Béatrix Renaut, Responsable sûreté chez International SOS revient sur les conséquences pour les entreprises du conflit en Iran - Photo International SOS
TourMaG - Quelles sont les conséquences opérationnelles, de l'offensive lancée samedi dernier par les Etats-Unis et Israël sur l'Iran pour International SOS ?
Béatrix Renaut : Nous constatons une hausse significative des demandes d'assistance et d’évacuation. Pour vous donner un ordre de grandeur, depuis le 28 février, nous avons reçu environ 2 000 demandes d’information et d’assistance.
Cela passe par nos 28 centres d’assistance et concerne des demandes provenant de centaines de clients différents, tous secteurs confondus. Ces entreprises ont toutes une exposition directe ou indirecte - le plus souvent directe - au Moyen-Orient, que ce soit en Israël, en Iran, ou plus largement dans les monarchies du Golfe.
Nous n’en sommes encore qu’au début de la crise, mais nous nous attendons à ce qu’elle prenne une ampleur supérieure sur le plan opérationnel à celle des printemps arabes. À l’époque, nous avions déjà été très fortement mobilisés, le volume actuel de demandes d’assistance et de sollicitations paraît déjà plus élevé qu’en 2011.
Béatrix Renaut : Nous constatons une hausse significative des demandes d'assistance et d’évacuation. Pour vous donner un ordre de grandeur, depuis le 28 février, nous avons reçu environ 2 000 demandes d’information et d’assistance.
Cela passe par nos 28 centres d’assistance et concerne des demandes provenant de centaines de clients différents, tous secteurs confondus. Ces entreprises ont toutes une exposition directe ou indirecte - le plus souvent directe - au Moyen-Orient, que ce soit en Israël, en Iran, ou plus largement dans les monarchies du Golfe.
Nous n’en sommes encore qu’au début de la crise, mais nous nous attendons à ce qu’elle prenne une ampleur supérieure sur le plan opérationnel à celle des printemps arabes. À l’époque, nous avions déjà été très fortement mobilisés, le volume actuel de demandes d’assistance et de sollicitations paraît déjà plus élevé qu’en 2011.
Béatrix Renaut : De notre côté, nous réalisons en permanence, que ce soit en période de calme ou de crise, ce que nous appelons une évaluation sécuritaire du risque pays.
À cela s’ajoute également un niveau d’alerte ou de préparation à l’évacuation, défini pour chaque pays. Le niveau d'évacuation en Iran est à son niveau maximal, c'est-à-dire évacuation totale depuis plusieurs mois maintenant.
Concernant Israël, nous recommandons l’évacuation des personnes considérées comme non essentielles : par exemple les voyageurs d’affaires, les familles d’expatriés, ou encore certains personnels expatriés dont la mission n’est pas jugée critique pour l’activité de l’entreprise.
Dans le reste du Moyen-Orient, notamment dans les monarchies du Golfe, nos recommandations n’ont en revanche pas évolué. La posture opérationnelle reste de se confiner dans un lieu sûr, en particulier pour les personnes situées à proximité de sites américains, israéliens, énergétiques ou gouvernementaux, qui pourraient être ciblés par des attaques de missiles ou de drones, comme cela a déjà été observé.
Pour les monarchies du Golfe, la consigne reste donc de se mettre à l’abri et de limiter les déplacements. Les options pour quitter le pays étant relativement limitées, il faut bien réfléchir avant de prendre la décision de se déplacer ou d’évacuer.
"Nous conseillons de surseoir aux déplacements non essentiels, ainsi qu’aux vols de transit via Chypre"
TourMaG - Qu'en est-il de Chypre qui a été pris pour cible, mais aussi de la Turquie. Un missile iranien a été intercepté dans l'espace aérien turc ce mercredi 4 mars 2026 ?
Béatrix Renaut : Ce matin, nous avons ajusté nos recommandations : nous conseillons désormais de surseoir aux déplacements non essentiels, ainsi qu’aux vols de transit via Chypre.
En revanche, il n’y a pas d’évolution concernant la Turquie : nos recommandations restent inchangées.
TourMaG - Quelles sont les zones qui nécessitent une vigilance ?
Béatrix Renaut : Actuellement, nous recommandons de surseoir à tous les déplacements et aux transits dans plusieurs pays : Bahreïn, Irak, Koweït, Egypte, la Jordanie, Oman, le Qatar, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis.
Cette recommandation s’explique par le risque d’attaques de représailles de l’Iran, comme on a déjà pu l’observer, et par les conséquences que cela peut avoir sur les espaces aériens, notamment avec la suspension de certains vols.
Béatrix Renaut : Ce matin, nous avons ajusté nos recommandations : nous conseillons désormais de surseoir aux déplacements non essentiels, ainsi qu’aux vols de transit via Chypre.
