Guerre du Golfe : "le sujet majeur est le prix du pétrole" pour les compagnies aérinnes - Depositphotos @vk_studio
Une nouvelle guerre dans le Golfe a débuté ce samedi 28 février 2026.
Les États-Unis et Israël ont attaqué l’Iran, qui a riposté en bombardant les bases occidentales alentour. Dans ces conditions, les compagnies aériennes ont décidé d’annuler leurs vols à destination de l’un des pays du Moyen-Orient, ou dont le trajet prévoyait de survoler la région.
En tout, plus de 10 000 vols ont été annulés, soit plusieurs centaines de milliers de voyageurs bloqués à travers le monde.
"En tant que patron de la FNAM, pour le moment, nous sommes un peu spectateurs de ce qu’il se passe.
Le gros du sujet est le rapatriement des passagers concernés par les espaces aériens actuellement fermés.
Malheureusement, pour les passagers bloqués en Israël ou ailleurs, nous ne pouvons rien faire. Pour l’heure, les tour-opérateurs essayent de reprotéger leurs clients sur des compagnies qui ne s’arrêtent pas dans la région.
Nous subissons et suivons l’évolution de la situation," nous explique Pascal de Izaguirre.
Au moment où nous échangions, aucune discussion avec le gouvernement n’avait débuté quant à un possible pont aérien pour permettre le rapatriement des Français concernés par cette guerre.
Selon le Quai d’Orsay, ils sont plus de 25 000 de passage dans la région.
Les États-Unis et Israël ont attaqué l’Iran, qui a riposté en bombardant les bases occidentales alentour. Dans ces conditions, les compagnies aériennes ont décidé d’annuler leurs vols à destination de l’un des pays du Moyen-Orient, ou dont le trajet prévoyait de survoler la région.
En tout, plus de 10 000 vols ont été annulés, soit plusieurs centaines de milliers de voyageurs bloqués à travers le monde.
"En tant que patron de la FNAM, pour le moment, nous sommes un peu spectateurs de ce qu’il se passe.
Le gros du sujet est le rapatriement des passagers concernés par les espaces aériens actuellement fermés.
Malheureusement, pour les passagers bloqués en Israël ou ailleurs, nous ne pouvons rien faire. Pour l’heure, les tour-opérateurs essayent de reprotéger leurs clients sur des compagnies qui ne s’arrêtent pas dans la région.
Nous subissons et suivons l’évolution de la situation," nous explique Pascal de Izaguirre.
Au moment où nous échangions, aucune discussion avec le gouvernement n’avait débuté quant à un possible pont aérien pour permettre le rapatriement des Français concernés par cette guerre.
Selon le Quai d’Orsay, ils sont plus de 25 000 de passage dans la région.
L’aérien oscille entre le chaos et l’attente
Depuis lundi, 60 vols ont décollé depuis les Émirats, permettant d’exfiltrer 17 498 visiteurs. Une deuxième phase de reprise, plus soutenue, devrait assurer plus de 80 vols quotidiens, pour 27 000 passagers.
Dans le même temps, le ministère des Affaires étrangères a annoncé que des vols de rapatriement seront prochainement mis en place, afin de permettre le retour des Français bloqués par le conflit.
A lire : Guerre au Moyen-Orient : la France va rapatrier des ressortissants français
"Emirates est dans l’attente de reprendre ses vols aujourd’hui (lundi 2 mars 2026).
C’est un peu chaotique. Tout le monde est dépendant des évolutions de la situation. Nous n’avons pas de retours très positifs, et nous aurons des informations au fil de l’eau.
Tout va dépendre de l’atténuation ou de la désescalade militaire au Moyen-Orient. Si, malheureusement, les bombardements se poursuivent, les vols ne vont pas repartir dans les prochains jours", nous explique Jean-Pierre Sauvage, le président du Board of Airline Representatives (BAR).
Et, pour l’heure, les bombardements se poursuivent en Iran, où des explosions se sont fait entendre à Téhéran ce mardi 3 mars 2026, visant notamment la présidence du pays.
La veille, deux drones iraniens ont visé une base britannique à Chypre. Et, dans les Émirats arabes unis, 172 missiles ont été interceptés.
