Hier, se tenait à Bercy, autour de trois ministres et des dirigeants de l'aérien, une grande réunion destinée à rassurer les Français et les professionnels du tourisme.
Depuis le déclenchement de la guerre en Iran, le secteur vit avec l’angoisse de la flambée du kérosène et, par ricochet, de celle des prix de l’aérien, mais aussi avec la crainte d’une potentielle pénurie de carburant pour les compagnies aériennes.
Non seulement les annulations de vols restent un épiphénomène, mais en plus, le point de rupture dans l’approvisionnement en kérosène en France n’est pas pour demain.
Il n’y a "a priori aucune crainte de pénurie de kérosène en mai et juin, et même sans doute peu de risque pour la suite", a tenu à rassurer Roland Lescure. Le ministre de l’Économie a également affirmé que la France disposait de kérosène dans ses stocks stratégiques.
Une fois l’hypothèse d’un manque de carburant balayée, le poids de la flambée du baril sur les comptes des compagnies n’a, lui, été que faiblement abordé.
"Il n’y a pas lieu d’envisager une mesure générale qui coûterait beaucoup d’argent", mais l’État privilégie une stratégie d’aides ciblées. Et cette position relativement floue a poussé le Syndicat des Compagnies Aériennes Autonomes (SCARA) à demander l’aide du gouvernement.
Depuis le déclenchement de la guerre en Iran, le secteur vit avec l’angoisse de la flambée du kérosène et, par ricochet, de celle des prix de l’aérien, mais aussi avec la crainte d’une potentielle pénurie de carburant pour les compagnies aériennes.
Non seulement les annulations de vols restent un épiphénomène, mais en plus, le point de rupture dans l’approvisionnement en kérosène en France n’est pas pour demain.
Il n’y a "a priori aucune crainte de pénurie de kérosène en mai et juin, et même sans doute peu de risque pour la suite", a tenu à rassurer Roland Lescure. Le ministre de l’Économie a également affirmé que la France disposait de kérosène dans ses stocks stratégiques.
Une fois l’hypothèse d’un manque de carburant balayée, le poids de la flambée du baril sur les comptes des compagnies n’a, lui, été que faiblement abordé.
"Il n’y a pas lieu d’envisager une mesure générale qui coûterait beaucoup d’argent", mais l’État privilégie une stratégie d’aides ciblées. Et cette position relativement floue a poussé le Syndicat des Compagnies Aériennes Autonomes (SCARA) à demander l’aide du gouvernement.
Le SCARA demande des aides à la trésorerie et la suspension de la TSBA
L’instance, qui représente 50 % des compagnies aériennes françaises, a demandé le soutien du gouvernement sur plusieurs points, notamment économiques.
Tout d’abord, elle souhaite que l’exécutif garantisse les approvisionnements en kérosène afin de sécuriser les plans de vol des transporteurs, mais aussi qu’il agisse auprès des instances européennes pour assouplir les règles en vigueur sur les créneaux horaires.
Deux demandes que les ministres présents ont abordées, et auxquelles ils ont répondu.
Un assouplissement concernant les créneaux horaires, une compagnie devant assurer 80 % de son programme pour conserver un créneau, est actuellement en discussion avec Bruxelles.
De plus, le syndicat souhaite que les instances européennes mettent fin, au moins temporairement, à l’exemption des règles d’emport de carburant, afin d’aider les compagnies à faire face à d’éventuelles pénuries locales sur certains aéroports.
La dernière partie des requêtes est d’ordre plus économique et laisse présager des difficultés pour les transporteurs français.
Le SCARA réclame un système d’aide à la trésorerie, ainsi qu’une exonération temporaire de charges sociales patronales et la suspension de la TSBA pour les dessertes ultramarines, corses et de délégation de service public (DSP).
"Nous n’avons pas eu à ce stade de réponse sur la mesure concrète proposée par le SCARA d’exonération temporaire de charges sociales patronales financée par la TSBA. Je souhaite préciser que cette demande est légitime s’agissant d’un secteur qui est le seul à supporter cette taxe contrairement aux autres modes de transport.
Par ailleurs, il n’a pas été possible de connaître l’état d’avancement de la mise en œuvre de l’exonération de la TSBA pour les dessertes ultramarines, corses et de service public comme le Parlement l’a votée depuis plusieurs années, et qui répondrait à une attente forte des compagnies aériennes," a affirmé Jean-François Dominiak, président du SCARA.
