Au niveau national, le ski alpin reste marginal. Il reste surtout l’apanage d’une micro population de 4% de privilégiés - DepositPhotos.com, Gorilla
Entre Milan et Cortina d’Ampezzo ainsi que deux autres stations, les Italiens se sont mobilisés et ont d’ores et déjà démontré, à travers la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques d'hiver 2026, leurs talents d’organisateurs et leur génie esthétique.
De la « belle » ouvrage qui, d’ores et déjà, est saluée par la presse internationale et captive un public estimé à 750 000 personnes, dont 60 000 étaient présents pour l’ouverture.
Et cela, malgré des tarifs astronomiques variant de 250 à plus de 2000 euros ! Et alors que le patinage artistique, épreuve reine, affiche des tarifs allant de 250 à 1 200 euros selon la catégorie.
Quant aux téléspectateurs, on en espère quelque 3 milliards au niveau mondial, réseaux sociaux compris.
Aux USA seuls, 21 millions d’Américains ont suivi la cérémonie d’ouverture. En France sur la totalité de l’événement, on espère atteindre quelque 40 à 50 millions de téléspectateurs.
Le seul patinage artistique sur France 2 a réuni près de 3 millions de spectateurs français. Et la cérémonie d’ouverture en a réuni une quinzaine de millions avec un pic à 7,5 millions !
C’est dire à quel point l’emballement pour les grands événements de ce type ne fait que progresser.
Certes, les J.O d’hiver ne sont pas aussi prisés que les Jeux d’été. Paris en 2024 aurait, en effet, attiré quelque 5 milliards de téléspectateurs tandis que Sotchi et Pékin en ont enregistré un peu plus de 2 milliards.
Lire aussi : JO 2030 : les évènements sportifs, levier d'attractivité touristique en Provence !
De la « belle » ouvrage qui, d’ores et déjà, est saluée par la presse internationale et captive un public estimé à 750 000 personnes, dont 60 000 étaient présents pour l’ouverture.
Et cela, malgré des tarifs astronomiques variant de 250 à plus de 2000 euros ! Et alors que le patinage artistique, épreuve reine, affiche des tarifs allant de 250 à 1 200 euros selon la catégorie.
Quant aux téléspectateurs, on en espère quelque 3 milliards au niveau mondial, réseaux sociaux compris.
Aux USA seuls, 21 millions d’Américains ont suivi la cérémonie d’ouverture. En France sur la totalité de l’événement, on espère atteindre quelque 40 à 50 millions de téléspectateurs.
Le seul patinage artistique sur France 2 a réuni près de 3 millions de spectateurs français. Et la cérémonie d’ouverture en a réuni une quinzaine de millions avec un pic à 7,5 millions !
C’est dire à quel point l’emballement pour les grands événements de ce type ne fait que progresser.
Certes, les J.O d’hiver ne sont pas aussi prisés que les Jeux d’été. Paris en 2024 aurait, en effet, attiré quelque 5 milliards de téléspectateurs tandis que Sotchi et Pékin en ont enregistré un peu plus de 2 milliards.
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Les points forts et faibles des grands événements
Quand on sait que la France devra accueillir les prochains Jeux d’hiver (du 1er au 17 février 2030) dans les régions Paca et Auvergne Rhône-Alpes, donc dépenser quelque 2,1milliards d’euros (au minimum), on comprend qu’une partie de l’opinion se soulève contre ce que l’on considère encore comme une gabegie de pays riches.
D’où les manifestations d’activistes « écolos » durant une grande partie des épreuves, révoltés par les coûts, mais aussi par les dépenses faramineuses en eau, en énergie.
Quant aux dégradations inévitables de l’environnement, elles auront aussi du mal à se justifier aux yeux d’une partie du public. Et cela, malgré un engagement de durabilité particulièrement mis en valeur par les autorités politiques locales et nationales.
A l’inverse, quelques bons points rendent plus acceptables de telles manifestations.
Le prestige surtout, la réputation, la notoriété des territoires engagés qui, d’ores et déjà sur les sites des épreuves, devraient attirer 2 millions de touristes (spectateurs) dont 500 000 internationaux (qui ont acheté 70% de la billetterie).
Et, comme c’est désormais la coutume, on peut s’attendre à un regain de popularité de la région après coup.
Seulement 9% des Français prennent des vacances d’hiver
Pour autant, la pratique de sports d’hiver demeure, dans un pays « riche » comme la France, très élitiste.
Après les décennies euphoriques durant lesquelles l’or blanc devait nourrir des montagnes ruinées par l’exode rural et la désindustrialisation, le dérèglement climatique pourtant prévu et annoncé dès la fin du siècle dernier, a contribué à la crise actuelle que l’on essaie souvent de ne pas voir en face.
Malgré de bons résultats de fin d’année, certaines stations n’ont plus en effet qu’à tirer le rideau et trouver où enterrer les squelettes de leurs remontées mécaniques pendant que d’autres sont péniblement gérées par des bénévoles et que la plupart tentent de diversifier leur offre en attendant des hivers sans neige.
