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Hyper-régionalisation : Evaneos veut redistribuer les flux touristiques en Europe

Passer de 30 pays à 150 régions référencées


Face au surtourisme et aux enjeux de décarbonation, Evaneos fait évoluer son modèle. La plateforme veut désormais passer d’une logique centrée sur les pays à une approche beaucoup plus locale, avec 150 sous-régions mises en avant à travers l’Europe. Une stratégie qui doit permettre de mieux répartir les flux touristiques tout en répondant à la demande croissante pour des voyages plus proches et plus responsables.


Rédigé par le Vendredi 29 Mai 2026 à 07:29

Hyper-régionalisation : Evaneos veut redistribuer les flux touristiques en Europe - Photo Evaneos
Hyper-régionalisation : Evaneos veut redistribuer les flux touristiques en Europe - Photo Evaneos
Evaneos poursuit sa stratégie de décarbonation à horizon 2030 et accélère sa transformation de l’offre européenne. L’entreprise ambitionne de passer d’une trentaine de pays référencés à 150 sous-régions afin de sortir des itinéraires classiques concentrés sur quelques grandes destinations touristiques.

« Depuis le démarrage d’Evaneos, nous avons un objectif de lutte contre le surtourisme, notamment à travers une meilleure répartition des flux, explique Aurélie Sandler, co-CEO d’Evaneos. Notre conviction, c’est qu’il y a matière à créer du désir pour des régions qui ne sont pas forcément top of mind. »

L’Italie illustre cette stratégie. Alors que Florence accueille près de 13 millions de visiteurs par an, Evaneos souhaite davantage valoriser des régions comme l’Ombrie ou l’Émilie-Romagne.

« Juste à côté de la Toscane, il y a l’Ombrie, qui est une région sublime mais encore assez méconnue », souligne Aurélie Sandler.

Pour la plateforme, le défi consiste à encourager les voyages en Europe sans renforcer les phénomènes de saturation déjà observés dans certaines destinations.

Recréer le désir autour des destinations proches

Au-delà du référencement de nouvelles régions, Evaneos veut aussi transformer les imaginaires du voyage. La plateforme estime que les voyageurs associent encore trop souvent le dépaysement aux destinations lointaines.

« On a tendance à imaginer la découverte et la surprise dans le voyage uniquement sur du lointain. Pourtant, on peut vivre des expériences totalement inattendues près de chez soi », estime Aurélie Sandler.

L’entreprise mise donc sur des itinéraires plus immersifs. Le slow travel devient un axe fort de développement, avec des séjours plus longs et une exploration plus approfondie des territoires.

« On a souvent tendance à vouloir voir beaucoup de choses. Mais en réalité, les expériences les plus fortes naissent quand on reste plus longtemps dans un même endroit », poursuit-elle.

Parmi les exemples mis en avant par Evaneos figurent des itinéraires en train dans les pays nordiques ou encore des séjours dans des régions moins fréquentées comme les Asturies en Espagne ou l’Alentejo au Portugal.

Une stratégie alignée avec les objectifs carbone

Cette hyper-régionalisation s’inscrit dans la stratégie de décarbonation d’Evaneos à horizon 2030. La plateforme travaille sur plusieurs leviers : développer les voyages de proximité, favoriser les mobilités douces et encourager l’allongement des séjours.

Le train prend déjà une place croissante dans l’offre du groupe. « Les voyages ferroviaires représentent aujourd’hui près de 10 % des ventes européennes et ont triplé en moins de trois ans », souligne Aurélie Sandler.

L’entreprise a également décidé d’arrêter les city breaks.

« On ne prend pas l’avion pour moins de cinq jours, ajoute-t-elle. Quand on fait un voyage lointain, il doit y avoir une cohérence entre le trajet effectué et le temps passé sur place. »

A lire : Evaneos impose des durées minimales de séjour pour les voyages en avion

Un important chantier opérationnel

Cette évolution implique aussi une transformation du réseau de partenaires de la plateforme. Evaneos compte aujourd’hui plus de 600 agences locales partenaires et souhaite renforcer la place d’acteurs très spécialisés sur certaines régions.

« L’idée, c’est aussi d’aller chercher de petites agences ultra-locales, capables de raconter leur région autrement et de créer des expériences plus immersives », explique Aurélie Sandler.

Le projet de référencement des 150 régions est déjà en cours. Une première phase doit être visible en France d’ici la fin de l’année avant un déploiement progressif sur d’autres marchés européens comme l’Allemagne, l’Italie ou l’Espagne.

À terme, Evaneos prévoit de développer près de 300 itinéraires régionalisés à travers l’Europe.


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Tags : evaneos
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