Le 3 mai, les dernières stations de sport d’hiver encore ouvertes - comme Tignes ou Val Thorens - ferment leurs portes , après cinq mois d’activités intenses. Il était temps !
Je sais, il n’est pas de bon ton - lorsqu’on travaille dans le tourisme - de tuer la « poule aux yeux d’or » comme disait César Balderacchi, l’ancien président du Syndicat National des Agences de Voyages (devenu Les Entreprises du Voyage) que les moins de 30 ans ne peuvent pas connaître.
Car les stations françaises, c’est 12 milliards d’euros de dépenses chaque année, 120 000 emplois directs et indirects et 555 millions d’euros investis par les domaines skiables en 2025. Bref, une affaire de gros sous pour le tourisme français…
Lire aussi : Les domaines skiables français ont investi 555 M€ en 2025
Je sais, il n’est pas de bon ton - lorsqu’on travaille dans le tourisme - de tuer la « poule aux yeux d’or » comme disait César Balderacchi, l’ancien président du Syndicat National des Agences de Voyages (devenu Les Entreprises du Voyage) que les moins de 30 ans ne peuvent pas connaître.
Car les stations françaises, c’est 12 milliards d’euros de dépenses chaque année, 120 000 emplois directs et indirects et 555 millions d’euros investis par les domaines skiables en 2025. Bref, une affaire de gros sous pour le tourisme français…
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Un matraquage médiatique…
Non, ce qui m’énerve avec les sports d’hiver – comme dirait Helmut Fritz avec son « légendaire » tube des années 2000 - c’est ce matraquage médiatique permanent de la part de nos chères stations.
C’est ce lobbying sans relâche qui se traduit par une avalanche de communiqués de presse sur les joies de la glisse, des alertes SMS à chaque centimètre de poudreuse et des bulletins d’enneigement chaque soir à la télé , comme la température de la mer en été.
La fin des Bronzés !
C’est encore cette immersion dans les folles soirées des palaces de Courchevel dans l’émission 50 minutes Inside, ou les reportages au journal de 20 heures sur les naufragés de la route qui ont oublié leurs pneus-neiges.
Sans oublier, bien évidemment, la leçon de ski avec le moniteur beau gosse de l’ESF ! Bref, ces reportages sur les « familles moyennes » à la manière de Bernard et Nathalie Morin - alias Gérard Jugnot et Josiane Balasko - dans « Les bronzés font du ski ». Et vive le planté de bâton !
Enfin, famille moyenne ? Aujourd’hui, seulement 9% de la population française part aux sports d’hiver selon une étude du Credoc. Peut-être parce que les 90% restants n’aiment pas les odeurs de chaussettes se mêlant à celles de la raclette…
Ou plus sûrement parce que même Bernard et Nathalie n’ont plus les moyens de s’envoyer en l’air dans leur Club Med préféré. Pas même de s’entasser à six dans un studio-cabine.
Sans oublier, bien évidemment, la leçon de ski avec le moniteur beau gosse de l’ESF ! Bref, ces reportages sur les « familles moyennes » à la manière de Bernard et Nathalie Morin - alias Gérard Jugnot et Josiane Balasko - dans « Les bronzés font du ski ». Et vive le planté de bâton !
Enfin, famille moyenne ? Aujourd’hui, seulement 9% de la population française part aux sports d’hiver selon une étude du Credoc. Peut-être parce que les 90% restants n’aiment pas les odeurs de chaussettes se mêlant à celles de la raclette…
Ou plus sûrement parce que même Bernard et Nathalie n’ont plus les moyens de s’envoyer en l’air dans leur Club Med préféré. Pas même de s’entasser à six dans un studio-cabine.
La France moyenne hors-piste…
Un petit tour sur le site internet de la marque au trident donne le ton. L’hiver prochain, pour partir en janvier (pas la plus haute saison) et aux Arcs (pas la plus huppée des stations), il faudra débourser 13 000 € pour une famille de quatre… Oui, mais à ce prix-là, tout est inclus. Encore heureux !
