Air France : récit d’une exfiltration réussie. Un Boeing 777 d’Air France au décollage. Crédit : dépositphotos. phuongphoto
Dans certaines circonstances, l’union sacrée est souvent de mise dans les grandes entreprises de transport.
Cela a été le cas ce samedi 28 février quand les premiers bombardements israéliens et américains ont été déclenchés en Iran, ayant pour conséquence la fermeture immédiate d’une grande partie de l’espace aérien au trafic civil dans cette zone si fréquentée du Moyen Orient. au Moyen-Orient : Qatar, Emirates... quelle est la situation des vols ?
Le Syndicat National des Pilotes de Ligne (SNPL) a donné des détails sur sa coordination avec les différentes directions d’Air France pour organiser un premier vol de rapatriement.
Cela a été le cas ce samedi 28 février quand les premiers bombardements israéliens et américains ont été déclenchés en Iran, ayant pour conséquence la fermeture immédiate d’une grande partie de l’espace aérien au trafic civil dans cette zone si fréquentée du Moyen Orient. au Moyen-Orient : Qatar, Emirates... quelle est la situation des vols ?
Le Syndicat National des Pilotes de Ligne (SNPL) a donné des détails sur sa coordination avec les différentes directions d’Air France pour organiser un premier vol de rapatriement.
Dubaï bombardé : le point noir
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Ce samedi matin-là, au centre opérationnel d’Air France, et alors que les espaces aériens se ferment, on fait les comptes : un équipage est bloqué à Riyad et plusieurs équipages à Dubaï.
En tout, 10 pilotes, 36 hôtesses et stewards, 11 de leurs accompagnants dont des mineurs, avec en plus une colonie de vacances Air France de 18 adolescents.
Pour l’équipage de Riyad, le problème se règle le soir même, en le positionnant sur un vol de la compagnie Saudia à destination de CDG, qui se posera le dimanche matin.
En revanche pour les personnels, et jeunes bloqués à Dubaï, cela va être plus compliqué, en raison de deux facteurs clés : le nombre de personnes concernées et surtout le bombardement de l’aéroport de Dubaï, entraînant l’arrêt total des opérations.
C’est alors qu’un ensemble de services de direction et de syndicats se mettent au travail pour rechercher des solutions.
En tout, 10 pilotes, 36 hôtesses et stewards, 11 de leurs accompagnants dont des mineurs, avec en plus une colonie de vacances Air France de 18 adolescents.
Pour l’équipage de Riyad, le problème se règle le soir même, en le positionnant sur un vol de la compagnie Saudia à destination de CDG, qui se posera le dimanche matin.
En revanche pour les personnels, et jeunes bloqués à Dubaï, cela va être plus compliqué, en raison de deux facteurs clés : le nombre de personnes concernées et surtout le bombardement de l’aéroport de Dubaï, entraînant l’arrêt total des opérations.
C’est alors qu’un ensemble de services de direction et de syndicats se mettent au travail pour rechercher des solutions.
Plusieurs plans à l’étude
Entre autres, l’expert sûreté du SNPL se coordonne avec la Direction Générale des Opérations en vol (DGOA), la la Direction Générale du Matériel et des Ressources (DGMR), et la direction de la sûreté (CLDS), pour étudier les meilleures solutions d’exfiltration pour les personnes bloquées à Dubaï, presque 200 personnes en y ajoutant les personnels de KLM.
D’après le SNPL, trois plans sont étudiés :
Trois problèmes cependant concernant Air France :
1. L’indisponibilité de navettes routières ayant une capacité suffisante ; seul un petit bus de 39 places était disponible initialement.
2. La difficulté d’obtenir des autorisations de survol pour des « non-scheduled flights », c’est-à-dire des vols non réguliers. Lufthansa et British Airways, de leur côté, ne sont pas confrontées à ce problème, car elles ont des liaisons régulières avec Oman. En l’occurrence, le personnel Lufthansa sera exfiltré dès le dimanche soir via un vol Austrian.
3. La sécurisation d’un convoi par la route, composé de plusieurs petites navettes, et le passage de la frontière terrestre qui semble très long et compliqué.
