Situation économique
Hausse du pétrole : dollar, euro, yen... les devises sous pression - Depositphotos.com Auteur Savvatexture
Le baril de Brent a dépassé 105 dollars cette semaine, sous l'effet des tensions entre Washington et Téhéran dans le détroit d'Ormuz. Ce choc énergétique se propage rapidement à l'ensemble de l'économie mondiale, et place la BCE comme la Fed dans une situation particulièrement inconfortable.
En zone euro, la situation se dégrade vite. L'activité économique est passée en contraction pour la première fois depuis décembre 2024, avec un PMI composite à 48,6. Le secteur des services, qui représente environ 70% du PIB européen, affiche même son niveau le plus bas en cinq ans.
L'Allemagne a divisé par deux ses prévisions de croissance, et le FMI anticipe désormais seulement 1,1% de croissance pour la zone euro en 2026, la révision la plus forte parmi les économies avancées.
Le seul chiffre rassurant en apparence, c'est le PMI manufacturier, remonté à 52,2. Mais cette hausse s'explique surtout par le stockage défensif des entreprises qui anticipent des pénuries, pas par une vraie reprise de la demande.
Les délais de livraison atteignent leur plus haut niveau depuis mi-2022. C'est un signal d'alerte, pas une bonne nouvelle.
Le vrai problème pour la BCE, c'est que l'inflation repart en même temps que l'activité ralentit. L'inflation harmonisée était à 2,6% en mars, et la BCE elle-même anticipe un pic à 3,1% au deuxième trimestre. C'est le scénario classique de stagflation, le pire possible pour une banque centrale : baisser les taux aggraverait l'inflation, les maintenir ou les monter pèserait encore plus sur la croissance.
La réunion du 30 avril devrait se conclure par un statu quo à 2,00%, mais le marché s'attend à une hausse en juin et à un taux directeur à 2,50% d'ici fin 2026, ce qui représenterait un retournement complet par rapport au cycle de baisses enclenché l'an dernier.
Aux États-Unis, la Fed fait face au même dilemme mais part d'une position plus solide, avec des taux déjà à 3,50-3,75%. La question n'est plus de savoir quand baisser, mais si une baisse reste possible du tout avec un pétrole à ces niveaux. La réunion du FOMC des 28-29 avril sera déterminante pour lire les intentions de Jerome Powell.
En zone euro, la situation se dégrade vite. L'activité économique est passée en contraction pour la première fois depuis décembre 2024, avec un PMI composite à 48,6. Le secteur des services, qui représente environ 70% du PIB européen, affiche même son niveau le plus bas en cinq ans.
L'Allemagne a divisé par deux ses prévisions de croissance, et le FMI anticipe désormais seulement 1,1% de croissance pour la zone euro en 2026, la révision la plus forte parmi les économies avancées.
Le seul chiffre rassurant en apparence, c'est le PMI manufacturier, remonté à 52,2. Mais cette hausse s'explique surtout par le stockage défensif des entreprises qui anticipent des pénuries, pas par une vraie reprise de la demande.
Les délais de livraison atteignent leur plus haut niveau depuis mi-2022. C'est un signal d'alerte, pas une bonne nouvelle.
Le vrai problème pour la BCE, c'est que l'inflation repart en même temps que l'activité ralentit. L'inflation harmonisée était à 2,6% en mars, et la BCE elle-même anticipe un pic à 3,1% au deuxième trimestre. C'est le scénario classique de stagflation, le pire possible pour une banque centrale : baisser les taux aggraverait l'inflation, les maintenir ou les monter pèserait encore plus sur la croissance.
La réunion du 30 avril devrait se conclure par un statu quo à 2,00%, mais le marché s'attend à une hausse en juin et à un taux directeur à 2,50% d'ici fin 2026, ce qui représenterait un retournement complet par rapport au cycle de baisses enclenché l'an dernier.
Aux États-Unis, la Fed fait face au même dilemme mais part d'une position plus solide, avec des taux déjà à 3,50-3,75%. La question n'est plus de savoir quand baisser, mais si une baisse reste possible du tout avec un pétrole à ces niveaux. La réunion du FOMC des 28-29 avril sera déterminante pour lire les intentions de Jerome Powell.
Taux de change : le point technique
La re-fermeture du détroit d'Ormuz devrait lui offrir un rebond technique lundi, mais Deutsche Bank rappelle que le statut de valeur refuge du dollar est largement surestimé : sur un an, le billet vert a perdu plus de 10% et sa corrélation avec les actions est quasi nulle. La défiance des investisseurs semble s'installer dans la durée.
