Les prix des vols affrétés par la France ne couvrent pas le coût de l’opération (Photo d’illustration) - Depositphotos @VanderWolf Images
Depuis samedi dernier, le Golfe est entré dans le chaos.
Israël, appuyé par les États-Unis, a attaqué l’Iran, alors même que, la veille, des tractations sur le programme nucléaire du pays se poursuivaient et que les parties prenantes étaient même proche d’un accord.
Finalement, il n’aura pas lieu, et Téhéran, comme d’autres grandes villes de la République islamique, s’est réveillée le lendemain sous les bombes. En représailles, l’Iran a bombardé ses voisins, ciblant des bases militaires occidentales.
"Le Moyen-Orient est entré dans une escalade militaire sans précédent, extrêmement dangereuse, mais qui n’est pas surprenante", nous a confié un conseiller au Quai d’Orsay.
D’après l’analyse faite par le ministère français des Affaires étrangères de la situation, cette intervention est la suite presque "logique" de la confrontation régionale qui s’est ouverte le 7 octobre 2023, avec le massacre perpétré par le Hamas.
Ce nouvel épisode résulte, lui, plutôt d’une forme de frustration, devant ce qui a été perçu comme une impasse des négociations initiées par les États-Unis et l’Iran, aussi bien à Mascate qu’à Genève.
Le Quai d’Orsay, comme le président de la République, a rappelé que les frappes ont eu lieu en dehors du droit international, même si la responsabilité de cette escalade incombe au régime en place en Iran, puisque celui-ci viole "massivement" le droit international, "en développant un programme nucléaire illégal, clandestin, puis un programme balistique."
De plus, la République islamique a régulièrement violé les droits de l’homme, en réprimant avec violence en début d’année, des manifestations hostiles au pouvoir en place.
Une répression qui a entraîné plus de 30 000 morts et des dizaines de milliers d’arrestations.
Israël, appuyé par les États-Unis, a attaqué l’Iran, alors même que, la veille, des tractations sur le programme nucléaire du pays se poursuivaient et que les parties prenantes étaient même proche d’un accord.
Finalement, il n’aura pas lieu, et Téhéran, comme d’autres grandes villes de la République islamique, s’est réveillée le lendemain sous les bombes. En représailles, l’Iran a bombardé ses voisins, ciblant des bases militaires occidentales.
"Le Moyen-Orient est entré dans une escalade militaire sans précédent, extrêmement dangereuse, mais qui n’est pas surprenante", nous a confié un conseiller au Quai d’Orsay.
D’après l’analyse faite par le ministère français des Affaires étrangères de la situation, cette intervention est la suite presque "logique" de la confrontation régionale qui s’est ouverte le 7 octobre 2023, avec le massacre perpétré par le Hamas.
Ce nouvel épisode résulte, lui, plutôt d’une forme de frustration, devant ce qui a été perçu comme une impasse des négociations initiées par les États-Unis et l’Iran, aussi bien à Mascate qu’à Genève.
Le Quai d’Orsay, comme le président de la République, a rappelé que les frappes ont eu lieu en dehors du droit international, même si la responsabilité de cette escalade incombe au régime en place en Iran, puisque celui-ci viole "massivement" le droit international, "en développant un programme nucléaire illégal, clandestin, puis un programme balistique."
De plus, la République islamique a régulièrement violé les droits de l’homme, en réprimant avec violence en début d’année, des manifestations hostiles au pouvoir en place.
Une répression qui a entraîné plus de 30 000 morts et des dizaines de milliers d’arrestations.
Guerre en Iran : quel est l’avenir du conflit ?
Alors même que Benyamin Netanyahou semble disposé à prolonger la guerre pour atteindre son objectif : affaiblir durablement l’Iran, tout en renversant le régime, du côté de Donald Trump, les motivations paraissent plus floues et fluctuantes.
Au quatrième jour de l’opération "Fureur épique", le président américain a justifié les attaques par le spectre d’une guerre nucléaire qu’aurait déclenchée la République islamique, puisque celle-ci était, selon lui, à "un mois" de pouvoir "se doter d’une arme nucléaire".
Pourtant, en juin 2025, le même Donald Trump avait affirmé que "les installations d’enrichissement nucléaire de l’Iran ont été complètement et totalement détruites".
