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Interview exclusive de Michel-Édouard Leclerc : Voyages E.Leclerc va atteindre un total de 300 agences d'ici 2030

L'interview exclusive de Michel-Édouard Leclerc, président d'E.Leclerc


Voyages E.Leclerc signe en 2025 une année record. Pour évoquer le plan de développement et la vision de l'enseigne, Michel-Édouard Leclerc, président d'E.Leclerc a reçu TourMaG dans son bureau au siège d'Ivry-sur-Seine. Guirec Le Morvan, directeur de Voyages E.Leclerc était à ses côtés pour évoquer les projets à venir.
Une exclusivité TourMaG.


Rédigé par le Lundi 23 Février 2026 à 07:39

Guirec Le Morvan, à gauche, aux côtés de Michel-Édouard Leclerc, président d’E.Leclerc, au siège du groupe à Ivry-sur-Seine. - Photo CE
Guirec Le Morvan, à gauche, aux côtés de Michel-Édouard Leclerc, président d’E.Leclerc, au siège du groupe à Ivry-sur-Seine. - Photo CE
TourMaG - La première agence a ouvert en 1987, comment E.Leclerc a été amené à se lancer dans le secteur des agences de voyages ?

Michel-Édouard Leclerc : Dans les années 80, E.Leclerc a lancé des magasins spécialisés : le Manège à Bijoux, Auto E.Leclerc, la parapharmacie.

Pour le voyage, l'idée est partie de Perpignan et de Toulouse, qui est aussi la ville de FRAM. A l'époque cela s'appelait Leclerc Evasion. Nous nous étions associés à Vincent Bolloré qui avait à l'époque SCAC Voyages. L'objectif était d'associer nos deux forces pour peser sur les transporteurs.

Puis il a revendu SCAC Voyages à Havas Tourisme qui du coup s'est retrouvé associé au capital. A ce moment là, nous avons repris notre autonomie.

E.Leclerc n'est jamais aussi bon que quand il est autonome avec ses indépendants. Au départ l'activité voyage n'a pas tellement bien marché. Nos erreurs, nous les décelons vite et nous pouvons rapidement les rectifier. A partir du moment où tout le monde a le même statut, personne ne cache ses erreurs et il est possible de corriger. C'est ce que nous avons fait et nous avons développé Voyages E.Leclerc !

Pour beaucoup de couples français retraités, Voyages E.Leclerc a représenté la première occasion de partir en voyage. Nous avons construit l'enseigne autour de cette utilité sociale.

Aujourd'hui, nous ne faisons pas la course au discount : nous fixons des critères de sécurité, nous avons des marqueurs de service, et nous pensons que c’est cela qui garantit cette utilité.

"La coopérative amène énormément de stimulation"

TourMaG - Vous dites que vous êtes réactifs pour corriger vos erreurs. Vous voulez dire que le système coopératif, même avec près de 600 adhérents permet de la flexibilité ?

Michel-Édouard Leclerc :
Vous savez nous ne sommes jamais dans la rente d'un concept. Tout bouge très vite. Nous pouvons être vite pris de court par l'arrivée d'une nouvelle plateforme, par des problèmes géopolitiques, réglementaires. L'histoire bouge en permanence.

Dans cet environnement, Leclerc est constant, voire agile, car nos adhérents savent s'adapter.

C'est en fait l'histoire de mes parents qui ouvrent leur premier commerce en 1949 dans la maison familiale à Landerneau. Très rapidement, le développement s'accélère dans les années 50 puis 60, le nombre de magasins augmente, d'autres personnes se fédèrent autour d'eux. Mes parents se lancent aussi dans la vente de textile.

Ils font alors face à l'ouverture des premiers Carrefour. Ensuite le secteur réglementaire se resserre avec la loi Royer en 1973 (qui entend réguler le commerce en France ndlr). On voit arriver les Britanniques de Tesco qui veulent se frayer un chemin dans l'hexagone, puis Metro, ensuite il y a les hard discounters qui veulent se faire une place...

La loi Galland en 1993 vient à son tour réglementer les relations entre la grande distribution et les fournisseurs. Nous nous battons et nous gagnons !

Au début des années 2000, Auchan lance le Drive. Là, nos adhérents découvrent ce nouveau concept, et c'est encore les Toulousains qui nous font bouger là dessus et sur Internet. Internet ne vient pas d'en haut mais du terrain pour faire vivre le drive.

E.Leclerc n’est pas dirigée par des financiers à court terme, mais par des entreprises familiales engagées sur le long terme, qui consacrent leur vie à cette enseigne. Ce sont vraiment des exploitants. Ils découvrent des concepts, comprennent comment ça fonctionne. Ils sont transparents entre eux : cela n’a pas fonctionné, en revanche, ici, cela a marché. Cela permet d'avancer. Du coup, on ne retrouve pas les rigidités que l’on observe dans les groupes intégrés.

