Le maire du treizième arrondissement à Paris ne cache pas ses ambitions. Son arrondissement déjà largement touristique avec une foultitude d’hôtels, brasseries, lieux culturels… doit continuer à attirer des touristes. Comment ?
Pour atteindre ses objectifs, le maire a choisi de positionner son arrondissement sur le street-art.
Moins élitiste, très créatif, le développement de cette forme d’art constitue l’un des moyens de séduire sur un mode interactif un public de jeunes et des artistes souhaitant démontrer leurs talents.
Synonyme de tourisme urbain, la diversité et la qualité culturelles ne sont pourtant que l’un des chantiers auxquels doit s’atteler une ville aux ambitions touristiques affirmées. Pour exister aujourd’hui, celles-ci doivent en effet plus que jamais investir, innover, communiquer, étonner, se renouveler…
Pour atteindre ses objectifs, le maire a choisi de positionner son arrondissement sur le street-art.
Moins élitiste, très créatif, le développement de cette forme d’art constitue l’un des moyens de séduire sur un mode interactif un public de jeunes et des artistes souhaitant démontrer leurs talents.
Synonyme de tourisme urbain, la diversité et la qualité culturelles ne sont pourtant que l’un des chantiers auxquels doit s’atteler une ville aux ambitions touristiques affirmées. Pour exister aujourd’hui, celles-ci doivent en effet plus que jamais investir, innover, communiquer, étonner, se renouveler…
Un tourisme qui pèse lourd
Il a beau être miné par le développement de l’urbanisation, celui de la population et les hauts et les bas de l’économie, quels touristes de loisirs se priveraient d’une visite patrimoniale, d’une journée de shopping, d’un spectacle et d’une activité nocturne exceptionnels ? Et quel touriste d’affaires résisterait à la tentation d’une bonne table, d’une virée dans un musée, d’un verre dans un bar de nuit ?
Qui encore ne succomberait pas à la tentation d’utiliser les fonctionnalités aéroportuaires et ferroviaires des villes qui permettent de les atteindre en peu de temps et d’y passer de très courts séjours particulièrement dépaysants et culturellement enrichissants ?
Composantes phares des loisirs touristiques, toutes ces activités ont été promues et développées par des siècles d’histoire au cours desquels la ville a affirmé de nombreux autres atouts : ceux générés par la recherche médecale, l’université, la politique, la justice, la science, le commerce…
Carrefours et vitrines internationales ou régionales, elles sont devenues tellement incontournables que certaines d’entre elles sont tentées par cette nouvelle manie qu’est la démarketisation. Elles essaient de se faire « un peu » oublier par des touristes trop nombreux.
Ces fameux « sur touristes » souvent caricaturés et vilipendés par une opinion mal informée ou carrément désinformée, qui ne sont le plus souvent pas si nombreux, hors périodes de pointe.
Les destinations urbaines constituent 75% du tourisme mondial. Les grandes villes pour leur part en constituent la moitié. En France, le tourisme urbain capte 42% des nuitées marchandes, soit en 2024, une hausse de +5,5%) et 64% de la capacité hôtelière française (en nombre de chambres), dont 25% pour Paris et l'Ile-de-France.
Sources : Atout France
Sources : Atout France
Des investissements dans des stratégies « durables »
Mais attention, aucune des grandes et moyennes villes universellement connues n’ont attendu la manne touristique, les bras croisés. Pour rester dans la course, la stratégie et l’investissement ont été nécessaires.
Une tâche d’autant plus ardue que la ville doit satisfaire deux publics qui n’ont pas les mêmes attentes. Construire un palais des congrès équivaut à faire aussi de cet équipement une salle de spectacles.
Rénover un monument ou un musée doit permettre à la population résidente de le fréquenter sans avoir à jouer des coudes avec des foules pressées. Mettre en place un service de transport en commun doit d’abord prendre en compte les besoins des locaux etc.
Le tout dans un environnement préservé durablement. Un impératif catégorique que toutes les villes ont aujourd’hui intégré et qu’elles cherchent à respecter en mettant en œuvre avec des méthodes plus ou moins partagées : la végétalisation, les mobilités douces, la gestion des flux automobiles, le développement des zones piétonnes, l’accessibilité pour tous (notamment les handicapés), une politique climatique équilibrée, une utilisation de matériaux éco responsables pour des bâtiments ( y compris touristiques), tout aussi éco responsables… En tête de ces villes exemplaires : Copenhague, Oslo, Barcelone, Amsterdam, Berlin…
En France, selon le GDS Index, ces villes sont Lyon, Bordeaux, Grenoble, Paris, Strasbourg, Nantes… Autant de villes qui , pionnières sur le sujet, ont toutes proposé un programme incluant le développement de leurs actions en matière environnementale.
