Depuis quelques années, Dubaï et le Qatar voisin sont devenus des destinations à la mode.
Grâce à leur excellente connectivité aérienne, à leurs offres hôtelières au rapport qualité-prix presque imbattable et à une sensation de grande sécurité… les Émirats se sont fait une place de choix dans les brochures des voyagistes présents dans les agences de voyages.
De même, les compagnies aériennes de ces États, parmi les meilleures du monde, sont plébiscitées par les voyageurs et sont devenues des incontournables pour voyager dans le Golfe et même en Asie.
La guerre en Iran a rappelé que la stabilité dans la zone reste précaire, mais aussi que les systèmes de défense ne sont plus forcément à jour face aux attaques de drones.
Depuis le week-end dernier, des milliers de voyageurs français et occidentaux se sont bloqués dans ce paradis sécuritaire, devenu depuis quelques jours un enfer.
"Nous avions des clients présents à Dubaï, comme sans doute de nombreuses agences de voyages françaises.
Une explosion a fait des blessés sur The Palm, un missile ou un drone est tombé sur l’hôtel Fairmont. Cela nous a fait peur, comme à nos clients.
Nous avons alors décidé, en accord avec eux, de les changer de lieu. Mais comme la situation continuait d’être tendue, nous avons pris le parti de les éloigner, en choisissant un camp en périphérie des centres urbains," nous confie Charly Verchere, le PDG de Colombus Voyages.
Grâce à leur excellente connectivité aérienne, à leurs offres hôtelières au rapport qualité-prix presque imbattable et à une sensation de grande sécurité… les Émirats se sont fait une place de choix dans les brochures des voyagistes présents dans les agences de voyages.
De même, les compagnies aériennes de ces États, parmi les meilleures du monde, sont plébiscitées par les voyageurs et sont devenues des incontournables pour voyager dans le Golfe et même en Asie.
La guerre en Iran a rappelé que la stabilité dans la zone reste précaire, mais aussi que les systèmes de défense ne sont plus forcément à jour face aux attaques de drones.
Depuis le week-end dernier, des milliers de voyageurs français et occidentaux se sont bloqués dans ce paradis sécuritaire, devenu depuis quelques jours un enfer.
"Nous avions des clients présents à Dubaï, comme sans doute de nombreuses agences de voyages françaises.
Une explosion a fait des blessés sur The Palm, un missile ou un drone est tombé sur l’hôtel Fairmont. Cela nous a fait peur, comme à nos clients.
Nous avons alors décidé, en accord avec eux, de les changer de lieu. Mais comme la situation continuait d’être tendue, nous avons pris le parti de les éloigner, en choisissant un camp en périphérie des centres urbains," nous confie Charly Verchere, le PDG de Colombus Voyages.
L’opération exfiltration par la route vers Oman
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Alors que tout le monde s’attendait à ce que le conflit se résolve vite, ou, du moins, que le calme revienne après seulement deux ou trois jours, cela n’a pas eu lieu.
L’Iran a préféré semer le chaos pour pousser les États-Unis à arrêter leur agression et les bombardements.
Sauf que ce moyen de pression ne semble pas faire plier Donald Trump et son allié israélien, qui n’entend pas négocier avec le reste de l’état-major iranien.
A lire : Crise pays du Golfe : le casse-tête kafkaïen des tour-opérateurs
Le dirigeant nîmois cherche alors des solutions pour exfiltrer la dizaine de touristes présents du côté de Dubaï.
"Nous avons rapidement compris que, depuis l’Émirat, les vols ne partiraient pas avant un moment.
Nous avons cherché des alternatives aux alentours. Les espaces aériens voisins encore ouverts n’étaient pas légion, et ne le sont toujours pas. Il nous restait Riyad, donc l’Arabie saoudite, et pour s’y rendre, il fallait transiter par Oman.
Sauf qu’aucun vol ne se dirigeait vers Mascate. Il a donc fallu trouver un transfert routier vers Mascate", poursuit celui qui n’a accepté de nous raconter son aventure qu’une fois ses clients bien arrivés en France.
Pour rejoindre la capitale du sultanat depuis celle des influenceurs, il faut compter cinq heures de voiture et un passage de frontière. De plus, il n’est pas possible de passer d’un pays à l’autre en conduisant une voiture qui n’est pas à son nom.
Il fallait donc trouver un chauffeur en mesure d’assurer l’opération.
L’Iran a préféré semer le chaos pour pousser les États-Unis à arrêter leur agression et les bombardements.
Sauf que ce moyen de pression ne semble pas faire plier Donald Trump et son allié israélien, qui n’entend pas négocier avec le reste de l’état-major iranien.