Les millions de skieurs attendus dès les années soixante n’ont pas été au rendez-vous dans les stations de moyenne montagne irrationnellement équipées alors que seules les stations de très haute altitude étaient données gagnantes dans la course à l’or blanc.
Malgré les classes de neige, malgré une forte présence du tourisme social et un complément important de skieurs étrangers attirés par des domaines skiables exemplaires, « la pratique des sports d’hiver concerne moins d’un Français sur dix », selon l’enquête Conditions de vie et aspirations du Credoc.
9% de la population est ainsi partie à la montagne à l’hiver 2023 au moins quatre nuits consécutives. Soit un taux très proche de celui observé en 2010 qui s’élevait à 8%.
Plus précisément, toujours selon le baromètre national des pratiques sportives mené par le CREDOC pour la DJEPVA (Direction jeunesse et sports), on estime que sur les 9% des Français qui ont pratiqué des sports d'hiver et de montagne ces douze derniers mois :
Après les décennies euphoriques durant lesquelles l’or blanc devait nourrir des montagnes ruinées par l’exode rural et la désindustrialisation, le dérèglement climatique pourtant prévu et annoncé dès la fin du siècle dernier, a contribué à la crise actuelle que l’on essaie souvent de ne pas voir en face.
Malgré de bons résultats de fin d’année, certaines stations n’ont plus en effet qu’à tirer le rideau et trouver où enterrer les squelettes de leurs remontées mécaniques pendant que d’autres sont péniblement gérées par des bénévoles et que la plupart tentent de diversifier leur offre en attendant des hivers sans neige.
Les millions de skieurs attendus dès les années soixante n’ont pas été au rendez-vous dans les stations de moyenne montagne irrationnellement équipées alors que seules les stations de très haute altitude étaient données gagnantes dans la course à l’or blanc.
Malgré les classes de neige, malgré une forte présence du tourisme social et un complément important de skieurs étrangers attirés par des domaines skiables exemplaires, « la pratique des sports d’hiver concerne moins d’un Français sur dix », selon l’enquête Conditions de vie et aspirations du Credoc.
9% de la population est ainsi partie à la montagne à l’hiver 2023 au moins quatre nuits consécutives. Soit un taux très proche de celui observé en 2010 qui s’élevait à 8%.
Plus précisément, toujours selon le baromètre national des pratiques sportives mené par le CREDOC pour la DJEPVA (Direction jeunesse et sports), on estime que sur les 9% des Français qui ont pratiqué des sports d'hiver et de montagne ces douze derniers mois :
- 4% ont fait du ski alpin,
-2% du ski de fond,
-2% des raquettes,
- 2% de la luge,
-2% du ski de randonnée,
- 1% du patinage,
-1% du surf de neige et autre snowboard.
-2% du ski de fond,
-2% des raquettes,
- 2% de la luge,
-2% du ski de randonnée,
- 1% du patinage,
-1% du surf de neige et autre snowboard.
Ce qui est peu et finalement ne correspond pas à l’imagerie omniprésente d’une montagne en hiver où se bousculent des millions de vacanciers pressés de chausser leurs skis et mono skis pour dévaler des pistes parfaitement enneigées.
Non, au niveau national, le ski alpin reste marginal. Il reste surtout l’apanage d’une micro population de 4% de privilégiés.
Le stéréotype des amateurs de neige est en effet plutôt aisé, diplômé : 20% des cadres et professions intellectuelles supérieures sont ainsi parties à l’hiver 2023, contre 7% des inactifs, 17% des hauts revenus contre 6% des bas revenus.
On trouve également plus souvent des habitants de l’agglomération parisienne, des hommes, des foyers de quatre personnes, et des jeunes. Soit un profil tout à fait comparable à celui élaboré en 2010. Ce qui indique que la montagne l’hiver ne répond pas aux ambitions et au succès qu’on lui avait prédit au tournant des Trente Glorieuses.
Autres éléments statistiques contribuant au portrait du vacancier fréquentant la montagne : il se dit plus sensible à l’environnement (pour 44% d’entre eux) contre 38% en moyenne. Et lorsqu’on l’interroge sur les thématiques environnementales sur lesquelles l'État devrait mener en priorité des actions, il évoque très souvent la lutte contre le réchauffement climatique (34% vs 27% en moyenne). Mais, il ne semble pas pour autant conscient des impacts environnementaux désastreux de la pratique des sports d’hiver.
En matière de saison, notez encore que 32% des vacanciers partent en hiver et 23% pour les vacances de Noël. Quant à ceux qui optent pour les séjours de printemps, ils sont très peu : moins de 2%.
Enfin, malgré la promotion désormais récurrente des petites stations douillettes de moyenne montagne, ce sont les très grandes stations qui captent 42% du marché et les grandes qui en captent 38%.
Quant à l’échelle des revenus, elle est la suivante et elle plaide inéluctablement pour les inégalités sociales dont est accusée la pratique des sports d’hiver, dont le ski et autres glisses :
Non, au niveau national, le ski alpin reste marginal. Il reste surtout l’apanage d’une micro population de 4% de privilégiés.
Le stéréotype des amateurs de neige est en effet plutôt aisé, diplômé : 20% des cadres et professions intellectuelles supérieures sont ainsi parties à l’hiver 2023, contre 7% des inactifs, 17% des hauts revenus contre 6% des bas revenus.
