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Air France : les tensions au sein de la CFE-CGC vont-elles faire capoter les NAO ?

L’UNAC tente d’invalider l’accord signé concernant les dernières NAO


Les dernières négociations annuelles obligatoires (NAO) d’Air France n’avaient, jusqu’à la signature des différentes parties prenantes, suscité que peu de remous, hormis quelques organisations syndicales déçues de voir leurs revendications balayées par la direction. Mais alors que l’encre des signataires n’a à peine séché, l’UNAC passe à l’offensive et tente de faire invalider l’accord.


Rédigé par le Jeudi 19 Février 2026 à 07:27

L’UNAC tente d’invalider l’accord signé concernant les dernières NAO - Depositphotos @Alexander2323
L’UNAC tente d’invalider l’accord signé concernant les dernières NAO - Depositphotos @Alexander2323
Alors qu'Air France donnait jusque-là l’impression d’avoir retrouvé une certaine sérénité dans ses rangs, depuis que Ben Smith en a pris la direction, des échos ici et là montrent que tout n’est pas aussi idyllique qu'il n'y parait.

Il faut reconnaître que nous sommes loin des tensions qui ont ébranlé la dérive tricolore par le passé.

Malgré tout, depuis quelques semaines, le vernis brillant se craquelle doucement.

Il y a eu, au début du mois de février, l’attaque en justice de la CFE-CGC, le syndicat dénonçant des pressions de la direction, notamment des intimidations et des menaces. Et ces tensions syndicales ont encore secoué la compagnie, dans le cadre des négociations annuelles obligatoires.

Débutées le 9 janvier dernier, les NAO centrales ont finalement débouché sur un accord, sans trop de remous à première vue… alors qu’en coulisse syndicale, une importante bataille ressemblant à une guerre de clan a lieu.

Mais, comme pour d’autres sujets, il faut attendre que l’encre ait définitivement séché pour pouvoir tirer des conclusions définitives.

Air France : les syndicats demandaient entre 3,5 % et 2 % de hausse des salaires

"Air France a une situation bien particulière par rapport à d'autres compagnies et entreprises.

Tous les quatre ou cinq ans, nous avons des négociations d’accords collectifs catégoriels qui entraînent une hausse des salaires annualisée, grâce à l'ancienneté.

Puis, chaque année, nous avons des NAO qui s'attardent sur la question des salaires et des contreparties salariales, pour l'ensemble des effectifs.


Nous n'attendions pas vraiment grand-chose de ces NAO.

Nous avons eu des demandes sociales qui n'ont pas été entendues, mais un accord a quand même été signé,
" nous recontextualise Stéphane Slamon, le président et secrétaire général du SNPNC FO.

Malgré des marges de manœuvre limitées et sans connaître exactement les comptes de l'année 2025, la CFE-CGC souhaitait, de son côté, une revalorisation salariale de 3,5%, décorrélée de toutes les mesures exceptionnelles, afin de compenser l'inflation.

L'UNSA espérait, elle, une augmentation de 2,5%, avec un minimum de 80 euros mensuel pour soutenir les plus bas salaires.

De son côté, la CGT a dénoncé des "propositions méprisantes de la direction". Celle-ci a proposé, dans un premier temps, une hausse des salaires de 0,5%, contre les 2% minimum exigés par le syndicat.

Dans ce genre de négociations, tout est une question de posture et de communication.

L'UNAC a aussi rappelé que les NAO n'avaient pas pour seul but d'évoquer la thématique de la rémunération, mais qu'elles étaient aussi l'occasion d'aborder des questions plus sociales, comme le financement de la cotisation mutuelle, le budget du CSE, ou encore les billets à tarif réduit exclusivement réservés aux salariés.

Des demandes qui ont été refusées, comme pour d'autres syndicats d'ailleurs.

NAO Air France : la direction estime que les mesures couvrent l'inflation

La direction de la compagnie met en avant l'endettement du groupe, afin de cantonner dans des proportions raisonnables les revendications des représentants du personnel.

Dans ce genre d'exercice, chacun est dans son rôle et campe, bien souvent, sur ses positions.

Les uns veulent montrer les muscles pour rassurer leurs adhérents, tandis que les autres ne veulent pas voir les finances glisser dangereusement et cherchent à maîtriser leurs coûts.

