Cyrille Fradin : "Nous avons dû gérer cette situation alors même que les décisions des compagnies aériennes, notamment celles du Golfe étaient difficilement lisibles." - photo Karavel
Face à la situation de blocage, sans précédent, et au peu d'entrain du gouvernement français, pour qui les voyageurs bloqués en Asie ne sont pas une priorité, les tour-opérateurs se sont organisés.
À l'image de l'opération menée conjointement par Fram et NG Travel, qui ont affrété plusieurs vols (cliquez-ici pour en savoir plus).
Déjà à la manœuvre, au côté d'ÔVoyages, pour faire revenir des voyageurs bloqués aux Maldives et au Sri Lanka, les deux tour-opérateurs ont réédité l'opération, cette fois-ci dans la nuit du 8 au 9 mars 2026, en faisant revenir 429 passagers depuis la Thaïlande, puis grâce à un prochain appareil programmé le 10 mars.
« Avec le déclenchement du conflit, nous avons été confrontés à deux situations distinctes. D’un côté, des clients qui se trouvaient dans des zones directement impactées par la fermeture d’espaces aériens, notamment aux Émirats.
De l’autre, des voyageurs en vacances dans des destinations éloignées du conflit - Maldives, Sri Lanka, Vietnam, Thaïlande - mais qui dépendaient des hubs du Moyen-Orient pour rentrer en Europe.
Pour certains, la situation était très anxiogène car ils percevaient directement les conséquences du conflit. Pour d’autres, le conflit était lointain mais ils se retrouvaient dans l’incapacité de rentrer faute de vols disponibles » nous explique Cyrille Fradin, le président du groupe Karavel/Promovacances.
Au total, près de 850 clients du groupe étaient concernés par l'une ou l'autre des problématiques évoquées.
À l'image de l'opération menée conjointement par Fram et NG Travel, qui ont affrété plusieurs vols (cliquez-ici pour en savoir plus).
Déjà à la manœuvre, au côté d'ÔVoyages, pour faire revenir des voyageurs bloqués aux Maldives et au Sri Lanka, les deux tour-opérateurs ont réédité l'opération, cette fois-ci dans la nuit du 8 au 9 mars 2026, en faisant revenir 429 passagers depuis la Thaïlande, puis grâce à un prochain appareil programmé le 10 mars.
« Avec le déclenchement du conflit, nous avons été confrontés à deux situations distinctes. D’un côté, des clients qui se trouvaient dans des zones directement impactées par la fermeture d’espaces aériens, notamment aux Émirats.
De l’autre, des voyageurs en vacances dans des destinations éloignées du conflit - Maldives, Sri Lanka, Vietnam, Thaïlande - mais qui dépendaient des hubs du Moyen-Orient pour rentrer en Europe.
Pour certains, la situation était très anxiogène car ils percevaient directement les conséquences du conflit. Pour d’autres, le conflit était lointain mais ils se retrouvaient dans l’incapacité de rentrer faute de vols disponibles » nous explique Cyrille Fradin, le président du groupe Karavel/Promovacances.
Au total, près de 850 clients du groupe étaient concernés par l'une ou l'autre des problématiques évoquées.
Cyrille Fradin : "Nous devons saluer l'élan de la profession"
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Une mission délicate, alors que la situation est restée très longuement volatile en raison des nombreux tirs de missiles sur les territoires voisins de l'Iran.
« Le conflit a eu un impact majeur sur l’ensemble du transport aérien dans la région. Il a également impacté les voyageurs présents sur les destinations asiatiques, en Indonésie, aux Maldives, au Vietnam, au Sri Lanka, en Thaïlande et dans une moindre mesure à Maurice ou Zanzibar.
Nous avons dû gérer cette situation alors même que les décisions des compagnies aériennes, notamment celles du Golfe étaient difficilement lisibles.
Dans les premières heures, notre priorité a été de rebooker un maximum de clients sur les vols commerciaux encore disponibles. Mais les capacités se sont très vite raréfiées et les prix ont rapidement flambé.
