Rencontre avec le créateur de Dunia Travel, un dirigeant comme les autres, au parcours atypique - Photo : Dunia Travel
Le tourisme est un véritable attrape-rêveurs, transformant parfois les amoureux du voyage en entrepreneurs.
À l’image de bien d’autres nouveaux acteurs de la profession, Roobens Fils n'a ni étudié ni imaginé une carrière dans le secteur. Il est tombé dedans un peu par hasard, et par envie.
Ce fils d’immigré haïtien a, dans sa jeunesse, pas mal voyagé, notamment pour visiter une famille toujours présente sur l’île, mais dont une partie s'est disséminée aux quatre coins du monde.
Après une école de commerce, une expérience de vie aux États-Unis et un tour du monde, une vie de blogueur et d'écrivain, il fonde Dunia Voyages en 2022.
"Grâce à mon blog, j'étais invité à droite, à gauche, mais j'avais envie de créer quelque chose de concret.
C'est là que j'ai pensé à la création d'une agence de voyages. Au début, j'imaginais un projet assez classique, c'est-à-dire vendre la Thaïlande, le Canada, l'Australie, etc.
Après réflexion, je ne voulais proposer que ce que je connaissais, et aussi que cette agence ait un sens pour moi. Alors j'ai pensé à l'Afrique.
En parlant avec des gens, je me suis rendu compte que le continent était attractif, mais que l'offre ne suivait pas forcément. J'ai aussi constaté que de nombreux pays n’étaient pas proposés, et je me suis lancé," nous confie l'entrepreneur.
À l’image de bien d’autres nouveaux acteurs de la profession, Roobens Fils n'a ni étudié ni imaginé une carrière dans le secteur. Il est tombé dedans un peu par hasard, et par envie.
Ce fils d’immigré haïtien a, dans sa jeunesse, pas mal voyagé, notamment pour visiter une famille toujours présente sur l’île, mais dont une partie s'est disséminée aux quatre coins du monde.
Après une école de commerce, une expérience de vie aux États-Unis et un tour du monde, une vie de blogueur et d'écrivain, il fonde Dunia Voyages en 2022.
"Grâce à mon blog, j'étais invité à droite, à gauche, mais j'avais envie de créer quelque chose de concret.
C'est là que j'ai pensé à la création d'une agence de voyages. Au début, j'imaginais un projet assez classique, c'est-à-dire vendre la Thaïlande, le Canada, l'Australie, etc.
Après réflexion, je ne voulais proposer que ce que je connaissais, et aussi que cette agence ait un sens pour moi. Alors j'ai pensé à l'Afrique.
En parlant avec des gens, je me suis rendu compte que le continent était attractif, mais que l'offre ne suivait pas forcément. J'ai aussi constaté que de nombreux pays n’étaient pas proposés, et je me suis lancé," nous confie l'entrepreneur.
Dunia Travel : après le lancement, comment faire venir les clients sur son site ?
Au-delà des classiques que sont le Maroc, la Tanzanie ou le Kenya, l’agent propose aussi le Bénin, l’Angola et la Côte d’Ivoire.
Après quelques mois à batailler sur le plan administratif, un véritable "parcours du combattant", afin d'obtenir l'immatriculation indispensable et la garantie, Dunia Travel voit le jour sur le web. Mais d'ailleurs, que signifie Dunia ?
"Je me suis dit, tant qu'à lancer une activité sur l'Afrique, autant avoir un nom africain.
Je cherche un mot dans la langue la plus parlée du continent, à savoir le swahili. Sauf que voyage se dit... Safari. Je ne pouvais pas utiliser ce mot, trop commun. Ensuite, j'ai cherché la traduction de planète ou de la Terre : cela se dit Dunia.
Et par chance, cette même locution a le même sens dans plein de langues, comme en arabe ou en hindi," précise Roobens Fils.
Une fois la dénomination trouvée et les papiers obtenus, il est temps de faire venir les clients.
Et contrairement à ce qu'il pensait, ce n'est pas parce qu'il y a de la lumière que les voyageurs se précipitent sur son site internet. Bien au contraire. Axer son activité sur un marché de niche, avec une faible concurrence, n'assure pas le succès.
