Les grands musées sont devenus en deux décennies les vitrines culturelles de destinations qui en étaient privées - DepositPhotos.com, quadrio
Les récentes déconvenues du Louvre, portées à l’attention des médias du monde entier, remettent sur le tapis l’importance de ces institutions privées, publiques, nationales, municipales qui font la notoriété d’une destination et les délices d’un public nombreux composé de touristes, mais également de visiteurs locaux.
Une importance d’autant plus notoire que certaines institutions, comme le plus grand musée du monde que revendique être le Louvre, peuvent être défaillantes.
Les cambriolages mettent en question la sécurité. Les grèves, le malaise d’un personnel indispensable mais souvent mal formé et sous payé, ternissent l’image de l’institution muséale.
Quant à l’abondance de flux trop souvent mal gérés, et les tarifs parfois trop élevés des entrées, ils constituent d’ autres problèmes communs aux « stars » de la profession.
32 euros désormais pour les visiteurs extra européens, c’est beaucoup. Beaucoup trop ! Aucune réduction pour le public senior, c’est inadmissible alors que chez nos voisins britanniques ou plus lointains, au Brésil, le senior a droit à une gratuité !
Quid des plus de 26 ans ? Ils paient du plein tarif ! Cher, trop cher !
Une importance d’autant plus notoire que certaines institutions, comme le plus grand musée du monde que revendique être le Louvre, peuvent être défaillantes.
Les cambriolages mettent en question la sécurité. Les grèves, le malaise d’un personnel indispensable mais souvent mal formé et sous payé, ternissent l’image de l’institution muséale.
Quant à l’abondance de flux trop souvent mal gérés, et les tarifs parfois trop élevés des entrées, ils constituent d’ autres problèmes communs aux « stars » de la profession.
32 euros désormais pour les visiteurs extra européens, c’est beaucoup. Beaucoup trop ! Aucune réduction pour le public senior, c’est inadmissible alors que chez nos voisins britanniques ou plus lointains, au Brésil, le senior a droit à une gratuité !
Quid des plus de 26 ans ? Ils paient du plein tarif ! Cher, trop cher !
Publics : quelques chiffres clés
- 1 Français sur 5 a participé en 2024 à au moins un événement muséal ou patrimonial gratuit, tels que les Journées Européennes du Patrimoine, la Nuit Européenne des Musées ou la Nuit Blanche ;
- 65% des visiteurs de musées ou lieux patrimoniaux estiment que les dispositifs d’Intelligence Artificielle (IA) peuvent être un complément intéressant aux dispositifs traditionnels (cartels, audioguides, écrans, applications, etc.) ;
- l’attrait pour les expériences immersives payantes se confirme : 14% des visiteurs déclarent avoir visité une exposition avec un parcours immersif payant au moins une fois dans leur vie (+5 points par rapport au précédent baromètre).
Sources : Baromètre 2025 sur les publics des musées et des lieux patrimoniaux français, réalisé par Test et l’Institut Gece.
L’effet Bilbao : la vitrine touristique
Malgré tout, très en vue, haut placés dans les campagnes de promotion, les grands musées sont devenus en deux décennies les vitrines culturelles de destinations qui en étaient privées, et n’en finissent pas de séduire non seulement le public mais les élus ambitionnant de faire de leurs villes une capitale touristique.
Qu’on le veuille ou non, la formidable silhouette du Guggenheim de Bilbao signée par l’architecte Franck Gehry est devenue tellement iconique qu’elle a sonné le début d’une course architecturale avec de nouveaux venus comme Confluences à Lyon, le Mucem à Marseille, le Louvre à Abu Dhabi, le musée national du Qatar à Doha signés par Jean Nouvel, et tant d’autres en Arabie Saoudite, aux USA, en Chine.
Devenu une destination à part entière dont le succès ne se dément pas, le musée est entré dans les pratiques touristiques et locales. Ainsi, une soixantaine de musées nationaux français ont enregistré 12 millions de visiteurs. Un record historique.
Le seul Louvre tourne autour de 9 millions d’entrées. Les musées de la ville de Paris, pour leur part, ont aussi progressé avec plus de 5 millions de visiteurs.
Des performances qui seront probablement battues grâce à des stratégies de plus en plus dynamiques et efficaces présentées lors du dernier Museum Connections, autour de débats, tables rondes et présentations diverses. Trop nombreuses à énumérer, nous en retiendrons quelques-unes.
Qu’on le veuille ou non, la formidable silhouette du Guggenheim de Bilbao signée par l’architecte Franck Gehry est devenue tellement iconique qu’elle a sonné le début d’une course architecturale avec de nouveaux venus comme Confluences à Lyon, le Mucem à Marseille, le Louvre à Abu Dhabi, le musée national du Qatar à Doha signés par Jean Nouvel, et tant d’autres en Arabie Saoudite, aux USA, en Chine.
