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Congrès EDV 2026 : les professionnels se serrent les coudes

Trois journées de débats et ateliers pour mieux passer la crise.


Entre méthode Coué et résilience, les 310 professionnels réunis à Disneyland Paris ont échangé sur les soubresauts liés à la guerre au Moyen-Orient lors de la première journée du congrès du syndicat patronal.


Rédigé par le Lundi 4 Mai 2026 à 23:38

Valérie Boned, présidente des EDV. Photo: C.Eymery
Valérie Boned, présidente des EDV. Photo: C.Eymery
Lorsqu’elle annonça, en novembre dernier, que le congrès 2026 des Entreprises du Voyage (EDV) se déroulerait à Disneyland Paris, Valérie Boned entendait répondre à deux souhaits : alterner l’étranger et la France pour organiser la grande messe de la profession, et l’associer à la première destination touristique européenne.

« A l’époque, on se félicitait de la très belle année 2025 » se souvient la présidente du syndicat patronal. Elle ne se doutait pas, alors, que le tourisme s’enfoncerait dans une crise dont on ne voit plus le bout, et que le resort francilien répondrait aux enjeux du moment : une destination française, rassurante et sécure, et accessible par le train.

« Une destination permettant de s’échapper deux jours de la réalité » a ajouté le maitre de cérémonie François-Xavier Izenic, devant les 310 professionnels réunis pour réfléchir à l'avenir.

Lire aussi : Le congrès des Entreprises du Voyage s'ouvre ce lundi !

Un marché sclérosé

Difficile pour autant d’éclipser le conflit au Moyen-Orient et ses conséquences sur le tourisme, qui a largement occupé la première journée des débats.

« La crise, ce fut d’abord la peur des clients de se trouver en prise directe avec la guerre. Très vite, il a fallu que les professionnels se mobilisent pour trouver des solutions » a lancé Valérie Boned lors de son discours d’ouverture.

« Aujourd’hui, la crise porte sur les prix et la pénurie du kérosène. L’enjeu est de savoir comment en parler aux clients, leur expliquer la situation alors que le marché est sclérosé. C’est désormais une crise de l’achat ».

Demander des garanties aux compagnies aériennes

Et de lister trois priorités pour les prochains mois. La première est de savoir analyser la situation avec toutes les parties prenantes, pour en tirer les leçons.

La seconde implique directement les compagnies aériennes, dont la fiabilité est fragilisée. « Leur santé financière est un enjeu majeur. Nous devons apporter des garanties pour les vendre, nous sommes en droit d’en obtenir de leur part » a ajouté la présidente, précisant qu’elle a écrit à IATA en ce sens, la semaine dernière.

Enfin, les relations avec les pouvoirs publics seront également importantes. « Les professionnels ont été très aidés durant le Covid mais cette fois-ci, les caisses sont vides ».

Pas question toutefois de baisser les bras. « Les Français ont toujours envie de voyager. L’humain, la réassurance, sont plus que jamais essentiels ».

En témoigne la campagne de communication « Stop Arnaque Voyage » sur le rôle des agences, lancée il y a quelques semaines, qui affiche 2,4 millions de vue. Comme une bouffée d’oxygène…

Méthode Coué ou opportunités ?

Patrice Caradec Président du SETO et Mumtaz Teker Président de l'APST - Photo CE
Patrice Caradec Président du SETO et Mumtaz Teker Président de l'APST - Photo CE
Méthode Coué ? Les intervenants qui se sont succédés sur scène par la suite ont tenté de rassurer, sans nier la crise actuelle.

« Les chaînes d’information polluent nos esprits. Je veux faire passer un message d’optimisme : nous sommes toujours ressortis plus forts des crises passées » a rappelé Patrice Caradec, président du Syndicat des entreprises du tour-operating (Seto).

Même si pour l’heure, les chiffres ont basculé dans le rouge : de +6% avant la guerre, le cumul des réservations pour l’été a plongé dans le rouge pour s’afficher désormais à -5%.

« Ne baissons pas les bras. Certains clients restent attentifs, d’autres sont résignés. Ne le soyons pas. Il y a de grosses opportunités avec des capacités à vendre, en avant-saison et même en juillet ».

« Et je n’ai pas vu des prix aussi bas depuis longtemps, malgré la hausse des billets d’avion, ni de disponibilités hôtelières aussi importantes. Ne soyons pas les derniers à en profiter ».

52 défaillances depuis le début de l’année

Encore faut-il que les professionnels passent cette période difficile. Là encore, Mumtaz Teker, président de l’Association Professionnelle de Solidarité du Tourisme (APST), préfère voir les choses du bon côté.