"Ce n’est pas positif et la situation dérape" selon Pascal de Izaguirre
"L’un des sujets importants reste la fermeture des espaces aériens. Cela affecte plus massivement les compagnies du Golfe, puisque leur cœur de business est à l’arrêt.
Les compagnies européennes, elles, ne sont pour le moment que moyennement impactées. Elles peuvent même récupérer un peu de passagers, bien sûr à la marge.
Il faut être clair : ce n’est pas positif. Et le pire dans tout ça, c’est que la situation dérape dans toute la région", déplore Pascal de Izaguirre.
Alors qu’en Jordanie, 50% du trafic est à l’arrêt, à Médine, en Arabie saoudite, le retrait est de 25%. Pourtant à des milliers de kilomètres, même les aéroports parisiens sont également affectés.
Ainsi, le trafic a été impacté à hauteur de 7% en nombre de passagers à CDG (Charles-de-Gaulle) et de 1% à Orly, selon les propres mots du PDG d’Aéroports de Paris (ADP), Philippe Pascal.
Selon lui, les perturbations aériennes devraient s’étaler sur plusieurs semaines.
Pour le président du BAR, il n’est pas question d’être trop alarmiste, du moins quant à une évolution du comportement des voyageurs.
"Je n’ai pas une confiance aveugle, mais l’histoire nous montre qu’une fois la situation normalisée, la vie reprend son cours… sauf si la guerre devient hors de contrôle, mais alors ce sera une autre histoire.
D’autant que les États-Unis n’ont aucun intérêt à ce que cela dure trop longtemps.
Donc je ne crois pas à un détournement des destinations asiatiques et des compagnies du Golfe. Regardez, la guerre en Ukraine n’a pas empêché les voyages autour de ce pays", estime Jean-Pierre Sauvage.
L'exemple du Liban ou Israël atteste que la nature a horreur du vide et que les avions se remplissent aussi vite qu'ils sont reprogrammés.
Les compagnies européennes, elles, ne sont pour le moment que moyennement impactées. Elles peuvent même récupérer un peu de passagers, bien sûr à la marge.
Il faut être clair : ce n’est pas positif. Et le pire dans tout ça, c’est que la situation dérape dans toute la région", déplore Pascal de Izaguirre.
Alors qu’en Jordanie, 50% du trafic est à l’arrêt, à Médine, en Arabie saoudite, le retrait est de 25%. Pourtant à des milliers de kilomètres, même les aéroports parisiens sont également affectés.
Ainsi, le trafic a été impacté à hauteur de 7% en nombre de passagers à CDG (Charles-de-Gaulle) et de 1% à Orly, selon les propres mots du PDG d’Aéroports de Paris (ADP), Philippe Pascal.
Selon lui, les perturbations aériennes devraient s’étaler sur plusieurs semaines.
Pour le président du BAR, il n’est pas question d’être trop alarmiste, du moins quant à une évolution du comportement des voyageurs.
"Je n’ai pas une confiance aveugle, mais l’histoire nous montre qu’une fois la situation normalisée, la vie reprend son cours… sauf si la guerre devient hors de contrôle, mais alors ce sera une autre histoire.
D’autant que les États-Unis n’ont aucun intérêt à ce que cela dure trop longtemps.
Donc je ne crois pas à un détournement des destinations asiatiques et des compagnies du Golfe. Regardez, la guerre en Ukraine n’a pas empêché les voyages autour de ce pays", estime Jean-Pierre Sauvage.
L'exemple du Liban ou Israël atteste que la nature a horreur du vide et que les avions se remplissent aussi vite qu'ils sont reprogrammés.
"Nous faisons face à un événement majeur"
Les trajets vont être rallongés pour contourner les espaces aériens fermés," selon Pascal de Izaguirre - Capture écran Flight radar
Une chose est sûre, dans ce chaos, et le flou de l’opération Fureur épique, ce contexte est peu favorable à l’économie touristique.
Après un début d’année plutôt difficile dans les agences de voyages, ce conflit ne devrait pas arranger les choses. Même si, d’après un opérateur technique travaillant avec les agences de voyages, le ralentissement des réservations ne s’est pas encore fait ressentir.
Les appels au service client explosent, mais les ventes se maintiennent, tout en évitant la zone concernée.