Une tâche d’autant plus ardue que la ville doit satisfaire deux publics qui n’ont pas les mêmes attentes. Construire un palais des congrès équivaut à faire aussi de cet équipement une salle de spectacles.
Rénover un monument ou un musée doit permettre à la population résidente de le fréquenter sans avoir à jouer des coudes avec des foules pressées. Mettre en place un service de transport en commun doit d’abord prendre en compte les besoins des locaux etc.
Le tout dans un environnement préservé durablement. Un impératif catégorique que toutes les villes ont aujourd’hui intégré et qu’elles cherchent à respecter en mettant en œuvre avec des méthodes plus ou moins partagées : la végétalisation, les mobilités douces, la gestion des flux automobiles, le développement des zones piétonnes, l’accessibilité pour tous (notamment les handicapés), une politique climatique équilibrée, une utilisation de matériaux éco responsables pour des bâtiments ( y compris touristiques), tout aussi éco responsables… En tête de ces villes exemplaires : Copenhague, Oslo, Barcelone, Amsterdam, Berlin…
En France, selon le GDS Index, ces villes sont Lyon, Bordeaux, Grenoble, Paris, Strasbourg, Nantes… Autant de villes qui , pionnières sur le sujet, ont toutes proposé un programme incluant le développement de leurs actions en matière environnementale.
La sécurité : un impératif catégorique
Tout cela ne servirait pourtant pas à grand-chose si, comme on a pu le constater dans la campagne des municipales, les villes ne géraient pas avant tout la sécurité des espaces publics et de tous les lieux de commerce, religion, rencontres culturelles…
A la lumière des événements récents, il est clair que résidents et population touristique ont besoin d’être rassurés par des aménagements, une police et personnel de secours en nombre suffisant … Hôpitaux, dispensaires…
Quant à la sécurité climatique, elle est également plébiscitée à l’aune des canicules et inondations récurrentes : ombrières, tonnelles, points d’eau, plantation d’arbres, ouvertures prolongées des parcs et jardins… Sans compter l’éclairage souvent victime des économies d’énergie et la qualité de l’eau !
Mieux vaut aussi penser à la sécurité de l’air que l’on respire. Bien que la France ne soit pas trop mal placée en matière de pollution atmosphérique, les villes de moyenne et grandes tailles se doivent de faire des efforts pour se rendre respirables.
Alertées par les problèmes d’allergies et autres maux que déclenchent les épisodes de pollution, les touristes comme la population résidente y sont de plus en plus sensibles.
A la lumière des événements récents, il est clair que résidents et population touristique ont besoin d’être rassurés par des aménagements, une police et personnel de secours en nombre suffisant … Hôpitaux, dispensaires…
Quant à la sécurité climatique, elle est également plébiscitée à l’aune des canicules et inondations récurrentes : ombrières, tonnelles, points d’eau, plantation d’arbres, ouvertures prolongées des parcs et jardins… Sans compter l’éclairage souvent victime des économies d’énergie et la qualité de l’eau !
Mieux vaut aussi penser à la sécurité de l’air que l’on respire. Bien que la France ne soit pas trop mal placée en matière de pollution atmosphérique, les villes de moyenne et grandes tailles se doivent de faire des efforts pour se rendre respirables.
Alertées par les problèmes d’allergies et autres maux que déclenchent les épisodes de pollution, les touristes comme la population résidente y sont de plus en plus sensibles.
L’intelligence des villes
Autre atout sur lequel la ville touristique doit investir : la multiplication des services issus de la technologie de l’information et communication permettant de rendre plus rapide, plus fonctionnelle, plus efficace la qualité des services de la ville : stationnement, vélo et voiture en libre-service, co voiturage, réservation de restaurants, spectacles, plans digitaux, paiement en ligne…
Classifiées dans la catégorie des « smart cities », ces villes ultra connectées remportent en général l’adhésion de leurs habitants bien que les plus âgés les réprouvent. Quant aux jeunes touristes, ils s’en délectent, surtout pour se guider.
Classifiées dans la catégorie des « smart cities », ces villes ultra connectées remportent en général l’adhésion de leurs habitants bien que les plus âgés les réprouvent. Quant aux jeunes touristes, ils s’en délectent, surtout pour se guider.
Les dix villes les plus fréquentées par un tourisme international
Ce classement repose principalement sur les données publiées par Euromonitor International, à travers son Top 100 City Destinations Index 2025, aujourd’hui la référence mondiale pour mesurer la fréquentation touristique internationale des villes. Il est certes dépassé par les événements actuels mais représentatif des volumes de touristiques auxquels sont confrontées les villes.
