L’été 2026 sera historique à bien des égards.
La France battra peut-être son record de visiteurs, alors même que le climat est venu rappeler l’impact que nous avons sur lui.
Ce n’est pas tout, car pendant que les forêts de Gironde flambaient, le monde battait le record du nombre de vols commerciaux, avec 153 359 vols recensés le 23 juillet dernier.
Une concomitance qui a fait se questionner Alexis Chailloux.
"Nous voulions creuser l’affirmation selon laquelle il y aurait trop de touristes en France. Et cette coïncidence nous a sidérés.
Les deux événements n’ont aucun lien direct. En revanche, l’explosion du trafic aérien a un lien direct avec le réchauffement climatique, dont l’aggravation des méga-feux est l’une des conséquences documentées.
Au début, nous pensions faire une simple note, mais ce qu’il s’est passé nous a poussés à revoir l’ampleur du travail, explique le responsable aérien et ferroviaire au Réseau Action Climat.
La France battra peut-être son record de visiteurs, alors même que le climat est venu rappeler l’impact que nous avons sur lui.
Ce n’est pas tout, car pendant que les forêts de Gironde flambaient, le monde battait le record du nombre de vols commerciaux, avec 153 359 vols recensés le 23 juillet dernier.
Une concomitance qui a fait se questionner Alexis Chailloux.
"Nous voulions creuser l’affirmation selon laquelle il y aurait trop de touristes en France. Et cette coïncidence nous a sidérés.
Les deux événements n’ont aucun lien direct. En revanche, l’explosion du trafic aérien a un lien direct avec le réchauffement climatique, dont l’aggravation des méga-feux est l’une des conséquences documentées.
Au début, nous pensions faire une simple note, mais ce qu’il s’est passé nous a poussés à revoir l’ampleur du travail, explique le responsable aérien et ferroviaire au Réseau Action Climat.
Alexis Chailloux : "les vacances des Français en France diminuent structurellement"
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Au lieu d’une petite dizaine de pages, la fédération d’associations a publié un rapport de 70 pages, intitulé "Trop de touristes en France ? L’impasse de la stratégie touristique française".
L’enjeu ? Revenir sur le phénomène du surtourisme, tant commenté ces dernières années par les médias tricolores, et sur son impact écologique, notamment celui des clientèles lointaines qu’affectionnent tant les différents ministres passés à Bercy.
"À l’heure des bilans, nous voulions mettre en avant le fait que le tourisme lointain aérien est extrêmement polluant, ce qui ne ressort jamais, ou très rarement, dans la presse.
Car si Serge Papin va sans doute se féliciter qu’il y ait de plus en plus de touristes internationaux, ce que l’on ne dit pas, ou très peu, c’est que les vacances des résidents français en France sont en train de diminuer de manière structurelle. Et cela est dû à l’inflation des séjours touristiques poursuit-il.
Quand on creuse les raisons, on découvre que cela est directement lié, en partie, à la stratégie d’accueil de touristes internationaux lointains et potentiellement premium, qui est l’une des stratégies de la France".
Pour étayer ce constat, Alexis Chailloux a creusé différentes données, dont celles compilées par le maitre de conférences en sciences économiques Gilles Caire à partir de l’Insee.
Il en ressort que, depuis 1990, l’indice général des prix à la consommation a été multiplié par 1,8 ; ceux de la restauration par 2,2 ; tandis que les prix des hébergements touristiques ont été multipliés par 2,9. Les nuitées d’août ont, elles, subi un coefficient multiplicateur de 3,6.
De quoi mettre à l’écart une partie des Français, notamment ceux dont le niveau de vie plafonne déjà à des niveaux modestes.
L’enjeu ? Revenir sur le phénomène du surtourisme, tant commenté ces dernières années par les médias tricolores, et sur son impact écologique, notamment celui des clientèles lointaines qu’affectionnent tant les différents ministres passés à Bercy.
