C’est presque un ouf de soulagement avant la prochaine épreuve de feu.
L’angoisse du projet de loi de finances 2026 (PLF 26) est passée, aussi bien pour Sébastien Lecornu que pour l’écosystème économique du pays.
Vivant dans la crainte d’une explosion des taxes en tout genre, les professionnels du tourisme ont eu peur… et sont finalement rassurés.
Il aura finalement épargné le secteur.
Il y a eu des craintes par rapport à une hausse généralisée de la taxe de séjour et de ses taxes additionnelles… elle n’aura pas lieu.
De même, alors que, dans sa version initiale, le texte prévoyait que les compléments de salaire, comme les titres-restaurant ou les chèques-vacances, subissent l’introduction d’une contribution patronale de 8%, Lecornu II a finalement exonéré ces avantages sociaux.
Si le secteur n’est pas nommément cité, ce n’est pas le cas pour l’aérien, qui bénéficie d’un certain nombre de cadeaux.
Nous avons lu et analysé les 458 pages du budget tricolore, un réel plaisir, et voici ce que nous en retenons.
L’angoisse du projet de loi de finances 2026 (PLF 26) est passée, aussi bien pour Sébastien Lecornu que pour l’écosystème économique du pays.
Vivant dans la crainte d’une explosion des taxes en tout genre, les professionnels du tourisme ont eu peur… et sont finalement rassurés.
Il aura finalement épargné le secteur.
Il y a eu des craintes par rapport à une hausse généralisée de la taxe de séjour et de ses taxes additionnelles… elle n’aura pas lieu.
De même, alors que, dans sa version initiale, le texte prévoyait que les compléments de salaire, comme les titres-restaurant ou les chèques-vacances, subissent l’introduction d’une contribution patronale de 8%, Lecornu II a finalement exonéré ces avantages sociaux.
Si le secteur n’est pas nommément cité, ce n’est pas le cas pour l’aérien, qui bénéficie d’un certain nombre de cadeaux.
Nous avons lu et analysé les 458 pages du budget tricolore, un réel plaisir, et voici ce que nous en retenons.
Air France : un cadeau à 728 millions d'euros
Comme nous vous l’annoncions courant janvier, le gouvernement, bien que dans une logique de réduction des dépenses, a décidé de faire un cadeau à Air France.
Le 21 novembre 2025, Roland Lescure a déposé l’amendement n° II-3592 prévoyant d’abandonner tout ou partie des créances détenues sur la société Air France - KLM ou sur la société Air France.
Et après le passage en force de l’Exécutif, cette disposition a bien été inscrite au PLF 26.
Dans le texte final, il est stipulé que le "ministre chargé de l’Economie est autorisé à abandonner tout ou partie des créances détenues sur la société Air France-KLM ou sur la société Air France, au titre des titres super-subordonnés souscrits par l’État en 2023 et imputés sur le compte d’affectation spéciale « Participations financières de l’État », à hauteur de 727,8 millions d’euros en capital."
Cette décision d’abandonner des créances sera prise par arrêté ministériel.
Une largesse budgétaire qui a été validée par l’Europe, dans le cadre de la décision SA.104957 de la Commission européenne. Elle autorise la France à indemniser la compagnie dans le cadre des préjudices subis lors de la crise sanitaire.
Air France : une décision qui n'aura "aucun impact sur sa trajectoire financière"
Il y a maintenant trois ans, Bruxelles avait validé un plan d’aides français à hauteur de 1,4 milliard d’euros.
Ce montant ne pouvant pas être dépassé.
Une indemnisation pour le préjudice subi entre le 17 mars et le 30 juin 2020, à cause des restrictions de voyages mises en place pendant le covid-19. Rappelons que ce milliard ne fut pas le seul coup de pouce à la dérive tricolore pour passer la crise.
Sept milliards ont été versés pour faire face aux besoins de liquidités d’une entreprise qui employait alors 52 000 salariés et plusieurs centaines d’avions, pour des rentrées d’argent modiques.
Une partie de ces aides a été transformée en participation de l’État.
Cela s’est fait en partie sous la forme de prêts qui auraient rapporté, selon Les Échos, 650 millions d’euros aux finances françaises.
Les concurrents européens, dont Ryanair, avaient attaqué en justice ces décisions, prétextant une concurrence déloyale. Le Tribunal de l’Union européenne avait alors annulé ces aides accordées en 2020, avant de les réapprouver en juillet 2024.
