Le désert réunit aujourd’hui toutes les valeurs chères à une société exaspérée par le progrès technologique, le chaos économique et surtout une géopolitique imprévisible - Photo : J.S.
Deux heures et demie d’avion depuis Paris, merci Transavia, et vous voilà plongés dans un autre monde.
Un monde de sable, de briques roses, de dunes, de pierres, de palmiers plantés à l’infini, desquels pendent de généreuses grappes de dattes considérées parmi les plus succulentes du pays… et peut-être même d’Afrique.
Où a-t-on atterri ? A l’aéroport (fraîchement rénové) de Tozeur-Nefta, ces deux capitales du grand sud tunisien qui, peu à peu, cherchent à remonter à la surface des imaginaires de voyages et à les coloniser.
Non que ces destinations en aient disparu. Adulées par l’ancienne présidence tunisienne, Tozeur et sa voisine ont connu des heures de gloire et, dès les années quatre-vingt-dix, ont vu les enseignes hôtelières accourir pour planter le décor d’une nouvelle destination touristique.
On était à une époque où, déjà, la Tunisie cherchait à diversifier son offre.
Saturée sur la côte et ses plages (particulièrement appréciées d’une clientèle française et européenne), elle se fixait pour objectif de développer un tourisme saharien tel que d’autres destinations, notamment ses voisines du Maghreb, étaient en train de le faire.
L’Algérie vendait alors ses excusions dans le Tassili et le Hoggar à des adeptes de trekking, tandis que le Maroc découvrait le pouvoir d’attraction qu’avait son grand sud au-delà d’Erfoud et de Ouarzazate, le long des vallées du Dra et non loin des dunes de Merzouga.
Même la Lybie commençait à proposer des séjours de « glamping » dans le désert…
Un monde de sable, de briques roses, de dunes, de pierres, de palmiers plantés à l’infini, desquels pendent de généreuses grappes de dattes considérées parmi les plus succulentes du pays… et peut-être même d’Afrique.
Où a-t-on atterri ? A l’aéroport (fraîchement rénové) de Tozeur-Nefta, ces deux capitales du grand sud tunisien qui, peu à peu, cherchent à remonter à la surface des imaginaires de voyages et à les coloniser.
Non que ces destinations en aient disparu. Adulées par l’ancienne présidence tunisienne, Tozeur et sa voisine ont connu des heures de gloire et, dès les années quatre-vingt-dix, ont vu les enseignes hôtelières accourir pour planter le décor d’une nouvelle destination touristique.
On était à une époque où, déjà, la Tunisie cherchait à diversifier son offre.
Saturée sur la côte et ses plages (particulièrement appréciées d’une clientèle française et européenne), elle se fixait pour objectif de développer un tourisme saharien tel que d’autres destinations, notamment ses voisines du Maghreb, étaient en train de le faire.
L’Algérie vendait alors ses excusions dans le Tassili et le Hoggar à des adeptes de trekking, tandis que le Maroc découvrait le pouvoir d’attraction qu’avait son grand sud au-delà d’Erfoud et de Ouarzazate, le long des vallées du Dra et non loin des dunes de Merzouga.
Même la Lybie commençait à proposer des séjours de « glamping » dans le désert…
« Le monde serait simple s’il n’y avait que le ciel et la terre » (A. Malraux)
Mais, en avril 2002, l’attentat de la synagogue de Djerba, puis en 2015, ceux du musée du Bardo et de Sousse ont été suffisamment violents et spectaculaires pour marquer les esprits et dissuader une partie des adeptes de la destination.
En 2015, les arrivées se sont effondrées de 25% environ selon les chiffres du ministère, pour atteindre leur niveau le plus bas.
C’est dire à quel point il n’a pas été facile pour le pays de remonter la pente et de reconquérir la confiance des vacanciers. Notamment français, jugés plus frileux que la moyenne.
Tourisme médical, thalassothérapie, bien-être en général, événementiel, sports… On avait même prévu à Tozeur la deuxième édition du Salon International du Tourisme Saharien et Oasien - l’ISSOT - qui finalement a été annulé alors qu’il devait contribuer au développement du tourisme dans les régions du Sud en créant de nouveaux circuits intégrant des sites archéologiques encore méconnus !
Les arrivées touristiques en Tunisie de 2019 à 2025
- 2019 : 7 984 596 étrangers et 1 444 000 Tunisiens vivant à l’étranger ;
- 2023 : 8 134 000 étrangers et 1 236 000 Tunisiens vivant à l’étranger ;
- 2025 : 9 921 000 étrangers et 1 405 000 Tunisiens vivant à l’étranger, soit un total de 11 326 000 visiteurs, dont 1 078 000 d'arrivées françaises.