On trouve également plus souvent des habitants de l’agglomération parisienne, des hommes, des foyers de quatre personnes, et des jeunes. Soit un profil tout à fait comparable à celui élaboré en 2010. Ce qui indique que la montagne l’hiver ne répond pas aux ambitions et au succès qu’on lui avait prédit au tournant des Trente Glorieuses.
Autres éléments statistiques contribuant au portrait du vacancier fréquentant la montagne : il se dit plus sensible à l’environnement (pour 44% d’entre eux) contre 38% en moyenne. Et lorsqu’on l’interroge sur les thématiques environnementales sur lesquelles l'État devrait mener en priorité des actions, il évoque très souvent la lutte contre le réchauffement climatique (34% vs 27% en moyenne). Mais, il ne semble pas pour autant conscient des impacts environnementaux désastreux de la pratique des sports d’hiver.
En matière de saison, notez encore que 32% des vacanciers partent en hiver et 23% pour les vacances de Noël. Quant à ceux qui optent pour les séjours de printemps, ils sont très peu : moins de 2%.
Enfin, malgré la promotion désormais récurrente des petites stations douillettes de moyenne montagne, ce sont les très grandes stations qui captent 42% du marché et les grandes qui en captent 38%.
Quant à l’échelle des revenus, elle est la suivante et elle plaide inéluctablement pour les inégalités sociales dont est accusée la pratique des sports d’hiver, dont le ski et autres glisses :
- moins de 1 000 euros : 7%
- 1 000 à 1 500 euros : 8%
- 1 500 à 2 000 euros : 12%
- 2 000 à 3 000 euros : 21%
- 3 000 à 4 000 euros : 19%
- 4 000 à 5 000 euros : 14%
- 5 000 à 6 000 euros : 7% et 8% pour les plus de 6 000 euros.
- 1 000 à 1 500 euros : 8%
- 1 500 à 2 000 euros : 12%
- 2 000 à 3 000 euros : 21%
- 3 000 à 4 000 euros : 19%
- 4 000 à 5 000 euros : 14%
- 5 000 à 6 000 euros : 7% et 8% pour les plus de 6 000 euros.
Dernier point : en matière d’âge, les moins de 50 ans sont 66%. Et les plus de 65 ans ne sont plus que 13%. Entre les deux tranches d’âge, les 50/64 ans représentent 11% des vacanciers d’hiver.
Lire aussi : Futuroscopie - Et si le ski n'était pas mort ?
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Montagne : un destin incertain
Devant de telles statistiques, peut-on se montrer pessimiste sur l’avenir comme beaucoup le sont devenus, mettant principalement en cause le dérèglement climatique ?
Certes, la température des stations italiennes depuis le début des Jeux est bien moins fraîche qu’on l’aurait souhaité. Les manteaux et anoraks restent ouverts et les gants dans les poches, selon un article de La Repubblica.
Pour autant, l’imagerie de la montagne en hiver n’a pas encore été complément détrônée par celle de la montagne en été et celle des « soleils d’hiver » censés garantir chaleur et tarifs plus acceptables que la pratique du ski. Une pratique coûteuse, minée par le coût des forfaits et de l’hébergement.
Mais, n’oublions pas que les sports de glisse, outre le formidable spectacle qu’ils livrent, sont aussi une démonstration des qualités et du courage humain et un excellent moyen de renforcer les liens des populations et territoires organisateurs d’événements comme les Jeux Olympiques d’hiver. Suite en 2030 en France…
Sources : Credoc, Atout France, la Repubblica, l’Equipe, France 2, France Info…
Certes, la température des stations italiennes depuis le début des Jeux est bien moins fraîche qu’on l’aurait souhaité. Les manteaux et anoraks restent ouverts et les gants dans les poches, selon un article de La Repubblica.
Pour autant, l’imagerie de la montagne en hiver n’a pas encore été complément détrônée par celle de la montagne en été et celle des « soleils d’hiver » censés garantir chaleur et tarifs plus acceptables que la pratique du ski. Une pratique coûteuse, minée par le coût des forfaits et de l’hébergement.
Mais, n’oublions pas que les sports de glisse, outre le formidable spectacle qu’ils livrent, sont aussi une démonstration des qualités et du courage humain et un excellent moyen de renforcer les liens des populations et territoires organisateurs d’événements comme les Jeux Olympiques d’hiver. Suite en 2030 en France…
Sources : Credoc, Atout France, la Repubblica, l’Equipe, France 2, France Info…
Journaliste, consultante, conférencière, Josette Sicsic observe depuis plus de 25 ans, les mutations du monde afin d’en analyser les conséquences sur le secteur du tourisme.
Après avoir développé pendant plus de 20 ans le journal Touriscopie, elle est toujours sur le pont de l’actualité où elle décode le présent pour prévoir le futur. Sur le site www.tourmag.com, rubrique Futuroscopie, elle publie plusieurs fois par semaine les articles prospectifs et analytiques.
Contact : 06 14 47 99 04
Mail : touriscopie@gmail.com
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