Que le gouvernement aide des entreprises, ce n’est pas nouveau et ce n'est pas un problème loin de là.
En revanche, le timing peut questionner, puisque la crise sanitaire est un lointain souvenir. Dans un mois, le monde célébrera le triste 6e anniversaire de la pandémie.
Est-ce une façon d’amortir la forte hausse de la Taxe de solidarité sur les billets d’avion survenue l’année dernière ? Ou la possibilité offerte à la société de se délester de 728 millions d’euros de dettes, afin d’être plus présentable auprès des banques et autres institutions financières, pour mener à bien le plan d’expansion souhaité par Benjamin Smith ?
Ce montant ne pouvant pas être dépassé.
Une indemnisation pour le préjudice subi entre le 17 mars et le 30 juin 2020, à cause des restrictions de voyages mises en place pendant le covid-19. Rappelons que ce milliard ne fut pas le seul coup de pouce à la dérive tricolore pour passer la crise.
Sept milliards ont été versés pour faire face aux besoins de liquidités d’une entreprise qui employait alors 52 000 salariés et plusieurs centaines d’avions, pour des rentrées d’argent modiques.
Une partie de ces aides a été transformée en participation de l’État.
Cela s’est fait en partie sous la forme de prêts qui auraient rapporté, selon Les Échos, 650 millions d’euros aux finances françaises.
Les concurrents européens, dont Ryanair, avaient attaqué en justice ces décisions, prétextant une concurrence déloyale. Le Tribunal de l’Union européenne avait alors annulé ces aides accordées en 2020, avant de les réapprouver en juillet 2024.
Que le gouvernement aide des entreprises, ce n’est pas nouveau et ce n'est pas un problème loin de là.
En revanche, le timing peut questionner, puisque la crise sanitaire est un lointain souvenir. Dans un mois, le monde célébrera le triste 6e anniversaire de la pandémie.
Est-ce une façon d’amortir la forte hausse de la Taxe de solidarité sur les billets d’avion survenue l’année dernière ? Ou la possibilité offerte à la société de se délester de 728 millions d’euros de dettes, afin d’être plus présentable auprès des banques et autres institutions financières, pour mener à bien le plan d’expansion souhaité par Benjamin Smith ?
La France se sert dans les caisses d’une taxe aérienne
Dans le dernier bilan comptable publié, la dette financière du transporteur national est de 2,047 milliards d’euros, quand le report à nouveau est déficitaire de 3,108 milliards d’euros.
"Air France-KLM n’anticipe aucun impact sur sa trajectoire financière si cette option venait à être exercée par l’État français," nous confie un porte-parole de la compagnie.
En fin d’année dernière, la France a été plutôt généreuse avec nos transporteurs, puisque, outre le cadeau fait à sa principale dérive, Corsair a bénéficié d’un plan de restructuration prévoyant un coup de pouce de l’État de 168 millions d’euros.
Ce geste vis-à-vis de la compagnie des Outre-mer n’apparaît pas dans le PLF 26. Le gouvernement devra trouver une autre façon d’honorer sa promesse, sans doute par un arrêté ministériel.
En revanche, dans le document final, il n’est plus question de l’amendement poussé par Air France visant à soutenir les transporteurs qui souhaitaient renouveler leur flotte, en déduisant de leurs résultats imposables annuels une somme équivalente à 30 % de la valeur des avions neufs, même ceux en location.
Ce "superbe cadeau" n’a pas été retenu par Sébastien Lecornu.
Par contre, le gouvernement n’a pas hésité à se servir dans les caisses, trop pleines, de la taxe sur les nuisances sonores aériennes (TNSA).
A lire : PLF 26 : Quand l'Etat tape dans les caisses trop pleines d'une taxe aérienne !
Le stock est alors proche de 170 millions, selon le Sénat. Et face à des demandes d’indemnisation qui tournent au ralenti (24,4 millions d’euros en 2024, contre 46,3 millions de recettes) et des ressources attendues à hauteur de 48,8 millions d’euros, l’exécutif a préféré se servir.
Le prélèvement, versé au compte de l’État français, est prévu pour ne pas dépasser 35 millions d’euros.
"Air France-KLM n’anticipe aucun impact sur sa trajectoire financière si cette option venait à être exercée par l’État français," nous confie un porte-parole de la compagnie.
En fin d’année dernière, la France a été plutôt généreuse avec nos transporteurs, puisque, outre le cadeau fait à sa principale dérive, Corsair a bénéficié d’un plan de restructuration prévoyant un coup de pouce de l’État de 168 millions d’euros.