Tout d’abord, elle souhaite que l’exécutif garantisse les approvisionnements en kérosène afin de sécuriser les plans de vol des transporteurs, mais aussi qu’il agisse auprès des instances européennes pour assouplir les règles en vigueur sur les créneaux horaires.
Deux demandes que les ministres présents ont abordées, et auxquelles ils ont répondu.
Un assouplissement concernant les créneaux horaires, une compagnie devant assurer 80 % de son programme pour conserver un créneau, est actuellement en discussion avec Bruxelles.
De plus, le syndicat souhaite que les instances européennes mettent fin, au moins temporairement, à l’exemption des règles d’emport de carburant, afin d’aider les compagnies à faire face à d’éventuelles pénuries locales sur certains aéroports.
La dernière partie des requêtes est d’ordre plus économique et laisse présager des difficultés pour les transporteurs français.
Le SCARA réclame un système d’aide à la trésorerie, ainsi qu’une exonération temporaire de charges sociales patronales et la suspension de la TSBA pour les dessertes ultramarines, corses et de délégation de service public (DSP).
"Nous n’avons pas eu à ce stade de réponse sur la mesure concrète proposée par le SCARA d’exonération temporaire de charges sociales patronales financée par la TSBA. Je souhaite préciser que cette demande est légitime s’agissant d’un secteur qui est le seul à supporter cette taxe contrairement aux autres modes de transport.
Par ailleurs, il n’a pas été possible de connaître l’état d’avancement de la mise en œuvre de l’exonération de la TSBA pour les dessertes ultramarines, corses et de service public comme le Parlement l’a votée depuis plusieurs années, et qui répondrait à une attente forte des compagnies aériennes," a affirmé Jean-François Dominiak, président du SCARA.
L'UAF demande la suppression de la hausse de la TSBA
L’Union des aéroports français (UAF), de son côté, a tiré la sonnette d’alarme.
"Tout le secteur sortira très fragilisé. Ce qui est à craindre, c’est que l’on subisse le contre-coup à l’automne.
On s’achemine vers une situation de crise dans laquelle les compagnies aériennes, fragilisées, seront amenées à faire des arbitrages assez sévères sur les aéroports français", a déclaré Thomas Juin, président de l’UAF sur RMC, dans des propos repris par BFM.
Pour le patron du syndicat, l’aérien, qui n’a pas encore retrouvé en France ses niveaux de 2019, contrairement à la plupart des autres pays européens, exception faite de l’Allemagne, autre marché en repli, doit être soutenu par le gouvernement français.
Sans aide, le décrochage devrait donc s’accentuer et l’automne pourrait être sévère, avec des annulations à prévoir, d’autant plus si la demande ne redémarre pas d’ici là, comme c’est le cas notamment dans les agences de voyages.
L’UAF demande tout simplement la suppression de la très forte hausse de la TSBA, entrée en vigueur le 1er mars 2025.
Le syndicat demande aussi, pour soulager les finances de ses adhérents, que l’État transforme les avances Covid en subventions. À défaut, les compagnies aériennes et les aéroports sortiront de cette crise durablement fragilisés.
"La crise du Golfe agit comme un révélateur des fragilités du transport aérien français.
Sans sécurisation rapide des approvisionnements en kérosène, sans anticipation collective et sans correction d’une fiscalité devenue pénalisante, c’est la connectivité des territoires qui est directement menacée.
Il y a urgence à agir pour éviter une dégradation durable du service public aéroportuaire et de l’attractivité de notre pays," a commenté Thomas Juin.
Selon les propos recueillis après l’entrevue, Paul-Henri Dubreuil, PDG du groupe éponyme, s’est montré rassurant sur la situation, tout en espérant avoir été entendu concernant la TSBA et les autres contraintes budgétaires qui pèsent sur les transporteurs.
"Tout le secteur sortira très fragilisé. Ce qui est à craindre, c’est que l’on subisse le contre-coup à l’automne.
On s’achemine vers une situation de crise dans laquelle les compagnies aériennes, fragilisées, seront amenées à faire des arbitrages assez sévères sur les aéroports français", a déclaré Thomas Juin, président de l’UAF sur RMC, dans des propos repris par BFM.
Pour le patron du syndicat, l’aérien, qui n’a pas encore retrouvé en France ses niveaux de 2019, contrairement à la plupart des autres pays européens, exception faite de l’Allemagne, autre marché en repli, doit être soutenu par le gouvernement français.
