Mercredi 21 janvier à Paris. Autour de Ben Smith et de gauche à droite, Florence Parly, Anne Rigail et Marjan Rintel - Photo : C. Hardin
Au cœur de la magnifique exposition « 1925-2025. Cent ans d’Art Déco » au Musée des Arts décoratifs de Paris, le groupe Air France - KLM avait réservé un espace, ce mercredi 21 janvier 2026, pour présenter ses vœux à ses invités.
Pour l’occasion, et à quelques mètres des salles où sont exposées des parties de légendaires paquebots - tels que le Normandie - ou de trains avec un wagon de l’Orient-Express, chefs-d’œuvre d’esthétisme et d’élégance, était venu se glisser une grande maquette de l’iconique Concorde qui, il y a 50 ans, s’envolait pour la première fois pour un vol commercial.
Avec ses formes fuselées, ses lignes tendues et son élégance, il ne dépareillait pas parmi ces magnifiques objets au design incomparable.
Ben Smith, le directeur général, Florence Parly, la nouvelle présidente du Conseil d’administration du groupe, Anne Rigail, la directrice générale d’Air France et Marjan Rintel, présidente du Directoire et directrice générale de KLM se sont, tour à tour, exprimés brièvement et ont chacun dit quelques mots de la conjoncture et des projets du Groupe avec un ton, la plupart du temps, assez offensif.
Pour l’occasion, et à quelques mètres des salles où sont exposées des parties de légendaires paquebots - tels que le Normandie - ou de trains avec un wagon de l’Orient-Express, chefs-d’œuvre d’esthétisme et d’élégance, était venu se glisser une grande maquette de l’iconique Concorde qui, il y a 50 ans, s’envolait pour la première fois pour un vol commercial.
Avec ses formes fuselées, ses lignes tendues et son élégance, il ne dépareillait pas parmi ces magnifiques objets au design incomparable.
Ben Smith, le directeur général, Florence Parly, la nouvelle présidente du Conseil d’administration du groupe, Anne Rigail, la directrice générale d’Air France et Marjan Rintel, présidente du Directoire et directrice générale de KLM se sont, tour à tour, exprimés brièvement et ont chacun dit quelques mots de la conjoncture et des projets du Groupe avec un ton, la plupart du temps, assez offensif.
« Poursuivre notre transformation et continuer d'investir »
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Florence Parly, après avoir rendu hommage à sa prédécesseuse Anne-Marie Couderc, a insisté sur la poursuite de la transformation du groupe et la nécessité de toujours et encore investir.
« Nous sommes dans un contexte marqué par énormément d'incertitude et le groupe a fait le choix d'une stratégie claire, ambitieuse, qui a été mise en œuvre avec énormément de constance et de détermination.
Nous avons choisi d'agir et de poursuivre notre transformation et de continuer d'investir. Cette constance nous a permis de nous consolider et de jouer pleinement notre rôle qui est de connecter les peuples.
À un moment où les frontières se referment, c'est un point important, ainsi que de contribuer à la souveraineté et de soutenir l'économie de nos pays, et plus largement de l’Europe, » a-t-elle déclaré.
« Nous sommes dans un contexte marqué par énormément d'incertitude et le groupe a fait le choix d'une stratégie claire, ambitieuse, qui a été mise en œuvre avec énormément de constance et de détermination.
Nous avons choisi d'agir et de poursuivre notre transformation et de continuer d'investir. Cette constance nous a permis de nous consolider et de jouer pleinement notre rôle qui est de connecter les peuples.
À un moment où les frontières se referment, c'est un point important, ainsi que de contribuer à la souveraineté et de soutenir l'économie de nos pays, et plus largement de l’Europe, » a-t-elle déclaré.
Ben Smith hausse le ton
Ben Smith a enchaîné avec, et c’est à noter, un ton plus grave qu’à l’accoutumée et qui semblait traduire cette prise de conscience en Europe, que face à la loi du plus fort, il va falloir sortir de la naïveté et mieux se défendre.
Le ton et les propos du directeur général semblaient faire écho aux discours des Européens entendus la veille au sommet économique de Davos, pour une Europe qui doit désormais mieux se faire respecter, mais aussi faire preuve de réalisme.
Ben Smith a parlé cash. Revenant sur les tensions politiques, il a interpellé les politiques. « Je veux que les conséquences concrètes de ces tensions soient pleinement intégrées dans les décisions publiques au plus haut niveau, afin de garantir des règles du jeu équitables.
En 2005, nous avons eu l’occasion de le dire avec force, la souveraineté de l’Europe passe par l'action et la défense de nos intérêts face à des acteurs extérieurs qui ne cachent pas leurs ambitions.
Nous considérons que les 69 000 emplois directs et les 71 milliards d'euros de retombées économiques générées chaque année en France et aux Pays-Bas ne peuvent être considérés pour acquis.