"À l’heure des bilans, nous voulions mettre en avant le fait que le tourisme lointain aérien est extrêmement polluant, ce qui ne ressort jamais, ou très rarement, dans la presse.
Car si Serge Papin va sans doute se féliciter qu’il y ait de plus en plus de touristes internationaux, ce que l’on ne dit pas, ou très peu, c’est que les vacances des résidents français en France sont en train de diminuer de manière structurelle. Et cela est dû à l’inflation des séjours touristiques poursuit-il.
Quand on creuse les raisons, on découvre que cela est directement lié, en partie, à la stratégie d’accueil de touristes internationaux lointains et potentiellement premium, qui est l’une des stratégies de la France".
Pour étayer ce constat, Alexis Chailloux a creusé différentes données, dont celles compilées par le maitre de conférences en sciences économiques Gilles Caire à partir de l’Insee.
Il en ressort que, depuis 1990, l’indice général des prix à la consommation a été multiplié par 1,8 ; ceux de la restauration par 2,2 ; tandis que les prix des hébergements touristiques ont été multipliés par 2,9. Les nuitées d’août ont, elles, subi un coefficient multiplicateur de 3,6.
De quoi mettre à l’écart une partie des Français, notamment ceux dont le niveau de vie plafonne déjà à des niveaux modestes.
Les voyageurs hors UE représentent 3% des arrivées pour... 20% des émissions
D'autant plus que plus les hôtels ont d’étoiles sur leur plaque, moins les Français sont nombreux...
Ainsi, les non-résidents représentent 48,3% des nuitées dans les 4 et 5 étoiles, contre 25,3% dans les 1 et 2 étoiles.
"Concernant le fait que les Français partent moins en France, nous savons que le taux de non-départ est relativement stable. En revanche, nous observons que les gens qui partaient le font maintenant moins longtemps dans notre pays, ou partent carrément à l’étranger, ajoute Alexis Chailloux.
Les nuitées des résidents français en France ont ainsi baissé de 13% en cinq ans. Le phénomène est impressionnant et semble structurel. Dans le même temps, depuis la reprise post-Covid, nous voyons que les nuitées des visiteurs internationaux sont en forte croissance.
Sauf que les Français représentent les deux tiers des retombées économiques du tourisme. Donc se priver d’une partie de son marché touristique impacte les retombées économiques globales.
Alors certes, cette érosion est compensée par les voyageurs internationaux, mais cela a des effets négatifs. Le calcul n’est pas bon", estime le responsable de l’association.
Car cette clientèle lointaine, bien que rémunératrice, pollue bien plus que la clientèle intérieure et européenne.
Ainsi, selon le rapport, les voyageurs en provenance de pays situés hors de l’Union européenne représentent 3% des arrivées touristiques en France, pour 20% des émissions de gaz à effet de serre du tourisme.
Ainsi, les non-résidents représentent 48,3% des nuitées dans les 4 et 5 étoiles, contre 25,3% dans les 1 et 2 étoiles.
"Concernant le fait que les Français partent moins en France, nous savons que le taux de non-départ est relativement stable. En revanche, nous observons que les gens qui partaient le font maintenant moins longtemps dans notre pays, ou partent carrément à l’étranger, ajoute Alexis Chailloux.
Les nuitées des résidents français en France ont ainsi baissé de 13% en cinq ans. Le phénomène est impressionnant et semble structurel. Dans le même temps, depuis la reprise post-Covid, nous voyons que les nuitées des visiteurs internationaux sont en forte croissance.
Sauf que les Français représentent les deux tiers des retombées économiques du tourisme. Donc se priver d’une partie de son marché touristique impacte les retombées économiques globales.
Alors certes, cette érosion est compensée par les voyageurs internationaux, mais cela a des effets négatifs. Le calcul n’est pas bon", estime le responsable de l’association.
Car cette clientèle lointaine, bien que rémunératrice, pollue bien plus que la clientèle intérieure et européenne.