L'euro a progressé jusqu'à 1,1835 jeudi, son plus haut depuis le début du conflit iranien, avant de refluer à 1,1764 vendredi. Sur un mois, la monnaie unique s'est appréciée de +2,7% face au dollar.
La re-fermeture d'Ormuz pourrait pousser la paire vers 1,17 à très court terme, mais la tendance haussière reste solide tant que le support à 1,1650 tient.
Du côté de la livre, l'EUR/GBP reste stable autour de 0,8700 et le GBP/USD tient à 1,3550, porté par le recul général du dollar. Les PMI flash britanniques de mercredi seront le prochain catalyseur à surveiller.
Le franc suisse a surpris en s'affaiblissant cette semaine, l'EUR/CHF remontant vers 0,9220, mais la tension géopolitique ravivée pourrait rapidement ramener des flux vers le CHF dès lundi.
Le yen tire son épingle du jeu, profitant à la fois de la baisse du pétrole (le Japon est un importateur net majeur) et du recul des rendements américains, avec l'USD/JPY à 158,60. La Banque du Japon, en phase de normalisation graduelle, pourrait en sortir renforcée si la désescalade se confirme.
Enfin, le dollar canadien reste sous pression avec l'EUR/CAD autour de 1,62, sa corrélation directe avec le brut rendant tout rebond difficile à anticiper sans visibilité sur le pétrole.
| SUPPORTS HEBDO | RÉSISTANCES HEBDO | |||
| S1 | S2 | R1 | R2 | |
| EUR/USD | 1,1670 | 1,1580 | 1,1850 | 1,1940 |
| EUR/GBP | 0,8650 | 0,8600 | 0,8770 | 0,8830 |
| EUR/CHF | 0,9120 | 0,9060 | 0,9230 | 0,9290 |
| EUR/CAD | 1,5890 | 1,5780 | 1,6110 | 1,6220 |
| EUR/JPY | 185,10 | 183,50 | 188,40 | 190,00 |
Les annonces à suivre
C'est la semaine la plus dense de l'année sur le front macro. Fed et BCE se réunissent à 48 heures d'intervalle, pendant que tombent les premières estimations de croissance du T1 et l'inflation flash européenne. Personne n'attend de décision surprise sur les taux, mais le vrai jeu se jouera dans les mots de Powell et Lagarde. Avec un baril à 105 dollars, chaque signal comptera double.
| Jour | Heure | Pays | Indicateur | À quoi s'attendre ? |
| 28/04 | --- | États-Unis | Début réunion FOMC | Statu quo attendu |
| 29/04 | 20:00 | États-Unis | Décision Fed + conférence de presse | Taux inchangés 3,50-3,75 % |
| 30/04 | 11:00 | Zone euro | PIB T1 2026 (estimation flash) | +0,2 % t/t attendu |
| 30/04 | 11:00 | Zone euro | Inflation IPC (flash) – Avril | Hausse vers 3,0 %, préc. 2,6 % |
| 30/04 | 14:15 | Zone euro | Décision BCE + conférence de presse | Statu quo à 2,00 % attendu |
| 30/04 | 14:30 | États-Unis | PIB T1 2026 (estimation avancée) | Ralentissement probable |
| 30/04 | 14:30 | États-Unis | Indice des prix PCE core – Mars | Hausse, indicateur clé Fed |
Mondial Change est un établissement financier français, fondé en 2015, spécialisé dans la gestion des paiements internationaux et du risque de change.
Mondial Change accompagne notamment de nombreux acteurs du tourismes, agences de voyages, groupistes, tour-opérateurs, réceptifs...
www.mondialchange.com
Contact : nicolas@mondialchange.com
Mondial Change accompagne notamment de nombreux acteurs du tourismes, agences de voyages, groupistes, tour-opérateurs, réceptifs...
www.mondialchange.com
Contact : nicolas@mondialchange.com
Autres articles
-
Dollar chahuté, euro solide : les devises ballotées par les tensions au Moyen-Orient [ABO]
-
Le marché des changes sous pression, l'euro résiste [ABO]
-
Devises : l’euro en embuscade dans un monde fragmenté [ABO]
-
Marché des changes : des divergences économiques qui pèsent sur l’euro [ABO]
-
Guerre en Iran : le choc sur les matières premières soutient le dollar et bouscule les devises [ABO]



















