Les mois se suivent et se ressemblent, ou presque, pour le secteur du tourisme.
Après avoir vu rouge en mars, la situation ne s’est guère améliorée en avril et semble poursuivre sur sa pente glissante en mai. Les indicateurs ne sont pas bons pour une bonne partie de la profession et même les acteurs qui semblaient tirer leur épingle du jeu commencent à tirer la langue.
Il faut dire que le mois qui se termine n’a pas vraiment été propice aux agences de voyages.
"Il y avait beaucoup de ponts cette année et nous n’allons pas nous mentir, il n’y a donc pas eu beaucoup de réservations dans les agences de voyages.
Après, il faut savoir que nous travaillons maintenant sur 12 mois et non plus sur quatre mois. Juillet et août ne font plus vraiment partie de la haute saison dans la distribution.
L’inquiétude, nous l’avons toujours, mais tant que l'exercice n’est pas terminé, nul ne peut dresser un bilan. Nous risquons de connaître un fort rattrapage en juin, car le voyage reste un impératif pour les Français," nous explique, optimiste, Richard Vainopoulos.
En terme de départ, Tourcom affichera un petit -2% par rapport à mai 2025. C'est un moindre mal.
Et si le patron du réseau reconnaît qu’il n’y avait pas foule dans les agences et que la formation a permis d’occuper les troupes, la profession semble, du moins en partie, regarder avec inquiétude un carnet de commandes qui ne décolle pas et hypothèque, voire efface totalement, l’avance prise en début d’année.
Après avoir vu rouge en mars, la situation ne s’est guère améliorée en avril et semble poursuivre sur sa pente glissante en mai. Les indicateurs ne sont pas bons pour une bonne partie de la profession et même les acteurs qui semblaient tirer leur épingle du jeu commencent à tirer la langue.
Il faut dire que le mois qui se termine n’a pas vraiment été propice aux agences de voyages.
"Il y avait beaucoup de ponts cette année et nous n’allons pas nous mentir, il n’y a donc pas eu beaucoup de réservations dans les agences de voyages.
Après, il faut savoir que nous travaillons maintenant sur 12 mois et non plus sur quatre mois. Juillet et août ne font plus vraiment partie de la haute saison dans la distribution.
L’inquiétude, nous l’avons toujours, mais tant que l'exercice n’est pas terminé, nul ne peut dresser un bilan. Nous risquons de connaître un fort rattrapage en juin, car le voyage reste un impératif pour les Français," nous explique, optimiste, Richard Vainopoulos.
En terme de départ, Tourcom affichera un petit -2% par rapport à mai 2025. C'est un moindre mal.
Et si le patron du réseau reconnaît qu’il n’y avait pas foule dans les agences et que la formation a permis d’occuper les troupes, la profession semble, du moins en partie, regarder avec inquiétude un carnet de commandes qui ne décolle pas et hypothèque, voire efface totalement, l’avance prise en début d’année.
Laurent Abitbol : "Nous sommes plongés dans une crise psychologique"
"La situation est même pire en mai qu’en avril. Nous sommes sur une tendance de ventes autour de -25 %.
Malheureusement, il n’y a pas d’amélioration. Je ne suis pas inquiet parce que nous sommes résilients, mais il ne faut pas que cela dure trop longtemps.
Nous sommes plongés dans une véritable crise psychologique.
Cette guerre et ses impacts ne donnent pas envie de consommer, à cause de l’actualité et de la hausse du prix de l’essence. Alors imaginez dans le voyage, c’est la double peine... les gens ne veulent pas partir," nous explique le patron du groupe Marietton.
La semaine dernière, l’homme d’affaires expliquait observer un repli de 24 % des commandes entre mars et mai. Une chute qui efface quasiment tous les gains enregistrés par les agences Selectour depuis le début de l’année.
Et la situation ne semble pas bien meilleure ailleurs. Car lorsque le patron de la distribution française tire la langue, généralement, l’industrie n’est pas en meilleure posture, à une exception près...
"Le mois de mai est toujours compliqué, il s’annonce comme moins bon que 2025.
Après, nous avons un amortisseur par rapport au reste de la France, car nos entreprises sont bien souvent frontalières avec l’Allemagne ou le Luxembourg. L’impact est donc moindre.
