David Amiel, le ministre délégué chargé de la Fonction publique et de la Réforme de l’État a annoncé la mise en place d'une mission d'inspection sur les déplacements des agents publics, dans le cadre du lancement du Conseil national de la commande publique (CNCP).
Objectif : optimiser ce poste de dépenses estimé par le gouvernement à 1,4 milliard d'euros par an.
Cet audit a été confié à l'Inspection générale des finances (IGF) qui devra dresser un diagnostic, "identifier les dysfonctionnements", "dégager des pistes d'économies notamment par un contrôle renforcé des prestataires" et "proposer des simplifications des procédures pour les agents".
Pour les agences de voyages spécialisées dans les voyages d'affaires, cette annonce n'est pas une surprise.
"Les marchés publics sont déjà très portés sur les économies. Je ne suis pas surpris. Je trouve cela normal dans un monde où il faut faire des économies", indique Grégory Mavoian, président de Manor et PDG de Globeo Travel.
Une tendance à la baisse des dépenses constatée également par José Martinez, PDG d'Amplitudes : "La tendance globale sur les marchés publics était déjà à la réduction de budget. L'an dernier, nous avons eu des baisses importantes jusqu'en mars 2025, au sein de plusieurs ministères en raison du vote tardif du budget de l'État. Et cette année, la situation est similaire avec des baisses par rapport à l’an dernier qui était déjà en retrait. Tous les marchés publics y compris universités ont connu des baisses dès le mois de janvier."
Objectif : optimiser ce poste de dépenses estimé par le gouvernement à 1,4 milliard d'euros par an.
Cet audit a été confié à l'Inspection générale des finances (IGF) qui devra dresser un diagnostic, "identifier les dysfonctionnements", "dégager des pistes d'économies notamment par un contrôle renforcé des prestataires" et "proposer des simplifications des procédures pour les agents".
Pour les agences de voyages spécialisées dans les voyages d'affaires, cette annonce n'est pas une surprise.
"Les marchés publics sont déjà très portés sur les économies. Je ne suis pas surpris. Je trouve cela normal dans un monde où il faut faire des économies", indique Grégory Mavoian, président de Manor et PDG de Globeo Travel.
Une tendance à la baisse des dépenses constatée également par José Martinez, PDG d'Amplitudes : "La tendance globale sur les marchés publics était déjà à la réduction de budget. L'an dernier, nous avons eu des baisses importantes jusqu'en mars 2025, au sein de plusieurs ministères en raison du vote tardif du budget de l'État. Et cette année, la situation est similaire avec des baisses par rapport à l’an dernier qui était déjà en retrait. Tous les marchés publics y compris universités ont connu des baisses dès le mois de janvier."
"Cette situation n’a rien d’inattendu"
"Cette situation n’a rien d’inattendu" non plus pour Michel Dieleman, président de l'Association française du Travel Management (AFTM) : "Par nature, le Travel Management vise à optimiser l’organisation des mobilités professionnelles, ce qui suppose des outils de pilotage, de suivi et de contrôle, adaptés. Dans un contexte budgétaire exigeant, la structuration de ces politiques voyages apparaît comme un levier essentiel pour concilier continuité des missions de service public et gestion responsable des dépenses associées".
"Les institutions publiques ne sont déjà pas mauvaises en matière d'économies" constate Yorick Charveriat. "Les tarifs hôteliers restent quand même assez bas, donc je pense, qu’il est difficile de les réduire davantage. En revanche, il y a probablement un travail à mener sur la partie en ligne, notamment sur l’adoption des outils digitaux, ce qui pourrait leur permettre de réduire les coûts."
Pour José Martinez d'Amplitudes, les institutions publiques doivent encore davantage analyser les déplacements qui sont ou pas nécessaires : "Des systèmes d'approbations sont en place, mais il y a je pense encore des pistes d'amélioration à étudier en choisissant quels sont les voyages ou déplacements indispensables ou pas. De notre côté, nous appliquons stricto sensu les politiques voyages."
"Sur le contrôle des prestataires, nous en avons déjà beaucoup"
Le resserrage annoncé autour de contrôles et de recherche de "dysfonctionnements" n'inquiète pas outre mesure les opérateurs spécialisés que nous avons interrogés.
"Sur le contrôle des prestataires, nous en avons déjà beaucoup, il y a déjà énormément de vérifications. Chez Amplitudes, nous sommes connectés en NDC avec Air France, ce qui garantit une transparence absolue : Air France émet en direct, sans intermédiaire ni rétrocession. Entre 60% et 70% des tarifs pratiqués sont les tarifs négociés par les institutions publiques pour le transport ou l'hébergement."