A lire : Crise pays du Golfe : le casse-tête kafkaïen des tour-opérateurs
Le dirigeant nîmois cherche alors des solutions pour exfiltrer la dizaine de touristes présents du côté de Dubaï.
"Nous avons rapidement compris que, depuis l’Émirat, les vols ne partiraient pas avant un moment.
Nous avons cherché des alternatives aux alentours. Les espaces aériens voisins encore ouverts n’étaient pas légion, et ne le sont toujours pas. Il nous restait Riyad, donc l’Arabie saoudite, et pour s’y rendre, il fallait transiter par Oman.
Sauf qu’aucun vol ne se dirigeait vers Mascate. Il a donc fallu trouver un transfert routier vers Mascate", poursuit celui qui n’a accepté de nous raconter son aventure qu’une fois ses clients bien arrivés en France.
Pour rejoindre la capitale du sultanat depuis celle des influenceurs, il faut compter cinq heures de voiture et un passage de frontière. De plus, il n’est pas possible de passer d’un pays à l’autre en conduisant une voiture qui n’est pas à son nom.
Il fallait donc trouver un chauffeur en mesure d’assurer l’opération.
"Nous avons tout annulé et refait" alors que la voiture se dirige vers Oman
Alors que le dirigeant passe des heures au téléphone pour mettre en place cette expédition de rapatriement, dès lundi, une possible reprise des vols est annoncée par l’ambassade de France aux Émirats arabes unis.
Une communication qui ajoute du flou au chaos ambiant.
"Je vais être honnête : j’ai eu peur comme jamais dans mon travail. Nous avions quand même la responsabilité de faire voler des gens depuis une zone de guerre.
Toute la nuit, j’ai actualisé la page du suivi du vol toutes les dix secondes. Nous étions très stressés, mais eux encore plus. Ce n’est pas quelque chose d’habituel pour nous.
D’autant que, alors que nous avions planifié l’opération en travaillant avec les réceptifs, les chauffeurs, etc., au même moment, des informations sortaient sur une reprise partielle des vols depuis Abou Dabi.
Les clients se questionnaient alors sur l’intérêt de passer par Oman. Ils ne voulaient pas nécessairement attendre, ni scinder le groupe de dix. La solution d’une reprise des vols n’en était finalement pas vraiment une.
Nous leur avons exposé la situation, au regard du peu d’informations que nous avions, et ils ont décidé de partir.."
Sauf qu'ils sont loin d'être seuls sur la route. Depuis quelques jours maintenant, de nombreuses personnes tentent de fuir par cette unique échappatoire.
Les routes sont surchargées et le passage aux frontières plus chaotique qu’à l’accoutumée.
"Nous avons donc prévu un transfert de nuit, dans un minibus. Les chauffeurs de Dubaï n’ont pas le droit de conduire à Oman. Notre réceptif, Didier Dhommée le directeur général d'Arabian Spirit, sur place a donc trouvé un autre véhicule de l’autre côté de la frontière.
À ce checkpoint, un guide attendait tout le monde pour assurer le passage.
Tout cela a donc eu lieu en pleine nuit, autour de 2 h du matin. Au même moment, l’ambassade américaine à Riyad a été bombardée par l’Iran. Notre groupe ne voulait alors plus transiter par l’Arabie saoudite," témoigne le dirigeant.
Une communication qui ajoute du flou au chaos ambiant.
"Je vais être honnête : j’ai eu peur comme jamais dans mon travail. Nous avions quand même la responsabilité de faire voler des gens depuis une zone de guerre.
Toute la nuit, j’ai actualisé la page du suivi du vol toutes les dix secondes. Nous étions très stressés, mais eux encore plus. Ce n’est pas quelque chose d’habituel pour nous.
D’autant que, alors que nous avions planifié l’opération en travaillant avec les réceptifs, les chauffeurs, etc., au même moment, des informations sortaient sur une reprise partielle des vols depuis Abou Dabi.
Les clients se questionnaient alors sur l’intérêt de passer par Oman. Ils ne voulaient pas nécessairement attendre, ni scinder le groupe de dix. La solution d’une reprise des vols n’en était finalement pas vraiment une.
Nous leur avons exposé la situation, au regard du peu d’informations que nous avions, et ils ont décidé de partir.."
Sauf qu'ils sont loin d'être seuls sur la route. Depuis quelques jours maintenant, de nombreuses personnes tentent de fuir par cette unique échappatoire.
Les routes sont surchargées et le passage aux frontières plus chaotique qu’à l’accoutumée.
