Le dernier ouvrage de Frédéric Martel : « Occidents : enquête sur nos ennemis » ne nous laisse pas vraiment de doute. Il raconte, parmi tant d’autres, le grand renversement idéologique de notre époque marquée par son obsession pour la destruction de l’Occident. ».
En quoi cela intéresse-t-il l’activité touristique ? A chacun de voir en fonction de son métier. Mais, internationale, par définition bienveillante, porteuse de progrès et de différences … l’industrie touristique est parmi les plus sensibles à ce « bashing » anti occidental qui nourrit l’actualité.
D’autant que cette industrie a mis en place des modèles de développement très « occidentalisées » aujourd’hui contestés.
En quoi cela intéresse-t-il l’activité touristique ? A chacun de voir en fonction de son métier. Mais, internationale, par définition bienveillante, porteuse de progrès et de différences … l’industrie touristique est parmi les plus sensibles à ce « bashing » anti occidental qui nourrit l’actualité.
D’autant que cette industrie a mis en place des modèles de développement très « occidentalisées » aujourd’hui contestés.
Les lumières de l’Occident sont combattues aussi des dirigeants avides de contrôler leur population
A lire aussi : « Touristophobie » : la double peine des résidents
La Hongrie ne va pas rejoindre les rangs de ces crypto ennemis d’une Europe qui, malgré ses défauts, demeure l’un des bastions de la culture occidentale et défend les valeurs fondamentales du vivre ensemble : tolérance sous toutes ses formes, justice sociale, défense des faibles, démocratie, paix, liberté, libre circulation des biens et des personnes, respect des droits de l’homme et la femme…
- Mais, de l’autre côté, ce même Occident reste suspendu aux incartades de ce guignol sénile et tout puissant qui se bat à coup de bombardements, missiles, rockets et surtout à coup d’une intolérance absolue pour toute forme de pouvoir autre que celui de ses dollars.
- Autre constat : les lumières de l’Occident ne sont pas seulement combattues par des tyrans fous de Dieu ou de pouvoir, mais par bien d’autres dirigeants avides de contrôler leur population.
Partout en Asie, en Inde, en Extrême Orient, en Afrique, Russie, Corée du Nord, Chine… de « semi » dictateurs se montrent soucieux de maintenir une chape de plomb sur leurs populations afin de les préserver des « mauvaises mœurs » que nous exhibons dans notre culture, notre cinéma, nos modes de vie… et ces Gafam en train de coloniser nos neurones… Comme le dirait l’historien Gilles Keppel : « on vit donc dans un anti occidentalisme d’atmosphère ».
- Enfin, et surtout, il convient non seulement de remarquer que l’Occident a des ennemis à l’extérieur qu’il tente de pourfendre. Mais, il en a aussi à l’intérieur de ses frontières.
Lesquels ? Il s’agit tout simplement de ces troupes grandissantes de militants et activistes des extrêmes qui à l’intérieur même de pays démocratiques cherchent à vouloir restaurer des valeurs traditionnelles archi conservatrices comme celles véhiculées par les croyants, les religieux, les racistes de tout poil, les antisémites, les néo nazis, néo fascistes…
Têtes de proue de ces mouvements, les partis d’extrême droite et, nouveau paradoxe, ceux d’extrême gauche qui se retrouvent dans la même détestation et complexifient encore plus le chaos du monde. Car il y a bel et bien chaos et nul ne sait combien de temps il durera.
Chaos géopolitique, chaos touristique
En première ligne des secteurs affectés par une nouvelle guerre du « Golfe » qui, à ce jour, n’est toujours ni gagnée, ni perdue et flotte dans les eaux troublées du détroit d’Ormuz : l’activité économique et touristique.
Suivies de près par les médias cherchant à comprendre si ces destinations de rêve qu’étaient les Emirats arabes unis, Oman, le Qatar… allaient retrouver leur glamour, leur attractivité et leurs clientèles issues tout autant d’Europe que d’Asie et Afrique, cette actualité est d’autant plus anxiogène que les vacances s’annoncent pour des privilégiés qui s’envoleraient bien au soleil. A condition que le « Dieu Pétrole » le leur permette.
Mais si l’on veut lire entre les lignes, ajoutons que l’anti occidentalisme ambiant n’est pas qu’une idée. Disséminé partout, il est de nature à pénaliser les nombreuses destinations vivant de l’activité touristique.
- D’une part, la population locale de ces pays est à même de se retourner contre ces voyageurs qui incarnent à leurs yeux la débauche, le vice, les excès de toutes sortes.
Observables depuis les premiers déplacements de tourisme de masse, autant en Égypte, qu’Espagne, Italie et en France… ces comportements « osés », peu respectueux des traditions locales, contribuent à leur façon à créer et entretenir un rejet de l’Occident. Provoquant des chocs culturels largement décrits et documentés, ils peuvent aussi être générateurs de liens plus confiants et pacifiques. Mais, selon les destinations, la partie est loin d’être gagnée.