- 2023 : 8 134 000 étrangers et 1 236 000 Tunisiens vivant à l’étranger ;
- 2025 : 9 921 000 étrangers et 1 405 000 Tunisiens vivant à l’étranger, soit un total de 11 326 000 visiteurs, dont 1 078 000 d'arrivées françaises.
Entre dunes et lacs, entre oasis et montagne
Fort heureusement, cette défection n’a pas suffi à pénaliser les paysages et les sites sublimes que tout visiteur peut découvrir par ses propres moyens ou en s’offrant les services d’un tour-opérateur doublé d’un réceptif.
Outre les promenades en calèches dans les oasis et palmeraies à l’ombre desquelles il fait bon déguster une boisson traditionnelle en se laissant expliquer le fonctionnement de ce qui représente la première industrie locale : la datte, il est surtout recommandé de quitter la capitale pour s’immerger dans les paysages totalement inattendus des oasis de montagne - Chebika, Mides et Tamerza - que l’on peut rejoindre en bus ou en 4X4 et arpenter avec précaution dans un dédale caillouteux, crevassé de gorges et canyons.
Les lacs salés d’où émergent des mirages, le dégradé de couleurs teintant le paysage, les roches et la multitude de roses des sables puisées dans les profondeurs de la terre, la magie du silence… constituent les premières étapes d’une exploration qui peut plonger bien plus au sud vers Tataouine ou vers l’est, vers Matmata… et se faire à pied pour les plus courageux, avec nuits en bivouac et mise en scène saharienne, telle que l’a façonnée l’imagerie occidentale liée au désert.
Dunes, dromadaires, couchers de soleil, bedouins… Et, silence, pureté, espace, contact étroit avec la nature, esthétique minimaliste et primitive. Le désert réunit aujourd’hui toutes les valeurs chères à une société exaspérée par le progrès technologique, le chaos économique et surtout une géopolitique imprévisible.
En quête d’un monde simple, l’humanité recherche ses racines et tente de renouer le contact avec l’authenticité d’un univers perdu où l’homme faisait corps avec Dieu.
Outre les promenades en calèches dans les oasis et palmeraies à l’ombre desquelles il fait bon déguster une boisson traditionnelle en se laissant expliquer le fonctionnement de ce qui représente la première industrie locale : la datte, il est surtout recommandé de quitter la capitale pour s’immerger dans les paysages totalement inattendus des oasis de montagne - Chebika, Mides et Tamerza - que l’on peut rejoindre en bus ou en 4X4 et arpenter avec précaution dans un dédale caillouteux, crevassé de gorges et canyons.
Les lacs salés d’où émergent des mirages, le dégradé de couleurs teintant le paysage, les roches et la multitude de roses des sables puisées dans les profondeurs de la terre, la magie du silence… constituent les premières étapes d’une exploration qui peut plonger bien plus au sud vers Tataouine ou vers l’est, vers Matmata… et se faire à pied pour les plus courageux, avec nuits en bivouac et mise en scène saharienne, telle que l’a façonnée l’imagerie occidentale liée au désert.
Dunes, dromadaires, couchers de soleil, bedouins… Et, silence, pureté, espace, contact étroit avec la nature, esthétique minimaliste et primitive. Le désert réunit aujourd’hui toutes les valeurs chères à une société exaspérée par le progrès technologique, le chaos économique et surtout une géopolitique imprévisible.
En quête d’un monde simple, l’humanité recherche ses racines et tente de renouer le contact avec l’authenticité d’un univers perdu où l’homme faisait corps avec Dieu.
Le symbolisme polysémique du désert
Sur le plan symbolique, sachez que le désert revêt de nombreuses significations qui, dans l’imaginaire collectif, se côtoient malgré leur ambivalence.
D’un point de vue négatif, il symbolise la stérilité, l’aridité, l’absence de végétation, de peuplement. C’est un espace désolé, vide, où l’homme doit s’adapter à des conditions de vie hostiles et un territoire où il peut se perdre. Ce vide spatio-temporel traduit un vide mental, une perte de direction, de sens.
Mais, le désert symbolise également, à l’inverse, la terre originelle, la terre vierge où tout est à inventer, à découvrir, à construire. Espace immense, loin du bruit, des agressions du monde dit civilisé, c’est un territoire de sagesse et de sens et surtout une terre spirituelle habitée par l’esprit divin, où ont fleuri les grandes religions monothéistes.