Et ce flou sur les intentions américaines habite aussi les équipes du Quai d’Orsay.
Elles reconnaissent que la mort du guide suprême est un bouleversement puisqu'il était la clé de voute du régime qu'il dirigeait depuis 1989.
L'opération est un succès tactique réel, comparable au succès tactique remporté par Israël lors de l'élimination de l'essentiel du leadership du Hezbollah en septembre-octobre 2024.
"Mais l’objectif stratégique de l’intervention militaire demeure encore incertain. Le président Trump et les membres de l’administration américaine ont multiplié les prises de parole, parfois contradictoires.
Il y a plus de clarté du côté israélien. Mais ce qui est assez frappant, dans les deux cas, c’est l’absence de vision claire de ce que peut être un scénario de sortie de crise.
On ne peut pas exclure une dissociation des objectifs, même si les deux parties insistent sur un point : leur unité complète dans cette crise.
Cette escalade régionale n’a pas de précédent et est porteuse de risques majeurs pour la sécurité de nos compatriotes, pour la sécurité de nos entreprises, pour la sécurité de nos partenaires, pour la stabilité de la région et pour l’économie mondiale,"estime cette même personne au Quai d’Orsay.
Au quatrième jour de l’opération "Fureur épique", le président américain a justifié les attaques par le spectre d’une guerre nucléaire qu’aurait déclenchée la République islamique, puisque celle-ci était, selon lui, à "un mois" de pouvoir "se doter d’une arme nucléaire".
Pourtant, en juin 2025, le même Donald Trump avait affirmé que "les installations d’enrichissement nucléaire de l’Iran ont été complètement et totalement détruites".
Et ce flou sur les intentions américaines habite aussi les équipes du Quai d’Orsay.
Elles reconnaissent que la mort du guide suprême est un bouleversement puisqu'il était la clé de voute du régime qu'il dirigeait depuis 1989.
L'opération est un succès tactique réel, comparable au succès tactique remporté par Israël lors de l'élimination de l'essentiel du leadership du Hezbollah en septembre-octobre 2024.
"Mais l’objectif stratégique de l’intervention militaire demeure encore incertain. Le président Trump et les membres de l’administration américaine ont multiplié les prises de parole, parfois contradictoires.
Il y a plus de clarté du côté israélien. Mais ce qui est assez frappant, dans les deux cas, c’est l’absence de vision claire de ce que peut être un scénario de sortie de crise.
On ne peut pas exclure une dissociation des objectifs, même si les deux parties insistent sur un point : leur unité complète dans cette crise.
Cette escalade régionale n’a pas de précédent et est porteuse de risques majeurs pour la sécurité de nos compatriotes, pour la sécurité de nos entreprises, pour la sécurité de nos partenaires, pour la stabilité de la région et pour l’économie mondiale,"estime cette même personne au Quai d’Orsay.
Guerre en Iran : 25 000 Français de passage bloqués dans la région
Face à cette situation, le gouvernement français a établi quatre grandes priorités.
La première est d’assurer la sécurité des 400 000 Français qui résident ou sont de passage dans les zones concernées par l’escalade de violence. Un dispositif renforcé a été mis en place à Paris, avec une cellule téléphonique de 40 répondants, joignable 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.
Cette cellule vient en soutien de celles de crise dans les ambassades françaises.
Plus de 7 000 appels ont été traités.
Les autres priorités sont d’apporter un soutien aux partenaires de la France frappés par le régime iranien — d’autant plus que des accords de coopération de défense sont en vigueur avec le Qatar, le Koweït, les Émirats arabes unis et le Bahreïn — puis de maintenir les intérêts économiques de notre pays, et enfin d’œuvrer à une sortie de crise.
D’après nos informations, environ 25 000 Français sont de passage. Ce constat découle des signalements effectués sur Fil d’Ariane.
Une partie d’entre eux ne demande pas, à ce stade, un retour en France.
Les premières opérations d’évacuation ont eu lieu hier, avec le vol Air France en provenance de Mascate.
A lire : Guerre au Moyen-Orient : la France va rapatrier des ressortissants français
Une centaine de Français ont pu être exfiltrés, notamment du personnel de la compagnie, des familles, de jeunes enfants, des femmes enceintes et une colonie de vacances, tous présents à Dubaï.
Ces opérations devraient s’intensifier dans les jours à venir.