- Autre impact sur le tourisme : le développement touristique en lui-même. Inventé, construit, élaboré par des Occidentaux pour des Occidentaux, le tourisme a imposé ses modèles et ses concepts à toute la planète.
Industrie occidentale par excellence, son activité en a toutes les qualités en termes d’efficacité, fonctionnalité, dynamisme économique… Mais, elle en a aussi tous les défauts : quand elle s’implante dans des pays dits émergents, elle « colonise » des territoires, les dénature, elle en efface l’histoire et in fine les dégrade, avec la même constance et uniformité.
Mettant à sac pour son propre usage des pans entiers du patrimoine géographique et humain, l’Occident travaille pour lui et pour sa propre économie dont il s’abstient le plus souvent de partager les recettes.
… Si l’anti occidentalisme continue de s’épanouir, il y a donc fort à craindre que le désordre mondial en cours ne fera que s’accentuer. Avec en embuscade, candidate à une domination du monde : la Chine et son milliard d’habitants au cœur d’une Eurasie repensée…
Suivies de près par les médias cherchant à comprendre si ces destinations de rêve qu’étaient les Emirats arabes unis, Oman, le Qatar… allaient retrouver leur glamour, leur attractivité et leurs clientèles issues tout autant d’Europe que d’Asie et Afrique, cette actualité est d’autant plus anxiogène que les vacances s’annoncent pour des privilégiés qui s’envoleraient bien au soleil. A condition que le « Dieu Pétrole » le leur permette.
Mais si l’on veut lire entre les lignes, ajoutons que l’anti occidentalisme ambiant n’est pas qu’une idée. Disséminé partout, il est de nature à pénaliser les nombreuses destinations vivant de l’activité touristique.
- D’une part, la population locale de ces pays est à même de se retourner contre ces voyageurs qui incarnent à leurs yeux la débauche, le vice, les excès de toutes sortes.
Observables depuis les premiers déplacements de tourisme de masse, autant en Égypte, qu’Espagne, Italie et en France… ces comportements « osés », peu respectueux des traditions locales, contribuent à leur façon à créer et entretenir un rejet de l’Occident. Provoquant des chocs culturels largement décrits et documentés, ils peuvent aussi être générateurs de liens plus confiants et pacifiques. Mais, selon les destinations, la partie est loin d’être gagnée.
- Autre impact sur le tourisme : le développement touristique en lui-même. Inventé, construit, élaboré par des Occidentaux pour des Occidentaux, le tourisme a imposé ses modèles et ses concepts à toute la planète.
Industrie occidentale par excellence, son activité en a toutes les qualités en termes d’efficacité, fonctionnalité, dynamisme économique… Mais, elle en a aussi tous les défauts : quand elle s’implante dans des pays dits émergents, elle « colonise » des territoires, les dénature, elle en efface l’histoire et in fine les dégrade, avec la même constance et uniformité.
Mettant à sac pour son propre usage des pans entiers du patrimoine géographique et humain, l’Occident travaille pour lui et pour sa propre économie dont il s’abstient le plus souvent de partager les recettes.
… Si l’anti occidentalisme continue de s’épanouir, il y a donc fort à craindre que le désordre mondial en cours ne fera que s’accentuer. Avec en embuscade, candidate à une domination du monde : la Chine et son milliard d’habitants au cœur d’une Eurasie repensée…
Orient contre Occident ? Le conflit n’est pas nouveau
Car non content d’échauffer les esprits et de les manipuler, l’anti occidentalisme est en train de remanier la carte géopolitique internationale.
De la « paisible » bipolarisation de la guerre froide et de la « mondialisation heureuse » nous sommes entrés dans un monde multipolaire où les USA et l’Occident ne feront pas tout seuls la loi, la culture, la pensée, la conquête de l’espace, des énergies et surtout de l’intelligence et de la morale.
Dès maintenant, nos avions et bateaux et trains devront emprunter les grandes routes d’un monde redessiné, hybridé entre toutes les cultures et les modes de pensée qui le composent. Et surtout par leurs seuls intérêts.
Orient contre Occident ? Le conflit n’est pas nouveau.
Pour autant, il sera d’autant plus difficile à maîtriser que l’Afrique reste une grande inconnue qui attend l’Occident au tournant. Tandis que la Chine, l’Inde, la Russie… ont déjà plus ou moins fait leurs choix et que le Moyen-Orient risque encore de souffrir longtemps en attendant que la sagesse reprenne ses droits.
De la « paisible » bipolarisation de la guerre froide et de la « mondialisation heureuse » nous sommes entrés dans un monde multipolaire où les USA et l’Occident ne feront pas tout seuls la loi, la culture, la pensée, la conquête de l’espace, des énergies et surtout de l’intelligence et de la morale.
Dès maintenant, nos avions et bateaux et trains devront emprunter les grandes routes d’un monde redessiné, hybridé entre toutes les cultures et les modes de pensée qui le composent. Et surtout par leurs seuls intérêts.
