Situation économique
Marché des changes : le dollar reste refuge malgré les tensions géopolitiques - Depositphotos.com Auteur Olivier26
Le marché a réagi de façon classique face au risque géopolitique. Les investisseurs se sont tournés vers les valeurs refuge : le dollar américain, le franc suisse, le yen japonais, les obligations souveraines américaines, l’or - malgré quelques prises de bénéfices récemment - ainsi que les actions du secteur de la défense.
Le yen a réagi avec un certain retard, car les cambistes anticipent que la Banque du Japon ne relèvera probablement pas ses taux avant plusieurs mois. La prochaine hausse est désormais attendue plutôt dans la seconde moitié de l’année.
La volatilité a bien augmenté ces derniers jours, mais elle reste loin de niveaux de crise. Cela suggère que le marché ne panique pas et considère que le conflit, même s’il peut durer, ne devrait pas provoquer de conséquences économiques graves ou durables. Autrement dit, les scénarios catastrophistes - stagflation, nouveau choc pétrolier ou crise mondiale - semblent exagérés. C’est également notre analyse.
Prenons l’exemple du pétrole. Pour l’instant, le détroit d’Ormuz est presque inutilisable, ce qui pénalise surtout l’Asie, notamment la Chine, l’Inde, le Japon et la Corée du Sud. Mais depuis le 5 mars, l’Arabie saoudite utilise son oléoduc est-ouest pour acheminer une partie du pétrole vers l’Europe et l’Asie, ce qui aide à limiter le déséquilibre entre l’offre et la demande.
Si cela ne suffit pas, les États-Unis - premiers producteurs mondiaux de pétrole et de gaz - pourraient augmenter temporairement leur production. En dernier recours, certains pays pourraient aussi se tourner vers le pétrole russe malgré les sanctions. En pratique, plusieurs solutions existent pour éviter un baril à 100-120 dollars, niveau qui représenterait un vrai danger pour l’économie mondiale.
En revanche, l’incertitude pourrait durer et provoquer ponctuellement des pics de volatilité, surtout lorsque la liquidité est faible, par exemple pendant la session asiatique. Tant que le conflit persiste, les valeurs refuge devraient continuer de bien se comporter. Les devises liées à l’énergie, comme le dollar canadien, devraient aussi progresser puisque le pétrole a déjà augmenté d’environ 20 % la semaine dernière.
Cette crise apporte aussi un enseignement pour le marché des changes. En début d’année, beaucoup parlaient de dédollarisation et de perte de valeur du dollar. Pourtant, lorsque les tensions montent, les investisseurs se tournent toujours vers le billet vert plutôt que vers l’euro ou le yuan.
Annoncer la fin de son hégémonie paraît donc prématuré. Une fois la crise passée, nous pensons néanmoins que le dollar pourrait se déprécier légèrement cette année. Selon nos estimations, le dollar index est actuellement surévalué d’environ 7 %.
Une baisse d’environ 5 % sur l’ensemble de l’année reste plausible.
Le yen a réagi avec un certain retard, car les cambistes anticipent que la Banque du Japon ne relèvera probablement pas ses taux avant plusieurs mois. La prochaine hausse est désormais attendue plutôt dans la seconde moitié de l’année.
La volatilité a bien augmenté ces derniers jours, mais elle reste loin de niveaux de crise. Cela suggère que le marché ne panique pas et considère que le conflit, même s’il peut durer, ne devrait pas provoquer de conséquences économiques graves ou durables. Autrement dit, les scénarios catastrophistes - stagflation, nouveau choc pétrolier ou crise mondiale - semblent exagérés. C’est également notre analyse.
Prenons l’exemple du pétrole. Pour l’instant, le détroit d’Ormuz est presque inutilisable, ce qui pénalise surtout l’Asie, notamment la Chine, l’Inde, le Japon et la Corée du Sud. Mais depuis le 5 mars, l’Arabie saoudite utilise son oléoduc est-ouest pour acheminer une partie du pétrole vers l’Europe et l’Asie, ce qui aide à limiter le déséquilibre entre l’offre et la demande.
Si cela ne suffit pas, les États-Unis - premiers producteurs mondiaux de pétrole et de gaz - pourraient augmenter temporairement leur production. En dernier recours, certains pays pourraient aussi se tourner vers le pétrole russe malgré les sanctions. En pratique, plusieurs solutions existent pour éviter un baril à 100-120 dollars, niveau qui représenterait un vrai danger pour l’économie mondiale.
En revanche, l’incertitude pourrait durer et provoquer ponctuellement des pics de volatilité, surtout lorsque la liquidité est faible, par exemple pendant la session asiatique. Tant que le conflit persiste, les valeurs refuge devraient continuer de bien se comporter. Les devises liées à l’énergie, comme le dollar canadien, devraient aussi progresser puisque le pétrole a déjà augmenté d’environ 20 % la semaine dernière.