"Nous avons donc prévu un transfert de nuit, dans un minibus. Les chauffeurs de Dubaï n’ont pas le droit de conduire à Oman. Notre réceptif, Didier Dhommée le directeur général d'Arabian Spirit, sur place a donc trouvé un autre véhicule de l’autre côté de la frontière.
À ce checkpoint, un guide attendait tout le monde pour assurer le passage.
Tout cela a donc eu lieu en pleine nuit, autour de 2 h du matin. Au même moment, l’ambassade américaine à Riyad a été bombardée par l’Iran. Notre groupe ne voulait alors plus transiter par l’Arabie saoudite," témoigne le dirigeant.
"J’ai eu peur comme jamais dans mon travail"
Qu’à cela ne tienne, et alors que la nuit s’annonce longue et stressante, il cherche une solution pour éviter de passer par le royaume voisin avant Oman. À 4 h du matin, une solution de repli est trouvée.
Des places sur un vol en partance pour Istanbul sont trouvées, pour un départ le jour même, en début de semaine.
"Nous avons tout annulé et refait dans la nuit.
D’Istanbul, ils ont ensuite repris un vol vers la France, pour une opération qui aura duré au total près de 48 h. Les personnes étaient angoissées. Nous étions en liaison constante avec le réceptif, Arabian Spirit et les voyageurs sur place.
Le réceptif de Dubaï est allé se coucher à minuit, un autre prenait le relais, pour assurer le lien avec nos clients. Nous avons mis en place toute une logistique pour rassurer les clients et minimiser les risques," nous explique Charly Verchere, le PDG de Colombus Voyages.
A lire : Crise dans le Golfe : "La priorité, ce sont les voyageurs bloqués à destination"
Les voyageurs ne craignaient pas tant une attaque iranienne que le difficile passage de la frontière.
C’était aussi le chaos à ce niveau, puisque des personnes profitaient de la situation pour faire payer plus cher les visas. Au passage des checkpoints, puis à la route de nuit, s’ajoutaient le stress des explosions et les bruits des drones de la République islamique, des derniers jours.
Le stress a laissé place au soulagement.
"Nous n’avons plus de clients sur place, mais des gens nous contactent pour quitter Dubaï et Abou Dabi.
Nous avons reçu de nombreux appels. Actuellement, nous ne pouvons pas vraiment aider, car il n’y a plus de sièges disponibles depuis Oman. Tous les vols sont complets.
À cela s’ajoute le cas de nos voyageurs bloqués en Asie, où il n’y a plus aucune place pour revenir en France", s’alarme le dirigeant.
Et dans ce flot de galères, de nuits blanches, les personnes exfiltrées ont quand même eu le temps d’envoyer des messages de remerciement aux équipes de Colombus Voyages.
Des places sur un vol en partance pour Istanbul sont trouvées, pour un départ le jour même, en début de semaine.
"Nous avons tout annulé et refait dans la nuit.
D’Istanbul, ils ont ensuite repris un vol vers la France, pour une opération qui aura duré au total près de 48 h. Les personnes étaient angoissées. Nous étions en liaison constante avec le réceptif, Arabian Spirit et les voyageurs sur place.
Le réceptif de Dubaï est allé se coucher à minuit, un autre prenait le relais, pour assurer le lien avec nos clients. Nous avons mis en place toute une logistique pour rassurer les clients et minimiser les risques," nous explique Charly Verchere, le PDG de Colombus Voyages.
A lire : Crise dans le Golfe : "La priorité, ce sont les voyageurs bloqués à destination"
Les voyageurs ne craignaient pas tant une attaque iranienne que le difficile passage de la frontière.
C’était aussi le chaos à ce niveau, puisque des personnes profitaient de la situation pour faire payer plus cher les visas. Au passage des checkpoints, puis à la route de nuit, s’ajoutaient le stress des explosions et les bruits des drones de la République islamique, des derniers jours.
Le stress a laissé place au soulagement.
"Nous n’avons plus de clients sur place, mais des gens nous contactent pour quitter Dubaï et Abou Dabi.
Nous avons reçu de nombreux appels. Actuellement, nous ne pouvons pas vraiment aider, car il n’y a plus de sièges disponibles depuis Oman. Tous les vols sont complets.
À cela s’ajoute le cas de nos voyageurs bloqués en Asie, où il n’y a plus aucune place pour revenir en France", s’alarme le dirigeant.
Et dans ce flot de galères, de nuits blanches, les personnes exfiltrées ont quand même eu le temps d’envoyer des messages de remerciement aux équipes de Colombus Voyages.







Publié par Romain Pommier 