Nous avons des clients qui travaillent dans ces pays, avec des salaires plus élevés. De plus, nous travaillons aussi avec des tour-opérateurs comme Luxair, qui a décidé de ne pas mettre en place de surcharge carburant, mais aussi avec des acteurs allemands et belges.
Pour tout vous dire, Fensch Voyages est à -6 % depuis mars. C’est un peu la tendance dans le Grand Est, nous sommes loin des chiffres de nos confrères," positive Fabrice Poulain, Directeur du mini réseau.
"Je pense que l’été est mort malheureusement"
Un peu plus au nord, Abou Fall, propriétaire de trois agences franchisées TUI, détonne légèrement, lui aussi, par rapport au marché.
"Ce n’est pas catastrophique, mais la dynamique n’est quand même pas terrible.
J’ai malgré tout une agence en progression et deux autres dans le rouge. Il y a bien sûr un peu d’inquiétude, car la baisse est constante depuis le mois de mars sur mes points de vente en négatif.
Fin février, nous avions une avance de +12 % sur mon groupe et, à date, nous sommes passés dans le négatif, même si nous pouvons encore rattraper notre retard," tempère celui qui a été directeur commercial France pour le réseau d’agences mandataires TUI, avant d’ouvrir ses propres agences.
Et voici que se referme la parenthèse plutôt optimiste de cet article. Car les autres messages envoyés et appels passés n’ont reçu que des retours qui tranchent avec ces deux derniers témoignages.
L’un des patrons nous explique que les chiffres du prochain baromètre des EDV devraient être très mal orientés par rapport à avril, déjà peu favorable. Un autre dirigeant important nous affirme que ses chiffres sont très mauvais, quand un troisième estime que cette crise est encore pire que celle du Covid.
L’angoisse est palpable, sans pour autant céder à la panique.
"Il y a une inquiétude croissante dans la profession.
Nous concernant, nous avions rapidement pris des dispositions, donc nous limitons la casse. Mais, comme tout le monde, nous aimerions que cela ne dure pas trop longtemps.
Personnellement, et j’espère me tromper, je pense que l’été est mort malheureusement. À moins d’une amélioration éclair de la situation, mais à l’instant T, il y a trop de menaces qui pèsent sur les consommateurs," estime Grégory Monna, directeur des activités voyages de Chauchard Évasion – Voyages Triangle.
Ce constat est partagé par d'autres dirigeants, à commencer à quelques nuances près par Laurent Abitbol.
"Ce n’est pas catastrophique, mais la dynamique n’est quand même pas terrible.
J’ai malgré tout une agence en progression et deux autres dans le rouge. Il y a bien sûr un peu d’inquiétude, car la baisse est constante depuis le mois de mars sur mes points de vente en négatif.
Fin février, nous avions une avance de +12 % sur mon groupe et, à date, nous sommes passés dans le négatif, même si nous pouvons encore rattraper notre retard," tempère celui qui a été directeur commercial France pour le réseau d’agences mandataires TUI, avant d’ouvrir ses propres agences.
Et voici que se referme la parenthèse plutôt optimiste de cet article. Car les autres messages envoyés et appels passés n’ont reçu que des retours qui tranchent avec ces deux derniers témoignages.
L’un des patrons nous explique que les chiffres du prochain baromètre des EDV devraient être très mal orientés par rapport à avril, déjà peu favorable. Un autre dirigeant important nous affirme que ses chiffres sont très mauvais, quand un troisième estime que cette crise est encore pire que celle du Covid.
L’angoisse est palpable, sans pour autant céder à la panique.
"Il y a une inquiétude croissante dans la profession.
Nous concernant, nous avions rapidement pris des dispositions, donc nous limitons la casse. Mais, comme tout le monde, nous aimerions que cela ne dure pas trop longtemps.
Personnellement, et j’espère me tromper, je pense que l’été est mort malheureusement. À moins d’une amélioration éclair de la situation, mais à l’instant T, il y a trop de menaces qui pèsent sur les consommateurs," estime Grégory Monna, directeur des activités voyages de Chauchard Évasion – Voyages Triangle.
