Le monde enchaîne les crises à une allure effrénée, comme le PSG les finales de Coupe d’Europe, et, pour un supporter de l’OM, cette analogie n’est pas facile à écrire.
Ces périodes de stress pour l’industrie touristique sont aussi devenues des espaces de questionnement. Comme dans une rupture amoureuse, chaque crise semble désormais provoquer différentes phases par lesquelles le secteur doit inévitablement passer.
Il y a d’abord le choc, avec les annulations et le travail jour et nuit, puis le déni de ses conséquences, ensuite la colère contre les prestataires et la résignation face à des clients moins présents... avant de laisser place au temps de la réflexion et de la reconstruction.
Les premières étapes sont derrière nous. Nous entrons désormais dans les deux dernières.
La semaine passée, un grand patron me disait, sur le ton de la blague, au lancement d’une opération, "comme on n’a rien à faire, parce que l’activité est molle, cela nous permet de travailler."
Après deux mois de guerre au Moyen-Orient, et alors même que l’opération Fury Epic pourrait être totalement terminée, selon le versatile Donald Trump, le tourisme s’interroge à nouveau sur son avenir.
Ces périodes de stress pour l’industrie touristique sont aussi devenues des espaces de questionnement. Comme dans une rupture amoureuse, chaque crise semble désormais provoquer différentes phases par lesquelles le secteur doit inévitablement passer.
Il y a d’abord le choc, avec les annulations et le travail jour et nuit, puis le déni de ses conséquences, ensuite la colère contre les prestataires et la résignation face à des clients moins présents... avant de laisser place au temps de la réflexion et de la reconstruction.
Les premières étapes sont derrière nous. Nous entrons désormais dans les deux dernières.
La semaine passée, un grand patron me disait, sur le ton de la blague, au lancement d’une opération, "comme on n’a rien à faire, parce que l’activité est molle, cela nous permet de travailler."
Après deux mois de guerre au Moyen-Orient, et alors même que l’opération Fury Epic pourrait être totalement terminée, selon le versatile Donald Trump, le tourisme s’interroge à nouveau sur son avenir.
Agences de voyages vs TO : aux grands maux, les grandes menaces !
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Cette fois-ci, les groupes Facebook ou WhatsApp ne sont plus vraiment de la partie, même si quelques visioconférences s’organisent pour réfléchir ensemble et partager les bonnes pratiques permettant de traverser collectivement cette période difficile.
La réflexion ne porte plus sur le tourisme de demain, celui qui devait être plus vert et plus respectueux de la planète. Ce n’est plus le sujet, et l’on a bien vu que l’industrie n’était pas prête à cette introspection. Elle porte désormais sur l’avenir des relations entre partenaires.
Même si, durant le congrès des Entreprises du Voyage, les acteurs ont fait bonne figure, certains ont rongé leur frein.
Valérie Boned me disait entendre, de la part des agences de voyages, "qu’il y aura une mémoire des compagnies avec qui cela se passe bien et de celles avec qui cela se passe moins bien". Un patron me ressortait la même phrase... à propos des tour-opérateurs.
Le divorce est-il durablement consommé ?
Ce n’est pas ce que nous dit notre sondage, réalisé auprès de nos lecteurs en partenariat avec le CDMV.
En effet, pour les 300 répondants, majoritairement des dirigeants et salariés d’agences de voyages, la crise a plutôt été bien gérée par ces mêmes... tour-opérateurs.
C’est du moins le cas pour 58,8 % d’entre eux. Ils ne sont que 11,7 % à juger que l’accompagnement des producteurs a été insuffisant, voire très insuffisant, durant cette période.
Malgré cette bonne impression d'ensemble, les reproches sont (très) nombreux.
La réflexion ne porte plus sur le tourisme de demain, celui qui devait être plus vert et plus respectueux de la planète. Ce n’est plus le sujet, et l’on a bien vu que l’industrie n’était pas prête à cette introspection. Elle porte désormais sur l’avenir des relations entre partenaires.
Même si, durant le congrès des Entreprises du Voyage, les acteurs ont fait bonne figure, certains ont rongé leur frein.
Valérie Boned me disait entendre, de la part des agences de voyages, "qu’il y aura une mémoire des compagnies avec qui cela se passe bien et de celles avec qui cela se passe moins bien". Un patron me ressortait la même phrase... à propos des tour-opérateurs.
Le divorce est-il durablement consommé ?
Ce n’est pas ce que nous dit notre sondage, réalisé auprès de nos lecteurs en partenariat avec le CDMV.
En effet, pour les 300 répondants, majoritairement des dirigeants et salariés d’agences de voyages, la crise a plutôt été bien gérée par ces mêmes... tour-opérateurs.
C’est du moins le cas pour 58,8 % d’entre eux. Ils ne sont que 11,7 % à juger que l’accompagnement des producteurs a été insuffisant, voire très insuffisant, durant cette période.
Malgré cette bonne impression d'ensemble, les reproches sont (très) nombreux.
Agences de voyages vs TO : le divorce est-il vraiment consommé ?
Le premier d’entre eux concerne les délais de traitement trop longs des dossiers des clients, pour les départs à venir ou ceux bloqués à destination (62 % des votants), devant le manque de souplesse commerciale des tour-opérateurs dans une telle période (47,9 %).
De plus, les agents de voyages ont fustigé le manque de communication des TO (41,3 %), l’absence de solutions concrètes aux problèmes des voyageurs (36 %)... Enfin, la sortie du SETO sur la volonté de partager les frais de rapatriement n’a été que moyennement appréciée.
De quoi remettre en question le modèle de distribution ? Pas vraiment.