D’après le SNPL, trois plans sont étudiés :
- Plan A : Air France n'a pas d’avion à Dubaï, mais KLM a un B777 sur la plateforme. Ce plan devait permettre de ramener tout le monde vers Amsterdam dans cet appareil avec les équipages KLM bloqués. Plan abandonné au moment du ramassage des équipages à l’hôtel lorsqu’un bombardement touche l’aéroport de Dubaï.
- Plan B : À l’instar du groupe Lufthansa, programmer un vol spécial depuis Oman.
Trois problèmes cependant concernant Air France :
1. L’indisponibilité de navettes routières ayant une capacité suffisante ; seul un petit bus de 39 places était disponible initialement.
2. La difficulté d’obtenir des autorisations de survol pour des « non-scheduled flights », c’est-à-dire des vols non réguliers. Lufthansa et British Airways, de leur côté, ne sont pas confrontées à ce problème, car elles ont des liaisons régulières avec Oman. En l’occurrence, le personnel Lufthansa sera exfiltré dès le dimanche soir via un vol Austrian.
3. La sécurisation d’un convoi par la route, composé de plusieurs petites navettes, et le passage de la frontière terrestre qui semble très long et compliqué.
- Plan C : Convoyer les équipages vers Abou Dabi et utiliser l’un des avions en sortie de maintenance sur place. Cependant, ni le trajet ni l’espace aérien ne sont considérés comme sécurisés, la zone étant sous le feu des tirs iraniens. La base navale française a même été touchée.
Mascate, l’échappatoire
Après une nuit très courte au siège d’Air France à Roissy, pendant laquelle « les téléphones n’ont pas arrêté de sonner », le plan A abandonné, la décision est finalement prise dimanche d’exfiltrer tout le monde vers Mascate.
Deux gros bus de 49 places sont trouvés côté Air France, et quasiment tout le monde embarque dès le lundi matin pour rouler de jour vers la frontière.
Par la suite, tout le monde sera mis en sécurité dans un hôtel à Mascate. En parallèle, deux vols « d’extraction » vers Mascate sont étudiés et ont décollé dans la nuit de lundi à mardi.
Une dérogation aux règles conventionnelles Air France est accordée afin de faire ce vol, qui comportera une escale au Caire au cours de laquelle s’effectuera une relève d’équipage vers Paris, où le vol s’est finalement posé sans encombre.
« Nous pouvons nous féliciter de cette belle opération ramenant près de 360 membres d’équipage et passagers à Paris », a déclaré le SNPL. Le vol s'est posé dans la nuit de mardi à mercredi.
Et d’ajouter : « Le Ministère des Affaires étrangères vient d’annoncer que des vols de rapatriement seront probablement effectués. Si notre compagnie est sollicitée, le SNPL prendra ses responsabilités comme toujours dans ce genre de situations exceptionnelles, en accordant les dérogations nécessaires à l’exécution de ces vols spéciaux, tant que la sécurité des routes, des aéroports et des équipages est préservée. »
Deux gros bus de 49 places sont trouvés côté Air France, et quasiment tout le monde embarque dès le lundi matin pour rouler de jour vers la frontière.
Par la suite, tout le monde sera mis en sécurité dans un hôtel à Mascate. En parallèle, deux vols « d’extraction » vers Mascate sont étudiés et ont décollé dans la nuit de lundi à mardi.
Une dérogation aux règles conventionnelles Air France est accordée afin de faire ce vol, qui comportera une escale au Caire au cours de laquelle s’effectuera une relève d’équipage vers Paris, où le vol s’est finalement posé sans encombre.
« Nous pouvons nous féliciter de cette belle opération ramenant près de 360 membres d’équipage et passagers à Paris », a déclaré le SNPL. Le vol s'est posé dans la nuit de mardi à mercredi.
Et d’ajouter : « Le Ministère des Affaires étrangères vient d’annoncer que des vols de rapatriement seront probablement effectués. Si notre compagnie est sollicitée, le SNPL prendra ses responsabilités comme toujours dans ce genre de situations exceptionnelles, en accordant les dérogations nécessaires à l’exécution de ces vols spéciaux, tant que la sécurité des routes, des aéroports et des équipages est préservée. »
Publié par Christophe Hardin Journaliste AirMaG - TourMaG.com Voir tous les articles de Christophe Hardin





