Rappelons qu'Air France n'opère plus vers le Sri Lanka et les Maldives. Les capacités aériennes étant extrêmement saturées - et la situation étant mondiale puisque Dubaï, deuxième hub aérien mondial, est directement concerné -nous avons dû travailler sur des solutions d’affrètement afin de rapatrier nos clients.
Nous avons cherché à optimiser ces opérations, car elles représentent un coût conséquent. L’objectif était de trouver des solutions acceptables pour tous. Ce fut le cas du co affrêtement Maldives & Colombo, ainsi que de l’affrêtement conjoint avec NG Travel pour rapatrier nos clients de Bangkok, Phuket et du Vietnam, » nous explique le dirigeant.
« Le conflit a eu un impact majeur sur l’ensemble du transport aérien dans la région. Il a également impacté les voyageurs présents sur les destinations asiatiques, en Indonésie, aux Maldives, au Vietnam, au Sri Lanka, en Thaïlande et dans une moindre mesure à Maurice ou Zanzibar.
Nous avons dû gérer cette situation alors même que les décisions des compagnies aériennes, notamment celles du Golfe étaient difficilement lisibles.
Dans les premières heures, notre priorité a été de rebooker un maximum de clients sur les vols commerciaux encore disponibles. Mais les capacités se sont très vite raréfiées et les prix ont rapidement flambé.
Rappelons qu'Air France n'opère plus vers le Sri Lanka et les Maldives. Les capacités aériennes étant extrêmement saturées - et la situation étant mondiale puisque Dubaï, deuxième hub aérien mondial, est directement concerné -nous avons dû travailler sur des solutions d’affrètement afin de rapatrier nos clients.
Nous avons cherché à optimiser ces opérations, car elles représentent un coût conséquent. L’objectif était de trouver des solutions acceptables pour tous. Ce fut le cas du co affrêtement Maldives & Colombo, ainsi que de l’affrêtement conjoint avec NG Travel pour rapatrier nos clients de Bangkok, Phuket et du Vietnam, » nous explique le dirigeant.
"Les équipes ont fait un travail colossal"
« Même si le désordre n'est pas totalement résorbé, je tiens à saluer l’engagement des équipes qui ont fait un travail colossal, en France comme dans les destinations, pour suivre chaque situation individuellement et trouver des solutions dans des délais très contraints.
Dans ce type de situation, l’inquiétude des clients est évidemment très forte. Nos équipes ont été pleinement mobilisées pour les accompagner et les informer en permanence.
Tous nos clients présents dans les Emirats ont désormais des solutions de rapatriement.
Nous sommes toujours en recherche active solution pour un groupe de 16 personnes bloquées en Asie, faute de disponibilité aérienne. » poursuit Cyrille Fradin.
Dans ce type de situation, l’inquiétude des clients est évidemment très forte. Nos équipes ont été pleinement mobilisées pour les accompagner et les informer en permanence.
Tous nos clients présents dans les Emirats ont désormais des solutions de rapatriement.
Nous sommes toujours en recherche active solution pour un groupe de 16 personnes bloquées en Asie, faute de disponibilité aérienne. » poursuit Cyrille Fradin.
Aérien : "nous avons eu des propositions qui dépassaient l'entendement"
Et cette opération de rapatriement a non seulement sollicité des moyens humains conséquents, mais aussi financiers.
Si les prix des sièges ont flambé, pour atteindre plusieurs milliers d'euros pour une place entre Bangkok et Paris, le couts des affrètements ne sera pas neutre pour les bilans des différents opérateurs.
« Cette crise va coûter beaucoup d'argent à l’ensemble des acteurs du tourisme.
Les compagnies du Golfe ont globalement fait en sorte de proposer des alternatives avec peu de capacité et de donner de la visibilité aux professionnels, le tout à des prix raisonnables vu le conflit et la demande.
En revanche, nous avons eu des propositions de co-affrètement qui dépassaient l'entendement, très éloignés des standards du marché.
Les solutions trouvées pour rapatrier nos clients sont à des montants très, très éloignés de la normale, des tarifs que je n'avais jamais vus en 20 ans de carrière, » précise le dirigeant.
