Situation économique
Pourquoi la baisse du pétrole pourrait changer la donne sur le marché des devises - Depositphotos.com, Auteur yellow_man
Mai restera dans les mémoires pour un mouvement pétrolier historique. Le Brent a chuté d'environ 19% sur le mois, repassant autour de 92 dollars, sa pire performance mensuelle depuis mars 2020.
Le moteur de ce repli est diplomatique : Washington et Téhéran auraient trouvé un accord préliminaire pour prolonger leur cessez-le-feu de 60 jours et rouvrir le détroit d'Ormuz, par lequel transite un cinquième du pétrole et du GNL mondiaux. Téhéran s'engagerait à déminer le passage en 30 jours. Nuance importante : Trump n'a pas encore validé les termes, et JD Vance a tempéré l'optimisme ambiant. Rien n'est signé.
Ce reflux change l'équation sur l'inflation. C'est l'énergie qui alimentait la spirale des prix depuis le début du conflit fin février. Si le baril se stabilise durablement plus bas, la pression inflationniste devrait mécaniquement s'atténuer dans les mois à venir.
Et pourtant, la BCE s'apprête à relever ses taux le 11 juin, avec une probabilité de 90% selon les marchés. Une hausse de 25 points de base porterait le taux de dépôt de 2,00% à 2,25%, premier resserrement depuis 2023. Pourquoi serrer la vis alors que le choc énergétique reflue ? Parce que la BCE ne réagit pas au pétrole d'hier, mais à l'inflation d'aujourd'hui.
En avril, la hausse des prix harmonisés atteignait 3,0% en zone euro, et les estimations flash de mai montrent une accélération persistante en France, en Italie et en Espagne. Les chiffres sont là, et certains gouverneurs auraient même plaidé pour une hausse dès avril.
L'euro, lui, reste bloqué sous 1,17, coincé entre l'espoir diplomatique et la fermeté monétaire de Francfort.
Le moteur de ce repli est diplomatique : Washington et Téhéran auraient trouvé un accord préliminaire pour prolonger leur cessez-le-feu de 60 jours et rouvrir le détroit d'Ormuz, par lequel transite un cinquième du pétrole et du GNL mondiaux. Téhéran s'engagerait à déminer le passage en 30 jours. Nuance importante : Trump n'a pas encore validé les termes, et JD Vance a tempéré l'optimisme ambiant. Rien n'est signé.
Ce reflux change l'équation sur l'inflation. C'est l'énergie qui alimentait la spirale des prix depuis le début du conflit fin février. Si le baril se stabilise durablement plus bas, la pression inflationniste devrait mécaniquement s'atténuer dans les mois à venir.
Et pourtant, la BCE s'apprête à relever ses taux le 11 juin, avec une probabilité de 90% selon les marchés. Une hausse de 25 points de base porterait le taux de dépôt de 2,00% à 2,25%, premier resserrement depuis 2023. Pourquoi serrer la vis alors que le choc énergétique reflue ? Parce que la BCE ne réagit pas au pétrole d'hier, mais à l'inflation d'aujourd'hui.
En avril, la hausse des prix harmonisés atteignait 3,0% en zone euro, et les estimations flash de mai montrent une accélération persistante en France, en Italie et en Espagne. Les chiffres sont là, et certains gouverneurs auraient même plaidé pour une hausse dès avril.
L'euro, lui, reste bloqué sous 1,17, coincé entre l'espoir diplomatique et la fermeté monétaire de Francfort.
Taux de change : le point technique
L'EUR/USD reste coincé autour de 1,1654, proche d'un plus bas de six semaines. Tant que la Fed maintient sa fourchette à 3,50%-3,75% sans signal d'assouplissement, le dollar garde un avantage de rendement qui l'emporte sur tout autre facteur. Techniquement, la zone 1,1550-1,1600 fait office de support : en dessous, le chemin vers 1,1500 s'ouvre.
Au-dessus, la moyenne mobile à 100 jours vers 1,1720 plafonne les velléités de rebond. L'EUR/GBP campe autour de 0,8650, sans mouvement de fond notable. L'EUR/CAD se tient vers 1,5980 : le dollar canadien est naturellement exposé au pétrole, et un baril durablement bas l'affaiblit, ce qui soutient mécaniquement la paire. Enfin, l'EUR/JPY autour de 185,5 est le dossier à surveiller cette semaine.
