée que l’année précédente.

« Nous constatons tout de même une légère amélioration par rapport à l’année dernière », indique le directeur général de l’ONTT.

La Tunisie entend ainsi poursuivre ses efforts pour mieux répartir la fréquentation sur l’année, en s’appuyant sur la diversification de son offre et sur des segments susceptibles de fonctionner au-delà de la haute saison balnéaire.


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