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Tourisme : le secteur mis à l’épreuve des turbulences géopolitiques

Le secteur résiste au premier trimestre mais reste sous haute tension


Malgré un contexte économique et géopolitique complexe, le tourisme international affiche une solide résistance en ce début d’année 2026. Toutefois, l’intensification du conflit au Moyen-Orient, associée à la flambée des prix du carburant et à l’inflation des services, freine l’élan global et incite le secteur à un optimisme prudent à l’approche de la saison estivale.


Rédigé par Raphaël Cornacchia le Mercredi 3 Juin 2026 à 11:44

Tourisme mondial 2026 : une croissance résiliente malgré les turbulences géopolitiques, despositphotos.com
Tourisme mondial 2026 : une croissance résiliente malgré les turbulences géopolitiques, despositphotos.com
Le tourisme mondial a fait preuve de résilience au premier trimestre 2026, avec 307 millions de touristes ayant voyagé à l’étranger, soit 6 millions de plus qu’à la même période en 2025, en hausse de 2 %, selon le dernier baromètre d'ONU Tourisme.

Si les mois de janvier et février ont été marqués par une demande soutenue, avec une progression de 2,5 %, le mois de mars a connu un net ralentissement, à + 0,4 %, directement lié aux tensions géopolitiques.

L’Europe et l’Afrique s’imposent comme les moteurs de cette croissance.

L’Europe, première destination mondiale, a accueilli plus de 130 millions de visiteurs, soit une hausse de 4 %, profitant en partie d’une réorientation des flux vers l’Europe méridionale, méditerranéenne, du Nord et de l’Est.

Tourisme : le Moyen-Orient est en panne

L’Afrique progresse également de 4 %, portée par un bond spectaculaire de 18 % en Afrique du Nord au mois de mars.

L’Asie et les Amériques sont, quant à elles, des moteurs plus bridés. L’Asie-Pacifique affiche une croissance globale de 3 %, freinée par une baisse de 27 % en Asie du Sud en raison des perturbations aériennes, même si l’Océanie, à +9 %, et l’Asie du Nord-Est, à +5 %, signent de solides performances.

Les Amériques enregistrent une progression modérée de 2 %, masquant de fortes disparités entre le dynamisme de l’Amérique centrale, à +18 %, et le repli de l’Amérique du Sud, à -1 %.

A lire : Tourisme : après un mois de mai difficile, les opérateurs se tournent vers le gouvernement !

À l’inverse, le Moyen-Orient est en panne. La région subit de plein fouet l’impact direct du conflit, avec une chute de 14 % des arrivées au premier trimestre et un taux d’occupation hôtelière qui s’est effondré, passant de 75 % en janvier à 48 % en mars. Seule l’Égypte tire son épingle du jeu, avec une hausse prononcée de 16 %.

Le conflit au Moyen-Orient modifie en profondeur l’économie du voyage, bien au-delà de sa zone géographique.

Shaikha Al Nuwais, secrétaire générale d’ONU Tourisme, souligne que les perturbations des liaisons aériennes, couplées à l’instabilité maritime dans le détroit d’Ormuz, provoquent une flambée du prix du pétrole et du kérosène.

Cette situation engendre une hausse mécanique des tarifs aériens et une réduction des capacités de transport.

Tourisme : Les coûts de transport assombrit les perspectives

Le conflit au Moyen-Orient modifie en profondeur l'économie du voyage bien au-delà de sa zone géographique.

Shaikha Al Nuwais, Secrétaire générale d’ONU Tourisme, souligne que les perturbations des liaisons aériennes, couplées à l'instabilité maritime dans le détroit d’Ormuz, provoquent une flambée du prix du pétrole et du kérosène.

Cette situation engendre une hausse mécanique des tarifs aériens et une réduction des capacités de transport.

Selon l’IATA, le trafic aérien au Moyen-Orient s’est ainsi contracté de 61 % en mars, bien que le trafic mondial global maintienne une progression de 4 % sur le trimestre, grâce au report des flux vers les compagnies européennes, asiatiques et africaines.

Face à ces pressions inflationnistes et à l’incertitude ambiante, les professionnels du secteur affichent un optimisme plus mesuré pour la saison estivale dans l’hémisphère Nord.

L’indice de confiance d’ONU Tourisme s’établit à 105 pour la période de mai à août, contre 117 en début d’année. Près de deux tiers des experts estiment que le conflit affecte négativement la demande.

Ces contraintes économiques obligent les voyageurs à modifier leurs comportements : la recherche du rapport qualité-prix devient primordiale et la demande tend à se réorienter vers des destinations de proximité.

Malgré ce climat d’incertitude, qui devrait amputer la croissance mondiale de 1 à 2 points de pourcentage par rapport aux prévisions initiales, de grandes opportunités se profilent, notamment pour le Canada, les États-Unis et le Mexique, qui s’apprêtent à accueillir la Coupe du monde de football de la FIFA.

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