Ce constat est partagé par d'autres dirigeants, à commencer à quelques nuances près par Laurent Abitbol.
"Beaucoup d’acteurs sont en difficulté" et "l’activité partielle est refusée"... par l’État
Enfin, à une nuance près, car le Lyonnais pense qu’un déblocage du détroit d’Ormuz pourrait tout débloquer.
"Le loisir est en crise, par chance les groupes et les business travel se maintiennent. Tant que le détroit restera fermé et que la guerre continuera, il sera compliqué de relancer la machine.
Il faut attendre que cela passe. Nous faisons le dos rond, c’est long.
Nous occupons les équipes avec des formations et d’autres initiatives. Pour le moment, je ne suis pas inquiet outre mesure pour la profession. En revanche, cela peut faire mal à l’industrie si cela dure dans le temps.
Et pour relancer l’activité, je suis contre la baisse des prix. Il ne faut pas casser les prix, ni faire de publicité avec ce genre d’opérations, car cela envoie un mauvais message aux clients. Puis, on ne peut tout simplement pas vendre à perte," estime le président du directoire de Selectour.
La solution est dans les mains de Donald Trump.
Et alors que le président américain ne semble plus savoir comment se défaire de ce conflit, la Coupe du monde de football arrive à grands pas. Il ne fait nul doute qu’une guerre opposant deux participants à ce même Mondial serait mal perçue par la presse mondiale et pourrait gâcher les festivités.
Ce timing sera-t-il favorable à une paix durable entre les États-Unis et l’Iran ? Les prochains jours nous le diront.
En attendant une reprise des ventes, les professionnels tapent aux portes de l’État, qui ne semble pas davantage préoccupé par la situation des agents de voyages.
"De ce que j’entends dans le secteur, beaucoup d’acteurs sont en difficulté et certains sont extrêmement inquiets.
Et nous en faisons partie, car avec un tel mois de mai, nous n’allons pas couvrir les salaires des collaborateurs. Nous sommes dans une crise profonde d’anxiété, alimentée par le traitement médiatique. Il y a eu le conflit au Moyen-Orient, puis la flambée des prix du baril, la crainte d’une pénurie de kérosène, l’hantavirus sur le bateau de croisière... et maintenant, on en est à la canicule.
Sur l’activité partielle, qui devient un sujet important de discussion, les demandes sont refusées dans la profession, à quelques rares exceptions près", se lamente un patron ayant préféré conserver l’anonymat.
"Le loisir est en crise, par chance les groupes et les business travel se maintiennent. Tant que le détroit restera fermé et que la guerre continuera, il sera compliqué de relancer la machine.
Il faut attendre que cela passe. Nous faisons le dos rond, c’est long.
Nous occupons les équipes avec des formations et d’autres initiatives. Pour le moment, je ne suis pas inquiet outre mesure pour la profession. En revanche, cela peut faire mal à l’industrie si cela dure dans le temps.
Et pour relancer l’activité, je suis contre la baisse des prix. Il ne faut pas casser les prix, ni faire de publicité avec ce genre d’opérations, car cela envoie un mauvais message aux clients. Puis, on ne peut tout simplement pas vendre à perte," estime le président du directoire de Selectour.
La solution est dans les mains de Donald Trump.
Et alors que le président américain ne semble plus savoir comment se défaire de ce conflit, la Coupe du monde de football arrive à grands pas. Il ne fait nul doute qu’une guerre opposant deux participants à ce même Mondial serait mal perçue par la presse mondiale et pourrait gâcher les festivités.
Ce timing sera-t-il favorable à une paix durable entre les États-Unis et l’Iran ? Les prochains jours nous le diront.
En attendant une reprise des ventes, les professionnels tapent aux portes de l’État, qui ne semble pas davantage préoccupé par la situation des agents de voyages.
"De ce que j’entends dans le secteur, beaucoup d’acteurs sont en difficulté et certains sont extrêmement inquiets.
Et nous en faisons partie, car avec un tel mois de mai, nous n’allons pas couvrir les salaires des collaborateurs. Nous sommes dans une crise profonde d’anxiété, alimentée par le traitement médiatique. Il y a eu le conflit au Moyen-Orient, puis la flambée des prix du baril, la crainte d’une pénurie de kérosène, l’hantavirus sur le bateau de croisière... et maintenant, on en est à la canicule.
