Les carnavals reflètent à merveille l’histoire humaine, religieuse, artistique d’un continent, tout en lui conférant un outil de promotion touristique puissant - Crédit photo : Embratur
Ce dimanche et ce lundi, le Mexique a donné la preuve de l’insécurité qui règne dans ses magnifiques paysages, stations balnéaires, villes coloniales… à la suite de la mort du roi des cartels : El Mencho.
Assignées à un véritable couvre-feu, de nombreuses villes ont fermé leurs écoles et administrations, parfois aéroports, pour protéger leur population de la violence des affrontements armés qui opposent police et trafiquants.
Epaulée par le renseignement américain, l’armée a en effet réussi l’impensable : tuer le parrain de ces abominables réseaux qui opèrent du sud au nord du continent et mettent aujourd’hui en péril une vingtaine d’états mexicains et non des moindres, de Jalisco et sa capitale Guadalajara à Puebla et Veracruz.
Des zones particulièrement touristiques dont les visiteurs ont tenté de plier bagage au plus vite alors que les aéroports fermaient.
De France, le quai d’Orsay a immédiatement réagi et prié « d'éviter strictement les zones d'intervention des forces de l'ordre, de rester vigilants, de se mettre à l'abri et de limiter tout déplacement non essentiel en suivant les informations diffusées par les médias locaux fiables et les instructions des autorités… » !
Assignées à un véritable couvre-feu, de nombreuses villes ont fermé leurs écoles et administrations, parfois aéroports, pour protéger leur population de la violence des affrontements armés qui opposent police et trafiquants.
Epaulée par le renseignement américain, l’armée a en effet réussi l’impensable : tuer le parrain de ces abominables réseaux qui opèrent du sud au nord du continent et mettent aujourd’hui en péril une vingtaine d’états mexicains et non des moindres, de Jalisco et sa capitale Guadalajara à Puebla et Veracruz.
Des zones particulièrement touristiques dont les visiteurs ont tenté de plier bagage au plus vite alors que les aéroports fermaient.
De France, le quai d’Orsay a immédiatement réagi et prié « d'éviter strictement les zones d'intervention des forces de l'ordre, de rester vigilants, de se mettre à l'abri et de limiter tout déplacement non essentiel en suivant les informations diffusées par les médias locaux fiables et les instructions des autorités… » !
De Mexico à Veracruz
Pourtant, le Mexique, parmi tous les pays d’Amérique latine, compte parmi les plus festifs. Certes, ses carnavals sont moins connus que sa Fête des morts qui, dans tout le pays, attire des milliers de curieux désireux de s’immerger dans une tradition locale particulièrement envoûtante.
Agé d’un siècle, le carnaval de Veracruz se hisse en tête des plus spectaculaires, mais il y a aussi les carnavals de Campeche, Merida, Mazatlan - l’un des plus anciens -, qui attirent une part importante de visiteurs dont la majorité reste autochtone. Ce qui leur confère l’authenticité recherchée.
En fait, mélangeant traditions païennes et chrétiennes, les parades spectaculairement costumées, bruyamment sonorisées par les trompettes de « mariachis » et les textes satiriques à l’encontre des autorités locales et nationales, façonnent, là comme ailleurs, cette ambiance excentrique et transgressive qui fait le charme du carnaval.
De la Nouvelle Orléans à Mobile, les carnavals étasuniens
Plus au nord de ce pays de 140 millions d’habitants qui séduit quelque 40 millions de touristes internationaux chaque année - notamment des membres de la diaspora étasunienne -, nous voilà aux USA, où l’on peut découvrir le célébrissime carnaval de la Nouvelle Orléans qui attire chaque année pendant une dizaine de jours environ un million et demi de spectateurs venus applaudir 5 000 participants aux défilés musicaux et autres parades.
Mais, New Orleans n’est pas la seule à célébrer cet événement aujourd’hui laïque où l’on découvre costumes, danses, musiques, où l’on s’enivre et fait la fête dans une ambiance particulièrement joyeuse et déjantée.
Ailleurs en Louisiane mais aussi en Alabama, des carnavals de plus petites dimensions comptent un public national mélangé à quelques visiteurs internationaux séduits par l’originalité de l’événement et la qualité des musiciens.
Ils déferlent dans les rues de Montgomery et surtout de Mobile, qui affichent un programme très touffu de parades organisées par les « mystic societies » de la région, défilant dans toute la ville et exhibant leurs traditions, donc leur identité.