Le gouverneur de la Banque du Japon s'exprime prochainement, et le moindre signal sur la poursuite de la normalisation monétaire japonaise pourrait réveiller un yen qui accuse un net retard.
| SUPPORTS HEBDO | RÉSISTANCES HEBDO | |||
| S2 | S1 | R1 | R2 | |
| EUR/USD | 1,1500 | 1,1580 | 1,1720 | 1,1800 |
| EUR/GBP | 0,8560 | 0,8610 | 0,8700 | 0,8750 |
| EUR/CHF | 0,9020 | 0,9060 | 0,9150 | 0,9200 |
| EUR/CAD | 1,5850 | 1,5920 | 1,6050 | 1,6130 |
| EUR/JPY | 183,50 | 184,50 | 186,50 | 188,00 |
Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine.
Les annonces à suivre
La semaine qui s'ouvre est courte en surprises potentielles mais dense en confirmations attendues, à cinq jours de la réunion BCE du 11 juin.
Lundi, l'ISM manufacturier américain donne le ton. L'indicateur tourne depuis plusieurs mois autour de 50, la frontière entre expansion et contraction, et chaque point de déviation dans un sens ou l'autre suffit à bouger le dollar.
Jerome Powell s'exprime également lundi, à surveiller pour tout signal sur le calendrier de la Fed.
Mardi arrive la donnée la plus importante de la semaine : l'inflation flash de la zone euro. Une confirmation proche ou au-dessus de 3,0% scelle pratiquement le scénario d'une hausse de 25 points de base le 11 juin. En dessous, le doute revient, même s'il resterait minoritaire au regard des signaux récents.
Mercredi, le gouverneur de la Banque du Japon prend la parole. Compte tenu de la sensibilité actuelle de l'EUR/JPY autour de 185,5, le moindre signal sur la normalisation monétaire japonaise peut faire bouger la paire significativement.
Vendredi, le NFP américain clôt la semaine. Un chiffre d'emploi décevant rouvrirait le débat sur une détente de la Fed en seconde partie d'année et pèserait sur le dollar, ce qui soulagerait mécaniquement l'euro. Un chiffre solide, au contraire, maintiendrait la pression sur l'EUR/USD et son support à 1,1550-1,1600.
Lundi, l'ISM manufacturier américain donne le ton. L'indicateur tourne depuis plusieurs mois autour de 50, la frontière entre expansion et contraction, et chaque point de déviation dans un sens ou l'autre suffit à bouger le dollar.
Jerome Powell s'exprime également lundi, à surveiller pour tout signal sur le calendrier de la Fed.
Mardi arrive la donnée la plus importante de la semaine : l'inflation flash de la zone euro. Une confirmation proche ou au-dessus de 3,0% scelle pratiquement le scénario d'une hausse de 25 points de base le 11 juin. En dessous, le doute revient, même s'il resterait minoritaire au regard des signaux récents.
Mercredi, le gouverneur de la Banque du Japon prend la parole. Compte tenu de la sensibilité actuelle de l'EUR/JPY autour de 185,5, le moindre signal sur la normalisation monétaire japonaise peut faire bouger la paire significativement.
Vendredi, le NFP américain clôt la semaine. Un chiffre d'emploi décevant rouvrirait le débat sur une détente de la Fed en seconde partie d'année et pèserait sur le dollar, ce qui soulagerait mécaniquement l'euro. Un chiffre solide, au contraire, maintiendrait la pression sur l'EUR/USD et son support à 1,1550-1,1600.
| Jour | Heure | Pays | Indicateur | À quoi s'attendre ? |
| Lun. 01/06 | 16:00 | USA | ISM manufacturier (mai) | Autour de 50 ; au-dessus = USD soutenu |
| Lun. 01/06 | 08:00 | All. | Ventes au détail | Demande intérieure |
| Lun. 01/06 | — | Suisse | PIB (T1) | Vigueur de l'économie helvétique |
| Mar. 02/06 | 11:00 | Zone € | Inflation (CPI flash, mai) | Clé avant la BCE du 11/06 |
| Mer. 03/06 | 14:15 | USA | Rapport ADP (emploi privé) | Mise en bouche avant le NFP |
| Mer. 03/06 | 16:00 | USA | ISM services (mai) | Poids majeur dans l'économie US |
| Mer. 03/06 | — | Japon | Discours du gouverneur BoJ | Ton sur la normalisation des taux |
| Jeu. 04/06 | 08:30 | Suisse | Inflation (CPI, mai) | Pression sur la BNS |
| Jeu. 04/06 | 11:00 | Zone € | Ventes au détail | Santé de la consommation |
| Ven. 05/06 | 14:30 | USA | Rapport sur l'emploi (NFP, mai) | Événement majeur de la semaine |
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Mondial Change accompagne notamment de nombreux acteurs du tourismes, agences de voyages, groupistes, tour-opérateurs, réceptifs...
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Contact : nicolas@mondialchange.com
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