Situation économique
C’est passé presque inaperçu, mais c’est majeur : la Chine est enfin sortie de la déflation. En décembre, l’inflation a atteint 0,8% sur un an, son plus haut niveau depuis trois ans. Pour l’Europe, c’est une bonne nouvelle, car cela réduit le risque que la Chine continue d’exporter de la déflation chez nous, ce qui fragilise directement nos entreprises.
Mais il ne faut pas crier victoire trop vite. Cette remontée des prix vient surtout de l’alimentation, un facteur volatile qui peut s’inverser très vite. Surtout, les prix à la production restent en baisse, à -1,9% sur un an. Cela montre que l’industrie chinoise est toujours en surcapacité, ce qui écrase les marges, y compris dans des secteurs pourtant stratégiques comme les semi-conducteurs.
Historiquement, les mouvements de l’indice des prix à la production se traduisent presque mécaniquement par une hausse ou une baisse des marges des entreprises, et la situation actuelle le confirme. Après un pic à 6,5% en 2021, les marges sont retombées à leur plus bas niveau depuis 2015.
Tous les secteurs n’ont pas été touchés de la même manière. Les services aux consommateurs, notamment les grandes plateformes comme Alibaba, ont vu leurs marges se redresser après le durcissement réglementaire de 2021-22, et affichent aujourd’hui des bénéfices records.
Les infrastructures résistent aussi plutôt bien. En revanche, les secteurs des matériaux et de l’énergie continuent de souffrir, et c’est surtout préoccupant dans les secteurs prioritaires de la politique industrielle — biens d’équipement et technologies — où la rentabilité s’est fortement dégradée en 2024 et 2025.
Si la situation ne s’améliore pas, la Chine pourrait retomber en déflation au cours de l’année. Et ce serait une mauvaise nouvelle pour l’Europe, déjà sous pression face aux États-Unis et avec une croissance globalement faible, à l’exception de l’Allemagne qui pourrait atteindre 1,5% de croissance grâce à son plan de relance de février 2025.
Aux États-Unis, ce ne sont pas les données économiques - peu nombreuses la semaine dernière - qui ont retenu l’attention, mais le retour du bras de fer entre Donald Trump et Jerome Powell. Cela alimente la crainte d’une remise en cause de l’indépendance de la Fed.
Nous pensons que ce risque est largement exagéré : presque tous les présidents de la Fed ont déjà subi des pressions politiques. L’hostilité entre Trump et Powell est connue, mais il y a déjà eu pire. En 1965, Lyndon Johnson avait convoqué le président de la Fed, William McChesney Martin, dans son ranch texan et l’aurait violemment pressé d’assouplir la politique monétaire en pleine guerre du Vietnam.
Ce débat sur l’indépendance de la Fed peut provoquer de la volatilité à court terme, voire peser sur le dollar. En revanche, il ne devrait pas changer fondamentalement la trajectoire des taux.
Nous maintenons notre scénario de deux baisses au premier trimestre, pour un total de 50 points de base. Combiné aux mesures budgétaires attendues avant les élections de mi-mandat, cela devrait suffire à relancer la croissance américaine au second semestre.
Mais il ne faut pas crier victoire trop vite. Cette remontée des prix vient surtout de l’alimentation, un facteur volatile qui peut s’inverser très vite. Surtout, les prix à la production restent en baisse, à -1,9% sur un an. Cela montre que l’industrie chinoise est toujours en surcapacité, ce qui écrase les marges, y compris dans des secteurs pourtant stratégiques comme les semi-conducteurs.
Historiquement, les mouvements de l’indice des prix à la production se traduisent presque mécaniquement par une hausse ou une baisse des marges des entreprises, et la situation actuelle le confirme. Après un pic à 6,5% en 2021, les marges sont retombées à leur plus bas niveau depuis 2015.
Tous les secteurs n’ont pas été touchés de la même manière. Les services aux consommateurs, notamment les grandes plateformes comme Alibaba, ont vu leurs marges se redresser après le durcissement réglementaire de 2021-22, et affichent aujourd’hui des bénéfices records.
Les infrastructures résistent aussi plutôt bien. En revanche, les secteurs des matériaux et de l’énergie continuent de souffrir, et c’est surtout préoccupant dans les secteurs prioritaires de la politique industrielle — biens d’équipement et technologies — où la rentabilité s’est fortement dégradée en 2024 et 2025.
Si la situation ne s’améliore pas, la Chine pourrait retomber en déflation au cours de l’année. Et ce serait une mauvaise nouvelle pour l’Europe, déjà sous pression face aux États-Unis et avec une croissance globalement faible, à l’exception de l’Allemagne qui pourrait atteindre 1,5% de croissance grâce à son plan de relance de février 2025.
Aux États-Unis, ce ne sont pas les données économiques - peu nombreuses la semaine dernière - qui ont retenu l’attention, mais le retour du bras de fer entre Donald Trump et Jerome Powell. Cela alimente la crainte d’une remise en cause de l’indépendance de la Fed.