La première est d’assurer la sécurité des 400 000 Français qui résident ou sont de passage dans les zones concernées par l’escalade de violence. Un dispositif renforcé a été mis en place à Paris, avec une cellule téléphonique de 40 répondants, joignable 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.
Cette cellule vient en soutien de celles de crise dans les ambassades françaises.
Plus de 7 000 appels ont été traités.
Les autres priorités sont d’apporter un soutien aux partenaires de la France frappés par le régime iranien — d’autant plus que des accords de coopération de défense sont en vigueur avec le Qatar, le Koweït, les Émirats arabes unis et le Bahreïn — puis de maintenir les intérêts économiques de notre pays, et enfin d’œuvrer à une sortie de crise.
D’après nos informations, environ 25 000 Français sont de passage. Ce constat découle des signalements effectués sur Fil d’Ariane.
Une partie d’entre eux ne demande pas, à ce stade, un retour en France.
Les premières opérations d’évacuation ont eu lieu hier, avec le vol Air France en provenance de Mascate.
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Une centaine de Français ont pu être exfiltrés, notamment du personnel de la compagnie, des familles, de jeunes enfants, des femmes enceintes et une colonie de vacances, tous présents à Dubaï.
Ces opérations devraient s’intensifier dans les jours à venir.
Guerre au Moyen-Orient : 385 Français devaient être évacués mercredi
Nous avons appris que mercredi 4 mars 2026, 180 personnes vont rentrer d’Abou Dabi par avion militaire, et 205 personnes ont pu rentrer depuis Tel Aviv, via Sharm el-Sheikh, sur un vol affrété par l'Etat Français.
"Nous embarquons en priorité, naturellement, les personnes les plus vulnérables.
Cela concerne essentiellement les gens qui présentent une vulnérabilité physique ou psychique. Nous parlons là des personnes âgées, des personnes qui reçoivent un traitement médical, des familles avec des enfants en bas âge et des femmes enceintes, etc.
L’État français prend aussi en compte les situations d’indigence," poursuit un conseiller du ministère des Affaires étrangères.
En revanche, pour nos compatriotes qui ne trouvent pas de solution pour rentrer en France depuis les Maldives, Bali ou le Sri Lanka, il va falloir prendre son mal en patience.
Le Quai d’Orsay a été clair : ils ne font pas partie des publics prioritaires, puisqu’ils sont éloignés des zones touchées par le conflit.
"Nous voyons apparaître, depuis quelques heures, des demandes en provenance de pays asiatiques, notamment la Thaïlande, donc des pays à forte fréquentation touristique, où les Français devaient rentrer chez eux en passant par les hubs du Moyen-Orient, notamment Dubaï.
Leur retour dépend du rythme de réouverture des espaces aériens.
Même s’ils rouvrent de manière très progressive, il y a un engorgement, les Français devront attendre là où ils se trouvent en Asie.
Il est évident que quelqu’un qui se trouve aujourd’hui à Bali ou en Thaïlande n’est pas dans la même situation d’urgence, sa sécurité n’est évidemment pas menacée de la même manière que celle de quelqu’un qui se trouve à Abou Dabi, Dubaï ou dans d’autres pays de la zone du Golfe", poursuit-on depuis le Quai d’Orsay.
"Nous embarquons en priorité, naturellement, les personnes les plus vulnérables.
Cela concerne essentiellement les gens qui présentent une vulnérabilité physique ou psychique. Nous parlons là des personnes âgées, des personnes qui reçoivent un traitement médical, des familles avec des enfants en bas âge et des femmes enceintes, etc.
L’État français prend aussi en compte les situations d’indigence," poursuit un conseiller du ministère des Affaires étrangères.
En revanche, pour nos compatriotes qui ne trouvent pas de solution pour rentrer en France depuis les Maldives, Bali ou le Sri Lanka, il va falloir prendre son mal en patience.
Le Quai d’Orsay a été clair : ils ne font pas partie des publics prioritaires, puisqu’ils sont éloignés des zones touchées par le conflit.
"Nous voyons apparaître, depuis quelques heures, des demandes en provenance de pays asiatiques, notamment la Thaïlande, donc des pays à forte fréquentation touristique, où les Français devaient rentrer chez eux en passant par les hubs du Moyen-Orient, notamment Dubaï.
Leur retour dépend du rythme de réouverture des espaces aériens.
