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Vols affrétés : des opérateurs confrontés à l'absence de visibilité et à la flambée des prix ! [ABO]

Les opérateurs font face à l'absence totale de visibilité


Faisant face à un pic d'activité et à des journées à rallonge, les affréteurs sont en première ligne pour rapatrier les milliers de Français bloqués par la guerre qui sévit au Moyen-Orient. Après la fermeture des espaces aériens de la région, l'aéroport de Dubaï a été ciblé par l'Iran, tout comme celui de Bakou, ou encore de Paphos. Dans ces conditions, trouver des avions et des créneaux devient un véritable défi.


Rédigé par le Vendredi 6 Mars 2026 à 07:35

Les opérateurs font face à l'absence totale de visibilité - Depositphotos
Les opérateurs font face à l'absence totale de visibilité - Depositphotos
La guerre en Iran provoque un véritable casse-tête pour les professionnels du tourisme, mais pas seulement.

L'industrie aérienne est, elle aussi, soumise à rude épreuve.

Depuis le 28 février, les espaces aériens d'Israël, du Qatar, des Émirats arabes unis, du Bahreïn et du Koweït sont fermés, en plus de ceux de l'Iran.

Ce n'est pas tout, car l'un des derniers passages encore ouvert vers l'Asie, comme l'a expliqué Thierry Oriol, membre du bureau exécutif du Syndicat national des pilotes de ligne, a été ciblé ce jeudi 5 mars 2026.

En effet, trois drones ont pris pour cible un terminal de l'aéroport à Nakhitchevan, en Azerbaïdjan. La situation tourne au chaos dans ce secteur déjà secoué par les conflits internes, comme en Libye, en Syrie ou en Afghanistan, mais aussi les tensions entre le Pakistan et l'Afghanistan.

"Tout s'est accéléré à partir du week-end dernier, à partir du moment où tous les pays du Golfe ont fermé leurs espaces et où les compagnies ont cessé leurs activités.

Nous avons vu les demandes arriver en très grande quantité depuis dimanche, et celles-ci se sont intensifiées depuis mardi 3 mars. C'est complètement inhabituel, c'est très similaire à ce que nous avons connu durant le Covid.

Les gens ont attendu, en pensant que la situation allait rentrer dans l'ordre ou se stabiliser, mais finalement, il semblerait que le conflit dure dans le temps.

Dans le même temps, des transporteurs comme Emirates n'ont pas la capacité opérationnelle pour redémarrer à plein régime.

Même si aujourd'hui, elles avaient l'accord de reprendre pleinement, il leur faudrait 5 ou 6 jours pour pouvoir vendre de nouveaux billets, car ils ont beaucoup trop de passagers bloqués
", nous explique Rémi Aubin, le directeur de LunaGroup Charter.


Dans le Golfe : "Nous n'avons aucune visibilité sur la reprise complète du trafic"

Dans une entreprise habituée à gérer les situations de crise, les journées ne s'arrêtent plus avant 22h et les réunions s'enchaînent pour trouver des solutions aux tour-opérateurs, mais aussi aux particuliers et aux services de l'Etat.

Chez les confrères d'Artheau Aviation, la situation est similaire.

"C'est assez complexe sur place, néanmoins nous arrivons à faire partir des avions de Dubaï et de plusieurs villes du Golfe.

Nous avons réussi à faire partir des jets privés qui étaient basés dans ces pays. Après, nous pouvons mettre en place beaucoup de vols depuis le sultanat d'Oman. Même si les autorisations sont assez difficiles à obtenir, nous y arrivons tant bien que mal.

Après, depuis Abou Dabi ou Dubaï, ce sont uniquement des avions qui sont déjà là-bas ou alors des vols avec un appui des différents ministères européens avec lesquels nous travaillons.

Nous avons déjà pu faire voler des avions de 300 sièges. Depuis trois jours, des avions volent tous les jours.

Il y a des salves d'Emirates, Flydubai et Etihad qui ont permis de rapatrier pas mal de voyageurs. Puis, en dehors de ces vols, des avions affrétés ont pu aussi s'envoler
", confie Roch Artheau, le directeur associé d'Artheau Aviation.

Malgré la reprise, l'activité tourne toujours au ralenti.

L'aéroport international de Dubaï affichait un taux d'annulation de 59%, celui de Doha de 73%, et l'aéroport d'Abou Dabi de 60%. Et ces annulations s'ajoutent aux plus de 20 000 enregistrées depuis le début du conflit.

"La France met énormément de temps à réagir"

La résorption de ces goulets d'étranglement que représentent les hubs de la région devrait s'étaler dans le temps.

"Nous n'avons aucune visibilité sur la reprise complète du trafic au moment où nous nous parlons.

Ce qui est certain, c'est qu'une fois que les aéroports vont pouvoir reprendre leurs cadences d'avant-guerre, alors il faudra une dizaine de jours pour absorber le trafic et les passagers bloqués.

La cadence augmente depuis trois jours, mais les autorités font en fonction de ce qu'il se passe dans le ciel
", poursuit le patron d'Artheau Aviation.

En attendant, les affréteurs s'évertuent à chercher des solutions pour leurs clients.

Ils font face à plusieurs défis, dans un contexte de guerre et de demande exceptionnelle. Certains petits malins en profitent pour faire grimper les prix, quand d'autres s'improvisent intermédiaires pour prendre quelques billets, en profitant de la panique générale.