Un témoignage qui rejoint celui de Roch Artheau.
Le patron d'Artheau Aviation, nous rapportait dans un précédent article que certains opérateurs proposaient 250 000 dollars pour rentrer en jet privé, depuis Dubaï, « alors que c'est ce que nous proposons pour un avion de plus de 200 personnes. »
De plus des entremetteurs du côté de l'Emirat profitaient de la situation pour faire augmenter les prix et récupérer une partie du gâteau sans réelle compétence dans le sujet.
Finalement, le groupe Fram-Promovacances a quasiment fait rentrer l'intégralité de ses clients, alors même que Jean-Noël Barrot, Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères de France affirmait lundi matin que plus de 7 500 Français avaient sollicité les services de l'Etat pour rentrer des Emirats arabes unis.
« Quelques rares clients ont pu bénéficier des vols de rapatriement, mais nous n’avons eu que de peu de visibilité sur ces lignes.
Nous devons saluer l'élan de la profession assistée de simples boucles WhatsApp, pour trouver des solutions en bonne intelligence, pour le bien de nos clients et de l'industrie touristique.
Aujourd'hui, nous regardons devant nous et nous suivons les possibilités offertes par les compagnies, comme Qatar, Gulf Air, Etihad et Emirates, pour les dossiers à venir.
Elles proposent une grande flexibilité pour les reports et les annulations sans frais. Nous avons donné la directive aux équipes d'annuler les départs concernés jusqu'au 17 mars, et nous suivons comme tous l'évolution du conflit
Personne ne peut présager de l’évolution du conflit, donc même s'il est possible de reproposer des vols via Dubaï ou Doha, nous ne le ferons pas tant que les conditions de sécurité et de stabilité ne seront pas pleinement réunies dans cette région du monde, » estime Cyrille Fradin.
Si les prix des sièges ont flambé, pour atteindre plusieurs milliers d'euros pour une place entre Bangkok et Paris, le couts des affrètements ne sera pas neutre pour les bilans des différents opérateurs.
« Cette crise va coûter beaucoup d'argent à l’ensemble des acteurs du tourisme.
Les compagnies du Golfe ont globalement fait en sorte de proposer des alternatives avec peu de capacité et de donner de la visibilité aux professionnels, le tout à des prix raisonnables vu le conflit et la demande.
En revanche, nous avons eu des propositions de co-affrètement qui dépassaient l'entendement, très éloignés des standards du marché.
Les solutions trouvées pour rapatrier nos clients sont à des montants très, très éloignés de la normale, des tarifs que je n'avais jamais vus en 20 ans de carrière, » précise le dirigeant.
Un témoignage qui rejoint celui de Roch Artheau.
Le patron d'Artheau Aviation, nous rapportait dans un précédent article que certains opérateurs proposaient 250 000 dollars pour rentrer en jet privé, depuis Dubaï, « alors que c'est ce que nous proposons pour un avion de plus de 200 personnes. »
De plus des entremetteurs du côté de l'Emirat profitaient de la situation pour faire augmenter les prix et récupérer une partie du gâteau sans réelle compétence dans le sujet.
Finalement, le groupe Fram-Promovacances a quasiment fait rentrer l'intégralité de ses clients, alors même que Jean-Noël Barrot, Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères de France affirmait lundi matin que plus de 7 500 Français avaient sollicité les services de l'Etat pour rentrer des Emirats arabes unis.
« Quelques rares clients ont pu bénéficier des vols de rapatriement, mais nous n’avons eu que de peu de visibilité sur ces lignes.
Nous devons saluer l'élan de la profession assistée de simples boucles WhatsApp, pour trouver des solutions en bonne intelligence, pour le bien de nos clients et de l'industrie touristique.
Aujourd'hui, nous regardons devant nous et nous suivons les possibilités offertes par les compagnies, comme Qatar, Gulf Air, Etihad et Emirates, pour les dossiers à venir.