Ma fierté aujourd'hui, moi qui suis issu d'un parcours universitaire, c'est d'apprendre tous les jours des personnes qui expérimentent sur le terrain.

TourMaG - Dans le secteur du voyage, les coopératives sont aussi présentes. Un débat récurrent porte sur l’équilibre à trouver entre la liberté des entrepreneurs adhérents et le cadre commun qu’ils doivent suivre.

Michel-Édouard Leclerc :
C'est une dialectique permanente. Il y a des moments où, pour être performant, il faut l'effet de puissance, de nombre...

Mais c'est un sujet propre à toute coopérative. Obtenir des Bretons qu'ils fassent leur foire au vin en même temps que les Alsaciens, pour pouvoir faire une campagne nationale, cela peut durer des heures (rires).

Ce qui est intéressant dans ces discussions, même si à la fin, c'est un peu fatigant, c'est qu'ils y vont. Parfois nous faisons une autocritique de notre inertie, de l'aspect silo de chaque activité avec les égos de chacun. Mais tout ceci amène énormément de stimulation.

Si une trentaine d'adhérents estiment qu'un sujet mérite notre attention, mais que je ne le sens pas, pourquoi est-ce que je vais aller les empêcher d'aller voir ? Si ça marche, je copierai.

Il faut avoir l'abnégation de penser qu'on ne fait pas le marché. Nous avons une part d'offre, mais il faut s'adapter et être très réactif aussi aux modes et tout ça va très vite avec les réseaux sociaux.

Des négociations difficiles : "Cela fait 40 ans que j'entends cela"

TourMaG - C'est un sujet qui fait l'actualité : celui des négociations avec les fournisseurs, qui dixit selon certains ne sont pas faciles, y compris dans le voyage...

Michel-Édouard Leclerc :
Cela fait 40 ans que j'entends cela. Je pense que l'industriel a moins de visibilité de son marché que le distributeur qui est son débouché. Donc, c'est normal que ce soit plus compliqué pour l'industriel ou pour l'offreur.

Mais en même temps, nous sommes un bon débouché, nous avons une belle marque, et nous avons une vraie valeur ajoutée.

En France, il y a une sorte de discours toujours un peu méfiant à l'égard du commerce. Il faut réhabiliter ce métier parce sans le commerce, le meilleur produit élaboré par le meilleur polytechnicien, cela restera un produit pour le musée des arts et métiers.

La fonction commerciale, si elle est de qualité, si elle met bien en scène l'offre, si elle donne envie et si elle rend accessible le travail des industriels, des tour-opérateurs, des prestataires, alors elle est dans son rôle.

"Il existe une véritable compétition interne pour déterminer quel concept sera développé plutôt qu’un autre"

TourMaG - Vous avez plusieurs spécialités dans tout ce qui est non alimentaire pas seulement le voyage : culture, parapharmacie, bijoux, automobile. Comment un adhérent choisit tel ou tel concept ?

Michel-Édouard Leclerc :
Il faut faire des choix, car il faut aussi disposer de l’espace nécessaire, obtenir les autorisations et procéder à des arbitrages : ouvrir un espace spécialisé Leclerc Voyages, c’est parfois renoncer à un espace culturel ou à un autre concept.

Nous sommes un groupe d’indépendants. L’équipe nationale d'E.Leclerc, les adhérents, les exploitants et les collaborateurs doivent donc convaincre. Ils sont en permanence confrontés au marché : ils doivent animer le réseau, susciter des vocations et démontrer la pertinence de leur concept.

C’est d’ailleurs ce qui rend leur métier particulièrement passionnant. Il n’y a pas de rente de situation : il existe une véritable compétition interne pour déterminer quel concept sera développé plutôt qu’un autre.

TourMaG - Concrètement quelles sont les étapes pour un adhérent Leclerc qui souhaite ouvrir une agence ?

Guirec le Morvan :
Nous produisons d'abord une étude de potentiel, puis une étude de marché. Ensuite nous échangeons avec les directeurs de magasin sur la manière dont on exploite une agence de voyages. Puis il passe par une commission interne. Enfin, nous l'accompagnons sur la mise en place du concept, la formation, le marketing, les outils avant de lancer l'activité.

TourMaG - Développer des spécialisations, est-ce une force ?

Michel-Édouard Leclerc :
Cette spécialisation va de pair avec la notion d'expertise au sein d'un groupe généraliste. Je constate que nos consommateurs n’opposent pas le prix à l’expertise. Nous ne sommes pas moins chers parce que nous n’aurions pas d’experts : nous proposons les deux.

