Situation économique
Marché des changes : L’euro résiste, le yen s’enfonce et le dollar joue les refuges - Depositphotos.com Author ikinciadres
Chaque année, le même scénario se répète. À la publication des prévisions, les économistes sont pessimistes sur les États-Unis et optimistes sur l’Europe. Puis, dès janvier, le discours s’inverse. C’est exactement ce qui vient de se produire. Le consensus anticipe désormais une croissance américaine proche de 2,5 % en 2026, contre seulement 1,2 % en zone euro.
Dans les deux cas, on est proche de la croissance potentielle, c’est-à-dire le rythme jugé optimal quand l’économie tourne à plein régime. Le problème de la zone euro est que cette croissance potentielle est très faible, freinée par une productivité atone. Entre 2019 et 2024, les gains de productivité cumulés ont atteint 9,4 % aux États-Unis, contre à peine 2 % en zone euro. L’écart s’explique en grande partie par les investissements massifs américains dans l’intelligence artificielle, alors que l’Europe est restée en retrait.
À l’intérieur même de l’Europe, les situations sont très contrastées. L’Espagne s’en sort le mieux ces dernières années, avec une croissance de 2,8 % en 2025. Ce résultat repose sur de fortes dépenses publiques, le soutien de la relance européenne post-Covid et surtout un essor spectaculaire des services. Il ne s’agit pas seulement du tourisme : l’assurance, les services aux entreprises et le conseil ont fortement progressé. La croissance espagnole est donc à la fois solide et diversifiée.
Plus à l’est, en dehors de la zone euro, les performances sont encore plus marquantes. La Pologne, qui ambitionnait il y a quarante ans de devenir le « Japon de l’Europe », a atteint cet objectif et dépasse désormais le Japon en niveau de richesse. Son industrie représente 25 % de son économie et la croissance a atteint 3,6 % l’an dernier.
Les fonds européens ont joué un rôle, mais c’est surtout leur bonne utilisation qui a fait la différence. Dans d’autres pays de la région, la corruption a limité les effets. Le zloty (Pologne), en revanche, est resté remarquablement stable face à l’euro depuis vingt ans, ce qui explique la réticence polonaise à rejoindre la zone euro malgré le respect des critères.
La France, dans ce contexte, tient plutôt bien malgré une forte instabilité fiscale et politique depuis la dissolution qui a suivi les élections européennes. La croissance ne s’effondre pas, mais elle reste faible : 1,1 % en 2024, 0,9 % en 2025 et probablement autour de 1 % cette année.
C’est insuffisant pour enclencher une dynamique positive sur l’emploi ou améliorer durablement la répartition des richesses. En revanche, aucun scénario de récession ne se dessine, ce qui est déjà une bonne nouvelle. Le principal risque à court terme serait une poursuite de l’appréciation de l’euro face au dollar vers 1,25, un niveau crédible mais potentiellement très pénalisant pour les exportateurs.
Dans les deux cas, on est proche de la croissance potentielle, c’est-à-dire le rythme jugé optimal quand l’économie tourne à plein régime. Le problème de la zone euro est que cette croissance potentielle est très faible, freinée par une productivité atone. Entre 2019 et 2024, les gains de productivité cumulés ont atteint 9,4 % aux États-Unis, contre à peine 2 % en zone euro. L’écart s’explique en grande partie par les investissements massifs américains dans l’intelligence artificielle, alors que l’Europe est restée en retrait.
À l’intérieur même de l’Europe, les situations sont très contrastées. L’Espagne s’en sort le mieux ces dernières années, avec une croissance de 2,8 % en 2025. Ce résultat repose sur de fortes dépenses publiques, le soutien de la relance européenne post-Covid et surtout un essor spectaculaire des services. Il ne s’agit pas seulement du tourisme : l’assurance, les services aux entreprises et le conseil ont fortement progressé. La croissance espagnole est donc à la fois solide et diversifiée.
Plus à l’est, en dehors de la zone euro, les performances sont encore plus marquantes. La Pologne, qui ambitionnait il y a quarante ans de devenir le « Japon de l’Europe », a atteint cet objectif et dépasse désormais le Japon en niveau de richesse. Son industrie représente 25 % de son économie et la croissance a atteint 3,6 % l’an dernier.
Les fonds européens ont joué un rôle, mais c’est surtout leur bonne utilisation qui a fait la différence. Dans d’autres pays de la région, la corruption a limité les effets. Le zloty (Pologne), en revanche, est resté remarquablement stable face à l’euro depuis vingt ans, ce qui explique la réticence polonaise à rejoindre la zone euro malgré le respect des critères.
La France, dans ce contexte, tient plutôt bien malgré une forte instabilité fiscale et politique depuis la dissolution qui a suivi les élections européennes. La croissance ne s’effondre pas, mais elle reste faible : 1,1 % en 2024, 0,9 % en 2025 et probablement autour de 1 % cette année.
C’est insuffisant pour enclencher une dynamique positive sur l’emploi ou améliorer durablement la répartition des richesses. En revanche, aucun scénario de récession ne se dessine, ce qui est déjà une bonne nouvelle. Le principal risque à court terme serait une poursuite de l’appréciation de l’euro face au dollar vers 1,25, un niveau crédible mais potentiellement très pénalisant pour les exportateurs.
