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L’activité touristique se concentre toujours davantage en France [ABO]

BPCE lance son "Observatoire du tourisme : tourisme et attractivité de la France"


Les grandes vacances se profilent et, avec elles, la question de la saison touristique à venir. Sera-t-elle au même niveau que les précédentes, alors que la guerre en Iran a généré un fort attentisme chez les Français ? Pour répondre à cette question, mais pas seulement, BPCE lance son premier "Observatoire du tourisme : tourisme et attractivité de la France". L’un des principaux enseignements concerne l’immobilier et les effets des mesures visant à lutter contre les volets fermés dans les communes françaises.


Rédigé par le Jeudi 2 Juillet 2026 à 07:40

La France compte de moins en moins de communes touristiques - Depositphotos.com, Emerald1989
La France compte de moins en moins de communes touristiques - Depositphotos.com, Emerald1989
Le tourisme constitue un puissant levier économique en France.

De par son poids, il suscite l’intérêt de nombreux acteurs. Le groupe BPCE, qui réunit les réseaux Banque Populaire et Caisse d’Epargne, a décidé de lancer son premier "Observatoire du tourisme : tourisme et attractivité de la France".

En préambule, José Bardaji, directeur des études et de la prospective de l’entreprise, est revenu sur la méthode employée.

Celle-ci repose sur l’utilisation de données publiques, notamment celles de l’Insee, mais aussi sur une vaste enquête d’opinion destinée à mieux comprendre l’évolution des comportements des Français et du marché de l’immobilier touristique.

L’économiste a ensuite rappelé le poids du tourisme dans l’économie française.

En 2023, notre secteur pesait près de 109 milliards d’euros, soit 3,8% de la richesse nationale. Ce poids reste légèrement inférieur à celui de 2019, signe que le tourisme n’a pas encore totalement retrouvé sa vigueur d’antan.

Attention, ce taux ne représente que l’impact direct de notre secteur sur l’économie nationale. Il ne comprend ni la construction d’avions et de navires de croisière, ni la production agricole dépendant de l’industrie touristique.


Les agences de voyages représente 2% du PIB Touristique de la France

Selon David Lévy, responsable du tourisme à l’Insee, que nous avions interrogé en 2024, le tourisme représenterait plutôt entre 7 et 8% de l’emploi salarié en France, un ordre de grandeur relativement constant dans le temps.

Et - pour reprendre l’une des phrases fétiches de Jean-Baptiste Lemoyne, "quand je me regarde, je me désole ; quand je me compare, je me console" - le responsable s’est donc intéressé à l’importance économique du tourisme dans les autres pays européens.

"La France est un pays touristique. Elle est même classée comme la première destination mondiale. Mais, en termes de poids du tourisme dans le PIB, elle se situe dans la moyenne européenne.

La Croatie arrive en première position avec 11,3%, devant des pays comme l’Espagne avec 5,7%,
l’Italie et la Slovénie, avec 5%, puis Malte, etc.
," a poursuivi José Bardaji.

Regardons maintenant comment se décompose ce PIB touristique.

L’hébergement en génère 44%, devant les transports, les cafés… Les agences de voyages arrivent en dernière position, avec 2%. Un poids infime qui n'est nullement une surprise, pour le secteur.

"Pour la suite de notre observatoire, nous avons interrogé un échantillon de 2 000 Français âgés de 18 ans et plus au mois de mai 2026.

Lorsqu’ils partent, trois motivations arrivent en tête. Ils cherchent avant tout à se reposer, mais aussi à se dépayser et à retrouver leurs proches, qu’il s’agisse de leur famille ou de leurs amis.

C’est un moment privilégié durant lequel ils passent du temps avec des personnes qu’ils voient assez peu le reste de l’année.

Les besoins évoluent selon les profils sociodémographiques. Les femmes recherchent avant tout le repos, tandis que les jeunes souhaitent davantage s’amuser, visiter des destinations culturelles et faire des rencontres.

Les parents avec un enfant veulent encore davantage se retrouver en famille,
" détaille Marion Stephan, responsable des études socio-économiques pour le
Groupe BPCE.

Freins dans les choix de destination : coût, dangerosité et... surtourisme !

Parmi les aspirations et les activités recherchées pendant les vacances arrive, en tête, le besoin d’être en contact avec la nature. Une dynamique observée depuis la crise sanitaire.

"C’est quelque chose qui prend de plus en plus d’importance auprès de l’ensemble des Français. Si l’on regarde les différents profils sociodémographiques, cette tendance touche toutes les générations et tous les types de public," poursuit-elle.

Outre le besoin de se reconnecter à la nature, les Français sont à la recherche de farniente, puis de découvertes gastronomiques et œnologiques.

Parmi les lieux plébiscités par les 2 000 répondants, les monuments historiques et les musées arrivent en tête avec 54%, devant les marchés locaux avec 53%, puis les restaurants avec 51%.

Les parcs nationaux occupent la quatrième place.

Les parents ayant au moins un enfant privilégient les piscines, les plans d’eau et les parcs d’aventure, tandis que les seniors apprécient particulièrement les marchés.