Souvent, lorsqu’une enseigne affiche des prix bas, on suppose, comme dans l’aviation, qu’il n’y a pas de service, que tout sera facturé en supplément, qu’il n’y a ni conseil ni accueil. Or, chez E.Leclerc, il y a à la fois le prix et l’accompagnement.

D’ailleurs, le consommateur peut accéder à Leclerc Voyages par différents canaux : directement à l'agence ou sur Internet. C’est une véritable force.

"Nous avons un objectif raisonnable d'atteindre un total de 300 points de vente à l'horizon 2030"

Guirec Le Morvan, directeur de Voyages E.Leclerc : "Nous avons ouvert 21 agences en 2025. L'enseigne en compte désormais 250. Nous planifions l'ouverture de 30 nouvelles agences en 2026"Photo Voyages E.Leclerc
Guirec Le Morvan, directeur de Voyages E.Leclerc : "Nous avons ouvert 21 agences en 2025. L'enseigne en compte désormais 250. Nous planifions l'ouverture de 30 nouvelles agences en 2026"Photo Voyages E.Leclerc
TourMaG - E.Leclerc a des ambitions sur le non alimentaire. Sur la partie voyage, quel est le plan de développement ?

Guirec Le Morvan :
Nous avons ouvert 21 agences en 2025. L'enseigne en compte désormais 250 dont celle d'Aulnoye-Aymeries dans le Nord, inaugurée le 4 février 2026 qui est la 250e agence Voyages E.Leclerc.

Nous planifions l'ouverture de 30 nouvelles agences en 2026, soit une augmentation de près de 15%.

Nous avons un objectif raisonnable d'atteindre un total de 300 points de vente à l'horizon 2030. Nous pourrions atteindre ce cap un peu avant.

TourMaG - Comment s'est terminée l'année 2025 pour Voyages E.Leclerc ?

Guirec Le Morvan :
Voyages E.Leclerc a enregistré une année record en 2025. Nous avons clairement surperformé cette année par rapport au marché. Le volume d'affaires atteint 868 millions d'euros en 2025 en hausse de 9,6% par rapport à 2024.

Plus de 850 000 clients sont partis en voyage avec notre enseigne, soit une croissance de 7%.

Leclerc Express : une agence Voyages E.Leclerc dans le centre ville d'Amiens

TourMaG - Votre groupement se lance aussi dans le commerce de proximité avec Leclerc Express. Pourrait-on imaginer que ces espaces intègrent également des espaces de spécialisation ?

Michel-Édouard Leclerc :
Ce n'est pas interdit, mais je pense que ce sera plus compliqué. A l'intérieur d'une surface plus petite de 300 à 1000 m², est-ce qu'on peut faire du Voyages E.Leclerc ?

Vous savez nous avons fait des annonces sur le lancement de Leclerc Express, mais nous sommes vraiment en phase d'expérimentation. Le commerce de proximité, aujourd'hui est en concurrence avec Uber, Delivroo...

Nous sommes attentifs, car commerce de proximité ou grande surface, chez E.Leclerc c'est une seule enseigne et une seule politique de prix. Nous ne pouvons pas être déceptifs vis à vis de clients qui fréquentent déjà nos hypermarchés.

Guirec Le Morvan : Nous réalisons un test dans le centre d'Amiens qui accueille un Leclerc Express. En face de ce magasin, nous avons ouvert une agence de voyages, il y a un an. Mais nous n'avons pas encore le recul. C'est une expérimentation.

TourMaG - Carrefour a lancé ses propres produits voyages sous le nom "Les Créations". Est ce une piste de développement pour Voyages E.Leclerc ?

Guirec Le Morvan :
90% de l'activité générée par Voyages E.Leclerc est réalisé en tourisme. 30 % de ce volume d'affaire est généré par des produits que nous appelons Sélection E.Leclerc et choisis avec le tour-opérateur. Dans notre brochure, nous négocions avec nos fournisseurs des ventes flash. Il y en a huit par semaine diffusées chaque mardi.

Il s’agit de prix obtenus en exclusivité pendant quinze jours, avec des décotes allant de 15 à 30 %. Nous proposons ensuite nos « offres choc » : 24 par an, avec une décote tarifaire supérieure à 30 %, garantissant le meilleur prix du marché pendant au moins quinze jours.

Ces produits, sont des best-sellers, négociés avec nos fournisseurs qui nous permettent de nous différencier des concurrents.

TourMaG - Avec votre force de négociation, est-ce que vous ne pourriez pas aller négocier des chambres d'hôtels et des sièges d'avion...

Guirec Le Morvan :
Aujourd’hui, ma priorité est de veiller à la sécurité de nos clients et de faire en sorte que la marque ne soit jamais prise en défaut.