Devenu une destination à part entière dont le succès ne se dément pas, le musée est entré dans les pratiques touristiques et locales. Ainsi, une soixantaine de musées nationaux français ont enregistré 12 millions de visiteurs. Un record historique.
Le seul Louvre tourne autour de 9 millions d’entrées. Les musées de la ville de Paris, pour leur part, ont aussi progressé avec plus de 5 millions de visiteurs.
Des performances qui seront probablement battues grâce à des stratégies de plus en plus dynamiques et efficaces présentées lors du dernier Museum Connections, autour de débats, tables rondes et présentations diverses. Trop nombreuses à énumérer, nous en retiendrons quelques-unes.
Le musée pour tous : un lieu de vie et de culture
La prise en compte du handicap chère aux musées depuis plusieurs décennies constitue la partie visible des effets réalisés en direction des publics, et c’est tant mieux.
De plus, le musée longtemps figé dans son arrogance et fermé à des publics plus populaires, est devenu une sorte de lieu de vie et de centre culturel pour une ville ou un quartier.
Grâce à des animations, des spectacles, des ateliers créatifs, des conférences, des voyages, des visites organisées… le musée est d’autant plus attrayant qu’il dispose de son incontournable boutique, particulièrement bien approvisionnée en ouvrages, livres, revues dont un grand nombre est dédié aux enfants. Une bonne façon de les fidéliser.
Quant aux cafés, salons de thé, restaurants, ils ont fait suffisamment d’efforts pour devenir de véritables lieux de rencontre. Leur design surtout, leurs cartes, et parfois leurs tarifs les rendent concurrentiels.
De plus, le musée longtemps figé dans son arrogance et fermé à des publics plus populaires, est devenu une sorte de lieu de vie et de centre culturel pour une ville ou un quartier.
Grâce à des animations, des spectacles, des ateliers créatifs, des conférences, des voyages, des visites organisées… le musée est d’autant plus attrayant qu’il dispose de son incontournable boutique, particulièrement bien approvisionnée en ouvrages, livres, revues dont un grand nombre est dédié aux enfants. Une bonne façon de les fidéliser.
Quant aux cafés, salons de thé, restaurants, ils ont fait suffisamment d’efforts pour devenir de véritables lieux de rencontre. Leur design surtout, leurs cartes, et parfois leurs tarifs les rendent concurrentiels.
La technologie : menaces ou progrès ?
Bien évidemment, la technologie, notamment l’IA, sont au cœur des projets de nombreux musées.
Sa contribution est alléchante : elle facilite la médiation, elle enrichit la documentation, elle peut la rendre plus esthétique, et surtout elle peut personnaliser l’expérience d’un visiteur.
Mais, elle n’est pas exempte de menaces. Selon les organisateurs de Museum Connections, elle est un défi à plusieurs niveaux :
- fiabilité des contenus : éviter les erreurs ou « hallucinations » propres aux modèles génératifs ;
- éthique et transparence : garantir que les outils utilisés soient alignés avec les valeurs des institutions ;
- diversité culturelle : prévenir les biais intégrés dans les modèles ;
- droits d’auteur : gérer l’utilisation et la génération de contenus protégés ;
- environnement : limiter l’impact énergétique des technologies ;
- transformation des métiers : accompagner les équipes dans l’adoption et la compréhension de ces nouveaux venus.
Les techniques d’expositions immersives ont également le vent en poupe. Elles plaisent d’autant plus qu’elles constituent une façon dynamique et personnalisées d’aborder une exposition.
On marche, on s’assoit, on fait une pause, on s’allonge même sur le sol sur de confortables matelas. Ce qui n’était pas le cas.
Sa contribution est alléchante : elle facilite la médiation, elle enrichit la documentation, elle peut la rendre plus esthétique, et surtout elle peut personnaliser l’expérience d’un visiteur.
Mais, elle n’est pas exempte de menaces. Selon les organisateurs de Museum Connections, elle est un défi à plusieurs niveaux :
- fiabilité des contenus : éviter les erreurs ou « hallucinations » propres aux modèles génératifs ;
- éthique et transparence : garantir que les outils utilisés soient alignés avec les valeurs des institutions ;
- diversité culturelle : prévenir les biais intégrés dans les modèles ;
- droits d’auteur : gérer l’utilisation et la génération de contenus protégés ;
- environnement : limiter l’impact énergétique des technologies ;
- transformation des métiers : accompagner les équipes dans l’adoption et la compréhension de ces nouveaux venus.