Et si le besoin d’évasion est bien réel, plusieurs freins, plus ou moins importants, subsistent pour les Français. D’ailleurs, selon l’étude, 66% des répondants épargnent pour partir en vacances, tandis que 20% ne prennent aucune disposition particulière et que 16% ont besoin de recourir à un financement.

Le premier frein reste, sans surprise, le coût des vacances.

"C’est quelque chose qui ressort de façon prégnante, en raison des difficultés liées au pouvoir d’achat. i[Les tarifs freinent ainsi les Français dans leur choix de destination.

Puis, au regard du contexte géopolitique de cette année, la dangerosité du pays de destination arrive en deuxième position parmi les freins possibles.


Le surtourisme occupe la troisième place. C’est un phénomène que nous avons vu apparaître dans certaines grandes villes européennes et certains lieux touristiques,]i" partage Marion Stephan.

Dans une période de vagues de chaleur, les températures sont une contrainte pour 24% des répondants.

Tourisme : les agences de voyages préférées à... l’IA !

Pour se renseigner et trouver l’inspiration, les personnes interrogées expliquent privilégier les moteurs de recherche à 62%.

Les sites des offices de tourisme arrivent en troisième position avec 43%.

A noter que les agences de voyages sont placés par 20% des 2 000 répondants devant… l'IA (15%).

"Ces utilisateurs de l’IA sont un peu plus jeunes, résident plutôt en Île-de-France et voyagent un peu plus souvent que les autres.

On constate que le niveau de confiance est relativement élevé, puisque près de neuf utilisateurs de l’IA sur dix nous disent lui faire tout à fait ou plutôt confiance.

La proportion de personnes lui accordant une confiance élevée atteint 26% chez les 18-34 ans, contre 10% chez les 50 ans et plus,
" explique la responsable des études socio-économiques de BPCE.

Toujours selon l’étude, les Français sont partis en moyenne 2,2 fois dans l’année. Ce chiffre atteint 2,6 voyages chez les Franciliens.

Entre janvier et avril 2026, les voyageurs ont principalement privilégié la France et plus que d'habitude.

"Nous leur avons ensuite demandé dans quelle mesure le contexte géopolitique international actuel influençait leurs projets de vacances pour 2026. Pour 68% d’entre eux, il a eu un impact sur leurs projets, dont 20% se disent très affectés," affirme Marion Stephan.

De plus, 30% des répondants affirment avoir totalement renoncé à prendre l’avion en raison du conflit, tandis que 59% ont choisi une destination plus proche afin de limiter leurs frais de transport.

Pour l'été, les intentions de départ vers les territoires d’outre-mer progressent, passant de 5 à 8%. L’Europe suit la même tendance, avec une hausse de 17 à 20%. Plus étonnamment, la France métropolitaine est en recul.

De moins en moins de communes touristiques en France

Si le littoral reste encore le lieu de prédilection pour les prochaines vacances estivales, il perd six points, passant de 55% en 2025 à 49% cette année, au profit notamment de la montagne, qui gagne cinq points, et des villes.

Pour leur lieu de villégiature, les Français privilégieront cette année un endroit calme, authentique et offrant une ambiance familiale. Ils opteront plutôt pour un hôtel ou la location d’un logement, cités à égalité par 35% des répondants.

Dans le cadre de cette étude, BPCE a également décidé d’analyser le marché de l’immobilier touristique. Le groupe qualifie une commune de "touristique" lorsque son taux de résidences secondaires est compris entre 10 et 22%, et de "très touristique" lorsque celui-ci dépasse 22%.

A lire : Résidences secondaires : la « deuxième maison », gagnante annoncée de l’été

"Finalement, lorsque nous superposons la carte du nombre de lits touristiques pour 100 habitants à celle du taux de résidences secondaires, les résultats sont très proches.

De 2016 à 2025, nous observons que le nombre de résidences secondaires a progressé de 1,2%, soit un peu plus rapidement que celui des résidences principales, en hausse de 0,9%,
" nous dévoile José Bardaji.

Au fil du temps, le nombre de communes non touristiques, comptant moins de 10% de résidences secondaires, a augmenté de 1,7 point en neuf ans. Les deux autres catégories ont, quant à elles, perdu du terrain.

À noter que 4% des quelque 35 000 communes françaises affichent un taux de résidences secondaires supérieur à 50%.

"Il y a davantage de communes qui basculent dans la catégorie des territoires les moins touristiques que de communes qui deviennent plus touristiques.

La baisse du nombre de communes très touristiques peut sans doute s’expliquer par les mesures prises pour lutter contre les volets fermés, même si nous ne disposons pas d’éléments factuels sur ce point.

Plus une commune est touristique, plus les prix immobiliers sont élevés. En 2023, l’écart de prix des appartements entre les communes non touristiques et très touristiques atteignait 17%.

Ce n’est pas tout. Depuis 2016, la hausse des prix est beaucoup plus forte lorsque le bien se trouve dans une commune touristique, et plus encore dans une commune très touristique. Le prix des maisons de quatre à cinq pièces a progressé de 30%.

Dans les communes très touristiques, la hausse atteint 61%,
" conclut le directeur des études et de la prospective.

Le tourisme ne se diffuse donc pas nécessairement sur le territoire. Le marché aurait plutôt tendance à se concentrer.


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