Sans surprise, le secteur du tourisme est fortement impacté par la guerre en Iran.
Depuis la fin février 2026, le conflit a entraîné une baisse d’activité, ainsi que des effets collatéraux pénalisant le quotidien des professionnels.
Il a d’abord fallu gérer les rapatriements, puis les départs à venir.
Désormais, les professionnels doivent faire face à l’attentisme des clients, mais aussi à des compagnies aériennes qui annulent des vols à quelques jours du départ ou imposent des surcharges carburant au moment même de l’embarquement.
L’industrie entre dans le dur, avec 48,5% des agences qui enregistrent une baisse d’activité d’au moins 30%, dont 8,6% font état d’un recul de leur volume d’affaires compris entre 50% et 75%, selon un sondage des Entreprises du Voyage, dont nous vous dévoilons les résultats.
"Je m'attendais à ce genre d'ordre de grandeur. Nous sommes, dans le meilleur des cas, sur une baisse de l'ordre de 20%, mais cela peut aller bien au-delà, en fonction de la structure de l’entreprise, des destinations et du métier.
Là où je dois attirer l’attention, c’est que ce sondage, nous l’avons réalisé il y a maintenant 10 jours et, d’après les échanges que j’ai eus, cela ne s’améliore pas," nous explique Valérie Boned, la présidente des EDV.
Depuis la fin février 2026, le conflit a entraîné une baisse d’activité, ainsi que des effets collatéraux pénalisant le quotidien des professionnels.
Il a d’abord fallu gérer les rapatriements, puis les départs à venir.
Désormais, les professionnels doivent faire face à l’attentisme des clients, mais aussi à des compagnies aériennes qui annulent des vols à quelques jours du départ ou imposent des surcharges carburant au moment même de l’embarquement.
L’industrie entre dans le dur, avec 48,5% des agences qui enregistrent une baisse d’activité d’au moins 30%, dont 8,6% font état d’un recul de leur volume d’affaires compris entre 50% et 75%, selon un sondage des Entreprises du Voyage, dont nous vous dévoilons les résultats.
"Je m'attendais à ce genre d'ordre de grandeur. Nous sommes, dans le meilleur des cas, sur une baisse de l'ordre de 20%, mais cela peut aller bien au-delà, en fonction de la structure de l’entreprise, des destinations et du métier.
Là où je dois attirer l’attention, c’est que ce sondage, nous l’avons réalisé il y a maintenant 10 jours et, d’après les échanges que j’ai eus, cela ne s’améliore pas," nous explique Valérie Boned, la présidente des EDV.
Il y a un "besoin de trésorerie de certaines agences", selon Valérie Boned
Cette baisse drastique de l’activité est imputable à la fermeture des destinations du Golfe, puis aux perturbations aériennes touchant les hubs de la région et, enfin, à l’ambiance générale, qui génère un attentisme de la clientèle.
"Ils se demandent si les vols ne vont pas être annulés au dernier moment. Nous constatons que des compagnies annulent à moins de 15 jours du départ... Globalement, les gens attendent.
Les retours que j’ai, c’est qu’il n’y a pas beaucoup de monde dans les agences de voyages.
Ce à quoi je ne m’attendais pas, c’est au besoin de trésorerie de certaines agences (18% des sondés). Et quand on parle d’urgence, ces acteurs nous disaient, il y a 10 jours au moment du sondage, que si la situation perdurait, alors ils auraient besoin d’une aide sur la trésorerie.
Sauf que ce ralentissement perdure. Cela concerne plutôt des petites structures.
Les grands acteurs nous disent qu’il n’y a pas encore de sujet, mais que cela pourrait le devenir en fonction de la manière dont se passe l’été," nous explique la présidente du syndicat.
À l’heure où nous écrivons ces lignes, le SETO fait état d’un repli limité à 1% sur les commandes estivales. L'été n'est pas perdu.
Valérie Boned : "les demandes d'activité partielle seront traitées avec bienveillance"
Pour remédier à la baisse significative et durable de l’activité, les patrons s’organisent.
"Sur l’activité partielle, le pourcentage est quand même relativement conséquent (32% envisagent ou l'ont mis en place, selon le sondage, ndlr).
Je sors d’une réunion avec les équipes du ministre de l’Économie, nous leur faisons remonter nos différents sujets. Par rapport à ces constats, deux priorités s’imposent à nous.
La première concerne le chômage partiel.
Lors d’une intervention à la radio, Jean-Pierre Farandou, le ministre du travail, nous a désignés comme un secteur sur lequel il a attiré l’attention des services de l’État, afin que les demandes d’activité partielle soient traitées avec bienveillance, en reconnaissant notre lien avec la crise.