Il a bien travaillé le SEO de ses pages et produits, en s'appuyant sur les compétences acquises lors de sa précédente expérience, mais cela ne suffisait pas.
"J'ai dû faire un travail de marketing, de notoriété, tout en développant les destinations et l'agence.
Il n'y avait que 5 destinations. Maintenant, j'en suis à plus de 20. J'ai commencé à faire de la publicité sur internet et les contacts ont afflué. Ma première cliente est partie au Cap-Vert. J'étais surexcité. Le voyage s'est très bien passé.
J'ai réussi à me faire de la place sur quelques mots-clés.
Finalement, entre la publicité, via Google Ads et Meta Ads, puis le bouche-à-oreille, des clients qui m'ont ensuite mis en relation avec des amis, des membres de leur famille, etc.
D'ailleurs, pour la première fois, un client m'a connu via ChatGPT, après des recherches sur des noms de spécialistes de l'Afrique," s'étonne encore le fondateur de la plateforme.
Après quelques mois à batailler sur le plan administratif, un véritable "parcours du combattant", afin d'obtenir l'immatriculation indispensable et la garantie, Dunia Travel voit le jour sur le web. Mais d'ailleurs, que signifie Dunia ?
"Je me suis dit, tant qu'à lancer une activité sur l'Afrique, autant avoir un nom africain.
Je cherche un mot dans la langue la plus parlée du continent, à savoir le swahili. Sauf que voyage se dit... Safari. Je ne pouvais pas utiliser ce mot, trop commun. Ensuite, j'ai cherché la traduction de planète ou de la Terre : cela se dit Dunia.
Et par chance, cette même locution a le même sens dans plein de langues, comme en arabe ou en hindi," précise Roobens Fils.
Une fois la dénomination trouvée et les papiers obtenus, il est temps de faire venir les clients.
Et contrairement à ce qu'il pensait, ce n'est pas parce qu'il y a de la lumière que les voyageurs se précipitent sur son site internet. Bien au contraire. Axer son activité sur un marché de niche, avec une faible concurrence, n'assure pas le succès.
Il a bien travaillé le SEO de ses pages et produits, en s'appuyant sur les compétences acquises lors de sa précédente expérience, mais cela ne suffisait pas.
"J'ai dû faire un travail de marketing, de notoriété, tout en développant les destinations et l'agence.
Il n'y avait que 5 destinations. Maintenant, j'en suis à plus de 20. J'ai commencé à faire de la publicité sur internet et les contacts ont afflué. Ma première cliente est partie au Cap-Vert. J'étais surexcité. Le voyage s'est très bien passé.
J'ai réussi à me faire de la place sur quelques mots-clés.
Finalement, entre la publicité, via Google Ads et Meta Ads, puis le bouche-à-oreille, des clients qui m'ont ensuite mis en relation avec des amis, des membres de leur famille, etc.
D'ailleurs, pour la première fois, un client m'a connu via ChatGPT, après des recherches sur des noms de spécialistes de l'Afrique," s'étonne encore le fondateur de la plateforme.
Dunia Travel : "mon objectif est d'attaquer un nouveau segment, avec le BtoB"
Dans le même temps, le nom de son agence circule aussi dans l'industrie.
Les invitations pour des éductours, un congrès des EDV Île-de-France et des salons comme le WTM à Londres tombent. L'activité prend forme. Bien qu’éreintante, l'ancien blogueur est heureux de sa nouvelle vie.
"C'est un vrai travail à plein temps, je suis heureux.
Je travaille chez moi, tout se fait en ligne, et je rencontre les clients qui le souhaitent dans un café, un espace de co-working ou encore dans l'agence de voyages d'un ami.
En 2026, mon objectif est d'attaquer un nouveau segment : le BtoB," nous dévoile Roobens Fils.
L'enjeu n'est pas encore nécessairement de produire des circuits et voyages sur-mesure pour les agences de voyages, mais plutôt d'organiser des évènements en Afrique pour les entreprises françaises.
Cela pourrait prendre la forme de team building ou des séminaires, pour des PME.
