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Camille Obeida (Yacaranda) : "désormais, le luxe doit aussi faire du bien"

Rencontre avec Camille Obeida, fondatrice de l'agence Yacaranda


Les voyageurs haut de gamme sont de plus en plus soucieux des engagements RSE des hébergements où ils descendent. Tour d'horizon, avec Camille Obeida, fondatrice de l'agence Yacaranda à l'occasion de la Journée mondiale du tourisme durable.


Rédigé par le Mardi 2 Juin 2026 à 07:13

Camille Obeida, fondatrice de de l'agence Yacaranda © Yacaranda
Camille Obeida, fondatrice de de l'agence Yacaranda © Yacaranda
Créatrice de l'agence de voyages en ligne Yacaranda, Camille Obeida, jeune trentenaire franco-marocaine, déplore que le tourisme responsable paraisse encore trop souvent difficilement conciliable avec l’univers du luxe ou du voyage premium.

i["Les voyageurs haut de gamme cherchent de plus en plus des expériences alliant excellence, sens, authenticité, intimité, responsabilité environnementale et sociale]b, assure-t-elle. b[Mais, il leur est parfois difficile de les trouver"]i.

"Dans le secteur touristique, ces nouvelles attentes et la transformation des usages prennent une place croissante", insiste Camille Obeida. Ces préoccupations résonnent avec celles de la Journée mondiale du tourisme durable du 2 juin.

Sa vision des choses n'a pas empêché Camille de penser business. Dès le début de ses études en finances à l'université Paris-Dauphine, elle voulait travailler dans le monde du voyage. Et avait en tête de créer sa propre entreprise.

Son séjour en Corée du Sud, puis, un peu plus tard, dans un bel hôtel à Bora Bora, en Polynésie française, enfin un passage chez Accor, n'ont fait que la conforter dans son projet.

Des critères précis de sélection

Le Marbella Beach Club, un hôtel très engagé sur les critères chers à Yacranda © Marbella Beach Club/ Yacaranda
Le Marbella Beach Club, un hôtel très engagé sur les critères chers à Yacranda © Marbella Beach Club/ Yacaranda
Yacaranda, sa jeune agence de voyage en ligne, s'est donc spécialisée dans le voyage de luxe durable.

Pour répondre aux nouvelles attentes, b[elle sélectionne des hôtels et des expériences "qui conjuguent haut niveau de service, immersion authentique, souci de l’environnement et des cultures locales".

Camille Obeida vérifie si les hébergements ont décroché un label -Travel life, Clé verte, Green globe, etc.- qui fait foi, ou s'ils répondent à "ses propres critères d’analyse qui permettent de valoriser des initiatives parfois moins visibles mais tout aussi pertinentes".

Ainsi, a-t-elle, par exemple, été séduite par le Marbella Beach Club, hôtel espagnol engagé "dans les quatre points de responsabilité" chers à Yacaranda : politique d'achat ; intégration à la communauté ; gestion de l'eau/de l'énergie/des déchets ; architecture et conditions de réhabilitation du bâtiment.

En outre, cet hôtel soutient l’association ANIDE d'aide aux enfants réfugiés et défavorisés et l’association ADINTRE qui accompagne les personnes en situation de précarité.

A la fin de cette année, le site de Yacaranda devrait proposer 200 offres d'hébergements et de circuits soigneusement choisis. Si les hôtels sont sélectionnés en direct par Camille, les circuits proposés sont élaborés avec des DMC spécialistes des destinations choisies.

Cible : les trentenaires qui manquent de temps

Le Japon continue à bien se vendre © Lorenzo Castellino/ Yacaranda
Le Japon continue à bien se vendre © Lorenzo Castellino/ Yacaranda
Fallait-il vraiment créer une agence sur mesure de plus ? "Ce qui fait notre originalité, dit-elle, c'est que Yacaranda ne se contente pas de vendre des séjours sur-mesure et sur dossier, élaborés lors de discussions avec les clients".

Sur le site de Yacaranda, insiste Camille, les clients peuvent aussi réserver instantanément en ligne des séjours et des hébergements engagés, en ayant la garantie qu'ils correspondent bien à leurs critères de recherche. ]b

Les prix affichés incluent les transferts depuis (et vers) l'aéroport et une assurance. Yacaranda, elle, se rémunère via une commission.

Public cible
de cette seconde proposition ? Des trentenaires digital native qui, très engagés dans la vie active, manquent de temps.

A lire aussi : La guerre au Moyen-Orient bouscule le monde du tourisme de luxe

Quoique le succès de Yacaranda soit encore modeste, Camille Obeida a bon espoir de tenir l'objectif d'1 million d'€ de chiffre d'affaires, inscrit pour 2030 dans son business plan.

En ce début juin, alors que le tourisme de n'échappe pas aux conséquences de la Guerre au Moyen-Orient, elle s'affiche optimiste. Si le Moyen-Orient est évité et l'Asie moins demandée par ses clients, le Japon, lui, se vend toujours bien, dit-elle.

Les vols directs d'Air France entre Paris et Tokyo ou Osaka, sont en effet jugés plus rassurants que les vols avec escale notamment via le Moyen-Orient.

Par ailleurs, l'Italie cartonne de nouveau, tout comme la Grèce (l'envolée des tarifs hôteliers qui avait desservi cette destination l'an dernier semble se tasser) et le Maroc.

Au final, le chiffre d'affaires de Yacaranda est supérieur à ce qu'il était l'an dernier à date. Camille Obeida y voit une confirmation de son intuition : les voyages "engagés" ont l'avenir devant eux.

PAULA BOYER Publié par Paula Boyer Responsable rubrique LuxuryTravelMaG - TourMaG.com
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Tags : luxe
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