Nous risquons sans doute d’assister à une relocalisation des vacances estivales, comme celle connue durant la crise sanitaire, autour de destinations court- et moyen-courriers.
Selon un observateur de l’aérien, les lignes vers les États-Unis, déjà en grande souffrance depuis l’investiture de Donald Trump, devraient connaître une désaffection durable et plus marquée à la suite des derniers événements.
"Nous allons rester attentifs au comportement des consommateurs, même si je ne pense pas que cela s’étende à d’autres régions géographiques.
Les trajets vont être rallongés pour contourner les espaces aériens fermés. Vous avez aussi le conflit entre le Pakistan et l’Afghanistan.
Nous faisons face à un événement majeur, et cela faisait longtemps que nous n’avions pas connu pareille situation. Le précédent conflit n’avait duré que quelques jours l’année dernière, là, tout porte à croire que cela va durer un peu plus.
Je pense que l’onde de choc va quand même s’étaler pendant quelque temps", poursuit le président de la FNAM.
La durée du conflit semble davantage tenir au bon vouloir de Donald Trump que de Benyamin Netanyahou, qui semble lui plutôt décidé à finir le travail, même si les opérations militaires doivent s’inscrire dans le temps.
Après un début d’année plutôt difficile dans les agences de voyages, ce conflit ne devrait pas arranger les choses. Même si, d’après un opérateur technique travaillant avec les agences de voyages, le ralentissement des réservations ne s’est pas encore fait ressentir.
Les appels au service client explosent, mais les ventes se maintiennent, tout en évitant la zone concernée.
Nous risquons sans doute d’assister à une relocalisation des vacances estivales, comme celle connue durant la crise sanitaire, autour de destinations court- et moyen-courriers.
Selon un observateur de l’aérien, les lignes vers les États-Unis, déjà en grande souffrance depuis l’investiture de Donald Trump, devraient connaître une désaffection durable et plus marquée à la suite des derniers événements.
"Nous allons rester attentifs au comportement des consommateurs, même si je ne pense pas que cela s’étende à d’autres régions géographiques.
Les trajets vont être rallongés pour contourner les espaces aériens fermés. Vous avez aussi le conflit entre le Pakistan et l’Afghanistan.
Nous faisons face à un événement majeur, et cela faisait longtemps que nous n’avions pas connu pareille situation. Le précédent conflit n’avait duré que quelques jours l’année dernière, là, tout porte à croire que cela va durer un peu plus.
Je pense que l’onde de choc va quand même s’étaler pendant quelque temps", poursuit le président de la FNAM.
La durée du conflit semble davantage tenir au bon vouloir de Donald Trump que de Benyamin Netanyahou, qui semble lui plutôt décidé à finir le travail, même si les opérations militaires doivent s’inscrire dans le temps.
Guerre du Golfe : "le sujet majeur est le prix du pétrole"
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En attendant, certains acteurs patientent, tandis que d’autres se préparent à redémarrer, mais globalement, l’industrie scrute les cours de la Bourse.
Rappelons que l’Iran possède tout simplement les deuxièmes réserves mondiales de gaz et que le pays est le quatrième producteur mondial de pétrole.
De plus, en riposte aux attaques des États-Unis et d’Israël, la République islamique a bombardé ses voisins et ciblé des sites de production de gaz liquéfié de la compagnie publique qatarie, mais aussi une raffinerie de Saudi Aramco et un dépôt pétrolier à Abou Dhabi.
Elle a aussi fermé le très stratégique détroit d’Ormuz, attaquant différents pétroliers, alors même que par ce passage transite près de 20 % du pétrole mondial.
Le kérosène représente tout simplement entre 20 et 30 % des charges d’une compagnie aérienne.
"Je pense plutôt à un impact immédiat, plutôt qu’à moyen ou long terme. En revanche, nous allons observer l’effet que cela va avoir sur les réservations et surtout sur le prix du pétrole : c’est, pour moi, le sujet majeur pour l’industrie aérienne, en ce moment même.
C’est tout de même un paramètre très important dans l’exploitation des compagnies aériennes.
Nous voyons qu’il augmente très fortement, et cela a un impact majeur sur le coût des compagnies. S’il continue comme cela et qu’en face il n’y a pas de hausse des tarifs, alors cela va éroder les marges de façon substantielle," affirme Pascal de Izaguirre.