Nous pensons que ce risque est largement exagéré : presque tous les présidents de la Fed ont déjà subi des pressions politiques. L’hostilité entre Trump et Powell est connue, mais il y a déjà eu pire. En 1965, Lyndon Johnson avait convoqué le président de la Fed, William McChesney Martin, dans son ranch texan et l’aurait violemment pressé d’assouplir la politique monétaire en pleine guerre du Vietnam.
Ce débat sur l’indépendance de la Fed peut provoquer de la volatilité à court terme, voire peser sur le dollar. En revanche, il ne devrait pas changer fondamentalement la trajectoire des taux.
Nous maintenons notre scénario de deux baisses au premier trimestre, pour un total de 50 points de base. Combiné aux mesures budgétaires attendues avant les élections de mi-mandat, cela devrait suffire à relancer la croissance américaine au second semestre.
Taux de change : le point technique
Les investisseurs, surtout les institutionnels, réduisent leur exposition aux actifs en USD, inquiets de l’explosion de la dette publique américaine, des craintes - sans doute exagérées - sur l’inflation, et du risque politique lié aux interventions de Trump.
Cette dynamique soutient l’euro, qui reste inscrit dans un canal haussier de long terme avec une première cible à 1,20. Elle bénéficie aussi fortement à l’or, qui retrouve pleinement son rôle de valeur refuge.
De son côté, le yuan chinois a atteint la semaine dernière son plus haut niveau face au dollar depuis mai 2023, et s’est aussi légèrement apprécié contre l’euro.
C’est plutôt positif, même si le chemin reste long avant d’aboutir à un taux de change réellement aligné sur les fondamentaux chinois. Hors effet inflation, le yuan est même au plus bas depuis quinze ans face au panier de devises de ses principaux partenaires commerciaux, ce qui alimente mécaniquement les tensions avec les États-Unis.
| SUPPORTS HEBDO | RÉSISTANCES HEBDO | |||
| S1 | S2 | R1 | R2 | |
| EUR/USD | 1,1545 | 1,1520 | 1,1729 | 1,1817 |
| EUR/GBP | 0,8577 | 0,8540 | 0,8700 | 0,8750 |
| EUR/CHF | 0,9280 | 0,9189 | 0,9380 | 0,9420 |
| EUR/CAD | 1,5998 | 1,5843 | 1,6210 | 1,6242 |
| EUR/JPY | 183,80 | 182,60 | 186,55 | 186,80 |
Les annonces à suivre
La géopolitique peut revenir à tout moment sur le devant de la scène. En attendant, sur le marché des changes, l’attention se portera cette semaine sur la réunion de la Banque du Canada.
Sauf surprise, elle devrait maintenir son taux directeur inchangé à 2,25%. Mais cela ne signifie pas que le cycle d’assouplissement est terminé.
En début d’année, les banques centrales évitent souvent d’agir trop vite : elles préfèrent attendre davantage de données sur la trajectoire de l’économie avant d’ajuster leur politique. Dans ce contexte, une nouvelle baisse de 25 points de base en mars reste un scénario crédible.
Le reste de la semaine sera marqué par quelques statistiques secondaires, notamment les premières estimations des PMI en Europe et aux États-Unis, ainsi que la deuxième estimation de l’inflation britannique pour décembre.
À ce stade, aucun impact significatif sur les devises n’est attendu.
Sauf surprise, elle devrait maintenir son taux directeur inchangé à 2,25%. Mais cela ne signifie pas que le cycle d’assouplissement est terminé.
En début d’année, les banques centrales évitent souvent d’agir trop vite : elles préfèrent attendre davantage de données sur la trajectoire de l’économie avant d’ajuster leur politique. Dans ce contexte, une nouvelle baisse de 25 points de base en mars reste un scénario crédible.
Le reste de la semaine sera marqué par quelques statistiques secondaires, notamment les premières estimations des PMI en Europe et aux États-Unis, ainsi que la deuxième estimation de l’inflation britannique pour décembre.
À ce stade, aucun impact significatif sur les devises n’est attendu.
| Jour | Heure | Pays | Indicateur | À quoi s'attendre ? | Impact |
| 19/01 | 15:45 | Canada | Réunion de la banque centrale | Le taux directeur devrait être maintenu à 2,25%. | Élevé |
| 21/01 | 08:00 | Royaume-Uni | Indice des prix à la consommation (Décembre) | Précédent à 3,2% sur un an. | Moyen |
| 22/01 | 14:30 | USA | PIB trimestriel (T3) | Précédent à 3,8%. | Faible |
| 23/01 | 09:30 | Allemagne | Première estimation de l'indice PMI manufacturier (Janvier) | En phase de contraction. | Moyen |
Mondial Change est un établissement financier français, fondé en 2015, spécialisé dans la gestion des paiements internationaux et du risque de change.
Mondial Change accompagne notamment de nombreux acteurs du tourismes, agences de voyages, groupistes, tour-opérateurs, réceptifs...
www.mondialchange.com
Contact : nicolas@mondialchange.com
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