Quand on interroge les professionnels, il est parfois compliqué de bien jauger l’ampleur de la crise qui secoue l’industrie.
Après avoir passé de nombreux appels la semaine dernière, le qualificatif qui revenait le plus pour caractériser l’ambiance dans les agences de voyages était "calme", l’adverbe le précédent allé d’un "peu" à "trop", en passant par "très".
Puis certains nous affirmaient aussi que c’était "catastrophique" et "inquiétant", quand d’autres estimaient timidement que ce n’était pas si mauvais, voire même encourageant.
Afin de dresser une photographie plus réaliste et fidèle de la situation, nous vous avons donné la parole à travers un questionnaire totalement anonyme, réalisé en partenariat avec le CDMV.
L’objectif était triple. Le premier consistait à connaître l’étendue réelle des dégâts, le deuxième à savoir s’il existait un écart entre les agences distributrices de tour-opérateurs et celles qui privilégient les voyages à la carte.
Enfin, nous voulions aussi saluer les tour-opérateurs et les compagnies aériennes qui ont facilité le travail des professionnels du tourisme durant cette crise dont personne ne perçoit réellement l’issue.
Après quelques jours de vote, nous avons arrêté les résultats au 30 avril 2026 et vous livrons les enseignements de notre sondage exclusif.
Après avoir passé de nombreux appels la semaine dernière, le qualificatif qui revenait le plus pour caractériser l’ambiance dans les agences de voyages était "calme", l’adverbe le précédent allé d’un "peu" à "trop", en passant par "très".
Puis certains nous affirmaient aussi que c’était "catastrophique" et "inquiétant", quand d’autres estimaient timidement que ce n’était pas si mauvais, voire même encourageant.
Afin de dresser une photographie plus réaliste et fidèle de la situation, nous vous avons donné la parole à travers un questionnaire totalement anonyme, réalisé en partenariat avec le CDMV.
L’objectif était triple. Le premier consistait à connaître l’étendue réelle des dégâts, le deuxième à savoir s’il existait un écart entre les agences distributrices de tour-opérateurs et celles qui privilégient les voyages à la carte.
Enfin, nous voulions aussi saluer les tour-opérateurs et les compagnies aériennes qui ont facilité le travail des professionnels du tourisme durant cette crise dont personne ne perçoit réellement l’issue.
Après quelques jours de vote, nous avons arrêté les résultats au 30 avril 2026 et vous livrons les enseignements de notre sondage exclusif.
Quel est le profil des sondés ?
En tant que média spécialiste de l’actualité du tourisme, nous avons ouvert ce sondage à nos lecteurs, tout en contactant différents réseaux de distribution ainsi que des groupes Facebook comme le Helpdesk et le CDMV.
Certains patrons n’ont pas voulu relayer notre initiative auprès de leurs salariés, afin de ne pas donner du grain à moudre sur un traitement de l’actualité qu’ils jugent parfois négatif.
A lire : Face à la désertion des agences, les pros ne baissent pas les bras !
Malgré tout, nous avons collecté, au 30 avril à 14h30, 300 réponses.
Le sondé moyen est un(e) dirigeant(e) d’agence de voyages ou de tour-opérateur (58,7 %), à la tête d’une entreprise de moins de 10 salariés (73,6 %). Ce qui correspond plutôt à la photographie du marché du voyage, puisque 90 % des adhérents des Entreprises du Voyage, se retrouvent dans cette configuration de société.
Les salariés d’agences de voyages et de tour-opérateurs constituent le deuxième contingent le plus représenté (38,1 %).
Et comme nous l’a demandé notre partenaire du CDMV, nous avons cherché à savoir si l’impact de cette crise différait selon que l’on travaille dans une agence distributrice de tour-opérateurs ou dans une structure spécialisée dans le voyage sur mesure.
Certains patrons n’ont pas voulu relayer notre initiative auprès de leurs salariés, afin de ne pas donner du grain à moudre sur un traitement de l’actualité qu’ils jugent parfois négatif.
A lire : Face à la désertion des agences, les pros ne baissent pas les bras !
Malgré tout, nous avons collecté, au 30 avril à 14h30, 300 réponses.
Le sondé moyen est un(e) dirigeant(e) d’agence de voyages ou de tour-opérateur (58,7 %), à la tête d’une entreprise de moins de 10 salariés (73,6 %). Ce qui correspond plutôt à la photographie du marché du voyage, puisque 90 % des adhérents des Entreprises du Voyage, se retrouvent dans cette configuration de société.
Les salariés d’agences de voyages et de tour-opérateurs constituent le deuxième contingent le plus représenté (38,1 %).
Et comme nous l’a demandé notre partenaire du CDMV, nous avons cherché à savoir si l’impact de cette crise différait selon que l’on travaille dans une agence distributrice de tour-opérateurs ou dans une structure spécialisée dans le voyage sur mesure.
Agence de voyages distributrice ou spécialiste du sur-mesure ?
"Ce qui serait intéressant, c'est de savoir si les agences ont revu leur manière de produire, donc si elles passent plus par les tour-opérateurs ou produisent davantage de façon autonome depuis le début de la crise.
La baisse est disparate et ce serait intéressant de savoir s'il existe un lien entre ces deux catégories de points de vente", nous expliquait Jean-Charles Franchomme, président-fondateur du CDMV.