Ainsi, selon le rapport, les voyageurs en provenance de pays situés hors de l’Union européenne représentent 3% des arrivées touristiques en France, pour 20% des émissions de gaz à effet de serre du tourisme.
Le gouvernement a "un objectif pour les voyageurs internationaux, mais pas pour les Français"
Aujourd’hui, les recettes des touristes internationaux représentent 75 milliards d’euros. Le gouvernement a fixé comme objectif d’atteindre les 100 milliards à l’horizon 2030.
"Il existe donc un objectif pour les voyageurs internationaux, mais il n’en existe pas pour les Français.
Cela démontre une priorité qui n’est peut-être pas consciente, en faveur des visiteurs internationaux, pour contenir les effets négatifs de la montée en gamme, notamment", déplore Alexis Chailloux.
D’autant qu’au-delà de la pollution, ces clients éloignés ne sont pas neutres sur les zones d’habitation qu’ils fréquentent. Non seulement ils ont tendance à visiter les grands spots touristiques de notre pays, mais ils se diffusent moins sur l’ensemble du territoire, contrairement aux voyageurs européens et français.
Nous assistons donc à une concentration des touristes, pouvant générer un sentiment de trop-plein, mais aussi d’aseptisation des lieux.
"Nous sommes d'accord avec le fait qu’une masse de Français parte en vacances. Des lieux comme La Grande-Motte sont pensés pour accueillir massivement des gens, ce n’est pas un problème.
Le problème, c’est d’accueillir plein de gens dans un endroit qui n’est pas pensé pour. À Marseille et ailleurs, nous assistons à une "vénisation". À Venise, vous avez plus de touristes dans le centre-ville historique que d’habitants.
À un moment donné, cela transforme trop l’économie locale. Il y a trop d’effets négatifs pour que ce soit quelque chose que nous encouragions.
Nous disons donc dans ce rapport que nous ne devons pas seulement regarder le panier moyen par tête pour élaborer notre politique touristique", résume le responsable aérien et ferroviaire du Réseau Action Climat.
A lire : Train plus cher que l’avion : "une question de volonté politique"
"Il existe donc un objectif pour les voyageurs internationaux, mais il n’en existe pas pour les Français.
Cela démontre une priorité qui n’est peut-être pas consciente, en faveur des visiteurs internationaux, pour contenir les effets négatifs de la montée en gamme, notamment", déplore Alexis Chailloux.
D’autant qu’au-delà de la pollution, ces clients éloignés ne sont pas neutres sur les zones d’habitation qu’ils fréquentent. Non seulement ils ont tendance à visiter les grands spots touristiques de notre pays, mais ils se diffusent moins sur l’ensemble du territoire, contrairement aux voyageurs européens et français.
Nous assistons donc à une concentration des touristes, pouvant générer un sentiment de trop-plein, mais aussi d’aseptisation des lieux.
"Nous sommes d'accord avec le fait qu’une masse de Français parte en vacances. Des lieux comme La Grande-Motte sont pensés pour accueillir massivement des gens, ce n’est pas un problème.
Le problème, c’est d’accueillir plein de gens dans un endroit qui n’est pas pensé pour. À Marseille et ailleurs, nous assistons à une "vénisation". À Venise, vous avez plus de touristes dans le centre-ville historique que d’habitants.
À un moment donné, cela transforme trop l’économie locale. Il y a trop d’effets négatifs pour que ce soit quelque chose que nous encouragions.
Nous disons donc dans ce rapport que nous ne devons pas seulement regarder le panier moyen par tête pour élaborer notre politique touristique", résume le responsable aérien et ferroviaire du Réseau Action Climat.
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"Les aéroports français font principalement partir nos compatriotes à l’étranger"
L’association invite ainsi nos responsables politiques à prendre de la hauteur et à considérer les Français, voire les marchés européens, comme des sources de croissance. D’autant plus que ces personnes ont tendance à sortir des grandes chaînes hôtelières et à se rendre dans des campings, ce qui est plus rare pour les Américains, les Brésiliens ou les Japonais.