En revanche, il n’y a pas d’évolution concernant la Turquie : nos recommandations restent inchangées.
TourMaG - Quelles sont les zones qui nécessitent une vigilance ?
Béatrix Renaut : Actuellement, nous recommandons de surseoir à tous les déplacements et aux transits dans plusieurs pays : Bahreïn, Irak, Koweït, Egypte, la Jordanie, Oman, le Qatar, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis.
Cette recommandation s’explique par le risque d’attaques de représailles de l’Iran, comme on a déjà pu l’observer, et par les conséquences que cela peut avoir sur les espaces aériens, notamment avec la suspension de certains vols.
Etats-Unis : "Nous avons émis une alerte sécuritaire"
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TourMaG - L'Iran a brandi également des menaces, à l'encontre des Etats-Unis et de l'Europe. Quelles sont les préconisations ?
Béatrix Renaut : C’est en effet une question que l’on nous pose pour l’Europe et pour les États-Unis. Nous avons émis une alerte sécuritaire appelant à la vigilance.
D’abord parce qu’il faut s’attendre à un renforcement des dispositifs de sûreté autour de certains sites sensibles, comme les ambassades américaines, des bâtiments gouvernementaux ou encore des institutions parlementaires.
Il peut aussi y avoir des manifestations, organisées pour ou contre les conflits en cours. Or ce type de rassemblement peut parfois entraîner des tensions ou des risques d’escalade.
Enfin, il faut également garder à l’esprit la menace terroriste, qui reste un facteur de risque potentiel dans ce contexte.
Béatrix Renaut : C’est en effet une question que l’on nous pose pour l’Europe et pour les États-Unis. Nous avons émis une alerte sécuritaire appelant à la vigilance.
D’abord parce qu’il faut s’attendre à un renforcement des dispositifs de sûreté autour de certains sites sensibles, comme les ambassades américaines, des bâtiments gouvernementaux ou encore des institutions parlementaires.
Il peut aussi y avoir des manifestations, organisées pour ou contre les conflits en cours. Or ce type de rassemblement peut parfois entraîner des tensions ou des risques d’escalade.
Enfin, il faut également garder à l’esprit la menace terroriste, qui reste un facteur de risque potentiel dans ce contexte.
"À court terme, nous nous attendons à ce que le conflit se prolonge"
TourMaG - Ce conflit a démarré samedi, Israël a aussi ouvert un front sur le Liban. Cette guerre pourrait-elle s'inscrire dans le temps ?
Béatrix Renaut : C’est encore très difficile à dire. À court terme, ce que l’on peut affirmer, c’est que nous nous attendons à ce que le conflit se prolonge. Pour l’instant, rien n’indique une désescalade, ni dans un sens ni dans l’autre.
L’opération militaire conjointe menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran devrait se poursuivre. Elle s’accompagne de nouvelles frappes visant le Liban, à la fois sur terre et par les airs. En parallèle, les représailles iraniennes restent très fortes. On l’a encore vu récemment avec une attaque visant le consulat américain à Dubaï, ainsi que d’autres tirs interceptés plus tôt dans la journée.
Cela montre que la dynamique d’escalade se poursuit. Il semble par ailleurs que les capacités militaires iraniennes aient été sous-estimées, ce qui contribue à prolonger le conflit.
Enfin, un autre point d’attention concerne la succession au sommet du pouvoir en Iran, avec la désignation attendue d’un nouveau Guide suprême. Cet élément pourrait lui aussi devenir un facteur de tensions supplémentaires.
À ce stade, il est donc difficile de se projeter au-delà du très court terme, mais tout indique que la situation risque de durer.
Béatrix Renaut : C’est encore très difficile à dire. À court terme, ce que l’on peut affirmer, c’est que nous nous attendons à ce que le conflit se prolonge. Pour l’instant, rien n’indique une désescalade, ni dans un sens ni dans l’autre.
L’opération militaire conjointe menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran devrait se poursuivre. Elle s’accompagne de nouvelles frappes visant le Liban, à la fois sur terre et par les airs. En parallèle, les représailles iraniennes restent très fortes. On l’a encore vu récemment avec une attaque visant le consulat américain à Dubaï, ainsi que d’autres tirs interceptés plus tôt dans la journée.
Cela montre que la dynamique d’escalade se poursuit. Il semble par ailleurs que les capacités militaires iraniennes aient été sous-estimées, ce qui contribue à prolonger le conflit.
Enfin, un autre point d’attention concerne la succession au sommet du pouvoir en Iran, avec la désignation attendue d’un nouveau Guide suprême. Cet élément pourrait lui aussi devenir un facteur de tensions supplémentaires.
À ce stade, il est donc difficile de se projeter au-delà du très court terme, mais tout indique que la situation risque de durer.


