"Au niveau de l'aviation d'affaires, ça vole relativement bien au départ des Emirats arabes unis ; c'est un peu plus compliqué pour l'aviation civile. Les vols charters ne sont pas autorisés.

Donc, notre seule solution reste Oman, où nous avons mis en place des vols. Sauf que pour s'y rendre depuis Dubaï et Abou Dabi, la seule solution reste la voie terrestre.

Le trajet n'est pas si évident. Nous avons environ 10% des réservations qui ne se présentent pas.

Il y a énormément de Français bloqués et nous avons l'impression que la France met énormément de temps à réagir, par rapport à l'urgence de la situation,
" estime Rémi Aubin.

Oman Air a publié un communiqué pour conseiller aux passagers se rendant à Mascate d'arriver au point de passage frontalier au moins 12 heures avant l'heure de départ.

Rapatriement des voyageurs : "il y a de façon générale une désorganisation importante"

Un vol Air France est tout de même programmé, ce jeudi 5 mars au soir, depuis Dubaï, après celui de la veille.

Cela fera environ 600 Français évacués sur les plusieurs dizaines de milliers coincés dans la zone. A ce rythme, il va falloir quelques jours, voire un peu plus, pour sortir tout le monde et surtout permettre à ceux qui devaient partir en voyage de pouvoir le faire.

"Vous avez aussi des lieux très prisés de la clientèle française, comme les Maldives, les Seychelles ou Maurice, qui se retrouvent privés des avions du Golfe.

Ainsi, quand vous avez 3 Boeing 777 en moins chaque jour, comme aux Seychelles, beaucoup de gens se retrouvent à attendre devant l'aéroport, dans l'attente d'une solution qui n'arrive pas.

La situation est telle que des hôtels nous sollicitent pour mettre en place des vols, ce qui n'arrive jamais dans pareille situation. Je trouve qu'il y a, de façon générale, une désorganisation importante.

Les charters sont habituellement très adaptés pour remédier à ce genre de situation, sauf qu'il manque une partie prenante pour rassembler les demandes, comme plusieurs tour-opérateurs qui pourraient mutualiser les frais pour affréter un avion.

Dans ce chaos, beaucoup d'intermédiaires essaient de se greffer, notamment dans l'environnement économique de Dubaï, pour prendre une part du gâteau
", nous dévoile Rémi Aubin.

Malgré tout, sous l'impulsion du SETO, et de Gilbert Cisneros (Directeur Général d'Exotismes) plusieurs TO ont pris l'initiative de coordonner une réponse collective, en affrétant un charter avec Air Austral pour évacuer 260 ressortissants français bloqués aux Maldives.

ÔVoyages est également sur le pont pour mettre sur pied un vol spécial avec d'autres voyagistes partenaires pour le 10 mars prochain.

Et alors que les vols affrétés par la France circulent au compte-gouttes, l'opération devrait s'accélérer à partir de la semaine prochaine.

Le patron de Luna Charter Group a observé, une mise à disposition plus importante d'appareils de la part du gouvernement tricolore à partir de mardi prochain.

Et si sur les vols réguliers les prix flambent, c'est aussi le cas pour les charters et les locations d'avions.

"Nous avons identifié un aéroport pour mettre en place des vols charters dans les Émirats"

"Dans les premiers jours, nous avons observé des prix sur le marché qui étaient du grand n'importe quoi. Après, cela répond à l'offre et la demande, car très peu d'opérateurs étaient prêts à prendre le risque d'y aller.

Maintenant, beaucoup plus de compagnies desservent Mascate, les tarifs sont plus cohérents.

i[J'ai lu que des gens ont mis sur la table 250 000 dollars pour rentrer en jet privé, alors que c'est ce que nous proposons pour un avion de 200 personnes
", nous explique Roch Artheau.

Ce conflit arrive à une période de l'année plutôt creuse. L'aérien est encore dans le programme hiver, donc en basse saison, l'activité devenant plus intense à partir d'avril et surtout mai.

En mars, il est donc encore possible de trouver du matériel disponible, alors que ces dernières années, le secteur de la location d'avions faisait face à des pénuries de disponibilité, en raison de la forte reprise du tourisme.

"Nous arrivons à trouver des appareils, mais par exemple, pour opérer le vol entre Mascate et Istanbul de mardi, l'opérateur a profité de la situation en augmentant son tarif de 70%. Ils sont devenus opportunistes.

A cela, vous avez aussi le caractère incertain qui participe à ce genre de comportement.

Nous sommes toujours dans l'attente d'une réouverture des différents espaces aériens. Nous avons identifié un aéroport pour mettre en place des vols charters dans les Émirats, à savoir celui de Fujaïrah.

Des vols opèrent de façon limitée, nous essayons de trouver une solution pour obtenir des autorisations. Le Qatar risque d'être le territoire qui restera le plus durablement fermé, en raison des problématiques de leur bouclier aérien
", conclut le patron de Luna Charter Group.

Alors que Doha puise dans ses stocks limités de missiles pour protéger son territoire, de puissantes explosions ont été entendues dans la capitale de l'Émirat ce jeudi 5 mars 2026, suite à une attaque de missiles iraniens.

Le conflit semble s'installer, dans la durée... l'aérien pourrait connaitre une année très difficile après deux années historiques.


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