Ce geste vis-à-vis de la compagnie des Outre-mer n’apparaît pas dans le PLF 26. Le gouvernement devra trouver une autre façon d’honorer sa promesse, sans doute par un arrêté ministériel.
En revanche, dans le document final, il n’est plus question de l’amendement poussé par Air France visant à soutenir les transporteurs qui souhaitaient renouveler leur flotte, en déduisant de leurs résultats imposables annuels une somme équivalente à 30 % de la valeur des avions neufs, même ceux en location.
Ce "superbe cadeau" n’a pas été retenu par Sébastien Lecornu.
Par contre, le gouvernement n’a pas hésité à se servir dans les caisses, trop pleines, de la taxe sur les nuisances sonores aériennes (TNSA).
A lire : PLF 26 : Quand l'Etat tape dans les caisses trop pleines d'une taxe aérienne !
Le stock est alors proche de 170 millions, selon le Sénat. Et face à des demandes d’indemnisation qui tournent au ralenti (24,4 millions d’euros en 2024, contre 46,3 millions de recettes) et des ressources attendues à hauteur de 48,8 millions d’euros, l’exécutif a préféré se servir.
Le prélèvement, versé au compte de l’État français, est prévu pour ne pas dépasser 35 millions d’euros.
PLF 26 : le plan de soutien aux aéroports français
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De plus, le PLF a prévu de venir en aide aux aéroports français.
Ainsi, il a été prévu de permettre aux aérodromes de classe 2 de pouvoir augmenter leur tarif de sûreté et de sécurité d’un euro. Les grands aéroports de province que sont Bordeaux, Lyon, Nantes, Nice, Marseille et Toulouse verront le plafond de cette taxation passer de 9,5 à 10,5 euros.
De quoi permettre à ces structures, si elles le souhaitent et le peuvent, d’accroître leurs recettes, même si la concurrence entre elles rend ces hausses parfois compliquées.
Ce n’est pas le seul soutien étatique vis-à-vis de l’écosystème aéroportuaire.
Comme nous vous le révélions le mois dernier, une nouvelle sous-catégorie d’aéroport a été créée.
Dans le cadre de l’anticipation de la fin programmée du mécanisme d’apurement des déficits de sûreté-sécurité par la DGAC, le gouvernement a créé la classe 3 bis, qui accueillera donc entre 5 001 et 1 000 000 passagers par an.
Il y a actuellement trois classes.
Avec l’introduction de cette nouvelle sous-catégorie, les structures concernées seront alors exclues du dispositif prévoyant la suppression du mécanisme d’apurement, qui aurait pu peser jusqu’à 15 millions d’euros pour un aéroport comme Clermont-Ferrand, ce qui aurait entraîné sa fermeture.
Alors, même si le pavillon français décline, l’État français se démène pour lui maintenir la tête hors de l’eau, même dans une période aussi compliquée politiquement et financièrement.
Ainsi, il a été prévu de permettre aux aérodromes de classe 2 de pouvoir augmenter leur tarif de sûreté et de sécurité d’un euro. Les grands aéroports de province que sont Bordeaux, Lyon, Nantes, Nice, Marseille et Toulouse verront le plafond de cette taxation passer de 9,5 à 10,5 euros.
De quoi permettre à ces structures, si elles le souhaitent et le peuvent, d’accroître leurs recettes, même si la concurrence entre elles rend ces hausses parfois compliquées.
Ce n’est pas le seul soutien étatique vis-à-vis de l’écosystème aéroportuaire.
Comme nous vous le révélions le mois dernier, une nouvelle sous-catégorie d’aéroport a été créée.
Dans le cadre de l’anticipation de la fin programmée du mécanisme d’apurement des déficits de sûreté-sécurité par la DGAC, le gouvernement a créé la classe 3 bis, qui accueillera donc entre 5 001 et 1 000 000 passagers par an.
Il y a actuellement trois classes.
Avec l’introduction de cette nouvelle sous-catégorie, les structures concernées seront alors exclues du dispositif prévoyant la suppression du mécanisme d’apurement, qui aurait pu peser jusqu’à 15 millions d’euros pour un aéroport comme Clermont-Ferrand, ce qui aurait entraîné sa fermeture.
Alors, même si le pavillon français décline, l’État français se démène pour lui maintenir la tête hors de l’eau, même dans une période aussi compliquée politiquement et financièrement.







Publié par Romain Pommier 