Lorsque nous travaillons avec des professionnels, des tour-opérateurs, c’est leur métier. Devenir tour-opérateur aujourd’hui relève d’un métier différent. Et aujourd'hui ce n'est pas notre choix.

Internet et agences de voyages : "Nous avons toujours privilégié une approche mixte"

TourMaG - Avec l'arrivée d'internet et la force de votre marque, vous auriez pu vous concentrer sur la vente de voyages en ligne ?

Michel-Édouard Leclerc :
Le choix qui a été fait, n'a pas été de suivre systématiquement les recommandations des plus jeunes acteurs du secteur, des start-up ou des scale-up, qui prônent une présence exclusivement en ligne.

Nous avons toujours privilégié une approche mixte : maintenir un canal de relation client capable de présenter l’offre et d’assurer le dialogue sur Internet, tout en conservant un ancrage territorial fort.

Nous disposons d’un outil d’accueil, de réassurance et de conseil, appuyé sur un maillage qui couvre le même périmètre que notre présence en ligne.

La période du Covid a d’ailleurs clairement démontré la valeur ajoutée d'une présence physique : nous avons su accompagner nos clients. Passer trois jours sur une plage, très bien ; mais y rester un mois, c’est autre chose.

Avec cet outil, le consommateur sait que chez E.Leclerc, si un problème survient, il existe toujours un moyen d’entrer en contact avec un interlocuteur dans sa ville, dans son Leclerc Voyages.

À l’inverse, appeler sa carte bancaire, naviguer entre différentes touches - « tapez 1, tapez 2, tapez 3 » -, surtout quand on est seul au Costa Rica et qu’aucun avion ne décolle, montre à quel point cette présence humaine et locale fait la différence.

IA : des outils au service des collaborateurs

TourMaG - Où en êtes-vous sur l'intelligence artificielle ?

Michel-Édouard Leclerc :
Nous avons une filiale informatique au sein du mouvement E.Leclerc, baptisée Infomil et basée à Toulouse.

On voit bien tout ce que l'IA va apporter dans la relation client. Nous avons un accord global avec Gemini de Google. Nous souhaitons que l'utilisation de l'IA soit maîtrisable par un groupement d'indépendants, par nos adhérents et que nos données soient sécurisées.

Guirec Le Morvan : Chaque collaborateur dans le mouvement a la capacité d'utiliser Gemini dans un environnement sécurisé, et, c'est aussi le cas dans le voyage. Nous avons eu une phase de formation et désormais, cela rentre dans les usages : pour la rédaction, le traitement de fichiers, ou l'élaboration de quotations.

Demain, nous avons la volonté de mettre à la disposition des agents de voyage un outil qui puisse aller chercher un certain nombre d'information pour aider le vendeur. La volonté est de bien maîtriser le sujet avant de mettre à disposition des solutions pour le grand public.

TourMaG - Enfin dernier sujet, celui de l'environnement et du bilan carbone. Quels sont les projets ?

Guirec Le Morvan : Nous référençons déjà Double Sens, spécialiste des voyages équitables et engagés du groupe FairMoove, et nous travaillons également sur de nouveaux projets mais il est encore tôt pour en parler.

Au sein de notre école de formation, (voir encadré ci-dessous) nous intégrons ces enseignements en lien avec le tourisme responsable.

L'ensemble des équipes bénéficie également de modules dédiés à ces sujets. Le réseau compte enfin 92 ambassadeurs de la feuille de route RSE 2023 - 2028 qui s'appuie sur 3 piliers : préserver la planète, respecter l'humain et construire le tourisme de demain.

Michel-Édouard Leclerc : Même si nous ne sommes pas aux Etats-Unis, nous sentons actuellement qu'il y a une résistance sur les sujets liés à l'écologie.

Cependant, nous voyons dans nos magasins la montée en puissance des ventes des objets connectés qui fournissent des données sur la santé. Nous constatons, que les consommateurs regardent de plus en plus les étiquettes, ils scannent les produits, pour connaître leur composition, leur impact carbone, les conditions de production.

Nous ne devons pas être censeurs des offres mais nous devons donner l'information pour que le consommateur puisse faire son choix.

Ces sujets vont à l'avenir beaucoup compter et cela va monter en puissance et pas uniquement chez les jeunes.

Voyages E.Leclerc dispose de son école de formation

Voyages E.Leclerc a lancé son école de formation en partenariat avec l'Ecole des Professionnels du Tourisme. Depuis 2023, 38 étudiants ont intégré ce cursus professionnalisant et ont été formés. Voyages E.Leclerc précise que les deux premières promotions affichent un taux de réussite de 100% avec un taux de placement de 75% au sein du réseau. La promotion 2025 compte 16 jeunes.

Céline Eymery Publié par Céline Eymery Rédactrice en Chef - TourMaG.com
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Tags : leclerc
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