Les techniques d’expositions immersives ont également le vent en poupe. Elles plaisent d’autant plus qu’elles constituent une façon dynamique et personnalisées d’aborder une exposition.
On marche, on s’assoit, on fait une pause, on s’allonge même sur le sol sur de confortables matelas. Ce qui n’était pas le cas.
Musées et santé : une nouvelle fonction dont on attend beaucoup
Enfin, l’une des pistes les plus novatrices explorées par les musées semble être celle qui concerne les relations étroites entre visites de musées et santé.
Oui ! Vous avez bien lu : le musée c’est la santé !
Portées par l’étude de l’OMS (2019) sur les effets positifs de la culture sur la santé, et inspirées par des initiatives pionnières comme celles du Musée des beaux-arts de Montréal ou Carnavalet en France, de nombreuses actions innovantes associant expérience culturelle et santé ont émergé au cours des dernières années.
Où ? Dans les lieux culturels à travers le monde, en complément des programmes de plus longue date menés hors-les-murs, au sein des établissements des secteurs sanitaire et médico-social. Nous y reviendrons en détail…
Oui ! Vous avez bien lu : le musée c’est la santé !
Portées par l’étude de l’OMS (2019) sur les effets positifs de la culture sur la santé, et inspirées par des initiatives pionnières comme celles du Musée des beaux-arts de Montréal ou Carnavalet en France, de nombreuses actions innovantes associant expérience culturelle et santé ont émergé au cours des dernières années.
Où ? Dans les lieux culturels à travers le monde, en complément des programmes de plus longue date menés hors-les-murs, au sein des établissements des secteurs sanitaire et médico-social. Nous y reviendrons en détail…
Zoom sur Museum Connections 2026
Claire de Longeaux, directrice de Museum Connections, est satisfaite.
Pour sa trentième édition, l’excellent salon, qui s’est déroulé les 13 et 14 janvier 2026, Porte de Versailles à Paris, a progressé, notamment sur le nombre d’exposants - 404, dont 40% d’étrangers, parmi lesquels des Chinois et des Américains.
De son côté, le nombre de visiteurs s’est élevé à environ 6 000, dont 20% d’étrangers. Il faut dire que le succès est d’autant plus mérité que le Salon pose les bonnes questions aux bons moments et fournit des réponses pertinentes à des professionnels un peu déboussolés par les innovations en cours.
« Ce fut un salon très convivial, confie la directrice, qui a permis d’échanger des expériences, surtout sur le plan de l’accueil.
Les responsables des publics étaient nombreux et désireux de partager avec leurs confrères des idées, des stratégies, des méthodes efficaces. Les tables rondes et débats étaient passionnés et passionnants.
Contrairement au Sitem (Salon international des musées ,ndlr), très axé sur l’équipement des musées, notre salon l’est sur l’expérience du visiteur. Avant, pendant et après… »
La prochaine édition est prévue les 12 et 13 janvier 2027.
Pour sa trentième édition, l’excellent salon, qui s’est déroulé les 13 et 14 janvier 2026, Porte de Versailles à Paris, a progressé, notamment sur le nombre d’exposants - 404, dont 40% d’étrangers, parmi lesquels des Chinois et des Américains.
De son côté, le nombre de visiteurs s’est élevé à environ 6 000, dont 20% d’étrangers. Il faut dire que le succès est d’autant plus mérité que le Salon pose les bonnes questions aux bons moments et fournit des réponses pertinentes à des professionnels un peu déboussolés par les innovations en cours.
« Ce fut un salon très convivial, confie la directrice, qui a permis d’échanger des expériences, surtout sur le plan de l’accueil.
Les responsables des publics étaient nombreux et désireux de partager avec leurs confrères des idées, des stratégies, des méthodes efficaces. Les tables rondes et débats étaient passionnés et passionnants.
Contrairement au Sitem (Salon international des musées ,ndlr), très axé sur l’équipement des musées, notre salon l’est sur l’expérience du visiteur. Avant, pendant et après… »
La prochaine édition est prévue les 12 et 13 janvier 2027.
Journaliste, consultante, conférencière, Josette Sicsic observe depuis plus de 25 ans, les mutations du monde afin d’en analyser les conséquences sur le secteur du tourisme.
Après avoir développé pendant plus de 20 ans le journal Touriscopie, elle est toujours sur le pont de l’actualité où elle décode le présent pour prévoir le futur. Sur le site www.tourmag.com, rubrique Futuroscopie, elle publie plusieurs fois par semaine les articles prospectifs et analytiques.
Contact : 06 14 47 99 04
Mail : touriscopie@gmail.com
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