Situation économique
Défiance du dollar : sommes-nous entrés dans une nouvelle phase monétaire ? - Depositphotos.com Auteur jansucko
Au départ, ce n’était qu’une intuition. Aujourd’hui, les chiffres la confirment : le « debasement trade » prend de l’ampleur. Les investisseurs, surtout institutionnels, réduisent progressivement leur exposition aux actifs en dollars. Ce n’est pas une fuite totale, mais le mouvement est réel. La part du dollar dans les réserves de change des banques centrales est désormais au plus bas depuis le début des années 2000.
En parallèle, les grands gestionnaires vendent des actions américaines pour acheter de l’or et se repositionner sur les marchés émergents, jugés moins chers et, paradoxalement, moins risqués. L’Amérique latine est la principale destination en ce début d’année.
Cela explique l’afflux massif de capitaux vers la Bourse brésilienne, la hausse du real, et son gain de 3,7% face au dollar depuis janvier. L’euro profite aussi de cette dynamique, ce qui pousse de nombreux analystes à viser un EUR/USD autour de 1,19–1,20 dans les prochains mois.
Sommes-nous en train d’entrer dans une nouvelle phase du système monétaire international ? Probablement. Des tendances de long terme, comme la dédollarisation engagée après la crise de 2007-08, sont accélérées par des choix de court terme des marchés.
Nous pensons que ce mouvement va continuer. Les investisseurs doutent de plus en plus de la capacité — et surtout de la volonté — des États-Unis de réduire leur déficit. De plus, le futur président de la Fed sera soumis à une forte pression politique pour baisser rapidement les taux, ce qui pourrait alimenter les inquiétudes sur l’équilibre institutionnel américain.
Cette année, le « debasement trade » pourrait devenir le facteur dominant sur le marché des changes, avec un impact plus fort que la géopolitique ou les décisions classiques des banques centrales. Nous anticipons donc une poursuite de la baisse du Dollar Index, probablement de -4 à -5%. Pour l’instant, il oscille encore entre 97 et 100, mais une nouvelle baisse semble inévitable.
Contrairement à certaines idées reçues, nous ne pensons pas que le yuan en bénéficie. Les flux en Chine restent principalement domestiques, et les investisseurs étrangers ne reviennent pas. La Chine est toujours perçue comme risquée. Les indicateurs récents sont faibles, notamment une demande de crédit proche de zéro, signe d’une demande intérieure atone. Les purges récentes dans l’armée renforcent aussi l’image d’un pouvoir central fragilisé.
En résumé, la défiance actuelle envers le dollar pourrait accélérer l’émergence d’un système monétaire plus fragmenté, où l’euro et certaines devises émergentes gagneraient en importance. Le franc suisse devrait aussi bien résister, surtout si les tensions géopolitiques continuent de monter. Et elles risquent de le faire : l’épisode du Groenland, par exemple, est loin d’être clos.
En parallèle, les grands gestionnaires vendent des actions américaines pour acheter de l’or et se repositionner sur les marchés émergents, jugés moins chers et, paradoxalement, moins risqués. L’Amérique latine est la principale destination en ce début d’année.
Cela explique l’afflux massif de capitaux vers la Bourse brésilienne, la hausse du real, et son gain de 3,7% face au dollar depuis janvier. L’euro profite aussi de cette dynamique, ce qui pousse de nombreux analystes à viser un EUR/USD autour de 1,19–1,20 dans les prochains mois.
Sommes-nous en train d’entrer dans une nouvelle phase du système monétaire international ? Probablement. Des tendances de long terme, comme la dédollarisation engagée après la crise de 2007-08, sont accélérées par des choix de court terme des marchés.
Nous pensons que ce mouvement va continuer. Les investisseurs doutent de plus en plus de la capacité — et surtout de la volonté — des États-Unis de réduire leur déficit. De plus, le futur président de la Fed sera soumis à une forte pression politique pour baisser rapidement les taux, ce qui pourrait alimenter les inquiétudes sur l’équilibre institutionnel américain.
Cette année, le « debasement trade » pourrait devenir le facteur dominant sur le marché des changes, avec un impact plus fort que la géopolitique ou les décisions classiques des banques centrales. Nous anticipons donc une poursuite de la baisse du Dollar Index, probablement de -4 à -5%. Pour l’instant, il oscille encore entre 97 et 100, mais une nouvelle baisse semble inévitable.
