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easyJet France : la colère gronde, une grève en vue en août ?

Les PNC dénoncent l’instabilité croissante des plannings chez easyJet France


L’été s’annonce chaud dans les avions qui survoleront le ciel français. Alors que la réforme de la loi sur le cumul emploi-retraite (CER) fait planer la menace d’une grève dans toutes les compagnies opérant sur notre territoire, chez easyJet, la grogne monte et ne semble plus en mesure de redescendre. Une grève pourrait avoir lieu dans les prochains jours et le SNPNC-FO s’attend à des annulations, pendant que la direction de la compagnie à la livrée orange laisse la porte ouverte à une vente.


Rédigé par le Lundi 13 Juillet 2026 à 07:33

easyJet France : "La situation des PNC est catastrophique", selon le SNPNC-FO - Depositphotos.com, PierreOlivier
easyJet France : "La situation des PNC est catastrophique", selon le SNPNC-FO - Depositphotos.com, PierreOlivier
L’été sera chaud, mais pas seulement sur les plages. Il le sera aussi dans les avions.

En effet, la grogne ne cesse de monter contre le gouvernement français, que les syndicats de personnels navigants soupçonnent de vouloir faire main basse sur leur Caisse de retraite complémentaire du personnel navigant (CRPN), avec la réforme de la loi sur le cumul emploi-retraite (CER).

Ce n’est pas tout, car chez easyJet France, alors que la tension ne cesse de grimper depuis quelques mois et que la menace d’un débrayage a parfois été brandie par les syndicats, cette fois-ci, cela ressemble au coup de chaud de trop.

Le problème est double avec, tout d'abord, le rachat de la compagnie à la livrée orange, alors qu'au sein de la direction, aucune information ne filtre, et encore moins sur l’avenir du marché français.

"En l’absence de projet industriel détaillé et de garanties sur l’emploi, les bases et le modèle social, nous sommes opposés au rachat. L’offre est purement financière pour le moment, sans aucune garantie sur l’emploi ou la flotte, regrette Jean-Marc Cioffi, président de la section easyJet au sein du Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL), auprès de notre confrère de La Tribune.

Nous ne sommes pas opposés par principe à un rachat, mais rien ne démontre qu’un fonds d’investissement soit nécessaire à la pérennité d’une entreprise déjà viable", explique-t-il.

easyJet France : "La situation des PNC est catastrophique"

A l’arrière des avions, l’ambiance n’est guère meilleure. Le SNPNC-FO parle même d’une véritable poudrière, plus incandescente encore que les plaines françaises durant cette troisième vague de chaleur.

Après une énième entrevue avec la direction, à Paris, le calme ne semble plus possible à obtenir.

Tout d’abord, le siège social anglais ne laisse plus vraiment planer de mystère. Le rachat aura lieu, que ce soit avec Castlelake ou avec le fonds américain Apollo.

De plus, son objectif d’atteindre le milliard d’euros de bénéfice ne pourra pas se faire sans sacrifices ni décisions fortes, le tout au détriment des salariés.

"La réalité des PNC aujourd’hui en France est catastrophique. Nous sortons d’une réunion avec le management. Ils n’ont aucune solution à apporter sur notre point noir, qui est l’instabilité des plannings. Je suis en poste depuis 2008, donc je connais bien ce problème et son évolution, mais je n’ai jamais connu ça.

La situation est inédite.

Les gens n’ont aucun planning fixe.
Ils sont changés pour à peu près tout et n’importe quoi, ils sont envoyés aux quatre coins de l’Europe
", déplore William Bourdon, secrétaire de section du SNPNC-FO.

Déjà, en début d’année, le sujet était revenu sur la table des négociations entre le syndicat et la direction. Un accord avait été trouvé grâce à un système de "pénalité" de 80 euros imposée à la compagnie à chaque changement de planning.

easyJet France : "une poudrière qui ne demande qu’à exploser"

Par ailleurs, un groupe de travail s’est rendu en Angleterre pour étudier le sujet avec la direction, afin de faire émerger les sources de dysfonctionnement et surtout des solutions.

"Nous avions commencé les discussions, puis nous nous sommes pris un stop net. La compagnie a plutôt fait le pari de dire que, de toute façon, son objectif n’était pas vraiment de régler ce problème, mais d’atteindre le milliard d’euros de bénéfice.