L’enjeu n’était donc pas d’entrer en concurrence avec les Entreprises du Voyage, mais plutôt de compléter leur sondage, sur des sujets qu'il n'avait pas abordé.
Parmi les réponses, 56,4 % des sondés ont déclaré vendre majoritairement des tour-opérateurs, à hauteur de 70 % de leur activité. Et pour les distributeurs de TO, l’impact de la crise semble plus lourd.
Nous l’avions déjà pressenti à travers les différents appels passés auprès des réseaux de distribution et des patrons d’agences.
Ainsi, pour cette catégorie, 63,5 % des répondants constatent, à fin avril, une baisse d’activité supérieure à 30 %. Ils sont même 34,2 % à faire état d’un impact dépassant les 40 %.
À l’inverse, "seulement" 42,8 % des agences productrices déclarent une baisse de plus de 30 %.
Elles sont même 12,3 % à observer une activité stable, voire en progression par rapport à l’année dernière. Deux salles, deux ambiances, donc.
La baisse est disparate et ce serait intéressant de savoir s'il existe un lien entre ces deux catégories de points de vente", nous expliquait Jean-Charles Franchomme, président-fondateur du CDMV.
L’enjeu n’était donc pas d’entrer en concurrence avec les Entreprises du Voyage, mais plutôt de compléter leur sondage, sur des sujets qu'il n'avait pas abordé.
Parmi les réponses, 56,4 % des sondés ont déclaré vendre majoritairement des tour-opérateurs, à hauteur de 70 % de leur activité. Et pour les distributeurs de TO, l’impact de la crise semble plus lourd.
Nous l’avions déjà pressenti à travers les différents appels passés auprès des réseaux de distribution et des patrons d’agences.
Ainsi, pour cette catégorie, 63,5 % des répondants constatent, à fin avril, une baisse d’activité supérieure à 30 %. Ils sont même 34,2 % à faire état d’un impact dépassant les 40 %.
À l’inverse, "seulement" 42,8 % des agences productrices déclarent une baisse de plus de 30 %.
Elles sont même 12,3 % à observer une activité stable, voire en progression par rapport à l’année dernière. Deux salles, deux ambiances, donc.
L’impact financier de la guerre pour les agences de voyages
Une fois le constat dressé, regardons du côté de l’impact financier de cette guerre au Moyen-Orient.
Dans la première phase du conflit, et à la suite de la fermeture des hubs de la région, les professionnels ont dû rapatrier plusieurs milliers de clients, avec l’aide des tour-opérateurs et, pour certains, à leurs frais.
Ils ont aussi dû loger les voyageurs pendant trois jours à leur charge et reprotéger ceux qui n’avaient plus de billets aller ou retour.
Un impact non négligeable sur leur trésorerie, mais qui semblerait relativement absorbable, puisque le coût de ces opérations est, dans une très large majorité des cas, inférieur à 10 000 euros (77,4 %).
À noter malgré tout que 12,8 % des répondants ont engagé plus de 20 000 euros dans ces opérations, dont 4,1 % ont dû avancer plus de 100 000 euros.
Et l’impact de ce conflit ne se résume pas seulement à cette prise en charge exceptionnelle.
En effet, entre la peur de se rendre au Moyen-Orient ou d’emprunter les compagnies du Golfe pour rejoindre des destinations lointaines, puis le battage médiatique autour des problématiques aériennes, les clients ont annulé, avant de déserter les agences de voyages.
Un manque à gagner qui, fin avril, se chiffrait pour une majorité des sondés (56,1 %) entre moins de 10 000 euros et près de 20 000 euros de marges perdues.
Dans un autre papier, nous nous attarderons sur les fournisseurs qui ressortent grandis de cette période.
Dans la première phase du conflit, et à la suite de la fermeture des hubs de la région, les professionnels ont dû rapatrier plusieurs milliers de clients, avec l’aide des tour-opérateurs et, pour certains, à leurs frais.
Ils ont aussi dû loger les voyageurs pendant trois jours à leur charge et reprotéger ceux qui n’avaient plus de billets aller ou retour.
Un impact non négligeable sur leur trésorerie, mais qui semblerait relativement absorbable, puisque le coût de ces opérations est, dans une très large majorité des cas, inférieur à 10 000 euros (77,4 %).
À noter malgré tout que 12,8 % des répondants ont engagé plus de 20 000 euros dans ces opérations, dont 4,1 % ont dû avancer plus de 100 000 euros.
Et l’impact de ce conflit ne se résume pas seulement à cette prise en charge exceptionnelle.
En effet, entre la peur de se rendre au Moyen-Orient ou d’emprunter les compagnies du Golfe pour rejoindre des destinations lointaines, puis le battage médiatique autour des problématiques aériennes, les clients ont annulé, avant de déserter les agences de voyages.
Un manque à gagner qui, fin avril, se chiffrait pour une majorité des sondés (56,1 %) entre moins de 10 000 euros et près de 20 000 euros de marges perdues.
Dans un autre papier, nous nous attarderons sur les fournisseurs qui ressortent grandis de cette période.
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Publié par Romain Pommier 