Dans ce contexte, Air France - KLM n'est pas seulement un acteur économique, c'est un outil stratégique, exemplaire et engagé, partenaire de nos États qui sont aussi nos actionnaires. »
Lire aussi : Air France : l'État efface les dettes, les sénateurs font un super cadeau !
Un message dont chacun aura compris qu’il visait une fiscalité punitive et une frilosité quant au manque de régulation à l’encontre des compagnies du Golfe.
Ben Smith s’est voulu aussi conquérant en espérant que son groupe pourrait s'agrandir et inclure jusqu'à deux compagnies aériennes supplémentaires cette année avec l'approbation des autorités de régulation pour sa prise de participation majoritaire dans la compagnie SAS au cours du second semestre, et l’espérance d'une victoire dans la bataille franco-allemande de la privatisation de TAP Portugal.
Le ton et les propos du directeur général semblaient faire écho aux discours des Européens entendus la veille au sommet économique de Davos, pour une Europe qui doit désormais mieux se faire respecter, mais aussi faire preuve de réalisme.
Ben Smith a parlé cash. Revenant sur les tensions politiques, il a interpellé les politiques. « Je veux que les conséquences concrètes de ces tensions soient pleinement intégrées dans les décisions publiques au plus haut niveau, afin de garantir des règles du jeu équitables.
En 2005, nous avons eu l’occasion de le dire avec force, la souveraineté de l’Europe passe par l'action et la défense de nos intérêts face à des acteurs extérieurs qui ne cachent pas leurs ambitions.
Nous considérons que les 69 000 emplois directs et les 71 milliards d'euros de retombées économiques générées chaque année en France et aux Pays-Bas ne peuvent être considérés pour acquis.
Dans ce contexte, Air France - KLM n'est pas seulement un acteur économique, c'est un outil stratégique, exemplaire et engagé, partenaire de nos États qui sont aussi nos actionnaires. »
Lire aussi : Air France : l'État efface les dettes, les sénateurs font un super cadeau !
Un message dont chacun aura compris qu’il visait une fiscalité punitive et une frilosité quant au manque de régulation à l’encontre des compagnies du Golfe.
Ben Smith s’est voulu aussi conquérant en espérant que son groupe pourrait s'agrandir et inclure jusqu'à deux compagnies aériennes supplémentaires cette année avec l'approbation des autorités de régulation pour sa prise de participation majoritaire dans la compagnie SAS au cours du second semestre, et l’espérance d'une victoire dans la bataille franco-allemande de la privatisation de TAP Portugal.
KLM : compétitivité en danger
Côté KLM, Marjan Rintel, présidente du Directoire et directrice générale de KLM a semblé, elle aussi, monter le ton envers l’État néerlandais et les dirigeants de l’aéroport de Schipol où est basée la compagnie.
Rappelant que sa compagnie était un moteur clé de l’économie, elle a exhorté le gouvernement à s’investir avec l’entreprise pour améliorer le futur du secteur aérien aux Pays-Bas.
« Les mesures comme la réduction de la capacité de Schiphol, les impôts sur les compagnies et les taxes d’aéroports augmentés, mettent notre compétitive en danger. Quand les prix augmentent, les gens changent simplement d’aéroports dans d’autres pays, ce qui empêche notre connectivité et fait mal à notre économie. »
Et d’envoyer ce message bien senti : « Nous ne demandons pas à notre gouvernement ce qu'il peut faire pour notre compagnie, mais ce qu’il peut faire pour son pays et son peuple. »
Rappelant que sa compagnie était un moteur clé de l’économie, elle a exhorté le gouvernement à s’investir avec l’entreprise pour améliorer le futur du secteur aérien aux Pays-Bas.
« Les mesures comme la réduction de la capacité de Schiphol, les impôts sur les compagnies et les taxes d’aéroports augmentés, mettent notre compétitive en danger. Quand les prix augmentent, les gens changent simplement d’aéroports dans d’autres pays, ce qui empêche notre connectivité et fait mal à notre économie. »
Et d’envoyer ce message bien senti : « Nous ne demandons pas à notre gouvernement ce qu'il peut faire pour notre compagnie, mais ce qu’il peut faire pour son pays et son peuple. »
Air France : des succès et des vents contraires en 2025
Anne Rigail, quant à elle, a souhaité rappeler quelques faits marquants de l’année 2025, tels que le lancement de la nouvelle cabine « La Première » qui se déploiera bientôt à Tokyo et Abidjan, le succès de l’offre « Air France Holidays », le lancement réussi du Wi-Fi haut débit gratuit en vol.