Autre point souligné par le rapport : des groupes comme Accor ou autres peuvent augmenter le taux de fuite économique, c’est-à-dire l’argent qui quitte le territoire, en raison de la remontée de dividendes aux actionnaires, d’accords avec des fournisseurs étrangers ou encore de réservations effectuées sur des plateformes étrangères.
Le rapport demande donc aux autorités de ne pas délaisser les touristes français, en mettant en place un billet de congé annuel, mais aussi de rediriger les investissements en communication en faveur des clientèles européennes.
Ce n’est pas tout. "Nous conseillons aussi de limiter le trafic aérien, en arrêtant la fuite en avant actuelle, à commencer par les travaux d’extension de Roissy ou encore les subventions accordées aux aéroports régionaux.
Un chiffre intéressant que nous faisons remonter dans le rapport, c’est que les aéroports français font principalement partir nos compatriotes à l’étranger, plutôt qu’ils ne font venir des visiteurs internationaux en France. Les Français qui quittent notre territoire pour les vacances représentent 62% de la fréquentation de nos aéroports.
L’augmentation des capacités aéroportuaires, avec l’idée que cela permettra de faire venir plus de touristes, indépendamment de l’impact écologique, repose probablement sur un raisonnement erroné.
Nous invitons, d’une façon générale, à passer nos politiques publiques touristiques au filtre de quatre critères, à savoir l’empreinte carbone, l’accessibilité économique, la préservation du cadre de vie et la stimulation de l’économie locale.
Si la politique ou la décision ne passe pas ces critères, alors elle n’est pas souhaitable", affirme-t-il.
Des préconisations qui ne vont pas vraiment dans le sens de la récente annonce d’Emmanuel Macron en faveur de la construction de trois parcs à thème financés par l’Arabie saoudite...
Lire à ce sujet : Trois nouveaux parcs en France : jackpot touristique ou contradiction écologique ? Le débat !
Autre point souligné par le rapport : des groupes comme Accor ou autres peuvent augmenter le taux de fuite économique, c’est-à-dire l’argent qui quitte le territoire, en raison de la remontée de dividendes aux actionnaires, d’accords avec des fournisseurs étrangers ou encore de réservations effectuées sur des plateformes étrangères.
Le rapport demande donc aux autorités de ne pas délaisser les touristes français, en mettant en place un billet de congé annuel, mais aussi de rediriger les investissements en communication en faveur des clientèles européennes.
Ce n’est pas tout. "Nous conseillons aussi de limiter le trafic aérien, en arrêtant la fuite en avant actuelle, à commencer par les travaux d’extension de Roissy ou encore les subventions accordées aux aéroports régionaux.
Un chiffre intéressant que nous faisons remonter dans le rapport, c’est que les aéroports français font principalement partir nos compatriotes à l’étranger, plutôt qu’ils ne font venir des visiteurs internationaux en France. Les Français qui quittent notre territoire pour les vacances représentent 62% de la fréquentation de nos aéroports.
L’augmentation des capacités aéroportuaires, avec l’idée que cela permettra de faire venir plus de touristes, indépendamment de l’impact écologique, repose probablement sur un raisonnement erroné.
Nous invitons, d’une façon générale, à passer nos politiques publiques touristiques au filtre de quatre critères, à savoir l’empreinte carbone, l’accessibilité économique, la préservation du cadre de vie et la stimulation de l’économie locale.
Si la politique ou la décision ne passe pas ces critères, alors elle n’est pas souhaitable", affirme-t-il.
Des préconisations qui ne vont pas vraiment dans le sens de la récente annonce d’Emmanuel Macron en faveur de la construction de trois parcs à thème financés par l’Arabie saoudite...
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Publié par Romain Pommier 