Historiquement, le monothéisme est lié aux déserts du Proche-Orient. Les textes bibliques sont bel et bien remplis d’images et d’évocations du désert.
D’Abraham à Moïse, tous les grands prophètes de l’Ancien Testament sont des hommes du désert. C’est dans le silence et la solitude que Dieu s’est adressé à eux. Des symboliques qui font que le désert est aussi le lieu du voyage intérieur. Il est une invitation à l’exploration de notre moi.
La traversée du désert est de ce fait comparable au voyage initiatique pendant lequel l’Homme fait table rase de son passé pour accéder à une autre dimension, une dimension intérieure.
Le désert favorise l’abandon provisoire de l’ego. Le temps des humains y est remplacé par le « non-temps » immuable et sacré.
Lire aussi : Futuroscopie - Déserts : du mythe à la mise en scène touristique
D’un point de vue négatif, il symbolise la stérilité, l’aridité, l’absence de végétation, de peuplement. C’est un espace désolé, vide, où l’homme doit s’adapter à des conditions de vie hostiles et un territoire où il peut se perdre. Ce vide spatio-temporel traduit un vide mental, une perte de direction, de sens.
Mais, le désert symbolise également, à l’inverse, la terre originelle, la terre vierge où tout est à inventer, à découvrir, à construire. Espace immense, loin du bruit, des agressions du monde dit civilisé, c’est un territoire de sagesse et de sens et surtout une terre spirituelle habitée par l’esprit divin, où ont fleuri les grandes religions monothéistes.
Historiquement, le monothéisme est lié aux déserts du Proche-Orient. Les textes bibliques sont bel et bien remplis d’images et d’évocations du désert.
D’Abraham à Moïse, tous les grands prophètes de l’Ancien Testament sont des hommes du désert. C’est dans le silence et la solitude que Dieu s’est adressé à eux. Des symboliques qui font que le désert est aussi le lieu du voyage intérieur. Il est une invitation à l’exploration de notre moi.
La traversée du désert est de ce fait comparable au voyage initiatique pendant lequel l’Homme fait table rase de son passé pour accéder à une autre dimension, une dimension intérieure.
Le désert favorise l’abandon provisoire de l’ego. Le temps des humains y est remplacé par le « non-temps » immuable et sacré.
Lire aussi : Futuroscopie - Déserts : du mythe à la mise en scène touristique
Des hôtels de rêve et des spas à volonté
Pour compléter ce tableau, et sans exagération aucune, notons enfin que l’offre hôtelière est à la hauteur des ambitions touristiques de la région.
En 5 et 4 étoiles, on compte quelque 3 000 lits dispersés sur plusieurs fleurons, notamment le Tamerza Palace qui a rouvert après d’importants travaux. En face d’un village berbère fantôme, il compte une centaine de chambres et suites de luxe.
Dans le même esprit, le Mora Tozeur (anciennement Anantara) compte également sur les amoureux de déconnexion et de bon goût pour attirer une clientèle certes élitiste mais bel et bien de plus en plus présente parmi la population touristique du pays.
Le Palm Beach, le Kasar rouge et surtout le Ras El Ain, qui comptent tous des chambres confortables et raffinées mettant en valeur l’artisanat local, sont aussi sur les rangs pour recevoir les quelque 200 000 touristes que les autorités attendent cette année.
Quand ? Surtout sur l’hiver, le printemps et l’automne sachant que les températures estivales autour de 40 degrés ne sont pas les plus adaptées à un séjour.
Et bien entendu, tous sont dotés de piscines extérieures et intérieures ainsi que de spas où se relaxer, se faire masser, se refaire une beauté.
Lire aussi : Tunisie : le rebond attendu de la thalassothérapie
Quelques mots surtout sur l’excellente cuisine du sud servie par les restaurants des hôtels, et des restaurants locaux que l’on trouvera le long d’une route culinaire. Tandis que, pour raconter son histoire compliquée et ses traditions, la région propose fêtes et festivals tout au long de la saison.
Mieux, Tozeur fait les yeux doux aux sportifs, aux marcheurs et autres aventuriers en quête d’un tourisme d’exception proche de chez lui. Il voisinera avec des Britanniques, des Allemands et des Italiens, une proportion notoire de Polonais et d'Américains de plus en plus intéressés par ce désert inédit.
Quant aux chambres d’hôtes de standard divers, elles prolifèrent mais affichent des tarifs substantiels.