Sur l’activité partielle, qui devient un sujet important de discussion, les demandes sont refusées dans la profession, à quelques rares exceptions près", se lamente un patron ayant préféré conserver l’anonymat.
Chômage partiel : "les entreprises auront l’accord de l’État, une fois que l’activité aura repris"
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Les services de l’État n’arriveraient pas à corréler la forte baisse d’activité de l’industrie avec le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient.
Ainsi, même d’importants acteurs se sont vu refuser l’octroi de ce dispositif, malgré la sensibilisation de Bercy à ce sujet et le fait que les Entreprises du Voyage remontent chaque cas recalé par l’administration.
"En résumé, nous devrions avoir vendu massivement du Golfe Persique l’année passée pour justifier la chute de l’activité. Ce serait la seule explication viable pour l'Etat, sauf que nous faisons face à une crise de la demande, mais ça, personne ne le comprend.
La profession travaille pour que nous bénéficions d’un régime spécial.
Au rythme auquel vont les choses, j’ai peur que les entreprises reçoivent un accord de Bercy une fois que l’activité aura repris, et nous allons donc perdre beaucoup d’argent dans cette affaire.
Parfois, il y a des jours où j’ai l’impression de revivre ce que nous avons connu durant le Covid, avec des baisses d’activité de l’ordre de 80 % dans certains points de vente. Et je ne suis pas le seul : d’autres patrons me l’ont confirmé, y compris dans de grandes villes.
L’année s’annonce globalement compliquée pour l’industrie. En revanche, je ne suis pas inquiet pour son avenir, car les dernières années nous ont démontré que les Français ont placé le voyage au-dessus de la pile de leurs besoins", estime ce dirigeant influent du secteur.
Du côté de Marietton, le passage à l’activité partielle avait été craint en mai. Finalement, Laurent Abitbol a donné un sursis jusqu’en septembre à ses troupes.
Ce n’est pas le cas d’autres réseaux, qui ont cherché en vain à obtenir cette mansuétude.
Nous avons contacté Bercy, qui ne nous a pour le moment pas répondu. Les Entreprises du Voyage militent actuellement pour que la profession bénéficie d’une vigilance particulière, mais sans grand succès pour l’instant.
Ainsi, même d’importants acteurs se sont vu refuser l’octroi de ce dispositif, malgré la sensibilisation de Bercy à ce sujet et le fait que les Entreprises du Voyage remontent chaque cas recalé par l’administration.
"En résumé, nous devrions avoir vendu massivement du Golfe Persique l’année passée pour justifier la chute de l’activité. Ce serait la seule explication viable pour l'Etat, sauf que nous faisons face à une crise de la demande, mais ça, personne ne le comprend.
La profession travaille pour que nous bénéficions d’un régime spécial.
Au rythme auquel vont les choses, j’ai peur que les entreprises reçoivent un accord de Bercy une fois que l’activité aura repris, et nous allons donc perdre beaucoup d’argent dans cette affaire.
Parfois, il y a des jours où j’ai l’impression de revivre ce que nous avons connu durant le Covid, avec des baisses d’activité de l’ordre de 80 % dans certains points de vente. Et je ne suis pas le seul : d’autres patrons me l’ont confirmé, y compris dans de grandes villes.
L’année s’annonce globalement compliquée pour l’industrie. En revanche, je ne suis pas inquiet pour son avenir, car les dernières années nous ont démontré que les Français ont placé le voyage au-dessus de la pile de leurs besoins", estime ce dirigeant influent du secteur.
Du côté de Marietton, le passage à l’activité partielle avait été craint en mai. Finalement, Laurent Abitbol a donné un sursis jusqu’en septembre à ses troupes.
Ce n’est pas le cas d’autres réseaux, qui ont cherché en vain à obtenir cette mansuétude.
Nous avons contacté Bercy, qui ne nous a pour le moment pas répondu. Les Entreprises du Voyage militent actuellement pour que la profession bénéficie d’une vigilance particulière, mais sans grand succès pour l’instant.







Publié par Romain Pommier 