Orient contre Occident ? Le conflit n’est pas nouveau.
Pour autant, il sera d’autant plus difficile à maîtriser que l’Afrique reste une grande inconnue qui attend l’Occident au tournant. Tandis que la Chine, l’Inde, la Russie… ont déjà plus ou moins fait leurs choix et que le Moyen-Orient risque encore de souffrir longtemps en attendant que la sagesse reprenne ses droits.
Frédéric Martel :
« Toute la pensée anti-occidentale, soit anti-démocratique, repose sur l’idée qu’elle représente le peuple : le peuple russe ? Le peuple chinois ? Le peuple iranien ? Tant que ces peuples ne voteront pas librement , il conviendra de suspendre notre jugement… En attendant, prenons soin du monde ».
Lire : Occidents : enquête sur nos ennemis. Frédéric Martel. Editions Plon
« Toute la pensée anti-occidentale, soit anti-démocratique, repose sur l’idée qu’elle représente le peuple : le peuple russe ? Le peuple chinois ? Le peuple iranien ? Tant que ces peuples ne voteront pas librement , il conviendra de suspendre notre jugement… En attendant, prenons soin du monde ».
Lire : Occidents : enquête sur nos ennemis. Frédéric Martel. Editions Plon
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Le regard de Pierre Haski
Selon cet as de la géopolitique : « Donald Trump a scié la branche sur laquelle le monde était assis et, aujourd’hui, il en paye le prix. La conséquence numéro un risque d’être un affaiblissement considérable de l’influence américaine dans le monde et notamment en Asie avec le doute qui s’est installé dans pas mal de pays sur la réalité de la protection américaine.
Lorsque vous êtes la Corée du Sud et que l’on vous retire les batteries de missiles de défense anti-aérienne pour les envoyer au Moyen-Orient alors que vous êtes dans une zone qui est soumise à des tensions permanentes, est-ce bien sérieux ?
Aussi bien le Japon que la Corée du Sud se posent beaucoup de questions sur la réalité de la protection américaine. Ceci est valable pour tous les autres pays qui ne veulent pas avoir à choisir entre Pékin et Washington, je pense à l’Indonésie ou d’autres pays d’Asie du Sud-Est, qui sont aujourd’hui dans un entre-deux très compliqué. »
A propos de la Chine : « je ne crois pas à la vassalisation de l’Europe par la Chine car il existe des intérêts géopolitiques qui l’empêchent. Le risque est plutôt celui de la destruction de l’économie, c’est-à-dire que le prix à payer pour l’Europe sera tellement élevé qu’elle aura du mal à s’en remettre ».
Lire : Pierre Haski. La fin d’un monde. Editions Stock
Selon cet as de la géopolitique : « Donald Trump a scié la branche sur laquelle le monde était assis et, aujourd’hui, il en paye le prix. La conséquence numéro un risque d’être un affaiblissement considérable de l’influence américaine dans le monde et notamment en Asie avec le doute qui s’est installé dans pas mal de pays sur la réalité de la protection américaine.
Lorsque vous êtes la Corée du Sud et que l’on vous retire les batteries de missiles de défense anti-aérienne pour les envoyer au Moyen-Orient alors que vous êtes dans une zone qui est soumise à des tensions permanentes, est-ce bien sérieux ?
Aussi bien le Japon que la Corée du Sud se posent beaucoup de questions sur la réalité de la protection américaine. Ceci est valable pour tous les autres pays qui ne veulent pas avoir à choisir entre Pékin et Washington, je pense à l’Indonésie ou d’autres pays d’Asie du Sud-Est, qui sont aujourd’hui dans un entre-deux très compliqué. »
A propos de la Chine : « je ne crois pas à la vassalisation de l’Europe par la Chine car il existe des intérêts géopolitiques qui l’empêchent. Le risque est plutôt celui de la destruction de l’économie, c’est-à-dire que le prix à payer pour l’Europe sera tellement élevé qu’elle aura du mal à s’en remettre ».
Lire : Pierre Haski. La fin d’un monde. Editions Stock
Journaliste, consultante, conférencière, Josette Sicsic observe depuis plus de 25 ans, les mutations du monde afin d’en analyser les conséquences sur le secteur du tourisme.
Après avoir développé pendant plus de 20 ans le journal Touriscopie, elle est toujours sur le pont de l’actualité où elle décode le présent pour prévoir le futur. Sur le site www.tourmag.com, rubrique Futuroscopie, elle publie plusieurs fois par semaine les articles prospectifs et analytiques.
Contact : 06 14 47 99 04
Mail : touriscopie@gmail.com
Après avoir développé pendant plus de 20 ans le journal Touriscopie, elle est toujours sur le pont de l’actualité où elle décode le présent pour prévoir le futur. Sur le site www.tourmag.com, rubrique Futuroscopie, elle publie plusieurs fois par semaine les articles prospectifs et analytiques.
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