Enfin, ne manquez pas la route du cinéma qui évoque les grands tournages de ces dernières années, notamment « Star Wars ».
Et pour vous aider dans vos recherches du séjour d’exception, n’omettez pas non plus les réceptifs comme Voyageurs du désert qui nous a donné un excellent exemple de son savoir-faire et des richesses locales…
Seul bémol, à trop courir après le touriste de plus, le désert encore plus que les autres territoires, risque de laisser son charme sous les sacs de plastique et autres détritus qui s’amoncellent plus vite qu’on ne le pense…
En 5 et 4 étoiles, on compte quelque 3 000 lits dispersés sur plusieurs fleurons, notamment le Tamerza Palace qui a rouvert après d’importants travaux. En face d’un village berbère fantôme, il compte une centaine de chambres et suites de luxe.
Dans le même esprit, le Mora Tozeur (anciennement Anantara) compte également sur les amoureux de déconnexion et de bon goût pour attirer une clientèle certes élitiste mais bel et bien de plus en plus présente parmi la population touristique du pays.
Le Palm Beach, le Kasar rouge et surtout le Ras El Ain, qui comptent tous des chambres confortables et raffinées mettant en valeur l’artisanat local, sont aussi sur les rangs pour recevoir les quelque 200 000 touristes que les autorités attendent cette année.
Quand ? Surtout sur l’hiver, le printemps et l’automne sachant que les températures estivales autour de 40 degrés ne sont pas les plus adaptées à un séjour.
Et bien entendu, tous sont dotés de piscines extérieures et intérieures ainsi que de spas où se relaxer, se faire masser, se refaire une beauté.
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Quelques mots surtout sur l’excellente cuisine du sud servie par les restaurants des hôtels, et des restaurants locaux que l’on trouvera le long d’une route culinaire. Tandis que, pour raconter son histoire compliquée et ses traditions, la région propose fêtes et festivals tout au long de la saison.
Mieux, Tozeur fait les yeux doux aux sportifs, aux marcheurs et autres aventuriers en quête d’un tourisme d’exception proche de chez lui. Il voisinera avec des Britanniques, des Allemands et des Italiens, une proportion notoire de Polonais et d'Américains de plus en plus intéressés par ce désert inédit.
Quant aux chambres d’hôtes de standard divers, elles prolifèrent mais affichent des tarifs substantiels.
Enfin, ne manquez pas la route du cinéma qui évoque les grands tournages de ces dernières années, notamment « Star Wars ».
Et pour vous aider dans vos recherches du séjour d’exception, n’omettez pas non plus les réceptifs comme Voyageurs du désert qui nous a donné un excellent exemple de son savoir-faire et des richesses locales…
Seul bémol, à trop courir après le touriste de plus, le désert encore plus que les autres territoires, risque de laisser son charme sous les sacs de plastique et autres détritus qui s’amoncellent plus vite qu’on ne le pense…
Alors on y va ?
Selon le commissaire du tourisme régional, on enregistrait jusqu’à 16 vols hebdomadaires directs pour atteindre Tozeur dont deux de Madrid, deux d’Italie et le reste de France.
Aujourd’hui, outre les deux vols hebdomadaires de Transavia, depuis Paris, il convient de voler jusqu’à Djerba et de rejoindre Tozeur en 4 ou 5 heures de route. On peut aussi voler jusqu’à Tunis puis prendre un vol intérieur de Tunisair.
Aujourd’hui, outre les deux vols hebdomadaires de Transavia, depuis Paris, il convient de voler jusqu’à Djerba et de rejoindre Tozeur en 4 ou 5 heures de route. On peut aussi voler jusqu’à Tunis puis prendre un vol intérieur de Tunisair.
Journaliste, consultante, conférencière, Josette Sicsic observe depuis plus de 25 ans, les mutations du monde afin d’en analyser les conséquences sur le secteur du tourisme.
Après avoir développé pendant plus de 20 ans le journal Touriscopie, elle est toujours sur le pont de l’actualité où elle décode le présent pour prévoir le futur. Sur le site www.tourmag.com, rubrique Futuroscopie, elle publie plusieurs fois par semaine les articles prospectifs et analytiques.
Contact : 06 14 47 99 04
Mail : touriscopie@gmail.com
Après avoir développé pendant plus de 20 ans le journal Touriscopie, elle est toujours sur le pont de l’actualité où elle décode le présent pour prévoir le futur. Sur le site www.tourmag.com, rubrique Futuroscopie, elle publie plusieurs fois par semaine les articles prospectifs et analytiques.
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