Cette crise apporte aussi un enseignement pour le marché des changes. En début d’année, beaucoup parlaient de dédollarisation et de perte de valeur du dollar. Pourtant, lorsque les tensions montent, les investisseurs se tournent toujours vers le billet vert plutôt que vers l’euro ou le yuan.
Annoncer la fin de son hégémonie paraît donc prématuré. Une fois la crise passée, nous pensons néanmoins que le dollar pourrait se déprécier légèrement cette année. Selon nos estimations, le dollar index est actuellement surévalué d’environ 7 %.
Une baisse d’environ 5 % sur l’ensemble de l’année reste plausible.
Taux de change : le point technique
La semaine dernière, la situation a nettement changé. La paire EUR/USD a évolué dans une amplitude proche de 300 pips, contre environ 100 à 150 pips en temps normal. Comme attendu dans un contexte d’aversion au risque, la tendance a été baissière.
Si l’intensité du conflit reste stable - ce qui semble le scénario le plus probable pour l’instant - nous pensons que la paire pourrait atteindre un point bas temporaire entre 1,1450 et 1,1500.
Une fois la phase géopolitique passée, la tendance de fond haussière de l’EUR/USD devrait reprendre. Les précédents historiques vont dans ce sens, notamment la guerre en Irak en 2003 et la guerre des 12 jours en juin 2025.
| SUPPORTS HEBDO | RÉSISTANCES HEBDO | |||
| S1 | S2 | R1 | R2 | |
| EUR/USD | 1,1450 | 1,1423 | 1,1633 | 1,1733 |
| EUR/GBP | 0,8588 | 0,8540 | 0,8700 | 0,8733 |
| EUR/CHF | 0,8904 | 0,8878 | 0,9200 | 0,9210 |
| EUR/CAD | 1,5722 | 1,5700 | 1,5900 | 1,5934 |
| EUR/JPY | 181,00 | 180,45 | 183,00 | 183,42 |
Les annonces à suivre
Au-delà des tensions géopolitiques, le marché des changes va surtout surveiller l’inflation américaine dans les prochains jours. Deux indicateurs sont attendus : l’indice des prix à la consommation de février et le PCE core de janvier, l’indicateur d’inflation privilégié par la Réserve fédérale. Ce dernier est attendu à 3% sur un an, soit encore au-dessus de l’objectif de 2% fixé par la Fed.
Ces derniers mois, l’inflation a été principalement tirée par les prix de l’énergie et de l’alimentation. Dans le contexte actuel au Moyen-Orient, il est peu probable que ces pressions diminuent. Le détroit d’Ormuz, au centre des inquiétudes, est une voie essentielle non seulement pour les hydrocarbures mais aussi pour certains engrais, notamment l’urée largement utilisée en agriculture.
Si les prix des fertilisants augmentent durablement, comme au début de la guerre en Ukraine, cela finira par se répercuter sur les prix alimentaires.
Dans ce contexte d’incertitude, le marché n’anticipe plus de baisse des taux de la Fed lors de sa réunion de mi-mars. Le taux directeur devrait rester dans la fourchette de 3,5% à 3,75%, ce qui correspond également à notre scénario.
Cette décision risque toutefois de déplaire au président américain Donald Trump, et de nouvelles critiques contre le président de la Fed, Jerome Powell, sont probablement à prévoir.
Ces derniers mois, l’inflation a été principalement tirée par les prix de l’énergie et de l’alimentation. Dans le contexte actuel au Moyen-Orient, il est peu probable que ces pressions diminuent. Le détroit d’Ormuz, au centre des inquiétudes, est une voie essentielle non seulement pour les hydrocarbures mais aussi pour certains engrais, notamment l’urée largement utilisée en agriculture.
Si les prix des fertilisants augmentent durablement, comme au début de la guerre en Ukraine, cela finira par se répercuter sur les prix alimentaires.
Dans ce contexte d’incertitude, le marché n’anticipe plus de baisse des taux de la Fed lors de sa réunion de mi-mars. Le taux directeur devrait rester dans la fourchette de 3,5% à 3,75%, ce qui correspond également à notre scénario.
Cette décision risque toutefois de déplaire au président américain Donald Trump, et de nouvelles critiques contre le président de la Fed, Jerome Powell, sont probablement à prévoir.
| Jour | Heure | Pays | Indicateur | À quoi s'attendre ? | Impact |
| 11/03 | 13:30 | USA | Inflation (Février) | Précédent à 2,4% sur un an. | Élevé |
| 13/03 | 13:30 | USA | Indice PCE core (Janvier) | Précédent à 3% sur un an. | Moyen |
Mondial Change est un établissement financier français, fondé en 2015, spécialisé dans la gestion des paiements internationaux et du risque de change.
Mondial Change accompagne notamment de nombreux acteurs du tourismes, agences de voyages, groupistes, tour-opérateurs, réceptifs...
www.mondialchange.com
Contact : nicolas@mondialchange.com
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