Situation économique
Dollar chahuté, euro solide : les devises ballotées par les tensions au Moyen-Orient - Depositphotos.com Auteur pryzmat
Le week-end a tout changé. Vendredi, l'Iran déclarait le détroit d'Ormuz ouvert à la navigation commerciale, provoquant un effondrement du pétrole de 11% et des records historiques sur le S&P 500 et le Nasdaq. Moins de 24 heures plus tard, les Gardiens de la Révolution annonçaient que le détroit revenait à son état antérieur. L'euphorie aura duré une nuit.
La logique iranienne est cohérente. L'ouverture de vendredi était conditionnée à un geste américain, notamment la levée du blocus naval sur les ports iraniens. Trump a maintenu ce blocus jusqu'à un accord nucléaire, franchissant une ligne rouge pour Téhéran.
Le négociateur iranien Qalibaf a résumé la position sans détour : impossible de laisser passer les autres tant que l'Iran lui-même ne peut pas circuler. Le cessez-le-feu au Liban, censé accompagner cette désescalade, reste par ailleurs très fragile : un casque bleu français et deux soldats israéliens ont été tués ce week-end dans le sud du pays, et Macron a directement mis en cause le Hezbollah.
Sur le plan économique, l'AIE parle de la plus grande perturbation d'approvisionnement pétrolier de l'histoire, avec 13 millions de barils par jour affectés selon ING. L'inflation américaine a déjà atteint 3,3% en mars, portée par une hausse de l'essence de 21% sur un mois.
En Europe, la BCE a relevé ses projections d'inflation à 2,6% pour 2026 et réduit ses attentes de croissance à 0,9%. Ni la Fed (3,50-3,75%) ni la BCE (2,00%) ne bougent leurs taux, et le marché n'anticipe plus que deux hausses européennes cette année contre trois il y a quelques semaines. Le FOMC des 28-29 avril devrait confirmer le statu quo américain avec une probabilité de 99%.
Le marché ouvre lundi dans un contexte de forte incertitude. Le pétrole devrait repartir à la hausse, ce qui soutiendrait le dollar à court terme.
Mais la tendance de fond reste baissière pour le billet vert : le DXY a perdu plus de 10% depuis janvier 2025 et la défiance institutionnelle est désormais documentée par les chiffres. Tant que le cessez-le-feu US-Iran, qui expire le 21 avril, n'est pas prolongé, la volatilité restera le seul scénario crédible.
La logique iranienne est cohérente. L'ouverture de vendredi était conditionnée à un geste américain, notamment la levée du blocus naval sur les ports iraniens. Trump a maintenu ce blocus jusqu'à un accord nucléaire, franchissant une ligne rouge pour Téhéran.
Le négociateur iranien Qalibaf a résumé la position sans détour : impossible de laisser passer les autres tant que l'Iran lui-même ne peut pas circuler. Le cessez-le-feu au Liban, censé accompagner cette désescalade, reste par ailleurs très fragile : un casque bleu français et deux soldats israéliens ont été tués ce week-end dans le sud du pays, et Macron a directement mis en cause le Hezbollah.
Sur le plan économique, l'AIE parle de la plus grande perturbation d'approvisionnement pétrolier de l'histoire, avec 13 millions de barils par jour affectés selon ING. L'inflation américaine a déjà atteint 3,3% en mars, portée par une hausse de l'essence de 21% sur un mois.
En Europe, la BCE a relevé ses projections d'inflation à 2,6% pour 2026 et réduit ses attentes de croissance à 0,9%. Ni la Fed (3,50-3,75%) ni la BCE (2,00%) ne bougent leurs taux, et le marché n'anticipe plus que deux hausses européennes cette année contre trois il y a quelques semaines. Le FOMC des 28-29 avril devrait confirmer le statu quo américain avec une probabilité de 99%.
Le marché ouvre lundi dans un contexte de forte incertitude. Le pétrole devrait repartir à la hausse, ce qui soutiendrait le dollar à court terme.
Mais la tendance de fond reste baissière pour le billet vert : le DXY a perdu plus de 10% depuis janvier 2025 et la défiance institutionnelle est désormais documentée par les chiffres. Tant que le cessez-le-feu US-Iran, qui expire le 21 avril, n'est pas prolongé, la volatilité restera le seul scénario crédible.
Taux de change : le point technique
La refermeture du détroit d'Ormuz devrait lui offrir un rebond technique lundi, mais Deutsche Bank rappelle que le statut de valeur refuge du dollar est largement surestimé : sur un an, le billet vert a perdu plus de 10% et sa corrélation avec les actions est quasi nulle. La défiance des investisseurs semble s'installer dans la durée.
L'euro a progressé jusqu'à 1,1835 jeudi, son plus haut depuis le début du conflit iranien, avant de refluer à 1,1764 vendredi. Sur un mois, la monnaie unique s'est appréciée de +2,7% face au dollar.