Les salariés sont sacrifiés. Ils préfèrent nous faire les poches. Et puis, avec ces problèmes d’instabilité chronique, il y a des tensions avec les agents de régulation. Il n’y a plus aucun point positif.

Enfin, ce qui a mis le feu aux poudres, c’est l’augmentation des billets Staff Travel, qui était un peu l’avantage des PNC chez easyJet. C’est une augmentation scandaleuse
", poursuit le syndicaliste

Et ce n’est peu dire que la tension est palpable. Le SNPNC-FO, majoritaire dans les appareils, va sonder ses adhérents dans les prochains jours.

Pour l’élu, il ne fait plus aucun doute que les troupes sont prêtes à aller jusqu’au conflit, même en plein été.

Il faut dire que si, en début d’année, la direction a mis la main à la poche pour éteindre le feu, les cendres ont continué de couver et le ras-le-bol n’a cessé de s’accentuer, jusqu’à atteindre ce qui semble être un point de non-retour.

"La grève pourrait être assez violente, ce n’est pas exclu. Les gens sont au bout du rouleau, c’est une poudrière qui ne demande qu’à exploser. Je n’ai jamais connu une telle situation.

Des voyageurs ne pourront pas partir en vacances, je suis désolé pour eux, mais des vols seront annulés. Ce ne sera pas une grève symbolique.

Les gens peuvent accepter l’instabilité des plannings, parce que cela fait partie du métier de PNC. C’est difficile, mais c’est quelque chose qu’ils peuvent accepter. Sauf qu’à cela il faut ajouter la surenchère de procédures pour atteindre le fameux milliard de bénéfice, puis l’augmentation des billets Staff Travel, puis le climat anxiogène du rachat
", poursuit-il.

easyJet France : "Les PNC ont le sentiment d’être en astreinte permanente"

Cette poudrière avait déjà explosé en janvier, lorsque l’UNAC avait déclenché une grève avec pour mot d’ordre "objectif zéro décollage".

"Le planning sort le 17 de chaque mois. Si, par exemple, la semaine du 10 juillet, vous étiez notifié sur des vols du matin, donc avec une fin de service entre 15h et 17h, puis que le premier jour de la semaine arrive et que l’on dit au PNC que tout doit changer et qu’il sera finalement du soir, avec des vols qui atterrissent entre 23h et 5h du matin, cela bouleverse complètement l’organisation personnelle. Cela peut être très difficile à gérer.

Les PNC ont le sentiment d’être en astreinte permanente, de ne plus vraiment avoir de base d’affectation, pour compenser les manques d’effectifs à droite et à gauche.

Quelles que soient les situations personnelles, les gens n’ont plus aucun moyen d’avoir une vie sociale.

Nous expliquons à la compagnie que, jusque-là, nous étions des partenaires. Nous essayions de trouver des solutions et de dialoguer avec eux. Nous n’avons aucun intérêt à ce que la boîte soit en difficulté
", affirme, las, William Bourdon.

À Charles-de-Gaulle, la stabilité des plannings concerne 70% du personnel, ce qui signifie que, chaque semaine, 30% des salariés, soit près de 400 personnes, connaissent des changements.

Une situation jugée catastrophique, qui semble aussi exister sur les autres bases.

Les salariés se retrouvent alors à boucher les trous dans l’Hexagone, mais aussi aux quatre coins de l’Europe. Le problème serait tellement profond que le syndicaliste ne voit pas vraiment par quel bout le prendre.

"La première mesure serait de plafonner le nombre de changements à trois maximum, et de les réserver à des événements extérieurs qui ne sont pas sous la maîtrise de la compagnie. Cela leur donnerait quand même trois jokers.

En toute franchise, je ne sais même pas par quel bout commencer. Le mieux serait peut-être de fermer la boîte pendant quinze jours pour repartir de zéro.

Est-ce qu’il nous faut de nouveaux avions ? Est-ce qu’il nous faut plus de personnel ? La direction doit poser les bonnes questions pour trouver des solutions. Il faut reconnaitre qu'il y a de bonnes intentions de la part de la direction, mais ça ne suffit plus, nous voulons des actes
, conclut-il.

L’été sera chaud...


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