« Quand on est commerçant, il ne faut pas être pessimiste. On s’en sortira, même s’il convient d’être prudent » a-t-il précisé, se montrant davantage préoccupé par le pouvoir d’achat que la guerre. « Cela peut-être long à digérer ».

Pour l’heure, l’impact sur les professionnels demeure limité. Du 1er janvier au 3 mai, la profession avait enregistré 52 défaillances, un chiffre similaire à celui de 2025.

Et les chiffres de l’APST sont bons, avec 70 millions d’euros de trésorerie et 40 M€ et de fonds propres, un niveau inédit. Pas question toutefois de baisser le montant des cotisations, comme certains le réclament. « Nous devons être encore plus forts » a affirmé Mumtaz Teker.

Le chômage partiel en débat

Amir Reza-Tofighi, président de la CPME - Photo CE
Amir Reza-Tofighi, président de la CPME - Photo CE
Invité à parler des enjeux des rachats et fusions dans le tourisme, Laurent Abitbol a toutefois tempéré les débats. « Je ne suis pas optimiste, je pense que la crise va s’accélérer » a affirmé le président de Marietton Développement, évoquant en particulier des difficultés pour recourir au chômage partiel.

Le sujet inquiète également Amir Reza-Tofighi, le président de la Confédération des Petites et Moyennes Entreprises, à laquelle adhère les EDV depuis l’année dernière.

Lire aussi : Les Entreprises du Voyage adhèrent à la CPME

« C’est un moment difficile pour le tourisme et il est important que nous nous battions à vos côtés pour que le secteur passe la crise du mieux possible » a-t-il annoncé, assurant que son équipe fait actuellement passer le message à Matignon.

« La profession est très responsable et la réponse ne l’est pas. Si nous n’avons pas de retour concluant dans les prochains jours, nous changerons de braquet », a-t-il lancé.

Une nouvelle convention avec la SNCF en 2028

Les partenaires des EDV ont également été invités à partager leur situation lors de cette première journée.

PDG de la SNCF depuis quelques mois, Jean Castex avait tout particulièrement soutenu le tourisme durant la crise du Covid.

Alors que les entreprises du voyage génèrent 24% des recettes du transporteur, il a rappelé l’importance de travailler à la future convention avec les professionnels, et la rémunération qui en découlera, alors que la convention actuelle s’achève fin 2027. « Nous n’avons pas intérêt à affaiblir nos partenaires » a-t-il précisé.

A lire : Convention EDV - SNCF : "Il est plus que temps qu'on se mette au travail" lance Jean Castex

Air France confirme l’intégralité de son programme pour l’été

De son côté, Henri Hourcade, le directeur général France d’Air France, a voulu rassurer ses partenaires. La reprise des vols vers le Moyen-Orient est prévue dès que possible (pour l’heure les 13 et 20 mai, selon les axes).

Il a également rappelé que l’offre aérienne entre l’Europe et l’Asie a diminué de 25% du fait de l’arrêt des vols en correspondance dans les pays du Golfe, avec pour conséquence une hausse de la demande pour les vols directs.

« Air France a ajouté 80 rotations vers l’Asie de mars à juin » a précisé le DG, qui assure que l’intégralité du programme estival de la compagnie sera assurée, avec des « réservations qui restent solides ».

Et d’annoncer une augmentation des rotations l’hiver prochain, de fin novembre à mars, vers la République dominicaine et les Maldives.

A lire aussi : Air France assure que son programme de vols été sera maintenu

Maintien de la surcharge NCD à 4 € pour les agences affaires

Pour autant, la facture du kérosène devient un enjeu. « Elle atteint sept milliards d’euros par an, dont les 2/3 couverts pour l’ensemble de l’année 2026. Il reste donc deux milliards, que les hausses tarifaires ne couvrent pas intégralement ».

« Le renouvellement de notre flotte, avec des avions moins gourmands en carburant, nous permet de mieux passer la crise face à des concurrents qui sont obligés d’annuler des vols » a ajouté Henri Hourcade, qui a achevé son intervention par une dernière annonce.

Alors que NDC représente désormais un billet Air France vendu sur deux en France (un tiers pour le voyage d’affaires), le DG a annoncé l’arrivée de nouvelles fonctionnalités et le maintien de la surcharge de 4 € (qui devait grimper à 24 € en juillet) pour les agences affaires jusqu’à fin décembre sur GDS/Edifact.

Pour mieux absorber les informations de cette première journée, les congressistes étaient ensuite invités par Air France et Orchestra à un dîner « cowboy » au cœur de Disneyland Paris, avant la digestion dans les virages de l’attraction Big Thunder Mountain (train de mine), privatisée pour la soirée…

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