Et malheureusement, pour les transporteurs, la flambée du baril a bien lieu.
En l’espace de cinq jours, le cours a augmenté de 18%, pour dépasser les 84 dollars ce mardi 3 mars 2026, son plus haut niveau depuis un an, même si nous sommes encore loin de la hausse subie durant la crise sanitaire.
Pour éviter d’être impactées par ces fluctuations, les compagnies peuvent souscrire des contrats de couverture carburant, leur offrant la possibilité d’acheter le kérosène à un prix fixe toute l’année.
C’est une sorte de pari sur une possible envolée des tarifs, ce qui s’est avéré peu concluant ces dernières années, puisque les cours étaient plutôt orientés à la baisse.
La guerre au Moyen-Orient risque donc de jouer en faveur des transporteurs qui ont pu se permettre financièrement de prendre le risque d’acheter une partie de leur carburant à un tarif fixe, ce qui n’est pas le cas de l’ensemble du pavillon français.
Pour l’heure, des analystes, comme l’économiste Sylvain Bersinger estiment, dans France24, crédible le scénario d’un baril de pétrole grimpant à 110 dollars, mais ne croient pas à celui d’une crise exceptionnelle comme en 2008.
Ainsi va la vie du tourisme : après une courte période d’euphorie, une nouvelle crise majeure vient impacter l’ensemble de l’industrie.
Rappelons que l’Iran possède tout simplement les deuxièmes réserves mondiales de gaz et que le pays est le quatrième producteur mondial de pétrole.
De plus, en riposte aux attaques des États-Unis et d’Israël, la République islamique a bombardé ses voisins et ciblé des sites de production de gaz liquéfié de la compagnie publique qatarie, mais aussi une raffinerie de Saudi Aramco et un dépôt pétrolier à Abou Dhabi.
Elle a aussi fermé le très stratégique détroit d’Ormuz, attaquant différents pétroliers, alors même que par ce passage transite près de 20 % du pétrole mondial.
Le kérosène représente tout simplement entre 20 et 30 % des charges d’une compagnie aérienne.
"Je pense plutôt à un impact immédiat, plutôt qu’à moyen ou long terme. En revanche, nous allons observer l’effet que cela va avoir sur les réservations et surtout sur le prix du pétrole : c’est, pour moi, le sujet majeur pour l’industrie aérienne, en ce moment même.
C’est tout de même un paramètre très important dans l’exploitation des compagnies aériennes.
Nous voyons qu’il augmente très fortement, et cela a un impact majeur sur le coût des compagnies. S’il continue comme cela et qu’en face il n’y a pas de hausse des tarifs, alors cela va éroder les marges de façon substantielle," affirme Pascal de Izaguirre.
Et malheureusement, pour les transporteurs, la flambée du baril a bien lieu.
En l’espace de cinq jours, le cours a augmenté de 18%, pour dépasser les 84 dollars ce mardi 3 mars 2026, son plus haut niveau depuis un an, même si nous sommes encore loin de la hausse subie durant la crise sanitaire.
Pour éviter d’être impactées par ces fluctuations, les compagnies peuvent souscrire des contrats de couverture carburant, leur offrant la possibilité d’acheter le kérosène à un prix fixe toute l’année.
C’est une sorte de pari sur une possible envolée des tarifs, ce qui s’est avéré peu concluant ces dernières années, puisque les cours étaient plutôt orientés à la baisse.
La guerre au Moyen-Orient risque donc de jouer en faveur des transporteurs qui ont pu se permettre financièrement de prendre le risque d’acheter une partie de leur carburant à un tarif fixe, ce qui n’est pas le cas de l’ensemble du pavillon français.
Pour l’heure, des analystes, comme l’économiste Sylvain Bersinger estiment, dans France24, crédible le scénario d’un baril de pétrole grimpant à 110 dollars, mais ne croient pas à celui d’une crise exceptionnelle comme en 2008.
Ainsi va la vie du tourisme : après une courte période d’euphorie, une nouvelle crise majeure vient impacter l’ensemble de l’industrie.






Publié par Romain Pommier 