Taux de change : le point technique
Les investisseurs craignent que l’intelligence artificielle ne bouleverse le modèle économique des éditeurs de logiciels, ce qui a entraîné une forte baisse du secteur. Dans ce contexte, le dollar a joué son rôle de valeur refuge. Cette phase est très probablement temporaire. Les marchés actions traversent régulièrement des épisodes d’anxiété et cela ne remet pas en cause la tendance de fond. Notre scénario reste celui d’une orientation positive de l’EUR/USD, confirmée par l’analyse technique.
Concernant le yen, les rumeurs d’intervention des autorités japonaises se multiplient alors que la devise évolue à un plus bas niveau depuis de trente-cinq ans face au dollar et à l’euro. Il est possible que la Banque du Japon soit intervenue sur l’USD/JPY lors de la séance du 23 janvier, mais l’impact a été très limité dans le temps.
Pour un redressement durable du yen, une action coordonnée avec d’autres banques centrales serait nécessaire. Soyons clairs, ce n’est pas envisagé aujourd’hui. Dans ces conditions, la paire EUR/JPY devrait poursuivre sa hausse, avec une progression de 0,59 % depuis le début de l’année et de 8,80 % sur les six derniers mois.
Enfin, il faut surveiller de près le franc suisse. S’il continue de s’apprécier, une intervention de la Banque nationale suisse est probable. Historiquement, ces interventions sont généralement efficaces.
| SUPPORTS HEBDO | RÉSISTANCES HEBDO | |||
| S1 | S2 | R1 | R2 | |
| EUR/USD | 1,1700 | 1,1634 | 1,1909 | 1,2100 |
| EUR/GBP | 0,8590 | 0,8550 | 0,8790 | 0,8812 |
| EUR/CHF | 0,9101 | 0,9050 | 0,9300 | 0,9312 |
| EUR/CAD | 1,6090 | 1,5900 | 1,6290 | 1,6312 |
| EUR/JPY | 184,22 | 183,88 | 186,90 | 187,00 |
Les annonces à suivre
Sur le front des statistiques, la semaine est peu chargée. Le principal point d’attention concerne l’inflation américaine. Sauf surprise, les prix à la consommation devraient rester proches de leur niveau de décembre, autour de 2,7 % sur un an.
L’inflation est plus élevée qu’ailleurs dans les économies développées, mais ce n’est pas en soi un problème : elle reflète surtout une demande plus dynamique. Cela ne devrait pas empêcher la Réserve fédérale de procéder à deux baisses de taux ce semestre, pour un total de 50 points de base, un scénario déjà largement intégré par les marchés.
Au Royaume-Uni, la première estimation du PIB du quatrième trimestre 2025 sera publiée jeudi, sans impact significatif attendu sur le marché des changes. La politique intérieure devrait en revanche continuer de peser sur la livre sterling dans les semaines à venir.
Le 26 février, une élection partielle importante pour le Parti travailliste au pouvoir aura lieu et, selon les sondages, le siège pourrait être perdu au profit du parti populiste Reform UK. Cela renforcerait la pression sur le Premier ministre Keir Starmer. Des élections législatives anticipées après les municipales du printemps restent une hypothèse crédible.
L’inflation est plus élevée qu’ailleurs dans les économies développées, mais ce n’est pas en soi un problème : elle reflète surtout une demande plus dynamique. Cela ne devrait pas empêcher la Réserve fédérale de procéder à deux baisses de taux ce semestre, pour un total de 50 points de base, un scénario déjà largement intégré par les marchés.
Au Royaume-Uni, la première estimation du PIB du quatrième trimestre 2025 sera publiée jeudi, sans impact significatif attendu sur le marché des changes. La politique intérieure devrait en revanche continuer de peser sur la livre sterling dans les semaines à venir.
Le 26 février, une élection partielle importante pour le Parti travailliste au pouvoir aura lieu et, selon les sondages, le siège pourrait être perdu au profit du parti populiste Reform UK. Cela renforcerait la pression sur le Premier ministre Keir Starmer. Des élections législatives anticipées après les municipales du printemps restent une hypothèse crédible.
| Jour | Heure | Pays | Indicateur | À quoi s'attendre ? | Impact |
| 11/02 | 14:30 | USA | Prix à la consommation (Janvier) | Précédent à 2,7% sur un an. | Élevé |
| 12/02 | 08:00 | Royaume-Uni | Première estimation du PIB au T4 | Précédent à 1,4% sur un an. | Moyen |
| 12/02 | 14:30 | USA | Inscriptions hebdomadaires au chômage | C'est une statistique mineure. Mais elle permet de donner en temps réel l'état du marché de l'emploi américain. | Faible |
Mondial Change est un établissement financier français, fondé en 2015, spécialisé dans la gestion des paiements internationaux et du risque de change.
Mondial Change accompagne notamment de nombreux acteurs du tourismes, agences de voyages, groupistes, tour-opérateurs, réceptifs...
www.mondialchange.com
Contact : nicolas@mondialchange.com
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