La refermeture d'Ormuz pourrait pousser la paire vers 1,17 à très court terme, mais la tendance haussière reste solide tant que le support à 1,1650 tient. Du côté de la livre, l'EUR/GBP reste stable autour de 0,8700 et le GBP/USD tient à 1,3550, porté par le recul général du dollar.
Les PMI flash britanniques de mercredi seront le prochain catalyseur à surveiller. Le franc suisse a surpris en s'affaiblissant cette semaine, l'EUR/CHF remontant vers 0,9220, mais la tension géopolitique ravivée pourrait rapidement ramener des flux vers le CHF dès lundi.
Le yen tire son épingle du jeu, profitant à la fois de la baisse du pétrole (le Japon est un importateur net majeur) et du recul des rendements américains, avec l'USD/JPY à 158,60. La Banque du Japon, en phase de normalisation graduelle, pourrait en sortir renforcée si la désescalade se confirme.
Enfin, le dollar canadien reste sous pression avec l'EUR/CAD autour de 1,62, sa corrélation directe avec le brut rendant tout rebond difficile à anticiper sans visibilité sur le pétrole.
| SUPPORTS HEBDO | RÉSISTANCES HEBDO | |||
| S1 | S2 | R1 | R2 | |
| EUR/USD | 1,1650 | 1,1720 | 1,1835 | 1,1920 |
| EUR/GBP | 0,8620 | 0,8660 | 0,8740 | 0,8790 |
| EUR/CHF | 0,9100 | 0,9160 | 0,9270 | 0,9340 |
| EUR/CAD | 1,6020 | 1,6100 | 1,6260 | 1,6360 |
| EUR/JPY | 183,00 | 184,50 | 187,80 | 189,50 |
Les annonces à suivre
La semaine du 20 avril sera déterminante. Le cessez-le-feu US-Iran expire dès le 21 avril, et des négociations via la médiation pakistanaise s'ouvrent lundi. C'est le pivot de la semaine : une prolongation calme les marchés et stabilise le pétrole, un échec relance la volatilité. Chaque déclaration sera scrutée de près.
Sur le plan économique, les PMI flash d'avril, publiés mercredi pour la France, l'Allemagne, la zone euro et les États-Unis, donneront la première vraie mesure de l'activité en pleine crise énergétique. Le PMI services européen était déjà à 50,2 en mars, au bord du seuil de contraction.
Un passage sous 50 rouvrirait immédiatement le débat sur l'ampleur des baisses de taux à venir à la BCE. Les ventes au détail américaines mardi et les commandes de biens durables jeudi compléteront le tableau : ces deux indicateurs diront si le consommateur américain résiste encore au choc pétrolier, ou s'il commence à plier.
La logique de la semaine est simple. La géopolitique donne le ton en début de semaine, les données économiques confirment ou aggravent le tableau en fin de semaine. Si le cessez-le-feu est prolongé et les PMI stables, les marchés soufflent temporairement. Si les négociations échouent et les PMI plongent sous 50, la volatilité reprend le dessus sans délai.
Sur le plan économique, les PMI flash d'avril, publiés mercredi pour la France, l'Allemagne, la zone euro et les États-Unis, donneront la première vraie mesure de l'activité en pleine crise énergétique. Le PMI services européen était déjà à 50,2 en mars, au bord du seuil de contraction.
Un passage sous 50 rouvrirait immédiatement le débat sur l'ampleur des baisses de taux à venir à la BCE. Les ventes au détail américaines mardi et les commandes de biens durables jeudi compléteront le tableau : ces deux indicateurs diront si le consommateur américain résiste encore au choc pétrolier, ou s'il commence à plier.
La logique de la semaine est simple. La géopolitique donne le ton en début de semaine, les données économiques confirment ou aggravent le tableau en fin de semaine. Si le cessez-le-feu est prolongé et les PMI stables, les marchés soufflent temporairement. Si les négociations échouent et les PMI plongent sous 50, la volatilité reprend le dessus sans délai.
| Jour | Heure | Pays | Indicateur | À quoi s'attendre ? |
| 21/04 | 14:30 | États-Unis | Ventes au détail (mars) | Cons. : +0,4 % m/m | Préc. : +0,2 % |
| 23/04 | 10:00 | Zone euro | PMI flash composite (avr.) | Précédent : 50,9 |
| 23/04 | 15:45 | États-Unis | PMI flash composite (avr.) | Précédent : 53,5 |
| 24/04 | 14:30 | États-Unis | Commandes biens durables (mars) | Cons. : +0,6 % m/m |
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Mondial Change est un établissement financier français, fondé en 2015, spécialisé dans la gestion des paiements internationaux et du risque de change.
Mondial Change accompagne notamment de nombreux acteurs du tourismes, agences de voyages, groupistes, tour-opérateurs, réceptifs...
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Contact : nicolas@mondialchange.com
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