"L'un des freins, c'est l'accessibilité financière de ce genre d'évènement, car l'Afrique n'est pas bon marché pour les entreprises. Pour le MICE, par exemple, elles restent en France. Au mieux, elles vont au Maroc ou en Espagne : ce sont des destinations attractives niveau prix.
Sur le BtoC, j'ai encore des destinations à développer, à l'image de la Zambie, du Zimbabwe et du Congo."
Pour en arriver là, le jeune homme s'est beaucoup renseigné, sur la profession et les pays. De plus, il a reçu le soutien précieux de Jacques Judéaux, un ancien administrateur de l'APST, pour les démarches et le lancement de son activité.
Les invitations pour des éductours, un congrès des EDV Île-de-France et des salons comme le WTM à Londres tombent. L'activité prend forme. Bien qu’éreintante, l'ancien blogueur est heureux de sa nouvelle vie.
"C'est un vrai travail à plein temps, je suis heureux.
Je travaille chez moi, tout se fait en ligne, et je rencontre les clients qui le souhaitent dans un café, un espace de co-working ou encore dans l'agence de voyages d'un ami.
En 2026, mon objectif est d'attaquer un nouveau segment : le BtoB," nous dévoile Roobens Fils.
L'enjeu n'est pas encore nécessairement de produire des circuits et voyages sur-mesure pour les agences de voyages, mais plutôt d'organiser des évènements en Afrique pour les entreprises françaises.
Cela pourrait prendre la forme de team building ou des séminaires, pour des PME.
"L'un des freins, c'est l'accessibilité financière de ce genre d'évènement, car l'Afrique n'est pas bon marché pour les entreprises. Pour le MICE, par exemple, elles restent en France. Au mieux, elles vont au Maroc ou en Espagne : ce sont des destinations attractives niveau prix.
Sur le BtoC, j'ai encore des destinations à développer, à l'image de la Zambie, du Zimbabwe et du Congo."
Pour en arriver là, le jeune homme s'est beaucoup renseigné, sur la profession et les pays. De plus, il a reçu le soutien précieux de Jacques Judéaux, un ancien administrateur de l'APST, pour les démarches et le lancement de son activité.
Avant Dunia Travel : Disney World, tour du monde, blogueur et écrivain !
Roobens Fils : son livre "Être noir et voyager" se vend à des milliers d'exemplaires - Photo : Dunia Travel
"Concernant la production, cela passe par les salons pros, les rencontres, les workshops et les éductours.
Je travaille avec de nombreux réceptifs africains. Nous collaborons main dans la main. J’ai aussi des contacts avec des hôteliers.
Ainsi, je peux construire une production adaptée à tous les voyageurs, de ceux qui ont des besoins standards jusqu’au haut de gamme," nous partage sa façon de travailler Roobens Fils.
Et après un premier exercice compliqué, l'équilibre a été atteint dès la deuxième année, pour dégager des bénéfices dès la troisième.
La mise en route commerciale et financière a été plus longue que prévu. En revanche, l'adaptation au secteur a été quasiment immédiate. Il a découvert un secteur avide de nouveaux profils et ouvert aux autres.
"Les gens m'identifient un peu : je suis le mec qui a une agence sur l'Afrique. Plus globalement, le monde du tourisme est vraiment sympa, l'entraide est importante.
C'est un secteur que j'ai appris à apprécier et je pense que si jamais l'aventure de Dunia Travel s'arrête un jour, je resterai dans l'univers du voyage.
En attendant, je suis focalisé sur le développement du site, du SEO et du GEO (le référencement sur les agents IA, ndlr). Et je profite de l'article pour passer un appel : si un éditeur souhaite éditer mon livre, je suis disponible," rigole Roobens Fils.
Car nous n'en avons pas encore parlé, mais avant de créer son agence, l'entrepreneur a connu un certain succès littéraire suite à sa vie de globe-trotter.
Tout a commencé après l'obtention de son diplôme d'école de commerce. Au lieu de rentrer pleinement dans la vie active, le jeune homme décide alors d'émigrer aux États-Unis pendant un an.
Il fait des petits boulots et travaille six mois à Disney World, où il découvre la vie locale et surtout le monde.
Je travaille avec de nombreux réceptifs africains. Nous collaborons main dans la main. J’ai aussi des contacts avec des hôteliers.