Même s’ils rouvrent de manière très progressive, il y a un engorgement, les Français devront attendre là où ils se trouvent en Asie.
Il est évident que quelqu’un qui se trouve aujourd’hui à Bali ou en Thaïlande n’est pas dans la même situation d’urgence, sa sécurité n’est évidemment pas menacée de la même manière que celle de quelqu’un qui se trouve à Abou Dabi, Dubaï ou dans d’autres pays de la zone du Golfe", poursuit-on depuis le Quai d’Orsay.
Guerre au Moyen-Orient : les vols affrétés sont-ils payants ?
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Et ces vols affrétés par la France, qu’ils soient commerciaux ou militaires, ne sont pas sans frais pour les personnes bloquées sur place.
Le média Public a révélé que "le ministère des Affaires étrangères a contacté les Français vivant dans les pays du Golfe par message". Il leur proposait alors d’évacuer Dubaï, mardi 3 mars 2026, contre 680 euros par personne, payables une fois arrivés à Paris.
Le Quai d’Orsay ne confirme pas ce montant. Il valide, en revanche, le fait que ces vols sont bien facturés aux passagers qui les empruntent.
"Les vols sont payants, dès lors qu’il y a encore des vols commerciaux disponibles, comme c’est le cas au départ d’Arabie saoudite, d’Oman, ou au départ de la Jordanie et de l’Égypte.
De plus, si le gouvernement organise des affrètements pour différentes raisons, notamment pour traiter de manière préférentielle et prioritaire des populations, à l’image des publics vulnérables, dans ces circonstances-là, nous appliquons un tarif à ces vols affrétés.
Ces prix sont très en deçà de ceux pratiqués pour les vols commerciaux. L’idée n’est pas de couvrir le coût d’un affrètement, qui est très important : l’idée est simplement de ne pas entrer en concurrence frontale avec des activités privées", nous explique un responsable du ministère.
Pour le vol d’évacuation des Français bloqués en Israël, qui partira aujourd’hui depuis l’Égypte, le montant demandé était de 350 euros. Ce genre de pratique est courante dans ce type de situation, et les tarifs sont relativement similaires à ceux pratiqués par les pays voisins de la France.
Au moment où nous écrivons ces lignes, le nombre de nos compatriotes qui demandent à être évacués n’est pas encore exactement connu de l’administration.
D’après nos informations, des vols affrétés sont programmés au départ de Dubaï à partir de mardi prochain, sous réserve que la situation se stabilise.
Le média Public a révélé que "le ministère des Affaires étrangères a contacté les Français vivant dans les pays du Golfe par message". Il leur proposait alors d’évacuer Dubaï, mardi 3 mars 2026, contre 680 euros par personne, payables une fois arrivés à Paris.
Le Quai d’Orsay ne confirme pas ce montant. Il valide, en revanche, le fait que ces vols sont bien facturés aux passagers qui les empruntent.
"Les vols sont payants, dès lors qu’il y a encore des vols commerciaux disponibles, comme c’est le cas au départ d’Arabie saoudite, d’Oman, ou au départ de la Jordanie et de l’Égypte.
De plus, si le gouvernement organise des affrètements pour différentes raisons, notamment pour traiter de manière préférentielle et prioritaire des populations, à l’image des publics vulnérables, dans ces circonstances-là, nous appliquons un tarif à ces vols affrétés.
Ces prix sont très en deçà de ceux pratiqués pour les vols commerciaux. L’idée n’est pas de couvrir le coût d’un affrètement, qui est très important : l’idée est simplement de ne pas entrer en concurrence frontale avec des activités privées", nous explique un responsable du ministère.
Pour le vol d’évacuation des Français bloqués en Israël, qui partira aujourd’hui depuis l’Égypte, le montant demandé était de 350 euros. Ce genre de pratique est courante dans ce type de situation, et les tarifs sont relativement similaires à ceux pratiqués par les pays voisins de la France.
Au moment où nous écrivons ces lignes, le nombre de nos compatriotes qui demandent à être évacués n’est pas encore exactement connu de l’administration.
D’après nos informations, des vols affrétés sont programmés au départ de Dubaï à partir de mardi prochain, sous réserve que la situation se stabilise.






Publié par Romain Pommier 