Également, elle a évoqué le renforcement des partenariats avec le groupe ADP et le dispositif « Short Connexion » et également celui avec la SNCF avec, désormais, la possibilité d'offrir aux clients d’Air France de convertir leurs mails dans des bons d’achat SNCF avec, depuis quelques jours, l’extension de cette offre sur les trains OUIGO.
Anne Rigail a aussi voulu souligner la poursuite du renouvellement de la flotte, en passant le cap des 40 Airbus A350 et des 50 Airbus A220.
Elle s’est également félicitée de l’embauche en 2025, de 1 200 nouveaux collaborateurs, permettant à Air France de conforter sa place de premier employeur privé en Île-de-France.
Des « vents contraires », il y en a eu aussi en 2025. Évoquant les tensions politiques, elle a indiqué la difficulté désormais pour les opérations en vol pour définir des plans de vol sur des cartes « constellées de zones rouges ».
Les incertitudes sur le plan économique et politique ont généré aussi un peu d’attentisme quant aux réservations. « Pour autant, je crois qu'on a appris à être agiles pendant la Covid, et nous le somme restés. On a su adapter nos capacités au fur et à mesure de toutes ces évolutions. »
Également, elle a évoqué le renforcement des partenariats avec le groupe ADP et le dispositif « Short Connexion » et également celui avec la SNCF avec, désormais, la possibilité d'offrir aux clients d’Air France de convertir leurs mails dans des bons d’achat SNCF avec, depuis quelques jours, l’extension de cette offre sur les trains OUIGO.
Anne Rigail a aussi voulu souligner la poursuite du renouvellement de la flotte, en passant le cap des 40 Airbus A350 et des 50 Airbus A220.
Elle s’est également félicitée de l’embauche en 2025, de 1 200 nouveaux collaborateurs, permettant à Air France de conforter sa place de premier employeur privé en Île-de-France.
Des « vents contraires », il y en a eu aussi en 2025. Évoquant les tensions politiques, elle a indiqué la difficulté désormais pour les opérations en vol pour définir des plans de vol sur des cartes « constellées de zones rouges ».
Les incertitudes sur le plan économique et politique ont généré aussi un peu d’attentisme quant aux réservations. « Pour autant, je crois qu'on a appris à être agiles pendant la Covid, et nous le somme restés. On a su adapter nos capacités au fur et à mesure de toutes ces évolutions. »
Les défis de 2026
En 2026, Air France célèbrera le cinquantenaire du premier vol commercial du Concorde - Photo : C. Hardin
En 2026, Anne Rigail a annoncé qu’Air France allait poursuivre sa stratégie avec, aussi, des célébrations telles que les 50 ans du Concorde et les 30 ans du hub de Paris Charles de Gaulle.
Cependant, la grande affaire de 2026 reste le transfert, au printemps prochain, de l’ensemble des opérations de la compagnie sur l’aéroport Charles de Gaulle.
Transavia deviendra donc l’opérateur de référence sur l’aéroport d’Orly en reprenant notamment les liaisons d'Orly vers Nice, Toulouse, et Marseille, alors qu’Air France continuera d’assurer la desserte de ces trois destinations depuis Roissy, avec des fréquences qui ont été très significativement augmentées.
Grand chantier en 2026 également, se donner les moyens de tirer pleinement partie de l’incontournable intelligence artificielle et de ses avancées.
Celle-ci devrait continuer à se déployer particulièrement pour aider à construire des plans de vol plus économes en pétrole, améliorer encore les circuits bagages et mieux personnaliser la relation avec les clients.
Cette stratégie qui se poursuit pour le groupe Air France - KLM est-elle gagnante et permet-elle de lutter efficacement contre les « vents contraires » ?
Début de réponses en février, quand le groupe annoncera ses résultats.
Cependant, la grande affaire de 2026 reste le transfert, au printemps prochain, de l’ensemble des opérations de la compagnie sur l’aéroport Charles de Gaulle.
Transavia deviendra donc l’opérateur de référence sur l’aéroport d’Orly en reprenant notamment les liaisons d'Orly vers Nice, Toulouse, et Marseille, alors qu’Air France continuera d’assurer la desserte de ces trois destinations depuis Roissy, avec des fréquences qui ont été très significativement augmentées.
Grand chantier en 2026 également, se donner les moyens de tirer pleinement partie de l’incontournable intelligence artificielle et de ses avancées.
Celle-ci devrait continuer à se déployer particulièrement pour aider à construire des plans de vol plus économes en pétrole, améliorer encore les circuits bagages et mieux personnaliser la relation avec les clients.
Cette stratégie qui se poursuit pour le groupe Air France - KLM est-elle gagnante et permet-elle de lutter efficacement contre les « vents contraires » ?
Début de réponses en février, quand le groupe annoncera ses résultats.
Publié par Christophe Hardin
Journaliste AirMaG - TourMaG.com
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