Ainsi, je peux construire une production adaptée à tous les voyageurs, de ceux qui ont des besoins standards jusqu’au haut de gamme," nous partage sa façon de travailler Roobens Fils.
Et après un premier exercice compliqué, l'équilibre a été atteint dès la deuxième année, pour dégager des bénéfices dès la troisième.
La mise en route commerciale et financière a été plus longue que prévu. En revanche, l'adaptation au secteur a été quasiment immédiate. Il a découvert un secteur avide de nouveaux profils et ouvert aux autres.
"Les gens m'identifient un peu : je suis le mec qui a une agence sur l'Afrique. Plus globalement, le monde du tourisme est vraiment sympa, l'entraide est importante.
C'est un secteur que j'ai appris à apprécier et je pense que si jamais l'aventure de Dunia Travel s'arrête un jour, je resterai dans l'univers du voyage.
En attendant, je suis focalisé sur le développement du site, du SEO et du GEO (le référencement sur les agents IA, ndlr). Et je profite de l'article pour passer un appel : si un éditeur souhaite éditer mon livre, je suis disponible," rigole Roobens Fils.
Car nous n'en avons pas encore parlé, mais avant de créer son agence, l'entrepreneur a connu un certain succès littéraire suite à sa vie de globe-trotter.
Tout a commencé après l'obtention de son diplôme d'école de commerce. Au lieu de rentrer pleinement dans la vie active, le jeune homme décide alors d'émigrer aux États-Unis pendant un an.
Il fait des petits boulots et travaille six mois à Disney World, où il découvre la vie locale et surtout le monde.
Roobens Fils : son livre "Être noir et voyager" se vend à des milliers d'exemplaires
À son retour en France, il intègre une boîte qui s'appelait CityDeal. Elle est devenue par la suite Groupon.
Il se chargeait alors d'identifier les hôtels à contacter pour établir avec eux des deals et obtenir des réductions pour les membres de Groupon. Puis cela s'est étendu aux tour-opérateurs, sur des séjours packagés.
À son climax, la plateforme employait en France une trentaine de personnes uniquement dédiées à cette verticale. Au milieu des années 2010, la dégringolade de ce colosse aux pieds d'argile a lieu, le modèle est copié, Groupon doit dégraisser.
Il profite de son licenciement économique pour réaliser son rêve, partir faire un tour du monde.
"Je suis allé en Asie du Sud-Est, jusque-là rien d'original, mais j'y suis allé par voie terrestre. Je voulais profiter du trajet, admirer le paysage, et pas juste faire 10 heures d'avion pour arriver à destination.
J'ai pris un train pour Berne, puis l'Allemagne, l'Autriche, la République tchèque, la Hongrie, la Serbie, la Roumanie, etc. Puis il y a eu l'Iran : j'y suis resté 3 semaines.
Je n'ai pas passé une nuit à l'hôtel, j'ai dormi chez des Iraniens qui m'invitaient chez eux. Quand je suis arrivé à Téhéran, tout le monde me fixait du regard. J'étais le seul Noir.
Les gens m'arrêtaient dans la rue, ils me demandaient ce que je faisais ici. Je leur disais que je voulais découvrir la culture, le peuple et rencontrer des Iraniens.
À partir de là, je pouvais demander de l'aide à n'importe qui, les portes s'ouvraient. C'était fantastique. Ils voulaient surtout que je raconte ce que je vivais, loin des clichés sur le pays," nous partage Roobens Fils.
Il consigne toutes ces aventures dans son blog, mis en ligne au début de son voyage.
Son périple se poursuit en Asie centrale, jusqu'en Inde, puis en Asie du Sud-Est, pour finir au Japon. Il écrit tout en traversant et visitant les pays. Il se forme au SEO pour bien référencer ses articles. La mayonnaise prend, il dégage alors quelques centaines d'euros par mois.
De retour en France, il se consacre à son blog et se verse un salaire confortable.
"Je remarquais aussi que dès que j'écrivais sur mes expériences en tant que voyageur noir, le trafic augmentait. J'avais plein de questions d'internautes qui se questionnaient sur les voyages en Roumanie, en Moldavie ou en Inde, en tant que personne noire.