L'un des crédos d'Amplitudes reste la transparence "absolue" : "Nous déclarons 100% des incentives, nous pouvons même démontrer, lors des revues de compte, que nous réalisons des économies grâce aux renégociations effectuées chaque année. Nous sommes imprenables sur ces sujets", ajoute le dirigeant de la TMC, éditeur du SBT eYoma.
Pas d'inquiétudes, non plus, du côté d'Amex GBT, qui indique être "un peu moins exposés désormais au marché public. Cela fait quelques années que les conditions n'étaient pas forcément celles que nous souhaitions".
Pour Yorick Charveriat la démarche de contrôler et d'optimiser est très saine : "Cela veut dire quoi ? Qu'il s’agit de vérifier qu’il n’y a pas de mark-up, qu’il n’y a pas ce type de pratiques ?
Moi, je trouve que c’est une très bonne chose. Notre entreprise est régulée encore plus strictement qu’une banque. Notre principal actif, c’est notre marque. Nous ne pouvons pas nous permettre de briser la confiance avec nos clients.
Donc nous ne jouons pas à ce genre de choses. Au contraire, c’est très bien que l'État procède à des contrôles".
"Sur le contrôle des prestataires, nous en avons déjà beaucoup, il y a déjà énormément de vérifications. Chez Amplitudes, nous sommes connectés en NDC avec Air France, ce qui garantit une transparence absolue : Air France émet en direct, sans intermédiaire ni rétrocession. Entre 60% et 70% des tarifs pratiqués sont les tarifs négociés par les institutions publiques pour le transport ou l'hébergement."
L'un des crédos d'Amplitudes reste la transparence "absolue" : "Nous déclarons 100% des incentives, nous pouvons même démontrer, lors des revues de compte, que nous réalisons des économies grâce aux renégociations effectuées chaque année. Nous sommes imprenables sur ces sujets", ajoute le dirigeant de la TMC, éditeur du SBT eYoma.
Pas d'inquiétudes, non plus, du côté d'Amex GBT, qui indique être "un peu moins exposés désormais au marché public. Cela fait quelques années que les conditions n'étaient pas forcément celles que nous souhaitions".
Pour Yorick Charveriat la démarche de contrôler et d'optimiser est très saine : "Cela veut dire quoi ? Qu'il s’agit de vérifier qu’il n’y a pas de mark-up, qu’il n’y a pas ce type de pratiques ?
Moi, je trouve que c’est une très bonne chose. Notre entreprise est régulée encore plus strictement qu’une banque. Notre principal actif, c’est notre marque. Nous ne pouvons pas nous permettre de briser la confiance avec nos clients.
Donc nous ne jouons pas à ce genre de choses. Au contraire, c’est très bien que l'État procède à des contrôles".
L'audit annoncé va t-il aussi interroger les pratiques d’achat elles-mêmes ?
Au-delà du contrôle des prestataires, l’audit annoncé va t-il aussi interroger les pratiques d’achat elles-mêmes ? La course aux fees les plus bas est-elle toujours synonyme d’optimisation réelle ?
Les directions d'achats de l'État, et plus largement les acheteurs doivent aussi s'interroger sur ces pratiques.
La pression constante sur les fees, parfois réduits à des niveaux symboliques, peut aussi occulter un point essentiel : comment les agences se rémunèrent-elles réellement ? Cette question mérite sans doute d'être posée.
Certaines institutions et entreprises y sont toutefois attentives mais pas toutes : "Cela fonctionne dans les entreprises où les acheteurs et les travel managers travaillent main dans la main et disposent des moyens nécessaires pour réaliser des contrôles de qualité." précise Michel Dieleman de l'AFTM.
Enfin, parmi les priorités du nouveau CNCP figure le renforcement de la souveraineté des achats.
Les directions d'achats de l'État, et plus largement les acheteurs doivent aussi s'interroger sur ces pratiques.
La pression constante sur les fees, parfois réduits à des niveaux symboliques, peut aussi occulter un point essentiel : comment les agences se rémunèrent-elles réellement ? Cette question mérite sans doute d'être posée.
Certaines institutions et entreprises y sont toutefois attentives mais pas toutes : "Cela fonctionne dans les entreprises où les acheteurs et les travel managers travaillent main dans la main et disposent des moyens nécessaires pour réaliser des contrôles de qualité." précise Michel Dieleman de l'AFTM.