Elles proposent une grande flexibilité pour les reports et les annulations sans frais. Nous avons donné la directive aux équipes d'annuler les départs concernés jusqu'au 17 mars, et nous suivons comme tous l'évolution du conflit
Personne ne peut présager de l’évolution du conflit, donc même s'il est possible de reproposer des vols via Dubaï ou Doha, nous ne le ferons pas tant que les conditions de sécurité et de stabilité ne seront pas pleinement réunies dans cette région du monde, » estime Cyrille Fradin.
"On ne pourra pas s'attendre à des miracles en 2026"
Et cet évènement intervient malheureusement après un début d'année délicat pour l'industrie touristique, marqué par une demande volatile.
Pour rappel, le groupe Karavel, regroupant l'ensemble des marques, que ce soit Fram et Promovacances, Plein Vent, etc, a pour la première fois de son histoire dépassé le milliard d'euros de chiffre d'affaires en 2024, comme nous vous le révélions dans notre classement des tour-opérateurs.
Faut-il craindre un tassement des ventes dans les jours et semaines à venir ?
« La grande différence avec le Covid, dans ce que nous vivons à l'échelle du voyage, réside dans l'avenir. L'inconnue, c'est l'évolution et les conséquences économiques de cette crise.
Maintenant, il est évident que les conséquences d'un baril à 120 ou 130 dollars seront impactantes pour l'économie française, pour notre secteur et sur le prix des billets.
Je m'attends forcément à avoir des hausses carburants qui vont impacter le pouvoir d'achat des ménages, donc impacter leur budget vacances. Pour l'heure, ce n'est pas encore le cas et tout va dépendre de la gestion du détroit d'Ormuz.
Par conséquent, si le conflit s'installe dans la durée, il ne faudra pas s'attendre à des miracles en 2026. Une résolution doit être trouvée en premier lieu pour les Iraniens et les populations qui souffrent, puis pour minorer les conséquences économiques.
Depuis un peu plus d'une semaine, nous observons une forme de tension sur les ventes. Il ne faut pas espérer que les clients se positionnent sur des réservations du jour au lendemain : cette pause est logique.
Je pense qu'il est beaucoup trop tôt pour tirer des conclusions. L'évolution des réservations va dépendre des décisions qui seront prises par les USA et Israël, mais aussi par les pays concernés dans les prochains jours.
Il ne faut pas surréagir, ni être trop inquiet, c'est encore trop frais », conclut le dirigeant.
Pour rappel, le groupe Karavel, regroupant l'ensemble des marques, que ce soit Fram et Promovacances, Plein Vent, etc, a pour la première fois de son histoire dépassé le milliard d'euros de chiffre d'affaires en 2024, comme nous vous le révélions dans notre classement des tour-opérateurs.
Faut-il craindre un tassement des ventes dans les jours et semaines à venir ?
« La grande différence avec le Covid, dans ce que nous vivons à l'échelle du voyage, réside dans l'avenir. L'inconnue, c'est l'évolution et les conséquences économiques de cette crise.
Maintenant, il est évident que les conséquences d'un baril à 120 ou 130 dollars seront impactantes pour l'économie française, pour notre secteur et sur le prix des billets.
Je m'attends forcément à avoir des hausses carburants qui vont impacter le pouvoir d'achat des ménages, donc impacter leur budget vacances. Pour l'heure, ce n'est pas encore le cas et tout va dépendre de la gestion du détroit d'Ormuz.
Par conséquent, si le conflit s'installe dans la durée, il ne faudra pas s'attendre à des miracles en 2026. Une résolution doit être trouvée en premier lieu pour les Iraniens et les populations qui souffrent, puis pour minorer les conséquences économiques.
Depuis un peu plus d'une semaine, nous observons une forme de tension sur les ventes. Il ne faut pas espérer que les clients se positionnent sur des réservations du jour au lendemain : cette pause est logique.
Je pense qu'il est beaucoup trop tôt pour tirer des conclusions. L'évolution des réservations va dépendre des décisions qui seront prises par les USA et Israël, mais aussi par les pays concernés dans les prochains jours.
Il ne faut pas surréagir, ni être trop inquiet, c'est encore trop frais », conclut le dirigeant.

