1. Bangkok, Thaïlande – 30,3 millions de visiteurs
2. Hong Kong – 23,2 millions
3. Londres, Royaume-Uni – 22,7 millions
4. Macao – 20,4 millions
5. Istanbul, Turquie – 19,7 millions
6. Dubaï, Émirats Arabes Unis – 19,5 millions
7. La Mecque, Arabie Saoudite – 18,7 millions
8. Antalya, Turquie – 18,6 millions
9. Paris, France – 18,3 millions
1. Bangkok, Thaïlande – 30,3 millions de visiteurs
2. Hong Kong – 23,2 millions
3. Londres, Royaume-Uni – 22,7 millions
4. Macao – 20,4 millions
5. Istanbul, Turquie – 19,7 millions
6. Dubaï, Émirats Arabes Unis – 19,5 millions
7. La Mecque, Arabie Saoudite – 18,7 millions
8. Antalya, Turquie – 18,6 millions
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Concilier les besoins de deux populations endogène et exogène
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Enfin, la nouvelle doxa (depuis une bonne dizaine d’années) consiste à vouloir concilier les intérêts et pratiques des populations touristiques et populations résidentes. Une tâche colossale dont se sont emparés tous les acteurs du tourisme territorial sans pour autant avoir de recettes infaillibles et les moyens de les mettre en œuvre.
Certes, depuis longtemps, l’apparition des « Greeters » a permis à des touristes de visiter de façon personnalisée un territoire urbain. Concurrencée par quelques autres associations, ce mouvement est un succès.
Autre pratique bienvenue, facilitant le contact avec les locaux, l’exploration d’un quartier donné sur une thématique particulière : le cinéma, la chanson, l’art nouveau, l’art industriel, le « street art », les chocolateries, les fabriques de bière locale…
Inépuisable cette façon innovante de faire vivre des lieux alternatifs, est d’autant plus un succès qu’elle implique des populations résidentes traditionnellement éloignées des touristes. L’accueil de jeunes scolaires sous la forme de séjours d’échange est un autre outil à ne pas négliger ainsi que tous les échanges associatifs de nature sportive ou culturelle.
Les guinguettes, les bals, les « plages éphémères », le cinéma en plein air et autres animations et fêtes de rue sont également un excellent moyen de faire cohabiter deux types de publics. Les marathons, les rallyes, les promenades de nuit, à pied ou à vélo permettent également de satisfaire la demande ludique, festive et participative des urbains et de leurs visiteurs…
En résumé : pour être parfaite : la « comédie urbaine » doit bel et bien être aussi et surtout humaine. Et le tourisme doit être ce lien permettant à deux mondes de cohabiter en paix. Lien numérique soit, mais là encore : lien humain !
Et cessons de qualifier le touriste de « sur touriste » histoire de détendre l’atmosphère.
Certes, depuis longtemps, l’apparition des « Greeters » a permis à des touristes de visiter de façon personnalisée un territoire urbain. Concurrencée par quelques autres associations, ce mouvement est un succès.
Autre pratique bienvenue, facilitant le contact avec les locaux, l’exploration d’un quartier donné sur une thématique particulière : le cinéma, la chanson, l’art nouveau, l’art industriel, le « street art », les chocolateries, les fabriques de bière locale…
Inépuisable cette façon innovante de faire vivre des lieux alternatifs, est d’autant plus un succès qu’elle implique des populations résidentes traditionnellement éloignées des touristes. L’accueil de jeunes scolaires sous la forme de séjours d’échange est un autre outil à ne pas négliger ainsi que tous les échanges associatifs de nature sportive ou culturelle.
Les guinguettes, les bals, les « plages éphémères », le cinéma en plein air et autres animations et fêtes de rue sont également un excellent moyen de faire cohabiter deux types de publics. Les marathons, les rallyes, les promenades de nuit, à pied ou à vélo permettent également de satisfaire la demande ludique, festive et participative des urbains et de leurs visiteurs…
En résumé : pour être parfaite : la « comédie urbaine » doit bel et bien être aussi et surtout humaine. Et le tourisme doit être ce lien permettant à deux mondes de cohabiter en paix. Lien numérique soit, mais là encore : lien humain !
Et cessons de qualifier le touriste de « sur touriste » histoire de détendre l’atmosphère.
Journaliste, consultante, conférencière, Josette Sicsic observe depuis plus de 25 ans, les mutations du monde afin d’en analyser les conséquences sur le secteur du tourisme.
Après avoir développé pendant plus de 20 ans le journal Touriscopie, elle est toujours sur le pont de l’actualité où elle décode le présent pour prévoir le futur. Sur le site www.tourmag.com, rubrique Futuroscopie, elle publie plusieurs fois par semaine les articles prospectifs et analytiques.
Contact : 06 14 47 99 04
Mail : touriscopie@gmail.com
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