Serge Papin, le ministre du tourisme, me l’a à nouveau confirmé", nous affirme Valérie Boned.
Pour mettre en place le chômage partiel, l’entreprise doit justifier que sa baisse d’activité est en lien direct avec la guerre en Iran.
De plus, toutes les entreprises du secteur qui éprouvent des difficultés ou celles qui ont déposé des dossiers et essuyé un refus doivent faire remonter leur cas aux Entreprises du Voyage.
Le syndicat fera le lien avec Bercy pour faciliter le traitement des dossiers du secteur.
"Sur l’activité partielle, le pourcentage est quand même relativement conséquent (32% envisagent ou l'ont mis en place, selon le sondage, ndlr).
Je sors d’une réunion avec les équipes du ministre de l’Économie, nous leur faisons remonter nos différents sujets. Par rapport à ces constats, deux priorités s’imposent à nous.
La première concerne le chômage partiel.
Lors d’une intervention à la radio, Jean-Pierre Farandou, le ministre du travail, nous a désignés comme un secteur sur lequel il a attiré l’attention des services de l’État, afin que les demandes d’activité partielle soient traitées avec bienveillance, en reconnaissant notre lien avec la crise.
Serge Papin, le ministre du tourisme, me l’a à nouveau confirmé", nous affirme Valérie Boned.
Pour mettre en place le chômage partiel, l’entreprise doit justifier que sa baisse d’activité est en lien direct avec la guerre en Iran.
De plus, toutes les entreprises du secteur qui éprouvent des difficultés ou celles qui ont déposé des dossiers et essuyé un refus doivent faire remonter leur cas aux Entreprises du Voyage.
Le syndicat fera le lien avec Bercy pour faciliter le traitement des dossiers du secteur.
Prêt de Bpifrance : "nous voulons pouvoir bénéficier de ce dispositif"
En revanche, la mise en place de l’activité partielle est bien moins simple et bien moins avantageuse que durant la crise sanitaire. Cela ne devrait pas évoluer, à en croire les propos recueillis de Valérie Boned.
"Bercy n’ouvre pas la discussion sur une aide particulière au secteur, ni même sur une meilleure prise en charge du chômage partiel.
Pour rappel, cette mesure doit permettre à des entreprises viables, confrontées à un problème conjoncturel, de passer un cap, comme c’est le cas pour nous. L’enjeu n’est pas de sauver des entreprises moribondes," poursuit-elle.
Si la prise en charge est moins avantageuse, l’outil permet malgré tout de réduire la masse salariale. En revanche, il peut avoir un impact sur le moral des équipes. C’est aussi à cette question que les dirigeants tentent de répondre.
En plus du chômage partiel, le gouvernement a mis en place une facilité de trésorerie.
Baptisé "prêt flash carburant", ce dispositif permet d’obtenir des fonds sous sept jours, pour un montant de 5 000 à 50 000 euros, à un taux de 3,80%, avec une distribution 100% numérique via Bpifrance, comme l’a dévoilé 20 minutes.
Ce prêt constitue la deuxième priorité des EDV. "Seulement trois secteurs sont éligibles, à savoir l’agriculture, la pêche et le transport.
Nous sommes en train de construire un dossier, en compilant des éléments et des données, pour pouvoir bénéficier de ce dispositif en cas de besoin," espère la dirigeante.
Cette crise pose malgré tout une question : comment, après trois exercices historiques, une partie de la distribution se retrouve-t-elle à genoux après seulement un mois de guerre ?
N’y a-t-il pas un mal plus profond dans l’industrie ? "Non, ce n’est pas un symptôme du secteur. Certaines petites entreprises font face à une baisse d’activité allant jusqu’à 50% et doivent aussi gérer des voyages réservés qui ne pourront pas partir, car les vols sont annulés.
Quelques entreprises, ce n’est pas du tout une majorité, souhaitent avoir des dispositifs d’aide à la trésorerie pour retrouver un peu d’air. Nous sommes plutôt dans l’anticipation, afin d’éviter des difficultés futures si la crise perdure", estime Valérie Boned.
"Bercy n’ouvre pas la discussion sur une aide particulière au secteur, ni même sur une meilleure prise en charge du chômage partiel.
Pour rappel, cette mesure doit permettre à des entreprises viables, confrontées à un problème conjoncturel, de passer un cap, comme c’est le cas pour nous. L’enjeu n’est pas de sauver des entreprises moribondes," poursuit-elle.
Si la prise en charge est moins avantageuse, l’outil permet malgré tout de réduire la masse salariale. En revanche, il peut avoir un impact sur le moral des équipes. C’est aussi à cette question que les dirigeants tentent de répondre.
En plus du chômage partiel, le gouvernement a mis en place une facilité de trésorerie.