Sans aide, le décrochage devrait donc s’accentuer et l’automne pourrait être sévère, avec des annulations à prévoir, d’autant plus si la demande ne redémarre pas d’ici là, comme c’est le cas notamment dans les agences de voyages.
L’UAF demande tout simplement la suppression de la très forte hausse de la TSBA, entrée en vigueur le 1er mars 2025.
Le syndicat demande aussi, pour soulager les finances de ses adhérents, que l’État transforme les avances Covid en subventions. À défaut, les compagnies aériennes et les aéroports sortiront de cette crise durablement fragilisés.
"La crise du Golfe agit comme un révélateur des fragilités du transport aérien français.
Sans sécurisation rapide des approvisionnements en kérosène, sans anticipation collective et sans correction d’une fiscalité devenue pénalisante, c’est la connectivité des territoires qui est directement menacée.
Il y a urgence à agir pour éviter une dégradation durable du service public aéroportuaire et de l’attractivité de notre pays," a commenté Thomas Juin.
Selon les propos recueillis après l’entrevue, Paul-Henri Dubreuil, PDG du groupe éponyme, s’est montré rassurant sur la situation, tout en espérant avoir été entendu concernant la TSBA et les autres contraintes budgétaires qui pèsent sur les transporteurs.
TSBA : c'est quoi le problème ?
Pour ceux qui n’avaient pas suivi, la taxe de solidarité sur les billets d’avion (TSBA), dite taxe Chirac, avait défrayé la chronique en 2024, à la suite de la volonté du gouvernement d’en tripler le montant.
Des compagnies aériennes avaient intégré cette majoration avant même l’adoption du projet de loi de finances pour 2025 porté par le gouvernement de Michel Barnier.
À la suite d’un vote de censure, celui-ci a dû démissionner et c’est son successeur qui a remis le sujet sur la table, tout en évacuant la vocation première de cette taxe, qui devait initialement servir à financer l’organisation internationale Unitaid, comme l'explique Wikipédia.
En 2025, l’enjeu était tout autre. Terminée l’aide humanitaire, la TSBA devait cette fois contribuer à soigner un autre grand malade, le budget de la France.
Finalement, le 1er mars 2025, le triplement de ses montants est entré en vigueur de manière pérenne, comme nous le rappelait Pascal de Izaguirre.
Cette très forte hausse du barème devait générer des recettes estimées, en année pleine, à 1,3 milliard d’euros.
Selon la DGAC, la réforme a conduit à une augmentation de 4,77 euros pour un billet d’avion allant de la France vers l’Europe, y compris les vols domestiques, en classe économique, et allant jusqu’à 120 euros sur un billet d’avion au-delà de 5 500 km en classe affaires, soit deux points supplémentaires d’inflation pour ces produits.
La France figure dans le peloton de tête des pays européens ayant la fiscalité la plus lourde sur le transport aérien, légèrement devant l’Autriche, mais derrière l’Allemagne, le Royaume-Uni et les Pays-Bas, parmi les plus gros marchés aériens du continent.
Des compagnies aériennes avaient intégré cette majoration avant même l’adoption du projet de loi de finances pour 2025 porté par le gouvernement de Michel Barnier.
À la suite d’un vote de censure, celui-ci a dû démissionner et c’est son successeur qui a remis le sujet sur la table, tout en évacuant la vocation première de cette taxe, qui devait initialement servir à financer l’organisation internationale Unitaid, comme l'explique Wikipédia.
En 2025, l’enjeu était tout autre. Terminée l’aide humanitaire, la TSBA devait cette fois contribuer à soigner un autre grand malade, le budget de la France.
Finalement, le 1er mars 2025, le triplement de ses montants est entré en vigueur de manière pérenne, comme nous le rappelait Pascal de Izaguirre.
Cette très forte hausse du barème devait générer des recettes estimées, en année pleine, à 1,3 milliard d’euros.
Selon la DGAC, la réforme a conduit à une augmentation de 4,77 euros pour un billet d’avion allant de la France vers l’Europe, y compris les vols domestiques, en classe économique, et allant jusqu’à 120 euros sur un billet d’avion au-delà de 5 500 km en classe affaires, soit deux points supplémentaires d’inflation pour ces produits.
La France figure dans le peloton de tête des pays européens ayant la fiscalité la plus lourde sur le transport aérien, légèrement devant l’Autriche, mais derrière l’Allemagne, le Royaume-Uni et les Pays-Bas, parmi les plus gros marchés aériens du continent.




