Enfin, parmi les priorités du nouveau CNCP figure le renforcement de la souveraineté des achats.
La question de la souveraineté des achats !
Un sujet qui est un enjeu majeur pour José Martinez : "Moi, mon combat, c’est de dire que les grands donneurs d’ordre français - y compris l’État - doivent participer à la création de grandes TMC françaises.
Aujourd’hui, aucune TMC française n’est capable de servir totalement des groupes comme Safran ou Thales, qui ont une présence mondiale. Il n’existe pas de grande TMC française de dimension internationale.
Le public comme le privé devraient favoriser les entreprises nationales. Nous sommes plusieurs à relever ces défis, prêts à nous organiser et à nous structurer. Encore faut-il qu’on nous donne notre chance." lance t-il.
Il ajoute : "souvent c'est le prix, et encore le prix qui est regardé lors des appels d'offres, mais pas les questions de souveraineté ni la question des impôts payés par les TMC étrangères, sans oublier le Cloud Act qui autorise les autorités américaines (forces de l’ordre et agences fédérales) à exiger d’une entreprise américaine qu’elle fournisse des données, même si ces données sont stockées en dehors des États-Unis."
Sur ce sujet Arnaud Abitbol vice-président Acquisitions du Groupe Marietton Développement soulignait, lui aussi, récemment à l'occasion du Grand Live du Voyage d'Affaires organisé par CDS by S4BT et l'IFTM l'importance de l'étiquette franco-française : "Nous nous positionnons aujourd'hui auprès des grandes administrations en mettant en avant le drapeau français et notre identité franco-française, ce qui est très important. Cependant, la question demeure : un client, aussi sensible soit-il à ces enjeux, choisira-t-il une TMC française uniquement pour sa nationalité ?"
Si Amex n'est pas nommément cité, Yorick Charveriat, qui dirige la filiale française du groupe américain avance ses arguments : "Amex GBT en France, c'est quand même près de 700 personnes qui sont salariées, qui payent des taxes en France. Nous respectons l’ensemble des lois françaises et européennes, et même au-delà. Nous sommes encadrés avec un niveau d’exigence comparable à celui d’une banque. Sur ce point, il n’y a donc aucun débat."
Le gouvernement a indiqué que les premiers résultats de cet audit sont attendus au printemps. Reste à savoir quelles en seront les conclusions.
Aujourd’hui, aucune TMC française n’est capable de servir totalement des groupes comme Safran ou Thales, qui ont une présence mondiale. Il n’existe pas de grande TMC française de dimension internationale.
Le public comme le privé devraient favoriser les entreprises nationales. Nous sommes plusieurs à relever ces défis, prêts à nous organiser et à nous structurer. Encore faut-il qu’on nous donne notre chance." lance t-il.
Il ajoute : "souvent c'est le prix, et encore le prix qui est regardé lors des appels d'offres, mais pas les questions de souveraineté ni la question des impôts payés par les TMC étrangères, sans oublier le Cloud Act qui autorise les autorités américaines (forces de l’ordre et agences fédérales) à exiger d’une entreprise américaine qu’elle fournisse des données, même si ces données sont stockées en dehors des États-Unis."
Sur ce sujet Arnaud Abitbol vice-président Acquisitions du Groupe Marietton Développement soulignait, lui aussi, récemment à l'occasion du Grand Live du Voyage d'Affaires organisé par CDS by S4BT et l'IFTM l'importance de l'étiquette franco-française : "Nous nous positionnons aujourd'hui auprès des grandes administrations en mettant en avant le drapeau français et notre identité franco-française, ce qui est très important. Cependant, la question demeure : un client, aussi sensible soit-il à ces enjeux, choisira-t-il une TMC française uniquement pour sa nationalité ?"
Si Amex n'est pas nommément cité, Yorick Charveriat, qui dirige la filiale française du groupe américain avance ses arguments : "Amex GBT en France, c'est quand même près de 700 personnes qui sont salariées, qui payent des taxes en France. Nous respectons l’ensemble des lois françaises et européennes, et même au-delà. Nous sommes encadrés avec un niveau d’exigence comparable à celui d’une banque. Sur ce point, il n’y a donc aucun débat."
Le gouvernement a indiqué que les premiers résultats de cet audit sont attendus au printemps. Reste à savoir quelles en seront les conclusions.



