Baptisé "prêt flash carburant", ce dispositif permet d’obtenir des fonds sous sept jours, pour un montant de 5 000 à 50 000 euros, à un taux de 3,80%, avec une distribution 100% numérique via Bpifrance, comme l’a dévoilé 20 minutes.
Ce prêt constitue la deuxième priorité des EDV. "Seulement trois secteurs sont éligibles, à savoir l’agriculture, la pêche et le transport.
Nous sommes en train de construire un dossier, en compilant des éléments et des données, pour pouvoir bénéficier de ce dispositif en cas de besoin," espère la dirigeante.
Cette crise pose malgré tout une question : comment, après trois exercices historiques, une partie de la distribution se retrouve-t-elle à genoux après seulement un mois de guerre ?
N’y a-t-il pas un mal plus profond dans l’industrie ? "Non, ce n’est pas un symptôme du secteur. Certaines petites entreprises font face à une baisse d’activité allant jusqu’à 50% et doivent aussi gérer des voyages réservés qui ne pourront pas partir, car les vols sont annulés.
Quelques entreprises, ce n’est pas du tout une majorité, souhaitent avoir des dispositifs d’aide à la trésorerie pour retrouver un peu d’air. Nous sommes plutôt dans l’anticipation, afin d’éviter des difficultés futures si la crise perdure", estime Valérie Boned.
Annulations de vols, surcharge carburant... "Je sens un mécontentement des agences"
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Autre dossier du moment : après les vols annulés à cause de la guerre et la gestion des rapatriements, les professionnels font désormais face aux réductions de programme des compagnies aériennes, qui suppriment de leur réseau les vols les moins rentables.
"C’est un sujet, en effet. Je sens un mécontentement de la part de certaines agences et de certains tour-opérateurs face aux agissements de quelques compagnies qui, parfois, annulent à moins de 15 jours du départ.
La première chose est de vérifier que leurs actions sont légales.
Après, il est très compliqué de savoir s’il s’agit de vols annulés parce qu’ils ne sont pas remplis commercialement ou parce que les compagnies n’ont pas le droit de voler," nous confie-t-elle.
C’est le cas notamment de Volotea, qui a reçu une lettre signée des EDV, la menaçant d’une saisine de la DGCCRF.
A lire : Surcharge carburant : Volotea veut vous faire payer deux fois !
La compagnie a massivement régulé son programme, laissant sur le carreau ses clients et ceux des agences de voyages, et impose désormais une surcharge carburant sous peine de ne pas pouvoir s’enregistrer.
"Nous n’avons pas eu de retour de la part de la low cost. Plus globalement, nous échangeons avec les transporteurs.
J’entends aussi, de la part des agences, qu’il y aura une mémoire de celles avec qui cela se passe bien et de celles avec qui cela se passe moins bien.
Nous n’avons pas de prise sur ce que font les compagnies et ce sont des dossiers très compliqués à gérer pour les professionnels, surtout qu’en parallèle, ils font face à une baisse d’activité.
Les professionnels restent optimistes sur la saison estivale, ils n’ont pas jeté l’éponge," conclut une présidente attentive, candidate à sa propre succession, alors que se profile le prochain congrès du syndicat.
"C’est un sujet, en effet. Je sens un mécontentement de la part de certaines agences et de certains tour-opérateurs face aux agissements de quelques compagnies qui, parfois, annulent à moins de 15 jours du départ.
La première chose est de vérifier que leurs actions sont légales.
Après, il est très compliqué de savoir s’il s’agit de vols annulés parce qu’ils ne sont pas remplis commercialement ou parce que les compagnies n’ont pas le droit de voler," nous confie-t-elle.
C’est le cas notamment de Volotea, qui a reçu une lettre signée des EDV, la menaçant d’une saisine de la DGCCRF.
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La compagnie a massivement régulé son programme, laissant sur le carreau ses clients et ceux des agences de voyages, et impose désormais une surcharge carburant sous peine de ne pas pouvoir s’enregistrer.
"Nous n’avons pas eu de retour de la part de la low cost. Plus globalement, nous échangeons avec les transporteurs.
J’entends aussi, de la part des agences, qu’il y aura une mémoire de celles avec qui cela se passe bien et de celles avec qui cela se passe moins bien.
Nous n’avons pas de prise sur ce que font les compagnies et ce sont des dossiers très compliqués à gérer pour les professionnels, surtout qu’en parallèle, ils font face à une baisse d’activité.
Les professionnels restent optimistes sur la saison estivale, ils n’ont pas jeté l’éponge," conclut une présidente attentive, candidate à sa propre succession, alors que se profile le prochain congrès du syndicat.








Publié par Romain Pommier 