Contrairement à certaines idées reçues, nous ne pensons pas que le yuan en bénéficie. Les flux en Chine restent principalement domestiques, et les investisseurs étrangers ne reviennent pas. La Chine est toujours perçue comme risquée. Les indicateurs récents sont faibles, notamment une demande de crédit proche de zéro, signe d’une demande intérieure atone. Les purges récentes dans l’armée renforcent aussi l’image d’un pouvoir central fragilisé.
En résumé, la défiance actuelle envers le dollar pourrait accélérer l’émergence d’un système monétaire plus fragmenté, où l’euro et certaines devises émergentes gagneraient en importance. Le franc suisse devrait aussi bien résister, surtout si les tensions géopolitiques continuent de monter. Et elles risquent de le faire : l’épisode du Groenland, par exemple, est loin d’être clos.
Taux de change : le point technique
Le consensus de marché anticipe désormais une hausse vers 1,2250, voire un pic à 1,25, avant un repli. Si ce scénario se confirme, l’évolution de la paire rappellerait celle observée lors du premier mandat de Trump. C’est une simple coïncidence, mais suffisamment rare pour être soulignée.
Autre point important : à Washington, la baisse du dollar est plutôt bien accueillie, d’autant qu’il reste jugé surévalué face à l’euro. Plusieurs études de la Fed ont montré qu’un dollar trop fort pèse systématiquement sur les exportations américaines. Il n’est donc pas difficile de comprendre que la dépréciation du billet vert n’en est probablement qu’à ses débuts.
| SUPPORTS HEBDO | RÉSISTANCES HEBDO | |||
| S1 | S2 | R1 | R2 | |
| EUR/USD | 1,1890 | 1,1833 | 1,2090 | 1,2134 |
| EUR/GBP | 0,8572 | 0,8544 | 0,8723 | 0,8800 |
| EUR/CHF | 0,9100 | 0,9090 | 0,9300 | 0,9322 |
| EUR/CAD | 1,6100 | 1,5988 | 1,6292 | 1,6380 |
| EUR/JPY | 181,22 | 180,90 | 184,90 | 185,02 |
Les annonces à suivre
Cette semaine, la Fed devrait subir une pression accrue de la Maison Blanche après avoir, comme prévu, maintenu son taux directeur inchangé.
Les chiffres de l’emploi américain publiés en janvier seront décisifs pour déterminer si une baisse des taux dès mars est envisageable, selon nous.
Du côté européen, aucun changement n’est attendu de la BCE. Nous estimons que le taux terminal se situe autour de 2%. Même scénario au Royaume-Uni : la Banque d’Angleterre devrait également maintenir ses taux à 3,75% cette semaine. Cette décision est déjà pleinement intégrée par le marché et par la livre sterling.
Les chiffres de l’emploi américain publiés en janvier seront décisifs pour déterminer si une baisse des taux dès mars est envisageable, selon nous.
Du côté européen, aucun changement n’est attendu de la BCE. Nous estimons que le taux terminal se situe autour de 2%. Même scénario au Royaume-Uni : la Banque d’Angleterre devrait également maintenir ses taux à 3,75% cette semaine. Cette décision est déjà pleinement intégrée par le marché et par la livre sterling.
| Jour | Heure | Pays | Indicateur | À quoi s'attendre ? | Impact |
| 05/02 | 13:00 | Royaume-Uni | Réunion de la banque centrale | Taux directeur maintenu à 3,75%. | Élevé |
| 05/02 | 14:15 | Zone euro | Réunion de la banque centrale | Maintien du taux de facilité de dépôt à 2%. | Élevé |
| 06/02 | 07:30 | USA | Emploi américain (Janvier) | Précédent à 50% et taux de chômage à 4,4% de la population active. | Élevé |
| 08/02 | X | Japon | Élections législatives anticipées | Selon les derniers sondages, le gouvernement devrait obtenir la majorité absolue. | Élevé |
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Mondial Change est un établissement financier français, fondé en 2015, spécialisé dans la gestion des paiements internationaux et du risque de change.
Mondial Change accompagne notamment de nombreux acteurs du tourismes, agences de voyages, groupistes, tour-opérateurs, réceptifs...
www.mondialchange.com
Contact : nicolas@mondialchange.com
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