Même chez la concurrence plus « abordable », il faut également vider son bas de laine : compter au moins 4 500 € la semaine à quatre chez Belambra, toujours en janvier et toujours aux Arcs.
Et que dire du prix des remontées mécaniques ? Les professionnels ont beau nous expliquer qu’ils sont moins chers qu’aux Etats-Unis ou en Suisse, il faut débourser au moins 300 € la semaine pour avoir le droit de se faire tirer les fesses, autant qu’un week-end en amoureux à Venise.
Même chez la concurrence plus « abordable », il faut également vider son bas de laine : compter au moins 4 500 € la semaine à quatre chez Belambra, toujours en janvier et toujours aux Arcs.
Et que dire du prix des remontées mécaniques ? Les professionnels ont beau nous expliquer qu’ils sont moins chers qu’aux Etats-Unis ou en Suisse, il faut débourser au moins 300 € la semaine pour avoir le droit de se faire tirer les fesses, autant qu’un week-end en amoureux à Venise.
La nostalgie des classes de neige
La fameuse montée en gamme est passée par là, ingrédient indispensable pour rentabiliser l’envolée des prix de l’immobilier, mais qui abandonne dans la vallée les exclus de la montagne.
Le ski est devenu un sport élitiste, laissant le smicard hors-piste. Et les classes de neige qui permettaient autrefois aux enfants des familles modestes de découvrir les joies des sports d’hiver ont fondu… comme neige au soleil.
Du coup, on peut s’interroger sur la pertinence de de ce matraquage médiatique hivernal déconnecté de la réalité, de ces « people » qui pensent que – comme eux – tous les Français achèvent le mois de février avec le teint halé.
Lire aussi : Stations de ski : un bilan stable à 80% de remplissage pour l’hiver 2026
Le ski est devenu un sport élitiste, laissant le smicard hors-piste. Et les classes de neige qui permettaient autrefois aux enfants des familles modestes de découvrir les joies des sports d’hiver ont fondu… comme neige au soleil.
Du coup, on peut s’interroger sur la pertinence de de ce matraquage médiatique hivernal déconnecté de la réalité, de ces « people » qui pensent que – comme eux – tous les Français achèvent le mois de février avec le teint halé.
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La montagne en été, ça me gagne !
Allez, vivement les vacances d’été ! Le taux de départ en juillet/août flirte avec les 65%. Au moins, avec les reportages sur les bouchons de l’A7 et les glaces à l’eau sur la plage de Palavas-les-Flots, les média seront en phase avec les aspirations des Français !
Et qui sait, cette année, les télés pourraient même ajouter un reportage sur une famille qui part en randonnée dans les alpages pour aller caresser le cul des vaches…
Car le fameux « tourisme de montagne quatre saisons » est en piste. Encore davantage cet été alors que les professionnels n’ont plus que le mot « destination refuge » à la bouche.
La montagne coche toutes les cases : au sens propre avec ses « rustiques » refuges d’altitude. Et au sens figuré avec des vacances loin des turpitudes du monde; et, en ces temps de flambée du prix du pétrole, encore accessible financièrement. Jusqu’à quand ?
Et qui sait, cette année, les télés pourraient même ajouter un reportage sur une famille qui part en randonnée dans les alpages pour aller caresser le cul des vaches…
Car le fameux « tourisme de montagne quatre saisons » est en piste. Encore davantage cet été alors que les professionnels n’ont plus que le mot « destination refuge » à la bouche.
La montagne coche toutes les cases : au sens propre avec ses « rustiques » refuges d’altitude. Et au sens figuré avec des vacances loin des turpitudes du monde; et, en ces temps de flambée du prix du pétrole, encore accessible financièrement. Jusqu’à quand ?







Publié par Thierry Beaurepère 