Mais, New Orleans n’est pas la seule à célébrer cet événement aujourd’hui laïque où l’on découvre costumes, danses, musiques, où l’on s’enivre et fait la fête dans une ambiance particulièrement joyeuse et déjantée.
Ailleurs en Louisiane mais aussi en Alabama, des carnavals de plus petites dimensions comptent un public national mélangé à quelques visiteurs internationaux séduits par l’originalité de l’événement et la qualité des musiciens.
Ils déferlent dans les rues de Montgomery et surtout de Mobile, qui affichent un programme très touffu de parades organisées par les « mystic societies » de la région, défilant dans toute la ville et exhibant leurs traditions, donc leur identité.
Le carnaval roi : Rio et ses écoles de samba
Évidemment, c’est au carnaval de Rio que revient la palme des carnavals les plus surprenants et les plus mémorables.
Déversant dans les rues des millions de personnes venues s’amuser, se défouler, transgresser la réalité quotidienne, ce carnaval compte, outre les parades officielles des écoles de samba, des centaines de petits défilés : les « blocos », où se rejoignent Cariocas et touristes nationaux et internationaux, estimés cette année à un total de 65 millions de participants. Soit 22% de plus que l’an dernier.
Toujours selon les chiffres d’Embratur et du ministère du tourisme, le carnaval a injecté dans l’économie de la ville, notamment via l’hôtellerie qui a fonctionné à pleine capacité avec près de 100% de taux de remplissage, 67 millions de dollars USD.
Du côté de l’aérien, notons que l’achat de billets d’avion a progressé de 9% depuis l’étranger, notamment depuis le Chili (+41%), les USA (+11%) et l’Argentine (+8%)... auxquels s’ajoutent les millions de touristes venus par la route, qui font de la puissante voisine le premier marché émetteur pour le Brésil, avec 40% du total de ses visiteurs étrangers.
Outre Rio et sa fameuse finale sur le Sambodrome qui attire quelque 80 000 spectateurs privilégiés, parfaitement bien gérés par la municipalité, d’autres carnavals brésiliens excitent les fantasmes de millions de touristes :
- Bahia : le volume de réservations et de ventes de billets internationaux vers l'État a bondi de 43%, l'Argentine et le Portugal en tête ;
- São Paulo : plus de 16 millions de personnes ont assisté aux défilés de 600 « blocos » ;
- Belo Horizonte : le nombre de participants est estimé à 6,2 millions et l'impact économique à190 millions de dollars USD ;
- quant à Recife et Olinda, elles ont tablé respectivement sur 3,6 millions et 4 millions de personnes, avec un carnaval possédant ses propres rythmes musicaux (frevo et maracatu au lieu de la samba), attirant tout autant les foules lors de ses défilés de rue et spectacles en plein air.
Déversant dans les rues des millions de personnes venues s’amuser, se défouler, transgresser la réalité quotidienne, ce carnaval compte, outre les parades officielles des écoles de samba, des centaines de petits défilés : les « blocos », où se rejoignent Cariocas et touristes nationaux et internationaux, estimés cette année à un total de 65 millions de participants. Soit 22% de plus que l’an dernier.
Toujours selon les chiffres d’Embratur et du ministère du tourisme, le carnaval a injecté dans l’économie de la ville, notamment via l’hôtellerie qui a fonctionné à pleine capacité avec près de 100% de taux de remplissage, 67 millions de dollars USD.
Du côté de l’aérien, notons que l’achat de billets d’avion a progressé de 9% depuis l’étranger, notamment depuis le Chili (+41%), les USA (+11%) et l’Argentine (+8%)... auxquels s’ajoutent les millions de touristes venus par la route, qui font de la puissante voisine le premier marché émetteur pour le Brésil, avec 40% du total de ses visiteurs étrangers.
Outre Rio et sa fameuse finale sur le Sambodrome qui attire quelque 80 000 spectateurs privilégiés, parfaitement bien gérés par la municipalité, d’autres carnavals brésiliens excitent les fantasmes de millions de touristes :
- Bahia : le volume de réservations et de ventes de billets internationaux vers l'État a bondi de 43%, l'Argentine et le Portugal en tête ;
- São Paulo : plus de 16 millions de personnes ont assisté aux défilés de 600 « blocos » ;
- Belo Horizonte : le nombre de participants est estimé à 6,2 millions et l'impact économique à190 millions de dollars USD ;
- quant à Recife et Olinda, elles ont tablé respectivement sur 3,6 millions et 4 millions de personnes, avec un carnaval possédant ses propres rythmes musicaux (frevo et maracatu au lieu de la samba), attirant tout autant les foules lors de ses défilés de rue et spectacles en plein air.
