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Tourisme fluvial : au-delà des crues, l’ombre persistante de la sécheresse

Crues : « On n’est pas dans un scénario d’alerte majeure »


À Paris comme dans le Sud-Ouest, les crues hivernales rappellent la sensibilité du transport touristique aux aléas climatiques. Mais pour les gestionnaires des voies navigables, le véritable défi n’est plus la montée des eaux : c’est leur raréfaction.


Rédigé par le Jeudi 19 Février 2026 à 07:28

A PAris, à 3,70 mètres, la crue reste inférieure aux niveaux exceptionnels de juin 2016 et janvier 2018 © Depositphotos
A PAris, à 3,70 mètres, la crue reste inférieure aux niveaux exceptionnels de juin 2016 et janvier 2018 © Depositphotos
Les images frappent toujours. À Paris, la Seine a récemment flirté avec les 3,70 mètres à l’échelle d’Austerlitz. Les quais ont été fermés au public, certains itinéraires adaptés, les ponts surveillés.

Sur les sites des opérateurs fluviaux, les messages se ressemblent : "parcours modifié", "itinéraire exceptionnel", "navigation ajustée". Mais derrière les conséquences visibles et parfois dramatiques pour les riverains, l'impact sur la stuation opérationnelle reste mesurée.


A Paris, loin des records historiques

À 3,70 mètres, la crue reste inférieure aux niveaux exceptionnels de juin 2016 et janvier 2018 et très loin du record historique de 1910. Selon Vigicrues, ce type d’épisode survient une à deux fois par an.

Les unités les plus hautes doivent parfois renoncer à franchir certains ponts et adapter leurs itinéraires mais la navigation n’est pas interrompue.

« On n’est pas dans un scénario d’alerte majeure », souligne Frédéric Avieronos, président du Collège Passagers des Entreprises Fluviales de France « Les compagnies ont l’habitude. Il existe des plans B intégrés dans leur organisation. »

La saison joue également un rôle d’amortisseur : péniches-hôtels et croisières avec hébergement redémarrent surtout fin mars.

La sécheresse, une préocupation de tous les instants pour VNF

Pour Jean Niquet, chef du service infrastructure eau environnement chez Voies navigables de France (VNF) Sud-Ouest, le sujet central, selon lui, est ailleurs.

Les années 2022, 2023 et 2025 ont été marquées par des épisodes de sécheresse sévères sur le bassin Adour-Garonne, qui concentre une part importante des déficits quantitatifs nationaux en eau.

Sur le canal du Midi - qui représente près de 30 % du tourisme fluvial français - la navigation a pourtant été maintenue à 99,8 % du trafic durant ces années difficiles. Sur le canal latéral à la Garonne, aucune interruption n’a été enregistrée.

Pour parvenir à ce résultat, VNF a affiné sa gestion hydraulique : relèvement du niveau d’exploitation du barrage de Saint-Ferréol (+12 % de capacité), transferts d’eau depuis la Montagne Noire vers la Ganguise, restrictions ciblées en fin de saison.

En 2023 et 2025, la navigation n’a été interrompue que le dernier dimanche des vacances de la Toussaint, soit moins de 0,2 % du trafic annuel.

Adapter aussi le calendrier et les itinéraires

Cette tension croissante n’est pas théorique. Sur le Danube, en 2024, plusieurs sections avaient vu leur tirant d’eau fortement réduit.

Lionel Rabiet, président de Voyages d’Exception, se souvient ainsi d’un de ses bateaux affrétés qui s’était échoué sur un banc de sable, illustrant la vulnérabilité croissante des grands axes fluviaux européens face aux épisodes de sécheresse.

L’adaptation ne sera pas uniquement hydraulique. Elle sera aussi commerciale.

La clientèle des retraités - cœur de cible du tourisme fluvial - offre théoriquement une marge de manœuvre, puisqu’elle n’est pas contrainte par les vacances scolaires. À moyen terme, les professionnels pourraient être amenés à inciter davantage les départs au printemps ou en début d’automne, afin de lisser la fréquentation et de réduire l’exposition aux basses eaux estivales.

Autre levier : la diversification des itinéraires.

Si le canal du Midi concentre près de 30 % du tourisme fluvial français, d’autres axes - canal latéral à la Garonne, Charente, Bourgogne - pourraient absorber une partie de la demande. Rééquilibrer les flux permettrait de limiter la pression sur les sections les plus sensibles.


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