Finalement, malgré les désaccords et après trois réunions, le SNPNC/FO, l’UNPNC CFDT et la CFE-CGC ont signé le protocole d’accord sur les NAO.

Ce document prévoit une hausse générale des salaires de +1% à partir du 1er avril 2026. Par ailleurs, la rémunération brute minimale annuelle passera de 27 750 à 30 000 euros.

La prime uniforme (rien à voir avec le costume, cela signifie simplement qu’elle est versée à tout le monde) sera, quant à elle, augmentée de 300 euros, pour atteindre 1 800 euros par PNC, dont 200 € intégrés au salaire.

"Cela pérennise la mesure. Les discussions n'ont pas été trop difficiles, même si nous espérions avoir un peu plus. Nous reviendrons à la charge lors d'autres négociations catégorielles, notamment concernant les PNC," explique le syndicaliste.

À cela s'ajoutent aussi divers remboursements pour les salariés qui se rendent à leur travail en train, bus ou autres transports en commun. D'après la direction, l'ensemble des mesures représente une hausse globale de la rémunération de 3%, censée couvrir l'inflation.

NAO Air France : l'UNAC souhaite torpiller l'accord !

Si les discussions n'ont pas donné lieu à une bataille médiatique, des crispations internes pourraient bien freiner la mise en place des NAO.

Nous avons appris que l'UNAC a contesté la signature de la CFE-CGC.

L'UNAC, syndicat historique représentant les personnels navigants d’Air France, Hop et EasyJet et la CFE-CGC Air France, un syndicat qui représente exclusivement les personnels au sol sont tous deux affiliés à la CFE-CGC.

Comme le rapportent nos confrères]b de France Info, des tensions secouent ce syndicat.

Les deux entités UNAC et CFE-CGC sont chapeautées par la FNEMA. Sauf que cette dernière est considérée comme trop proche de la direction de la compagnie, selon l'UNAC.

Une guéguerre interne s’est déclenchée en 2024, lorsque cet organisme de représentation des salariés dépose un préavis de grève, à l'initiative de Fabrice Jaudinaud, le responsable de section à l'UNAC.

Il se retrouve alors en opposition avec Laurence Demigné, la secrétaire générale de la CFE-CGC Air France et trésorière de la FNEMA. C'est d'ailleurs cette dernière qui a signé l'accord des NAO.

Et ce conflit interne explique le blocage que connaît actuellement Air France sur le plan social.

Vers une action en justice pour faire invalider les NAO ?

"Le dialogue social est compliqué, car les réunions ont du mal à se tenir, les CSE ont du mal à fonctionner. La situation est un peu agaçante," nous résume un autre syndicaliste.

Et tout juste après la signature des syndicats offrant une majorité à l'accord, l'UNAC a adressé une lettre au directeur général adjoint des ressources humaines, le sommant de ne pas reconnaître le paraphe de la... CFE-CGC.

Le courrier, signé par Yanis Djerrad, affirme que l'actuel secrétaire général de l'UNAC a été reconnu par le tribunal de Bobigny comme le mandataire officiel de la CFE-CGC au niveau central (pas seulement PNC), et qu'à ce titre, il serait le seul à pouvoir signer, au nom du syndicat, des accords collectifs de travail.

Laurence Demigné a malgré tout été reçue par la direction, pour engager la CFE-CGC dans le cadre des NAO.

"Cette signature n'engage nullement le syndicat et l'accord, de ce fait, n'est pas majoritaire et doit, faute d'organisation du référendum prévu par la loi, être réputé non écrit," affirme Yanis Djerrad, dans la lettre que nous avons pu consulter.

Il demande, dans le courrier, au DRH adjoint de ne plus reconnaître la CFE-CGC comme signataire, ce qui requalifierait l’accord en accord minoritaire.

Si tel n’est pas le cas, l’UNAC menace d’engager une action en justice.

Ainsi va la vie des grandes entreprises, ballotées entre guerres syndicales, manigances pour affaiblir telle ou telle structure, et tentatives de faire émerger un dialogue social plus favorable au business.

Reste à savoir jusqu’où ira le syndicat pour faire entendre sa voix, alors même que la direction peut faire appliquer l’accord via une décision unilatérale de l’employeur, possible en cas de NAO mieux-disantes.


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