Une locomotive promotionnelle intouchable et irremplaçable
Bien que fragiles et sujets à des catastrophes climatiques, géopolitiques ou encore aux narcoterroristes, les carnavals qui sont aussi très prisés et fréquentés dans tout le reste de l’Amérique latine, notamment en Bolivie, Colombie, Pérou, Guatemala et dans la Caraïbe (Cuba, Jamaïque, Antilles, etc.) reflètent à merveille l’histoire humaine, religieuse, artistique d’un continent, tout en lui conférant un outil de promotion touristique puissant.
La tradition carnavalesque fortement ancrée dans les imaginaires de l’humanité illustre à merveille le génie et le tempérament d’un continent éprouvant un fort besoin de défoulement.
D’ailleurs, pour Marcelo Freixo, président d’Embratur, « le carnaval est un moteur essentiel pour la création d'emplois, la cohésion sociale, l’économie. Attirant le regard d'au moins 160 pays, il consolide l'image du Brésil comme une destination touristique unique ».
Et oui, le Brésil « drive » aujourd’hui pas loin de 10 millions de touristes internationaux contre environ 6,6 millions en 2024 et ne compte pas s’arrêter là.
De France seule, on compte 263 000 touristes entre janvier et novembre 2025 contre 208 852 pour la même période l’année précédente.
La tradition carnavalesque fortement ancrée dans les imaginaires de l’humanité illustre à merveille le génie et le tempérament d’un continent éprouvant un fort besoin de défoulement.
D’ailleurs, pour Marcelo Freixo, président d’Embratur, « le carnaval est un moteur essentiel pour la création d'emplois, la cohésion sociale, l’économie. Attirant le regard d'au moins 160 pays, il consolide l'image du Brésil comme une destination touristique unique ».
Et oui, le Brésil « drive » aujourd’hui pas loin de 10 millions de touristes internationaux contre environ 6,6 millions en 2024 et ne compte pas s’arrêter là.
De France seule, on compte 263 000 touristes entre janvier et novembre 2025 contre 208 852 pour la même période l’année précédente.
Risques de violence et ballon rond
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N’oublions pas, enfin, la prochaine Coupe du monde football écartelée entre trois pays : USA, Canada, Mexique où le match d’ouverture est prévu le 11 juin à Mexico, qui accueillera 5 autres rencontres.
La capitale de Jalisco, Guadalajara, fortement touchée par la violence des derniers jours accueillera, pour sa part, quatre matches du tournoi, et Monterrey dans l’Est du pays, en accueillera quatre autres.
Ce qui fait craindre aux autorités des représailles de la part des cartels toujours sur le pied de guerre et leur fait prévoir des dispositifs de sécurité colossaux.
Car, bien que les narcotrafiquants, souvent propriétaires d’hôtels et de restaurants, aient besoin de la manne touristique, ils peuvent aussi frapper n’importe où et n’importe quand.
Selon les chiffres officiels, rappelons un triste record : les violences liées aux cartels ont fait plus de 450 000 morts et plus de 100 000 disparus depuis 2006 !
La capitale de Jalisco, Guadalajara, fortement touchée par la violence des derniers jours accueillera, pour sa part, quatre matches du tournoi, et Monterrey dans l’Est du pays, en accueillera quatre autres.
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Car, bien que les narcotrafiquants, souvent propriétaires d’hôtels et de restaurants, aient besoin de la manne touristique, ils peuvent aussi frapper n’importe où et n’importe quand.
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Journaliste, consultante, conférencière, Josette Sicsic observe depuis plus de 25 ans, les mutations du monde afin d’en analyser les conséquences sur le secteur du tourisme.
Après avoir développé pendant plus de 20 ans le journal Touriscopie, elle est toujours sur le pont de l’actualité où elle décode le présent pour prévoir le futur. Sur le site www.tourmag.com, rubrique Futuroscopie, elle publie plusieurs fois par semaine les articles prospectifs et analytiques.
Contact : 06 14 47 99 04
Mail : touriscopie@gmail.com
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