C'est un sujet touchy, presque tabou. Je me suis focalisé sur cette thématique sur mon blog, puis le covid arrive. Mon trafic s'effondre. Je me décide à écrire un bouquin sur le voyage en tant que personne noire," nous raconte le créateur de Dunia Travel.
Sorti en français et en anglais, en autoédition, le livre rencontre un succès d'estime. Il est vendu à plus de 3 000 exemplaires.
Il le propose à des maisons d'édition hexagonales, mais le sujet et le titre (Être noir et voyager: À quoi ressemble le voyage indépendant en tant que personne noire), les effraient. Finalement la pandémie domptée, les frontière rouvrent, Roobens Fils décide de changer de vie et abandonne son projet d'éditer un bouquin qui a pourtant le mérite de soulever un vrai sujet.
Il n'est jamais trop tard pour changer de vie et surtout d'en éditer une !
Il se chargeait alors d'identifier les hôtels à contacter pour établir avec eux des deals et obtenir des réductions pour les membres de Groupon. Puis cela s'est étendu aux tour-opérateurs, sur des séjours packagés.
À son climax, la plateforme employait en France une trentaine de personnes uniquement dédiées à cette verticale. Au milieu des années 2010, la dégringolade de ce colosse aux pieds d'argile a lieu, le modèle est copié, Groupon doit dégraisser.
Il profite de son licenciement économique pour réaliser son rêve, partir faire un tour du monde.
"Je suis allé en Asie du Sud-Est, jusque-là rien d'original, mais j'y suis allé par voie terrestre. Je voulais profiter du trajet, admirer le paysage, et pas juste faire 10 heures d'avion pour arriver à destination.
J'ai pris un train pour Berne, puis l'Allemagne, l'Autriche, la République tchèque, la Hongrie, la Serbie, la Roumanie, etc. Puis il y a eu l'Iran : j'y suis resté 3 semaines.
Je n'ai pas passé une nuit à l'hôtel, j'ai dormi chez des Iraniens qui m'invitaient chez eux. Quand je suis arrivé à Téhéran, tout le monde me fixait du regard. J'étais le seul Noir.
Les gens m'arrêtaient dans la rue, ils me demandaient ce que je faisais ici. Je leur disais que je voulais découvrir la culture, le peuple et rencontrer des Iraniens.
À partir de là, je pouvais demander de l'aide à n'importe qui, les portes s'ouvraient. C'était fantastique. Ils voulaient surtout que je raconte ce que je vivais, loin des clichés sur le pays," nous partage Roobens Fils.
Il consigne toutes ces aventures dans son blog, mis en ligne au début de son voyage.
Son périple se poursuit en Asie centrale, jusqu'en Inde, puis en Asie du Sud-Est, pour finir au Japon. Il écrit tout en traversant et visitant les pays. Il se forme au SEO pour bien référencer ses articles. La mayonnaise prend, il dégage alors quelques centaines d'euros par mois.
De retour en France, il se consacre à son blog et se verse un salaire confortable.
"Je remarquais aussi que dès que j'écrivais sur mes expériences en tant que voyageur noir, le trafic augmentait. J'avais plein de questions d'internautes qui se questionnaient sur les voyages en Roumanie, en Moldavie ou en Inde, en tant que personne noire.
C'est un sujet touchy, presque tabou. Je me suis focalisé sur cette thématique sur mon blog, puis le covid arrive. Mon trafic s'effondre. Je me décide à écrire un bouquin sur le voyage en tant que personne noire," nous raconte le créateur de Dunia Travel.
Sorti en français et en anglais, en autoédition, le livre rencontre un succès d'estime. Il est vendu à plus de 3 000 exemplaires.
Il le propose à des maisons d'édition hexagonales, mais le sujet et le titre (Être noir et voyager: À quoi ressemble le voyage indépendant en tant que personne noire), les effraient. Finalement la pandémie domptée, les frontière rouvrent, Roobens Fils décide de changer de vie et abandonne son projet d'éditer un bouquin qui a pourtant le mérite de soulever un vrai sujet.
Il n'est jamais trop tard pour changer de vie et surtout d'en éditer une !






Publié par Romain Pommier 