Car pour nos sondés, même si la période n’est pas confortable et que les tour-opérateurs n’ont pas toujours été aux petits soins, il n’est pas question de faire table rase du passé.
Ainsi, un peu plus d’un tiers ne tirera aucune conséquence de cette période (32,7 %), une autre partie (22,9 %) dit être en réflexion quant aux suites à donner, et certains envisagent même de travailler, à court ou long terme, davantage avec les producteurs.
Ils ne sont finalement que 18,7 % à déclarer vouloir produire davantage par eux-mêmes, afin de se passer de leurs services. Une minorité, en somme.
Et comme toujours lors de ce genre d’événement, il convient de faire le distinguo entre les paroles et les actes, entre les grands maux et les grandes menaces, celles que l’on brandit volontiers dans les discours ou dans l'embrasure d'une porte.
Nous l’avons bien vu durant la crise sanitaire... rien ne change vraiment.
De plus, les agents de voyages ont fustigé le manque de communication des TO (41,3 %), l’absence de solutions concrètes aux problèmes des voyageurs (36 %)... Enfin, la sortie du SETO sur la volonté de partager les frais de rapatriement n’a été que moyennement appréciée.
De quoi remettre en question le modèle de distribution ? Pas vraiment.
Car pour nos sondés, même si la période n’est pas confortable et que les tour-opérateurs n’ont pas toujours été aux petits soins, il n’est pas question de faire table rase du passé.
Ainsi, un peu plus d’un tiers ne tirera aucune conséquence de cette période (32,7 %), une autre partie (22,9 %) dit être en réflexion quant aux suites à donner, et certains envisagent même de travailler, à court ou long terme, davantage avec les producteurs.
Ils ne sont finalement que 18,7 % à déclarer vouloir produire davantage par eux-mêmes, afin de se passer de leurs services. Une minorité, en somme.
Et comme toujours lors de ce genre d’événement, il convient de faire le distinguo entre les paroles et les actes, entre les grands maux et les grandes menaces, celles que l’on brandit volontiers dans les discours ou dans l'embrasure d'une porte.
Nous l’avons bien vu durant la crise sanitaire... rien ne change vraiment.
Grand reset, année 0, COP ou Grenelle du tourisme... rien de tout cela n’aura lieu !
Finalement, à la faveur du revenge travel, le monde d’avant a écrasé de ses grosses bottes les belles présentations et les grandes aspirations, avant de reprendre son cours.
Et même si, cet été, nous allons assister à l’explosion du tourisme domestique un peu partout en Europe, même en Allemagne, si je vous le dis (!), cela ne perdurera pas une fois la crise passée.
Les plages seront alors trop pleines, les additions trop salées, les Français trop nombreux et l’actualité trop vide... sauf si notre ami américain décide d’attaquer Cuba, la Chine ou l’Europe.
Nous aurons alors une flopée d’articles sur le tourisme de masse, nouveau marronnier estival, parce que, tout comme nos compatriotes, les journalistes de la presse grand public n’auront pas pu partir à l’étranger pour fuir la ville doublement étoilée qu’ils ne supportent plus l’été.
Mais les imaginaires séculaires de contrées nouvelles sont plus forts que ceux du voyage à la maison ; l’envie de départs plus ou moins lointains reviendra une fois la menace écartée.
À plusieurs reprises, Jean Pinard parlait de grand reset, d’année 0, de COP ou encore de Grenelle du tourisme...
Il y a les vœux pieux de grands rêveurs, qui espèrent que l’humanité tirera les enseignements d’un système générant son lot d’externalités négatives et laissant trop de personnes au bord de la route, puis il y a la réalité.
Rien ne changera, ou presque, car on ne change ni ses habitudes de travail, surtout lorsqu’elles ont fait leurs preuves, ni les clients, ni facilement les imaginaires.
Non, le grand reset du voyage n’aura pas lieu.
Je vous souhaite à tous que le temps de la reconstruction et de la reprise des commandes arrive le plus rapidement possible. En attendant, bonne réflexion à tous.
Et même si, cet été, nous allons assister à l’explosion du tourisme domestique un peu partout en Europe, même en Allemagne, si je vous le dis (!), cela ne perdurera pas une fois la crise passée.
Les plages seront alors trop pleines, les additions trop salées, les Français trop nombreux et l’actualité trop vide... sauf si notre ami américain décide d’attaquer Cuba, la Chine ou l’Europe.
Nous aurons alors une flopée d’articles sur le tourisme de masse, nouveau marronnier estival, parce que, tout comme nos compatriotes, les journalistes de la presse grand public n’auront pas pu partir à l’étranger pour fuir la ville doublement étoilée qu’ils ne supportent plus l’été.
Mais les imaginaires séculaires de contrées nouvelles sont plus forts que ceux du voyage à la maison ; l’envie de départs plus ou moins lointains reviendra une fois la menace écartée.
À plusieurs reprises, Jean Pinard parlait de grand reset, d’année 0, de COP ou encore de Grenelle du tourisme...
Il y a les vœux pieux de grands rêveurs, qui espèrent que l’humanité tirera les enseignements d’un système générant son lot d’externalités négatives et laissant trop de personnes au bord de la route, puis il y a la réalité.
Rien ne changera, ou presque, car on ne change ni ses habitudes de travail, surtout lorsqu’elles ont fait leurs preuves, ni les clients, ni facilement les imaginaires.
Non, le grand reset du voyage n’aura pas lieu.
Je vous souhaite à tous que le temps de la reconstruction et de la reprise des commandes arrive le plus rapidement possible. En attendant, bonne réflexion à tous.
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Publié par Romain Pommier 












