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Musées et santé : l'essor de la muséothérapie [ABO]

Le décryptage de Josette Sicsic (Futuroscopie)


Depuis que le tourisme est tourisme, ses opérateurs ont cherché à proposer à leurs clientèles les plus beaux fleurons de « beau » existant dans le monde. Mais, à l’heure où la palette des soins de bien-être se diversifie et s’étoffe, les musées initient leurs visiteurs à une nouvelle discipline : la muséothérapie. Une fois de plus, tourisme et wellness prouvent qu’ils sont capables de faire bon ménage.


Rédigé par le Jeudi 29 Janvier 2026

Lorsqu’une personne observe une œuvre, des zones cérébrales associées au plaisir et à la relaxation sont activées - DepositPhotos.com, anyaberkut
Lorsqu’une personne observe une œuvre, des zones cérébrales associées au plaisir et à la relaxation sont activées - DepositPhotos.com, anyaberkut
Tout le monde a entendu parler du syndrome de Stendhal ?

Celui éprouvé par le célèbre écrivain en visitant la basilique Santa Croce à Florence au cours de laquelle il est passé par un état à mi-chemin entre l’extase esthétique et une transe mystique, au contact des artistes qui en ont signé les splendeurs.

Consacrant la magie dont est capable une œuvre d’art sur nos émotions, ce syndrome qui s’est manifesté chez l’écrivain par toutes sortes de sensations physiques, ne constitue pas qu’une légende.

Le contact avec de beaux paysages, des monuments, des œuvres d’art qu’elles soient musicales ou graphiques, naturelles ou artificielles est indéniablement à la base d’un sentiment de bien-être dont nous avons tous besoin.

D’où la prolifération d’offres culturelles dans les programmes des voyagistes et la forte demande exprimée par bon nombre de touristes de tous âges pour des visites de sites et monuments exposant toutes sortes d’œuvres antiques ou contemporaines témoignant d’une part du génie humain et de l’histoire d’un pays, mais capables, d’autre part, de sublimer le mental de chacun d’entre nous.


Les musées et la muséothérapie

En tête de ces lieux favorisant la rencontre avec « le beau », les musées commencent à ne pas se contenter simplement de favoriser la rencontre avec le public, ils l’assortissent à une palette de pratiques de bien-être pouvant démultiplier les sensations positives sur notre cerveau et notre corps.

C’est ainsi que l’on peut faire une séance de Yoga ou écouter un concert ou faire une simple promenade et ressentir de véritables bienfaits.

Où ? Dans n’importe quel musée ou bien dans ceux qui proposent des ateliers de muséothérapie comme celui des beaux arts à Lille.

Montréal : un musée sur ordonnance

C’est cependant historiquement parlant, l'Association des médecins francophones du Canada, en collaboration avec le Musée des Beaux-Arts de Montréal, qui a mis sur pied un projet original qui a permis à des milliers de patients de bénéficier d'une visite au musée, octroyée sur ordonnance, en complément de leurs traitements conventionnels.

Après des expérimentations dans les années 1990-2000, notamment via le programme Meet Me du MoMA destiné aux patients atteints d'Alzheimer, l’initiative canadienne fait de la « muséothérapie » une pratique à part entière, où le musée se transforme en un lieu de soin et de mieux-être.

Dès 2016, Nathalie Bondil, alors directrice du musée et considérée comme une pionnière sur la question, défendait l’idée « qu’au XXIe siècle, la culture sera pour la santé ce que le sport a été au XXe siècle : l’expérience culturelle contribuera au mieux-être, comme la pratique du sport à notre forme physique ».

Bondil, aujourd’hui directrice du musée et des expositions de l’Institut du monde arabe à Paris, enseigne la muséothérapie à l’École du Louvre.

Bruxelles, pour sa part, a été la première ville à lancer des prescriptions muséales en 2022. Sur le même modèle.

Montpellier a suivi et vu naitre le projet Art sur ordonnance. A Paris, le projet Bulle d’Art a réuni Paris Musées et le fonds d’art contemporain pour proposer des méditations guidées devant des œuvre d’art.

Au Louvre-Lens, on expérimente un espace de thérapie comme au Hamo au Palais de Tokyo à Paris… Sans compter les séances de musicothérapie qui, pour leur part, sont plus nombreuses et anciennes.

Lire aussi : « La petite histoire » : un avatar du tourisme de mémoire pour aller mieux

Des preuves scientifiques

Mais, est-on bien sûr de l’intérêt de cette thérapie ? Eh bien, oui.

Grâce à une étude de l’University College de Londres menée sur un échantillon de 6 000 personnes pendant 12 ans, on a constaté que le taux de mortalité est plus faible chez les personnes qui ont pu fréquenter régulièrement un musée que chez les autres.

Au Japon, un muséologue Izumi Ogata a continué l’expérimentation de 2020 à 2024 avec son projet de bain muséal « Haku/Butsu/Kan/Yoku » en japonais, sur un échantillon de 1 300 personnes. Conclusion : une baisse généralisée de l’anxiété et un ajustement de la pression artérielle.

Plus probant encore, un rapport de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) s’est employé à explorer les effets bénéfiques de l'art sur la santé.

Après avoir analysé plus de 900 études internationales, le Bureau régional pour l'Europe de l'institution est catégorique : il confirme la façon dont différentes formes d'arts - littérature, culture, arts de la scène, arts visuels, arts en ligne - peuvent promouvoir la santé.

Du diabète à l'obésité, du stade gestatif à la fin de vie, de la petite enfance jusqu'aux personnes âgées, les arts font bel et bien montre de leurs effets positifs : améliorer le sommeil des enfants avec des histoires au coucher, la prise de décisions des adolescents avec une formation théâtrale, les fonctions cognitives chez les personnes atteintes de démence grâce à la musique, les fonctions motrices chez les patients atteints de Parkinson grâce à la danse…

Bref, les exemples de cette étude parue en 2019 sont légion. Mais, comme le précise Christopher Bailey, responsable des arts et de la santé à l'OMS, « Les arts n'ont pas pour but de guérir - ils ne guérissent pas le cancer. Mais les arts peuvent soigner. »

Lire aussi : Colère, exaspération, dépression : le temps du bien-être actif revient

Qu’est ce que la muséothérapie ?

Les mécanismes de la muséothérapie s’appuient sur des études en neuropsychologie et en médecine.

Lorsqu’une personne observe une œuvre, des zones cérébrales associées au plaisir et à la relaxation sont activées.

Cette stimulation favorise la production d’hormones comme l’ocytocine, souvent appelée « hormone du bonheur », réduisant ainsi les niveaux de cortisol, l’hormone du stress.

En parallèle, l’interaction avec l’art mobilise la créativité et la réflexion, des leviers efficaces pour améliorer la concentration, apaiser les pensées négatives et stimuler l’imaginaire.

On améliore aussi sa confiance en soi et on améliore l’humeur.

Sources : Mcommemutuelle.com

Josette Sicsic - DR
Josette Sicsic - DR
Journaliste, consultante, conférencière, Josette Sicsic observe depuis plus de 25 ans, les mutations du monde afin d’en analyser les conséquences sur le secteur du tourisme.

Après avoir développé pendant plus de 20 ans le journal Touriscopie, elle est toujours sur le pont de l’actualité où elle décode le présent pour prévoir le futur. Sur le site www.tourmag.com, rubrique Futuroscopie, elle publie plusieurs fois par semaine les articles prospectifs et analytiques.

Contact : 06 14 47 99 04
Mail : touriscopie@gmail.com

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